M. COSSMANN. — MOLLUSQUES ÉOCÉNIQUES JO
Cerithium adelomorphum, not. sp. PI. VIII (XII) fig. 29-30.
Section Vuligocerithium. Taille petite ; forme étroite, pupoïde ; » spire allongée, à galbe conoïdal ; embryon lisse, paucispiré, subglobuleux, à nucléus très obtus; dix à douze tours anguleux au milieu, dont la hauteur égale les deux tiers de la largeur, séparés par des sutures peu profondes, ornés de quatre cordons spiraux, granuleux à l'intersection de petites costules axiales, obliques et peu proéminentes ; les deux cordonnets supérieurs, dont le second forme l'angle médian, sont plus gros et plus écartés que les deux qui sont sur la rampe inférieure ; un filet lisse est intercalé entre tous ces cordons principaux. Dernier tour inférieur au tiers de la longueur totale, ovale à la base sur laquelle cessent les costules et persistent les filets alternés, non oranuleux ; ouverture courte, ovale, rétrécie à l’origine du canal qui est brièvement tronqué ; labre variqueux, peu courbé ; bord columellaire excavé, peu calleux.
Dim. Longueur, 6 mill. : diamètre, 1 1/2 mill.
R.D. Cette coquille est incontestablement très voisine de C. semicristatum Baud. du calcaire grossier des environs de Paris ; cependant on peut l'en distinguer par quelques caractères d’une constance absolue, et par conséquent, elle mérite de recevoir une dénomination distincte : d’abord sa forme est plus pupoïdale et moins conique, le galbe est plus étroit, moins élargi à la base ; ensuite les tours sont plus anguleux, plus granuleux, tandis que les cordons de C. semicristatum sont plutôt crénelés. surtout les deux supérieurs. La base du dernier tour de notre
espèce est moins nettement circonscrite que chez l'espèce parisienne, qui porte un cordonnet anguleux à la périphérie et quelques filets fins sur sa surface subexcavée, au lieu des filets alternés et de la surface convexe de C. adelomorphum.
Type et Loc. PI. VIIL (XII), fig. 29-30, coll. Dumas. — Bois-Gouët, commune.
Coislin, coll. Dumas ; Musée de Nantes.
Cerithium fragile, Desh. PI. VIII (XII), fig. 25-26. (1889 — Catal. Éoc. IV, p. 26).
Ogserv. Les individus de la Loire-Inférieure que je rapporte à cette espèce, ressemblent complètement à la forme typique et uninoduleuse
LE
de Grignon, tandis que je n’en ai pas vu qui puissent être rapprochés de la variété bicrénelée, signalée dans mon Catalogue. Leur spire est très pointue au sommet, pupoide sur les derniers tours ; les tours, un peu excavés en arrière, portent en avant des nodosités régulières et obtuses qui ne se correspondent pas d’un tour à l’autre : de très fines stries spirales, visibles seulement quand la surface est absolument fraîche, couvrent toute la surface, et se transforment, sur la base du dernier tour, en filets un peu plus saillants et écartés. Aucun des individus qui m'ont été communiqués n’a l'ouverture entière, de sorte que je n’ai pu y constater l'existence, au labre, de ce pavillon antérieur qui caractérise la section Tenuicer Ein.
PLÉSIOTYPE et LOC. PI. VIII (XD), fig. 25-26, coll. Dumas. — Bois- Gouët, rare entière.
Coislin, coll. Dumas.
Cerithium limbatum, Desh. PI. VII (XII), fig. 22-24.
1881 — C. Falloti, Vass. Loc. cit. PI. II, fig. 55. 1889 — C. limbatum, Desh. Catal. Éoc. IV, p. 27.
