‹ Molière sa vie et ses œuvresChapitre 32 sur 34 · I. Publié par M. Benjamin Fillon · texte numérisé non relu

I. Publié par M. Benjamin Fillon

Mais voulant de la Mort ainsi que de la Vie Estre l'imitateur, dans une comédie; Pour trop bien réussir il réussit fort mal;

Car la Mort en estant ravie,

Trouva si belle la copie

Qu'elle en fit un original.

Cy gist Molière : c'est dommage, Il faisoit bien son personnage, Il excelloit surtout à faire le cocu ; En luy seul, à la comédie, Tout à la fois nous avons veu L'original et la copie.

Cy gist cet héroïque autheur.

Qui fit d'un sage un imposteur.

Et des sçavans en médecine,

Des bourreaux et gens sans doctrine.

Il n'eut jamais une autre loy

Que celle qui détruit la foy;

Il se servit de la coquille

Et de la mère et de la fille ;

Et ne trouva dedans sa fin.

Ni Dieu, ni loy, ni médecin.

Les Français rougiront un jour De leur peu de reconnoissance ; Il leur fallut un comédien Qui mit à les polir son art et son étude.

Mais, Molière, & ta gloire il ne manqueroit rien Si parmi les defTauts que tu peignis si bien Tu leur avois repris de leur ingratitude '.

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