‹ MoliereChapitre 190 sur 253 · SCÈNE VII CHRYSALE, ARISTE, HENRIETTE, CLITANDRE · texte numérisé non relu

SCÈNE VII CHRYSALE, ARISTE, HENRIETTE, CLITANDRE

CLITANDRE

Sans votre appui. Monsieur, je serai malheureux,

Madame votre femme a rejeté mes vœux,

Et son cœur prévenu veut Trissotin pour gendre.

CHRYSALE

Mais quelle fantaisie a-t-elle donc pu prendre? Pourquoi, diantre ! vouloir ce monsieur Trissotin?

C'est par l'honneur qu'il a de rimer à latin, Qu'il a sur son rival emporté l'avantage.

CLITANDRE

Elle veut dès ce soir faire ce mariage.

CHRYSALE

Dès ce soir?

CLrrANDRE.

Dès ce soir.

CHRYSALE

Et dès ce soir je veux, Pour la contrecarrer, vous marier tous deux.

CLITANDRE

Pour dresser le contrat, elle envoie au notaire.

CHRYSALE

Et je vais le quérir pour celui qu'il doit faire.

CLITANDRE, montrant Henriette.

Et madame doit être instruite par sa sœur

De l'hymen où l'on veut qu'elle apprête son cœur.

CHRYSALE

Et moi, je lui commande, avec pleine puissance, De préparer sa main à cette autre alliance. Ah! je leur ferai voir si, pour donner la loi, Il est dans ma maison d'autre maître que moi.

(A Henriette.) Nous allons revenir : songez à nous attendre. Allons, suivez mes pas, mon frère, et vous, mon gendre.

HENRIETTE, à Ariste.

Hélas! dans cette humeur conservez-le toujours.

ARISTE

J'emploierai toute chose à servir vos amours.

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