R.D. Quoique cette espèce soit très variable et que la précédente le soit également, il n’est pas possible de les confondre ensemble, d’abord parce que celle-ci est plus trapue et régulièrement conique, ensuite parce qu’elle porte généralement quelques varices obtuses et peu saillantes, qui ont pu la faire confondre avec C. imperfectum, malgré la différence de l’ornementation. La forme typique de C. limbatum est une coquille d'assez petite taille, dont les tours, très convexes en avant, un peu excavés en arrière, portent, sur la convexité, des costules noduleuses qui s’effacent toujours sur la rampe postérieure ; des stries spirales très serrées et très fines, peu visibles quand la surface est usée, complètent cette ornementation. Le dernier tour est à peu près égal aux cinq douzièmes de la longueur totale ; il est limité anguleusement par un cordon obsolète, à la périphérie de la base qui est peu convexe et concentriquement striée ; l'ouverture, complète sur un des échantillons figurés, est large et terminée par un canal large et court : elle présente bien les caractères de l'ouverture des Tenuicerithium, dont le labre mince remonte plus haut que le bord opposé, en formant une sorte de pavillon dilaté ; le bord columellaire est beaucoup plus court et calleux, et il se termine par une torsion très oblique et pliciforme, à l'origine du canal. A côté de cette forme typique, il y a des individus dont les côtes s’effacent complètement sur le dernier tour qui est seulement muni d’une varice opposée à l’ouverture ; mais tous les autres caractères de la coquille sont identiques au type. Quant à C. Falloti, Vasseur, c’est un individu incomplet de la forme typique.
Lu El Eee a ‘ v
[167] M. COSSMANN. — MOLLUSQUES ÉOCÉNIQUES 303
PLésiorvre et Loc. PI. VIII (XII), fig. 22-24, coll. Bourdot. — Bois- Gouët, assez commune.
Coislin, coll. Dumas ; Arthon, coll. Dumas.
Cerithium costulatum, Lamk. PI. IX (XIV), fig. 1. (1889 — Catal. Éoc. IV, p. 27. |
R.D. Ainsi que l'ai indiqué dans mon Catalogue, cette espèce se distingue de C. fragile par sa forme étroite et conique, par ses nodules plus saillants, disposés en pyramide régulière, moins nombreux et plus écartés que ceux de C. fragile, par son dernier tour anguleux à la périphérie de la base, par ses stries spirales, enfin par un petit bourrelet filiforme, placé contre la suture, en avant de chaque tour : ce petit filet est très effacé sur les échantillons du Bois-Gouët que je rapporte à la même espèce, mais, par tous les autres caractères, ils sont identiques aux individus de Villiers et de Fay-sous-Bois auxquels je les ai comparés. La plupart des amateurs confondent cette espèce avec la précédente, qui est cependant plus trapue et dont les costules sont plus nombreuses, moins saillantes que les gros nodules de C. costulatum. Quant à C. crassicostatum Desh., ce n’est peut-être qu’une variété de C. limbatum, en tous cas distincte de C. costulatum par ses côtes plus nombreuses, jamais pyramidales. Section Tenuicerithium. :
PLésiorype et Loc. PI. IX (XIV), fig. 1, coll. Dumas. — Bois-Gouëêt, rare et incomplète.
Cerithium Dumasi, n00. sp. - PI. IX (XIV), fig. 6 et 14.
Section Æemicerithium. Taille assez petite; forme étroite, conique ; spire longue, pointue, bossuée par de nombreuses varices ; environ douze tours convexes, dont la hauteur égale les trois cinquièmes de la largeur, séparés par des sutures peu profondes avec un bourrelet lisse en dessus, ornés de deux principaux cordonnets du côté antérieur, le supérieur lisse, l’inférieur obtusément granuleux, et de nombreux filets spiraux, inégaux, dont deux surtout égalent presque les cordonnets principaux sur les derniers tours ; il n’y a pas de costules axiales, mais chaque tour porte au moins une varice épaisse et saillante sur laquelle passent les cordonnets et les filets spiraux. Dernier tour égal aux cinq douzièmes de la longueur totale, arrondi à la base sur laquelle persistent les cordonnets et les filets
intercalaires, avec une varice opposée à l'ouverture ovale ; canal très court et tronqué ; labre variqueux, presque droit, non proéminent en avant; columelle lisse, excavée.
Dim. Longueur, 12 mill. ; diamètre, 4 mill.
R.D. Le classement de cette coquille m'a fort embarrassé: par son ornementation et par sa forme générale, elle se rattache à la section Tenuicerithium, et rassemble un peu à C. Goossensi ou à C. edulcoratum; mais elle n’a pas l'ouverture en pavillon et le canal rétréeci à l’origine comme C. fragile; d’autre part ses varices sont gibbeuses comme celles des Hemicerithium , et son ornementation a de l’analogie avec celle de C. Gardneri; mais elle n’a pas de disque basal comme cette espèce, et comme en portent généralement les Hemicerithium. On pourrait aussi la rapprocher des Pittium à cause de son ouverture, mais elle n’en a guère l’ornementation. P
Type et Loc. PI. IX (XIV), fig. 6 et 1%, coll. Dumas. — Bois-Gouët, très rare, deux individus seulement (l’un de ma coll.).
