‹ Molière sa vie et ses œuvres (volume 2)Chapitre 8 sur 14 · I. Variante · texte numérisé non relu

I. Variante

Un ridicule mantelet

Que Scaramouche eut de son oncle...

Si j'avois. une rime en oncle^

Je m'en servirois bien icy.

LES CALOMNIATEURS DE MOLIÈRE. tJÇ

Repart-il, de voir qu'Elomire Des farceurs le plus ingénu, Vous puisse estre encore inconnu,

— Quoy! dis-je, ce poëte suprême...

— Oui, dit le diable, c'est luy-mesme, Et ceux qu'on voit autour de luy Sont les Turlupins d'aujourd'huy.

Que ce comédien folastre

A loué dessus son théâtre :

Et quoy que ce fou, leur amy.

Les faquine. en diable et demy,

Ces marquis de haut apanage

Luy viennent encor rendre hommage.

Ces vers, il faut l'avouer, sont pour Phistoire littéraire d'un intérêt tout à fait capital, et on pardonnerait presque à ce misérable Jaulnay de les avoir écrits en songeant qu'ils nous rendent assez naïvement l'aspect même de Molière, pâle, la tête penchée et vêtu de ses habits rayés de Scapin ou de Mascarille. Il est d'ailleurs fort important de voir « ce bouffon » ainsi salué par « des marquis de haut apanage » et le chantre de Senlis laisse vraiment trop percer son dépit et connaître la source de son fiel.

A dire vrai, il est peut être clément et modéré dans ses calomnies, ce maître drôle, comparé à l'illustre inconnu qui n'est passé à la postérité que grâce à une mauvaise action. C'est Le Boulanger de Chalussay que je veux dire, et Élomire hypocondre dont je veux parler. *

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