UN NOUVEL AUTOGRAPHB DE MOLIÈRE
« Circonstance asseï bigarre, l'on connaît à peine deux lignes authentiques de l'écriture de Molière. » M. L. Moland écrivait ceci il y a quelques années et, comme tout arrive, au dire de M. de Talleyrand, voici qu'on vient de découvrir à Montpellier, le plus long et le plus important des autographes de Molière. En transportant les archives départementales de l'Hérault dans leur nouveau local, l'archiviste a mis la main sur une demi-page de Molière écrite et signée par lui le 24 février 16^6. Le dossier où cette précieuse trouvaille a été faite était autrefois classé dans les archives des trésoriers des États provinciaux.
« Cet autographe de Molière est écrit sur une feuille de papier de 21 centimètres de large environ sur 29 de hauteur et occupe la moite supérieure de cette feuille. » Il est ainsi conçu :
<( J'ai receu de Monsieur le Pecq thresorier de la bource des Estats du Languedoc la somme de six mille Hures a nous accordez par messieurs du Bureau des comptes de laquelle somme ie le quitte faict a Pezenas ce vingt-quatriesme iour de feburier i6$6.
« Quittance de six mille Hures. »
c( L'écriture, dit l'archiviste dans son rapport au préfet, est rapide^ nette, large, déliée, élégante ; on sent une main sûre d'elle-même, et déjà imbue des principes graphiques modernes, principes qui ne triomphèrent définitivement de la routine des scribes que vers le milieu du siècle suivant. »
C'est sans doute au prince de Conti que Molière fut redevable de cette somme de 6,0100 livres. Une reproduction /ac-5ïmi7e de cet autographe doit prochainement paraître dans un volume consacré à de nouvelles recherches sur Molière, et que la Société des Bibliophiles languedociens, fondée à Montpellier en juillet 1872, annonce sous ce titre : Additions à la vie de Molière, d'après . des documents inédits, précédées d'une lettre de
Ip6 MOLIÈRE.
M. Léon Galibert (Emmanuel Raymond) , sur les découvertes quMl a faites depuis la publication de son livre des Pérégrinations de Molière en Languedoc, i8$8. (Voyez le Rapport sur la Découverte d'un autographe de Molière, présenté à M. le préfet de PHérauIt par M. de la Pijardière, archiviste du département (Montpellier, chez C. Coulet, libraîre, 1873.)
Ce M. L. de la Pijardière n'est autre que notre confrère, M. Louis Lacour, éditeur des comédies de Molière et de maintes oeuvres classiques. Et cette dernière découverte, qui date d'un mois à peine (avril 1875), servira de conclusion naturelle au présent volume. Maintenant à l'œuvre, tous les amis de Molière, pour trouver et déterrer encore du nouveau!