‹ Mollusques (céphalopodes, gastéropodes)Chapitre 2 sur 62 · AG · texte numérisé non relu

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Notre but n’est pas d'exposer ici les notions élémentaires sur la structure et l'anatomie des Mollusques ; ces généralités seront traitées dans un volume spécial. Mais, avant de décrire la Faune conchyliologique de France, il est nécessaire d'entrer dans quelques explications au sujet des termes techniques employés généralement en Conchyliologie et qu’il est indispensable de connaitre.

Tous les Mollusques étant des animaux au corps mou ou gélatineux, recouverts d’une peau ou pourvus d’une enveloppe calcaire nommée coquille, on désigne sous le nom de Mollusques nus ceux dont la coquille manque complètement ou est interne, tandis que ceux qui sont munis d'une coquille apparente s'appellent Mollusques testacés.

Tout Mollusque testacé est muni d'un manteau ou repli particulier de la peau enveloppant plus ou moins complètement l'animal et sécrétant le test. Le test est un produit calcaire ou corné qui devient une coquille. Cette sécrétion calcaire ne se faisant pas régulièrement à cer-

taines époques, il en résulte sur la coquille des bourrelets plus ou moins prononcés qui portent le nom de stries d’accroissement.

Pour désigner les diverses parties d’une coquille, on la suppose placée la pointe en haut, l'ouverture en bas tournée vers l'observateur. Cette pointe est le sommet, qui offre des caractères importants, puisque c'est là le nucléus où partie formée dans l'œuf.

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dents”

siphon”

Fig. 1. — Coupe d’une coquille spirale de Gastéropode.

L'axe autour duquel s'enroule une coquille est la columelle.

La spire est la portion de la coquille enroulée autour de la columelle ; d’après la forme de certaines coquilles, on les dit à spire élancée, à spire obtuse, etc...

La columelle est percée d'un trou dans toute sa longueur. Quand ce trou est assez grand pour laisser voir un ou deux tours de la spire, la cavité formée à la base porte le nom d'ombilic et la coquille est dite ombiliquée. Si ce trou est très petit, on la dit perforée ; enfin si ce trou n'existe pas, on l'appelle #mperforée.

On désigne aussi quelquefois sous le nom dé columelle le bord gauche de l'ouverture appelée improprement la bouche. On dit alors que la columelle est :

Calleuse, quand elle est épaissie par une secrétion abondante ;

Marginée, quand son bord droit est muni d'un bourrelet renversé. |

On désigne ce bord droit sous le nom de /évre. Lorsque des pointes saillantes existent à l'intérieur, on les appelle des dents.

La suture est le point de jonction des tours de spire. L'ouverture d’une coquille est entière dans la plupart des Gastéropodes herbivores, mais échancrée ou prolongée en canal dans les espèces carnivores, C'est par ce canal que passe le siphon ou prolongement du manteau destiné à amener .aux branchies l’eaü nécessaire pour la respiration. Dans le genre Fusus le siphon est allongé; dans le genre Cassis, il est recourbé.

Lorsqu'on place une coquille dans la position que nous avons indiquée (fig. 1), la partie supérieure ou postérieure de l'ouverture est celle qui est én haut; la partie opposée est le bord inférieur où antérieur ; enfin le bord qui s'appuie ordinairement sur la columelle s'appelle bord columellaire, tandis que le bord opposé s’appelle bord externe, bord latéral où lèvre droite.

L'ouverture d'une coquille est :

Ronde, lorsqu'elle est exactement circulaire ;

Arrondie, lorsqu'elle se rapproche de la forme ronde;

Semi-lunaire, lorsqu'elle est échancrée par la convexité de l’avant-dernier tour ;

Dentée où denticulée, lorsqu'elle est garnie de dents ou de callosités;

Plissée, lorsqu'elle est sillonnée de plis élevés ou de petites lames saillantes.

Le péristome est le bord de l'ouverture; il est :

Continu, quand il forme une courbe rentrante et que le bord latéral et le bord columellaire se réunissent ;

Interrompu ou disjoint, quand le côté gauche de l'ouverture est formé seulement par le dernier tour;

Évasé, quand il s'élargit en entonnoir :

Réfléchi, quand il se replie en dehors ;

Infléchi, quand il se courbe en dedans ;

Bordé, quand il est garni d’un bourrelet intérieur ;

Simple, quand il n’est ni bordé ni réfléchi ;

Le péristome est ordinairement mince et tranchant chez les coquilles qui ne sont pas arrivées à leur entier développement. C'est un moyen généralement employé pour reconnaître si une coquille est jeune ou adulte. Le bord du péristome est quelquefois étalé ou garni d'épines comme dans le genre Murex. Lorsque ces bordures ou expansions sont produites périodiquement, on leur donne le nom de varices.

