SCÈNE IX
gêronte, léandre, lucinde, soanarelle,
Lucas, Martine
LÉANDRE. Monsieur, je viens faire paraître Léandre à vos yeux, et remettre Lucinde en votre pouvoir. Nous avons eu dessein de prendre la fuite nous deux, et de 10 nous aller marier ensemble; mais cette entreprise a fait place à un procédé plus honnête. Je ne prétends point vous voler votre fille, et ce n'est que de votre main que je veux la recevoir. Ce que je vous dirai, monsieur, c'est que je viens tout à l'heure de recevoir des lettres, par oU 15 j'apprends' que mon oncle est mort et que je suis héritier de tous ses biens.
GÉRONTE. Monsieur, votre vertu m'est tout à fait considérable,* et je vous donne ma fille avec la plus grande joie du monde. 20
f Sganarelle, à part, La médecine l'a échappé belle!* Martine. Puisque tu ne seras point pendu, rends-moi
grâce d'être médecin; car c'est moi qui t'ai procuré cet
honneur.
Sganarelle. Oui ! c'est toi qui m'as procuré je ne sais
combien de coups de bâton.
5 Léandre, à Sganarelle, L'effet en est trop beau pour
en garder du ressentiment.
Sganarelle. Soit. {A Martine.) Je te pardonne ces
coups de bâton en faveur de la dignité ob tu m'as élevé;
mais prépare-toi désormais à vivre dans un grand respect 10 avec un homme de ma conséquence, et songe que la
colère d'un jnédecin est pli|s à craindre qu'on ne peut
croire.