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GENRE MITRA

FAMILLE DES VOLUTIDÉS.

(Coquille turriculée ou enroulée. — Ouverture échancrée en avant. — Columelle plissée obliquement).

Genre Mitra (Zam.), Mitre.

Les Mitres ont une coquille fusiforme, épaisse, à spire élevée et aiguë ; l’ouverture est petite, échancrée en avant, avec plusieurs plis obliques sur la columelle. Ce genre, qui est répandu dans toutes les mers, renférme plus de 400 espèces. Quelques Mitres exotiques sont recherchées dans les collections pour leurs brillantes couleurs, comme la Witra episcopalis (Lam.), agréablement tachetée de rouge vif sur un fond blanc, la . pontificalis (Lam.), la M. papalis (Lam), etc. Les espèces des côtes de France sont peu nombreuses et sont loin d’égaler par leur coloration leurs congénères exotiques ; on ne les trouve que sur nos côtes méditerranéennes :

Mitra ebenus (Lam.), Mitre bois d'ébène.

Cette Mitre (fig. 6 pl. 8) est longue de 18 à 20 millimètres. Sa coloration est brune, plus ou moins foncée, - l'ouverture est blanche avec trois plis à la columelle. La Mitra Defrancei (Payr.) n'est qu'une variété. On la trouve assez communément sur tout notre littoral de la . Méditerranée, mais rarement vivante.

Mitra Savignyi (Payr.), Mitre de Savigny.

Dans cette petite espèce, la coquille n’a que 6 millimètres de longueur ; elle est luisante, de couleur fauve ou cornée, avec une zone d'un blanc pur ; elle est sillonnée de côtes longitudinales épaisses et noduleuses. Sa

coloration est assez variable : la Witra tricolor (Gmel.) n'est probablement qu'une variété ornée sur chaque tour de petits points blancs et bruns. On la trouve fréquemment parmi les débris rejetés sur le rivage à Port-Vendres, Gette, Palavas, etc.

Mitra zonata (Risso); M. Santangeli (Marav.), Mitre zonée.

Cette belle espèce a été longtemps très rare sur notre littoral, et, si nous la décrivons, c'est qu'il est bien constaté aujourd'hui qu'elle vit sur nos côtes de Provence où elle est encore peu commune. «Elle est, dit Petit de la Saussaye, le rêve et en même temps le désespoir de l’amateur ». Draguée d'abord en rade de Toulon, elle a été retrouvée sur les côtes de Nice et de Marseille. C'est la plus grande Mitre des mers d'Europe et elle parait habiter à de grandes profondeurs, c'est ce qui explique sa rareté. |

Cette belle coquille à 65 millimètres de long et 18 de large ; elle est ovale, allongée, à spire pointue. L'ouverture est blanche à l’intérieur, le bord droit est simple et tranchant, la columelle est oblique et garnie de six plis. Toute la surface est lisse et polie ; la base est noire, la partie supérieure est ornée d'une large zone fauve, marbrée de petites taches brunes irrégulières.

On trouve aussi, sur nos côtes de la Méditerranée, la Mitra cornea (Lam.) et la Mitra lutescens (Lam.) ; mais ces espèces ne paraissent pas appartenir à la faune francaise ; car on les trouve rarement à l'état vivant.

Genre Marginella (Lam.), Marginelle.

Les Marginelles ont des coquilles lisses, brillantes, à

GENRE CYPRÆA. 93

spire courte, à columelle plissée, à bord externe épaissi. Plusieurs espèces ont été souvent confondues dans un genre voisin, le genre Volvaria (Lam.). Les Marginelles ne se trouvent que sur les côtes méditerranéennes de France :

Marginella miliacea (Lam.). Marginelle grain de mil. Cette petite espèce (fig. 8, pl. 8) est longue de 3 à 4 millimètres. Sa coquille est courte, renflée, blanche et légèrement transparente, avec 5 plis à la columelle. Elle est assez commune sur tout le littoral méditerranéen.