Si on considère la forme générale d'une coquille, on emploie les désignations suivantes :

Turbinée, coquille conique avec une base arrondie ;

(ilobuleuse, quand la hauteur est plus grande que les deux tiers du diamètre ;

Subdéprimée, quand la hauteur n'est pas plus grande que les deux tiers du diamètre ;

Aplatie ou déprimée, quand la hauteur est plus grande que la moitié du diamètre;

Discoïide, quand les tours de spire suivent le même plan et que la coquille est alors plane ou convexe en dessus et en dessous;

Ovoide, lorsqu'elle est renflée dans la partie médiane;

Conoïide, lorsqu'elle se rapproche de la figure conique ;

Trochiforme, lorsqu'elle a la forme d’un cône très court;

Scalariforme, lorsqu'il existe un écartement entre chaque tour de spire ;

Cylindracée, lorsqu'elle à la forme cylindrique ;

Fusiforme, lorsqu'elle est amincie en forme de fuseau ;

T'urriculée, lorsqu'elle est allongée, avec des tours peu convexes ;

Torse, lorsque les tours sont séparés par une profonde suture ;

Cordiforme, en forme de cœur, comme l’/socarde ;

Auriforme, en forme d'oreille, comme l’Aaliotide ;

Tubuleuse, en forme de tube, comme le Pentale ;

Clypéiforme, ayant l'apparence d’un bouclier, comme l’'Ombrelle ;

Multivalve et imbriquée, composée de plusieurs pièces, comme celle de l’Oscabrion ;

Carénée, lorsqu'un des tours de la spire est couronné d'une saillie,

Lo) HISTOIRE NATURELLE DE LA FRANCE.

Dans quelques genres (Pupa, Clausilia, Physa) certains organes occupant le cdté gauche de la coquille, elle est alors enroulée du cdté opposé ; on la désigne sous le nom de coquille senestre où perverse. Ce fait peut se présenter accidentellement dans d'autres genres (Helix, Bulimus, Fusus). Enfin dans quelques espèces spirales le sommet de la spire est abandonné et, cessant d'être vivant, il se rompt et produit une coquille /ronquée ou décollée, comme le Bulimus decollatus.

Si on examine les caractères extérieurs de certaines coquilles, on emploie aussi les termes suivants:

Striée, coquille dont la surface est rayée de lignes creuses ou élevées (les stries sont spirales si elles tournent dans le sens de la spire, longitudinales où transverses, si elles sont dans le sens de l'axe);

Hispide, lorsque la surface est hérissée de poils ;

Cornée, lorsque la coquille a la couleur et la transparence de la corne;

Fasciée, lorsqu'elle est entourée de bandes colorées;

Flanrmée ou flambée, lorsqu'elle est ornée de flammes irrégulières ou interrompues.

Épiderme. — Toutes les coquilles ont une enveloppe externe de matière animale appelée épiderme, qui est mince et transparent ou épais et opaque. Il est de couleur olive dans toutes les coquilles d’eau douce, quelquefois soyeux et frangé de poils comme dans certaines Hélices (4. hispida. H. villosa), quelquefois épais et velouté comme dans le 7riton corrugatum ; on l'appelle alors drap marin. Enfin il est quelquefois recouvert de

filaments rudes en forme de barbe, comme dans l'Arca barbata.

Opercule. — Les Gastéropodes rampent sur un disque charnu et musculaire qui-porte le nom de pied. Dans certains genres, à la partie postérieure du pied adhère une pièce servant à clore la coquille quand l'animal sy est enfermé. Cette pièce se nomme l'opercule. D'après sa forme, l'opercule est concentrique, imbriqué, onqui-

culé, spiral, paucispiral, subspiral, multispiral et arti-

eulé. Il est composé d’une substance calcaire ou cornée : dans un même genre (/Vatica) on trouve des espèces à opereule calcaire et d’autres à opercule corné.

Fra

2, Opercule de Nafica monolifera. — 3, Opercule de Murex trunculus. — 4, Opercule de Cassidaria echinophora. — 5, Opercule de Nerilina fluvialilis. -- 6, Opercule de Nassa reliculata. — 7, Opercule de Trochus granulalus.