Cerithium Bureaui, nov. sp. PI. VIIT (XIIL), fig. 27-28.
Section ÆZemicerilhium. Taille petite ; forme trapue, conique ; spire peu allongée ; neuf ou dix tours très convexes, dont la hauteur dépasse à peine la moitié de la largeur, séparés par des sutures peu profondes que borde un filet lisse, ornés de nombreuses costules axiales, courbes et peu saillantes, croisées par trois cordons spiraux qui forment avec elles des mailles carrées : le cordon inférieur n'apparaît que sur les derniers tours et est parfois très obsolète, de sorte qu’il semble qu’il n’y en ait que deux, et que les tours paraissent un peu anguleux avec une rampe inférieure ; quelques varices complètent l’ornementation. Dernier tour égal aux deux cinquièmes de la longueur totale, limité par un double cordon à la périphérie de la base, qui forme un disque excavé et seulement orné de plis rayonnants et sinueux ; ouverture arrondie à l’intérieur, à péristome subquàdrangulaire, terminée à la base par un canal rudimentaire ; labre variqueux, un peu incurvé; bord columellaire excavé, lisse et calleux.
Dim. Longueur, 8 1/2 mill. ; diamètre, 3 1/2 mill.
1169] ‘ M. COSSMANN. — MOLLUSQUES ÉOCÉNIQUES 300
- R.D.Quoique cetteespèce ait beaucoup d’analogieavec C. incommodum, “le l'Éocène supérieur des environs de Paris, elle mérite d’en être séparée à cause de son ornementation différente : au lieu de quatre ou cinq “cordonnets entremêlés de filets plus fins, elle n’en porte que deux ou “trois ; ses côtes sont plus régulières et persistent davantage jusqu’au “dernier tour ; ses varices sont plus rares et moins saillantes ; ses tours portent généralement une petite rampe inférieure subexcavée, qui “manque sur l'espèce parisienne dont les tours sont uniformément “convexes ; enfin le disque basal est mieux limité, plus concave et orné de plis rayonnants au lieu de filets concentriques.
TyPe et Loc. PI. VIII (XIII), fig. 27-28, coll. du Musée de Nantes. — Bois-Gouët, rare.
Coislin, coll. Dumas, Musée de Nantes.
Fastigiella cf. rugosa, [Lamk.] PE. TX (XIV) neo (1889 — Catal. Éoc. IV, p. 40). |
R.D. Quoique l'individu non adulte du Bois-Gouët ne soit pas identique à un échantillon de même âge, provenant de Vaudancourt, que je possède de cette espèce, je crois qu'il est prudent de l’y rapporter provisoirement, au moins jusqu’à ce qu’on en ait des coquilles arrivées à leur taille complète : il diffère de celui des environs de Paris par ses premiers tours moins régulièrement treillissés, conservant seulement des plis axiaux verslasuture, tandis que l’ornementation spirale se compose de filets plus nombreux et irrégulièrement alternés ; mais, par son galbe trapu et conique, par son ouverture ample, à canal court et bien “échancré, notre individu se rapproche complètement de celui de Vaudancourt. Autant qu’on peut s’en rendre compte, l’embryon est obliquement dévié.
PLésroryPe et Loc. PI. IX (XIV), fig. 5, coll. Dumas. — Bois-Gouët, unique.
Semivertagus unisulcatus, [Lamk.] PI. IX (XIV), fig. 17-18. 41881 — Cerithium unisulcatum, Vass. Loc. cit. PI. IIT, fig. 43-45. 1889 — Cossm. Catal. Éoc. IV, p. 33.
1892 — Semivertagus unisulcatus, Newton, Syst. list. Edw. coll. p. 188.