On trouve aussi sur la même partie de nos côtes, mais très rarement, les espèces suivantes : Warginella clandestina (Brocchi), coquille voisine de #, miliacea plus petite, d’un blanc pur ; M. triticea (Lam.), coquille de forme allongée, épaisse et ayant souvent des zones rousses, M. minuta (Pfeif.), espèce très petite, entièrement blanches

FAMILLE DES CYPRÆIDÉS.

(Coquille enroulée. — Ouverture étroite canaliculée à chaque extrémité. — Bord externe épaissi. — Pas d’opercule.)

Genre Cypræa (Lin.), Porcelaine.

Les Mollusques de ce genré ont des coquilles ventrues, enroulées, très brillantes, à bords crénelés. Plusieurs espèces exotiques sont bien connues, et l’on vend dans tous les ports de mer les Cypræa tigris et tigrina. Tout le monde connaît ces coquilles marbrées de taches brunes et dont on fabrique des tabatières. Quelques autres sont rares et très recherchées : la Cypræa aurora (Lam), qui est portée par les chefs des îles des Amis comme

marque de dignité, a encore aujourd'hui une valeur de 80 à 100 fr. La Cypræa princeps (Gray) vaut 1,000 fr. et la Cypræa guttata (Gmel.) 1,050 ! Comme dans les genres Conus et Mitra, les Porcelaines de nos côtes sont loin d'égaler en beauté les espèces exotiques. On ne trouve eur le littoral francais que deux petites Porcelaines, d'apparence bien modeste, qui appartiennent au sous-

genre 7rivia.

Sous-genre Trivia (4741).

Les coquilles sont semblables à celles du genre Cypræa, elles en diffèrent par les stries qui sillonnent le dos.

Trivia Europæa(Montagu.); Cypræa coccinella (Lam.), Porcelaine coccinelle.

Cette espèce est bien connue et on la désigne vulgairement sous le nom de pou de mer. Sa coquille (fig. 9 et 10, pl. 8) est ovale, ventrue, striée transversalement, avec un sillon dorsal plus où moins prononcé. Sa coloration est rose uniforme ; elle est souvent maculée de brun. Sa longueur est de 41 millimètres, Elle est commune sur tout notre littoral méditerranéen ; elle à été trouvée plus rarement sur les côtes de la Manche, du Morbihanet de la Loire inférieure.

Trivia pulex (Sol.), Porcelaine puce.

Cette espèce offre beaucoup de ressemblance avec la précédente ; mais elle en diffère par sa taille plus petite (9 millimètres) et par sa coloration d’un brun livide en dessus, blanche en dessous (fig. 14, pl. 8). Elle est finement striée en travers et sans sillon dorsal, Cette espèce est plus rare que la Zrivia Europæa et ne se trouve que sur nos côtes méditerranéennes.

GENRE OVULA. 95

Genre Erato (isso).

Ce genre comprend des coquilles petites, semblables à celles des Marginelles, et ayant les bords de l'ouverture finement crénelés :

Erato lævis (Donov.), Marginelle de Donovan (Payr.).

Dans cette petite espèce (fig. 12, pl. 8), la coquille est renflée à sa partie supérieure, la spire courte et obtuse, l'ouverture allongée, étroite et finement dentelée dans toute sa longueur. Elle est longue de 10 millimètres et large de 6 millimètres. Sa coloration est d'un blanc grisâtre. Elle vit sur les côtes de Provence, où elle est rare.

Genre Dvula (2ruq.), Gvule.

Les Ovules ont des coquilles semblables à celles des Cypræa, mais à bord interne lisse. Le type du genre est une espèce exotique bien connue, l'Ovule des Moluques (Ovula ovum, Sow.), belle coquille de 10 centimètres de longueur, entièrement blanche, avec l'ouverture d'un brun rouge à l'intérieur. Les espèces des côtes de France sont moins brillantes et ne vivent que sur le littoral de la Méditerranée :

Ovula Adriatica (Sow.). Ovule Adriatique.

Sa coquille (fig. 13, pl. 8) est longue de 20 millimètres : ellé est ovale, enflée vers son extrémité postérieure, enüèrement blanche et transparente. Le bord droit est épaissi, bordé en dehors et finement strié. Cette espèce vit à de grandes profondeurs ; on la prend dans les filets sur les côtes d'Agde et de Cette.