Le plus souvent l'opercule s'adapte exactement à l'ouverture de la coquille; mais quelquefois 1l ne ferme

l'entrée qu'incomplètement ou est presque rudimentaire,

comme dans les Cassidaires et les Ansérines.

Épiphragme. — On doit se garder de confondre l’opercule avec l'épiphragme ou faux opercule, feuillet mince et transparent dont certaines espèces terrestres ferment leur coquille pendant l'hiver. Les escargots de

. nos jardins s’enterrent à l'approche du froid et ferment leurs coquilles avec l’épiphragme qu'ils secrètent à celte époque.

Mollusques bivalves. — Les Mollusques acéphales, c'est-à-dire manquant de tête distincte, sont tous aquatiques. Leurs organes sont renfermés entre deux feuillets qu'on appelle valves; de là leur nom de Mollusques bivalves. La structure de leur coquille exige aussi quelques explications :

Les valves sont égales ou inégales et les coquilles sont dites alors équivalves ou inéquivalves.

Si on examine une coquille bivalve placée dans la position de la figure 8, les sommets de chaque valve se nomment crochets ; les deux espaces en avant et en arrière des crochets portent le nom de lunule et de vulve ou corselet.

Les deux valves sont réunies par une pièce dite charnière, dont les ligaments sont internes ou externes.

La charnière est avec ou sans dents; lorsqu'elle est pourvue de dents, on les nomme, d’après leur forme, crochets, lames, cuillers, bifides. Les dents placées sous les crochets sontles dents cardinales, tandis que celles qui en sont éloignées de chaque côté sont les dents latérales.

Enfin lorsqu'elles sont nombreuses et forment une ligne droite ou brisée, comme dans le genre Arca, elles sont dites sériales.

Les muscles qui servent au Mollusque pour fermer ses valves sont les muscles d'attache ou adducteurs ; ils laissent dans la coquille des empreintes qui portent le nom d'impressions musculaires.

L'impression palléale est celle laissée par toute la por-

tion adhérente au manteau et successivement épaissie. Lorsque cette impression forme une échancrure (fig. 8,5), on la nomme sinus, elle indique que l’animal avait des siphons rétractiles.

Les coquilles des Mollusques bivalves sont souvent pourvues d’un faisceau de fibres soyeuses qui sert à l'animal à se fixer à des corps étrangers autour desquels

Fig. 8. — /, ligament; c, crochet ; {u, lunule ; ch, charnière, d, dents cardinales; d', dents latérales; m, impressions musculaires ; p, impressions palléales ; s, sinus.

il peut se mouvoir. Ce faiseau se nomme le byssus. C'est

au moyen du byssus que les moules de nos côtes s’a-

marrent aux objets immergés. « Le byssus de certaines

moules, dit M. Millet dans son livre La Culture de l’eau,

présente jusqu'à cent cinquante petits câbles; nos vaisseaux ne sont pas amarrées aussi solidement. »

= Nous terminons cette nomenclature par l'explication

de quelques termes très usités dans les ouvrages récents de Conchyliologie. |

On à étudié depuis quelques années la distribution géographique des Mollusques sur la surface du globe, et on à établi à cet effet une division par régions, chacune d'elles étant caractérisée par la présence de certaines espèces. On nomme area ou aire de dispersion l'étendue plus ou moins vaste du globe habitée par une même espèce; on dit, par exemple, que l'Aelix lactea à une area très étendue.

Enfin les grandes expéditions scientifiques entreprises de nos jours par les États-Unis, l'Angleterre et, tout récemment, par la France, en opérant de nombreux dragages à toutes les profondeurs, ont démontré que celte profondeur des mers ne dépassait pas 7 ou 8000 mètres et qu'elle atteignait en moyenne 3000 à 3500 mètres. On à pu aussi étudier la répartition des Mollusques suivant la profondeur, chacune ayant une association particulière d'espèces. Cette distribution, qu'on à nommée distribulion bathymétrique, est établie par zones.

M. le D' Paul Fischer, aide naturaliste au Muséum et qui, dans les récentes croisières du vaisseau le Travailleur, a étudié spécialement cette distribution, admet cinq Zones :

1° Zone littorale, dont l'importance dépend de l'amplitude des marées;

2° Zone des Laminaires, s'étendant de 27 à 28 mètres de profondeur et comprenant toutes les espèces qui vivent dans les Laminaires (Laminariu digitata) et dans les Zostères (Zostera marina) qui forment à cette profondeur de véritables prairies sous-marines ;

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