Ogserv. Il est aisé de reconnaîtré cette espèce, quoiqu'’elle ne soit probablement pas la seule de ce groupe, et qu’il existe vraisemblablement une forme voisine, mais distincte, dans le Cotentin. Le sillon, auquel elle doit son nom, et qui est bien plus profond que les stries spirales
‘ont elle est souvent couverte, ne persiste pas toujours jusqu’au dernier “our ; mais, comme les tours sont invariablement aplatis, la coquille présente un aspect subulé qui ne permet pas de la confondre avec S. imelanoides, dont les tours sont plus convexes. Quand l'ouverture est
306 NANTES. — BULL. SOC. SC. NAT. OUEST. — T. 7. ([1%0} ’ à
complètement formée, avec sa gouttière postérieure et son canal rudimen. taire, à l’angle supérieur de droite, elle a la plus parfaite analogie avec: un Vertagus, sauf que la columelle n’est pas plissée. C’est pourquoi je maintiens la dénomination sous-générique Semivertagus que j'ai antérieurement proposée. J’ai pu étudier la forme de l'embryon sur quelques rares échantillons dont la pointe est intacte : il est paucispiré, lisse, avec un nucléus papilleux et dévié. |
PLÉsioTyPE et LOC. PI. IX (XIV), fig. 17-18, coll. Dumas. — Bois-Gouët,… très commune. | La Close, coll. Dumas et Cossmann ; Coislin, coll. Dumas, Musée de” Nantes ; Arthon, coll. Dumas.
Bittium semigranulosum, [Lamk.] PI. IX (XIV), fig. 24-25. 1881 — Cerith. semigranulosum, Vass. Loc. cit. PL. IE, fig. 52-53. 1889 — — -Cossm. Catal. Éoc. IV, p. M.
Ogserv. Il n’y a aucune différence appréciable entre les échantillons” du Bois-Gouët et la forme typique du bassin de Paris : leurs tours de” spire sont convexes, séparés par des sutures peu profondes, ornés des quatre ou cinq rangées spirales de granulations qui, sur les premiers tours, forment des côtes axiales un peu courbées, tandis que sur less derniers tours, ces granulations ne se correspondent pas toujours exacte ment, de sorte que les costules n’ont plus la même régularité ; entre les rangées principales s’intercalent des filets plus finement perlés. Sur las base du dernier tour, il n’y a plus que des cordonnets simples ; l'ouver-! ture est cordiforme, terminée par un canal extrèmement court et EU le labre dépasse le bord opposé et n’est presque pas sinueux.
PLésiorype et Loc. Pl. IX (XIV), fig. 24-25, coll. Cossmann. — Bois - Gouëêt, commune. |
Coislin, coll. Dumas, Cossmann, Musée de Nantes ; Arthon, coll. Dumas.
Bittium Dagincourti, [Vasseur] PI. IX (XIV), fig. 19-20.
1881 — Cerith. Dagincourti, Vass. in listes, p. 268, non fig.
Taille moyenne ; forme trapue, pupoide ; spire peu allongée, à galbe tout à fait conoïdal ; huit tours convexes, dont la hauteur," | d’abord inférieure à la moitié de la largeur, ne dépasse pas cette“ moitié sur les derniers tours, séparés par de profondes sutures, ornés de costules axiales courbes et serrées, entremêlées de vari-« ces, découpées en cinq rangées de granulations par des rubans spiraux. Dernier tour égal aux deux cinquièmes de la longueur totale, plus finement orné que les précédents, à cause de ses, costules plus serrées et de ses cordons plus nombreux, arrondi. à la base, sur laquelle persiste l'ornementation ; ouverture arron-
[171] M. COSSMANN. — MOLLUSQUES ÉOCÉNIQUES 301
die, à péristome épais, terminée dans l'angle supérieur de droite
par un canal rudimentaire, avec une petite gouttière dans l’angle “postérieur ; labre variqueux, presque droit, plus élevé que le - bord columellaire qui est excavé, lisse, un peu détaché.
Dim. Longueur, 15 mill., diamètre, 6 mill.
R.D. Ainsi que l'indique Vasseur, en marge de la liste de Campbon où il se borne à citer cette espèce, cette coquille a beaucoup d’analogie avec B. plicatulum, de Cuise, — et c’est cette comparaison qui m’a permis de conserver sa dénomination sans crainte d’erreur : elle s’en distingue toutefois par ses tours plus convexes, qui portent un ruban spiral en plus ; en outre, ces rubans spiraux sont moins larges, moins aplatis, et les granulations qu’ils découpent sur les côtes sont beaucoup moins rectangulaires ; enfin le canal antérieur est moins complètement formé que chez l’espèce suessonienne. Si on compare l’espèce nantaise à B. acuminiense, qui a aussi les tours convexes, on trouve qu'elle est plus trapue et qu’elle a un ruban de plus sur chaque tour, avec des granulations plus arrondies.