Ovula carnea (Lam.), Ovule incarnate.

Dans cette espèce (fig. 14, pl. 8), la coquille a la même

forme que la précédente ; mais elle est plus petite (41 millimètres) et colorée d’un rose vineux. Onla trouve sur les côtes de Provence, principalement dans les parages de Toulon.

Ovula spelta (Lam.), Ovule spelte.

Cette espèce (fig. 15, pl. 8) diffère complètement des deux autres par sa forme allongée, renflée au centre et pointue aux deux extrémités. Son ouverture est étroite, le bord droit est épaissi et sans denticulations. Cette coquille, qui est d'un blanc laiteux uniforme, vit dans Îles mêmes parages que la précédente.

Deuxième section. — Holostomatés.

Gastéropodes à mufle court, habitant la mer ou les eaux douces. Coquille spirale ou patelliforme. Opercule corné ou calcaire.

FAMILLE DES NATICIDÉS.

(Coquille globuleuse, à tours peu nombreux, à spirale courte et obtuse,; à bord externe tranchant.)

Genre Natica (Lam), Natice:

Les Vatices ont dés coquilles épaisses, lisses, à bord intérieur calleux et à large ombilic. L'opercule est corné dans certaines espèces et calcaire dans d’autres. Ces Mollusques vivent dans les fonds sablonneux, généralement à peu de profondeur. Ils sont carnivores et possèdent, comme les /Vasses, un odorat assez délicat pour reconnaitre de loin la présence d'un animal putréfié.

GENRE NATICA. 97

Avec leur pied dilaté en avant et tranchant comme une pelle, ils coupent le sable et cheminent ainsi horizontalement dans l'épaisseur du sol. « Leur manteau, qui est très ample, se replie sur la coquille, protège les yeux, les cornes et l’orifice de la respiration et rend en même temps la marche plus glissante. » (Moq.-Tandon.) Leurs œufs, agglutinés en un ruban large et court et très légèrement attachés, reposent dans une sorte de nid de sable. On en trouve un certain nombre d'espèces sur les côtes de France :

Natica monilifera (Lam.), Natice porte-collier.

C'est l'espèce la plus commune de nos côtes. Sa coquille (fig. 16-17, pl. 8) est globuleuse, d'une teinte grise avec des taches brunes couronnant chaque tour de spire ; l'ouverture est brune à l'intérieur, l’ombilic est nu ; le diamètre de cette coquille est de 30 millimètres. Son opercule est jaune et corné.

Cette Natice dépose ses œufs dans un nid ayant la forme d'une courroie enroulée, les parois sont consolidées avec du sable. On la trouve sur les côtes de Bretagne, de Normandie, de la Charente-Inférieure et d’Arcachon ; elle est très commune sur tout notre littoral de la Méditerranée.

Natica sordida (Phil.), Natice sale.

Cette Natice est très voisine de la précédente dont elle diffère par sa forme moins globuleuse et par sa teinte d’un gris sale. Son diamètre est de 20 à 22 millimètres. Elle vit sur nos côtes de l'Océan et est très rare sur celles ‘ de la Méditerranée.

Natica olla (Marcel de Serres), Natice bouton. Cette espèce (fig. 18, pl. 8) est facile à reconnaitre à

sa coquille déprimée, à spire obtuse; de couleur isabelle. L’ombilic est très large et formé par une callosité en forme de bouton ; on trouve des exemplaires avec la callosité brune, et d'autres avec la callosité violette. Son opercule est jaune et corné; son diamètre est de 25 millimètres. Elle ne vit que sur nos côtes de la Méditerranée où elle est très commune; on trouve fréquemment sur la plage ses œufs agglutinés en forme d'un large ruban.

Natica cruentata (Desh.) ; Natica maculata (Ulysses), Natice marbrée.

