HORON
Abl cruelle!
PHILIS
Silence! dis-je, ou je me mettrai en colère.
TIRCIS chante.
Arbres épais , et vous , prés émaillés , La beauté dont l'hiver vous avait dépouillés , Par le printemps vous est rendue ; Vous reprenez tous vos appas :
Hais mon ame ne reprend pas La joie, hélas! que j*ai perdue.
UOHON.
Morbleu! que n'ai-je de la voix ! Ab! nature marâtre , pourquoi ne m'as-tn pas donné de quoi chanter comme h un autre ?
PHILIS
En vérité , Tircis , il ne se peut rien de plus agréable , et tu remportes sur les rivaux que tu as.
MOROX.
Mais pourquoi est-ce que je ne puis pas chanter? N*ai-je pas un estomac, un gosier, une langue , comme un autre? Oui, oui, allons; je veux chanter aussi, et te montrer que Tamour fait faire toutes choses. Voici une chanson que j'ai faite pour toi.
PHIUS.
Oui ! dis. Je veux bien t'écouier pour la rareté du fait.
Ces regrets exprimés d'une manière si conaplète et si vive, la précaution oratoire mise dans la bouche de Philis, prouvent que notre admirable musicien Molière n'avait pas une voix sonore, étendue ou du moins suffisante pour chanter.
178 lA PRINCESSE D'âUDE.
Ou sait qu'il s'était réservé le rôle de Moron, et tout ce qull fait dire au personnage se rapportait à Tauteur. Molière chantera pourtant, et Philis ainsi que les spectateurs voudront bien Técouter pour la rardé du faiH.
HOROM.
Courage , Moron 1 il n'y a qu'à avoir de la liardiesie. (H f^uùUe.) Ton extréirie rigueur S'acbarue sur mon cœur.
Ah ! Philis, je trépasse :
Daigne me secourir !
En seras-tu plus grasse De m*avoir fait mourir?
Fivat Moron !
PBILIS.
Allons , Tircis , viens-t'en me redire à l'écho ce que tu m'as chanté.
QOATRIKME IMTEAMÈDB.