Néorypre et Loc. PI. IX (XIV), fig. 49-20, coll. Dumas. — Coislin, rare entière.
La Close, coll. Dumas et Cossmann ; Bois-Gouët, coll. Dumas ; Arthon, coll. Dumas.
Bittium evanescens, n00. sp. PI. IX (XIV), fig. 28-29.
1881 — Cerith. semigranulosum, Vass. Loc. cit. PI. III, fig. 54 (non Lamk.).
Section Semibillium. Taille assez petite ; forme un peu
. pupoide ; spire peu allongée, à galbe conoïdal ; dix à douze tours, d’abord un peu convexes, puis presque plans, dont la hauteur égale à peu près les trois cinquièmes de la largeur, séparés par des sutures assez profondes et subétagées, ornés de quatre cordons spiraux, d’abord treillissés par de nombreuses costules axiales, qui forment des granulations à l'intersection, et qui s’effacent graduellement sur les derniers tours ; des filets . beaucoup plus fins et lisses sont intercalés entre les cordons principaux. Dernier tour supérieur aux trois huitièmes de la longueur totale, muni de six cordonzets, l’inférieur seul subgranuleux, et d’un septième à la périphérie de la base, qui est déclive et porte quatre filets concentriques ; ouverture ovale, avec une étroite gouttière dans l’angle inférieur, et un canal antérieur
508 NANTES. — BULL, SOC. SC. NAT. OUEST. — v. 7. [172]
très court ; labre mince, plus élevé que le bord opposé ; bord | columellaire lisse, étroit, excavé, calleux.
Dim. Longueur, 8 mill. ; diamètre 2 1/2 mill.
R.D. On ne peut confondre cette espèce avec B. semigranulosum, à cause de l’absence complète de varices sur toute sa surface, et parce À que ses tours sont presque plans, enfin parce que les granulations disparaissent sur les derniers tours ; sa base est mieux limitée, moins convexe. D'autre part, elle s’écarte de B. cancellatum, qui est le type de la même section, par sa forme plus courte et par son ornementation, tandis que B. ecostatum n’a jamais de granulations, et a une spire plus étroite, avec des tours plus nombreux, moins élevés. |
Type et Loc. PI. IX (XIV), fig. 28-29, coll. Bourdot. — Bois-Gouët, assez rare.
La Close, coll. Dumas ; Campbon, Musée de Nantes ; Coislin, coll. Dumas. \
Bittium coislinense, nov. sp. PI. IX (XIV), fig. 26-27.
Section Semibiltium. Taille petite ; forme étroite, conique ; spire longue, à galbe un peu conoïdal chez certains individus ; environ douze tours, presque plans, dont la hauteur égale les deux tiers de la largeur, séparés par de larges rainures suturales, ornés de trois carènes spirales, crénelées (surtout les deux inférieures) par de petites costules axiales, et de stries imperceptibles dans les intervalles ; parfois un cordonnet crénelé plus mince s’intercale entre les deux principaux. Dernier tour à peu près égal au tiers de la longueur totale, arrondi à la base qui porte trois ou quatre carènes simples, avec des stries concentriques ; ouverture ronde, terminée en avant par un canal rudimentaire ; labre proéminent en avant, où il dépasse l’extrémité du canal ; bord columellaire lisse, mince, calleux, excavé.
Dim. Longueur, 7 1/2 mill. ; diamètre, 2 4/4 mill.
R.D. Par son ouverture, cette coquille appartient évidemment au genre Biltium, et comme elle ne porte pas de varices, elle doit être classée dans la même section Semaibittium que C. cancellatum ; mais elle se distingue de ce dernier par son ornementation formée de carènes w crénelées au lieu de cordons granuleux. Si on la compare à B. Eschert du calcaire grossier, on remarque qu’elle est plus étroite et qu’elle a « des crénelures au lieu de granulations.
Tyre et Loc. PI. IX (XIV), fig. 26-27, Musée de Nantes. — Coislin, peu rare. | |
Bois-Gouët, très rare, coll. Dumas, Pissarro et Bourdot.
[+73] M. COSSMANN. — MOLLUSQUES ÉOCÉNIQUES 1
Potamides Athenasi, [Vasseur em.| PI. X (XV), fig. 1-2.