La coquille de cette Natice (fig. 19, pl. 8) est globuleuse, à sommet obtus ; l'ouverture est violette à l'intérieur, blanche sur les bords ; l’opercule est calcaire et strié profondément ; l'ombilic est garni d'une callosité étroite et rousse. Sur un fond blanc grisätre cette Natice est marbrée de taches inégales d’un rouge de rouille. Son diamètre est de 30 à 35 millimètres. On ne la trouve que sur nos côtes de la Méditerranée, où elle est assez commune. |

La MVatica millepunctata (Lam.), Natice mille-points ou fustigée (fig. 20, pl. 8) n'est qu'une variété de la précédente ; elle vit dans les mêmes parages, son opereule est également calcaire, sa coquille à les mêmes dimensions; mais, au lieu des taches inégales de la ÂMVatica cruentata, elle est sablée régulièrement d'une multitude de points bruns sur un fond gris.

Natica Guilleminii (Payr); Natica nitida (Donov.), Natice de Guillemin.

Cette espèce (fig. 21, pl. 8), dont le diamètre n’est que de 10 millimètres, a une coloration très variable, elle est ordinairement flammée de raies lilas sur un fond rosé,

GENRE CORIOCELLA. Le

sa spire est aiguë et d’une teinte orangée ; l'ouverture est rayée à l’intérieur de blanc et de brun. L’ombilic est presque recouvert par une Callosité épaisse ; l’opercule est jaune et corné. Assez rare sur les côtes du sud-ouest, elle est beaucoup plus commune sur les côtes de la Méditerranée, où elle vit jusque dans l'étang de Thau.

Natica Dillwynii (Payr.), Natice de Dillwyn.

Espèce très voisine de la précédente dont elle diffère par sa coloration : elle est nuancée de tons pourprés avec deux lignes blanches semées de taches fauves anguleuses. Elle est peu commune.

Natica Valenciennesti(Payr.); Naticaintricata(Donov.), Natice de Valenciennes.

Cette jolie coquille (fig. 22, pl. 8) à sur un fond cendré cinq raies dans le sens des tours de spire, mélangées de taches blanches, de rouge bai ou de brun. Son diamètre est de 11 millimètres. L'ombilic, brun foncé à l'intérieur, est ouvert et profond; il est pourvu de deux petites callosités séparées par deux sillons; l’opercule est jaune et corné. Cette Natice, draguée rarement sur nos côtes de l'Océan, vit sur notre littoral méditerranéen, où elle est peu commune.

Genre Coriocella (2/ainv.), Lamellaria (Wontaqu),

Coriocelle.

Les Mollusques de ce genre ont une coquille auriforme, mince, transparente et fragile; pas d’opercule. L'animal est beaucoup plus grand que sa coquille et l'enveloppe avec les bords de son manteau. Une seule espèce vit sur les côtes de France :

Coriocella perspicua (Blainv.); Bulla haliotidea (Montagu), Coriocelle déprimée.

Sa coquille (fig. 23, pl. 8) est mince et entièrement blanche; l'ouverture est grande et étalée; le bord interne est retiré en arrière. Cette espèce a été trouvée rarement sur les côtes de la Loire-[nférieure, de la Vendée, de la Charente-Inférieure et de la Méditerranée. Elle est plus commune sur les côtes du Boulonnais, à Wimereux, où elle pond pendant les mois de février et de mars ; elle creuse son nid dans les colonies d’Ascidies composées dont elle fait sa nourriture (A. Giard).

Genre Velutina (//eming), Velutine.

Dans ce genre, la coquille est mince, à spire courte, à suture profonde. L'animal est carnivore et a les bords du manteau développés tout autour de la coquille.

Velutina capuloïidea(Blainv.); Velutina lævigata (Lin.), Velutine légère.

Cette espèce (fig. 1, pl. 9) a une coquille mince, d’une teinte gris rosé, à épiderme velouté, à ouverture très grande et arrondie ; pas d'opercule. Elle vit à de grandes profondeurs sur les plantes marines ; elle à été draguée rarement sur les côtes du Croisic, de Belle-lsle et de la Rochelle ; on ne la trouve pas sur le littoral de la Méditerranée. On à trouvé aussi dans les mêmes parages une espèce appartenant à un genre très voisin, l'Ofina otis (Turton); mais elle ne paraît pas habiter les côtes de France.

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