1881 — Cerithium Athanasi, Vass. Loc. cit. PI. V, fig. 8..
1881 — Cerithium Cailliaudi, Vass. Loc. cit. PL. IV, fig. # et PI. XIX, fig. 12.
Sous-genre Zxechestoma. Taille très grande ; forme plus ou moins trapue, régulièrement conique ; spire assez longue, très pointue au sommet ; seize tours au moins, convexes ou même anguleux, dont la hauteur varie entre le tiers et les deux cinquièmes de la largeur, ornés de dix à douze côtes plus ou moins écartées, proéminentes sur l’angle médian, presque effacées sur la rampe postérieure, rarement subvariqueuses ; deux cordons spiraux principaux, l’un sur l’angle médian, l’autre sur un second angle moins saillant, situé au-dessus ; nombreux filets intercalaires, croisés par les plis d'accroissement, le dernier en bas forme un bourrelet obtusément crénelé au-dessus de la suture. Dernier tour variant entre le tiers et les deux cinquièmes de la longueur totale, orné comme le reste de la spire, arrondi à la périphérie de la base, qui est un peu déprimée et qui porte une quinzaine de filets concentriques, presque égaux et plus épais que la largeur de leurs interstices; au centre est une fente ombilicale, limitée par un bourrelet obtus qui aboutit à l’extrémité d’un canal rudimentaire. Ouverture très développée en pavil-
lon de cor de chasse, à peine échancrée à droite par une dépression plus ou moins profonde, qui constitue le canal siphonal ; labre très épais, un peu proéminent en avant, débordant en arrière
Sur l’avant-dernier tour, par suite de l'existence d’une gouttière versante et peu profonde, dans l’angle inférieur de l’ouverture ; columelle lisse, excavée, obtusément tronquée à la naissance du canal ; bord columellaire très calleux, détaché de la fente ombilicale.
Dim. Forme étroite : longueur, 96 mill. ; diamètre, 33 mill. ; avec louverture, 48 mill. Forme trapue : longueur, 95 mill. ; diamètre, 36 mill. ; avec l'ouverture, 53 mil].
R.D, Quoique cette belle coquille soit assez variable, elle ne peut, en aucun cas, être confondue avec P. angulosus, qui est beaucoup moins
Nantes : Bull. Soc. sc. nat, Ouest. T. 8, fasc. I, 31 mars 1898.
trapu, toujours unianguleux, et surtout variqueux, dont les filets sont moins nombreux, et qui n’atteint jamais une aussi grande taille, avec une ouverture aussi épanouie. Cette espèce est la géante du gisement du Bois-Gouët, et se trouve aussi dans le Cotentin : elle a reçu de Vasseur deux dénominations différentes, s'appliquant l’une et l’autre à la forme typique, de sorte qu’il n’est même pas possible de conserver Cailliaudi pour la variété trapue, anguleuse, à côtes moins nombreuses.
NéoTypes et Loc. Forme étroite et typique : pl. X (XV), fig. 4, coll. Dumas. Forme trapue, var. : pl. X (XV), fig. 2, coll. Dumas. — Bois-Gouët.
Potamides armoricensis, [Vasseur em.] PI. IX (XIV), fig. 21. 1881 — Cerith. angulosum, var. armorica, Vass. Loc. cit. PI. IV, fig. 2-3.
Sous-genre Ææechestoma. Taille assez grande; forme régulièrement conique ; spire longue, étagée ; tours d’abord convexes, puis anguleux, dont la hauteur atteint la moitié de la largeur, séparés par des sutures peu profondes qu’accompagne en dessous un filet subgranuleux, ornés de nombreuses côtes courbes, arquées sur l’angle médian dès qu’il commence à apparaître, et de cinq filets spiraux de chaque côté de cet angle ; les intervalles sont décussés par de nombreux plis d’accroissement. Dernier tour égal aux trois huitièmes de la longueur totale, muni d’une rampe déclive au-dessous de l’angle, convexe au-dessus, séparé par deux cordonnets plus saillants de la base, qui est déclive et qui porte huit filets concentriques très serrés ; ouverture ronde, à péristome calleux et proéminent, vernissé et lacinié à l’intérieur du labre, terminée à l’angle supérieur de droite par un canal rudimentaire.
Drm. Longueur, 64 mill. ; diamètre avec l'ouverture, 28 mill.
R.D. C’est avec raison que Vasseur a distingué cette coquille des échantillons typiques de P. angulosus ; les différences me paraissent même présenter un caractère de constance qui justifie la séparation d’une nouvelle espèce : outre que les premiers sont convexes, au lieu d’être anguleux comme ceux de l’espèce parisienne, ils sont plus élevés, le dernier surtout qui est à peine supérieur au tiers de la longueur chez P. angulosus ; en outre, les filets spiraux sont beaucoup plus nombreux de part et d’autre de l’angle de P. armoricensis; le péristome est lacinié, tandis qu’il ne porte que deux gouttières à l’intérieur de l’ouverture de l'espèce de Lamarck. C’est une coquille plus étroïte que P. Athenasi, avec des filets plus nombreux et un seul angle spiral au lieu de deux.
Néoryre et Loc. PI. IX (XIV), fig. 21, coll. Dumas. — Bois-Gouët, rare entière.
Potamides Fernandi, [Vasseur] PI. {X (XIV), fig. 30 et PI. XI (XVI), fig. 1-4.
1881 — Cerith. Fernandi, Vass. Loc. cit. PI. IV, fig. 1.
Sous-genre Æxechestoma. Taille grande ; forme conique ;
spire épineuse et étagée ; tours fortement anguleux, dont la hauteur égale presque la moitié de la largeur, d’abord ornés de costules entremêlées de varices et de deux filets spiraux de chaque côté de l’angle, les filets antérieurs crénelés et plus saillants que ceux de la rampe inférieure ; sur les derniers tours les côtes s’espacent, il n’y en a plus que sept ou huit, elles sont très saillantes, fortement épineuses sur l’angle où elles cessent ; il y a trois cordons principaux avec des filets intercalés au-dessus de l’angle, cinq filets plus fins et presque égaux sur la rampe inférieure. Dernier tour égal aux trois huitièmes de la longueur totale, arrondi à la base qui est un peu déprimée et ornée de filets concentriques ; ouverture arrondie, à péristome dilaté et épais, lacinié à l’intérieur du labre, avec deux gouttières plus profondes vis-à-vis de l’angle et dans le coin inférieur de gauche; canal rudimentaire.
Dim. Longueur, 70 mill. ; diamètre avec l’ouverture, 35 mill.
R.D. Cette coquille s’écarte complètement de P. Athenasi et de P. armoricensis par ses épines piréniformes, et par l’ornementation de ses premiers tours. Vasseur n’en a figuré qu’un fragment, auquel il manque l'ouverture et la pointe; l'individu un peu détérioré, que j'ai pris comme néotype, a une ouverture complète, et quant aux premiers tours, je fais figurer un fragment qui permettra au lecteur de saisir les différences avec l’ornementation de P. angulosus, dont les premiers tours sont convexes.
Néoryres et Loc. PI. XI (XVI), fig. 1-4, coll. Dumas ; pointe, PI. IX (XIV), fig. 30, ma coll. — Bois-Gouët, très rare. Potamides interruptus, [Lamk.] PI. IX (XIV), fg. 9.
1881 — Cerith. interruptum, Vass. Loc. cit. PI. IV, fig. 6. 1881 — Cerith. Bergeroni, Vass. ibid. PI. V, fig. 4. 1881 — Potam. interruptus, Cossm. Catal. Éoc., p. 76.
R.D. Je n’aperçois aucune différence entre les échantillons du Bois-
Gouët et ceux de Grignon, par conséquent il n’y a pas de motif pour leur donner, même à titre de variété, le nom occidentalis indiqué à la planche IV de l'Atlas de Vasseur pour la figure 6, ni pour séparer une autre espèce sous le nom de Bergeroni ; en ce qui concerne la figure 5 représentant un individu vu de dos, il semble que c’est plutôt un P. armoricensis. La forme typique que j'ai fait figurer, se reconnaît à ses tours à peu près convexes ; s’il y a la trace d’un angle, il n’est pas médian, mais situé vers le tiers inférieur de la hauteur de chaque tour ; outre les grosses varices irrégulières qui ont donné son nom à l'espèce, l’ornementation se compose de côtes très serrées, croisées par huit ou neuf filets spiraux inégaux, qni produisent de petites nodosités à leur intersection avec les côtes : cela ne ressemble guère aux ornements de P. armoricensis. La base du dernier tour est tout à fait excavée et limitée par un double cordon lisse, avec un filet intercalé. Je n’ai pas vu d'ouverture complète, mais vis-à-vis de chaque varice, il y a une douzaine de crénelures alignées sur un renflement interne. Section Exechestoma.
PLÉésioTyPE et LOC. PI. IX (XIV), fig. 9, coll. Cossmann. — Bois-Gouët, assez rare.
La Close, coll. Dumas.
Potamides scalaroides, [Desh.] PI. IX (XIV), fig. 22-23. 1881 — Cerith. scalaroides, Vass. Loc. cit. PI. III, fig. 71-74. 1889 — — Cossm. Catal. Éoc. IV, p. 76.
OBserv. Il ne paraît pas probable que cette espèce puisse être conservée dans le sous-genre ÆExechestoma où je l’ai précédemment classée : outre qu’elle n’a presque jamais de varices, son ouverture a beaucoup plus d’analogie avec celle de P. lapidum, qui est un Potamides typique, qu'avec celle de P. angulosus. La forme générale de la coquille est peu allongée, ses tours régulièrement convexes sont ornés de petites costules très arquées, crénelées par quatre ou cinq cordonnets spiraux, presque équidistants, et généralement plus serrées sur le dernier tour que sur les précédents. La base imperforée, très arrondie, n’est ornée que de filets concentriques et de plis d’accroissement rayonnants et sinueux. Quant à l'ouverture, elle est tout à fait ronde, simplement versante à l'emplacement du canal ; le labre est proéminent en avant, largement échancré «en arrière ; enfin le bord columellaire est lisse, calleux, excavé. Tous ces caractères sont identiques à ceux des échantillons de Beauchamp et d’Ezanville : l’assimilation des deux formes est complètement justifiée.
PLÉsiorype et Loc. PI. IX (XIV), fig. 22-23, coll. Bonnet. — Bois- Gouêt, peu rare.
La Close, coll. Dumas et Cossmann ; Coislin, Musée de Nantes,
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[177] M. COSSMANN. — MOLLUSQUES ÉOCÉNIQUES D
Potamides Douvillei, [Vasseur] PI. IX (XIV), fig. 15-16 et PI. X (XV), fig. 5.
1881 — Cerith. Douvillei, Vass. Loc. cit. PI. IT, fig. 64-66.
Taille assez petite ; forme étroite, subcylindrique ; spire longue, à galbe légèrement conoïdal ; dix à douze tours convexes,
. variqueux, dont la hauteur est inférieure à la moitié de la largeur,
séparés par des sutures assez profondes, sur lesquelles débordent les varices, ornés de costules minces, un peu arquées, s'étendant d'une suture à l’autre, que croisent trois ou quatre cordonnets spiraux, non crénelés, dont deux assez saillants sur les premiers tours, s’effaçcant souvent sur les derniers ; on distingue en outre de nombreux plis d’accroissement, très fins, dans les intervalles des côtes. Dernier tour à peine supérieur au tiers de la longueur totale, orné de quatre ou cinq rubans spiraux très obsolètes, quelquefois très gibbeux par les varices, séparé par deux cordons périphériques de la base, qui est plane et qui ne porte que quelques filets concentriques peu visibles ; ouverture petite, arrondie, avec une gouttière postérieure et un canal antérieur tout à fait rudimentaire ; labre proéminent en avant, excavé en arrière; bord columellaire lisse, calleux, détaché de la base.
Drm. Longueur, 21 1/2 mill. ; diamètre, 7 1/2 mill. .
R.D. De même que l’espèce précédente, celle-ci doit-être placée dans le groupe des Potamides typiques : elle s’en distingue par son galbe étroit, par ses varices et par son disque basal ; en outre, ses côtes pincées, non crénelées, ses cordonnets spiraux presque effacés, lui donnent une ornementation bien différente; il n’existe rien de semblable dans le bassin de Paris.
Néorvyre et Loc. PI. IX (XIV), fig. 15-16 et pl. X (XV), fig. 5, coll. Cossmann. — Bois-Gouëêt, très commune.
La Close, assez rare, coll. Dumas et Cossmann ; Coislin, coll. Dumas.
Potamides perditus, [Bayan] PI. IX (XIV), fig. 13 et PI. X (XV), fig. 5.
1881 — Cerith. perditum, Vass. Loc. cit. PL. IIT, fig. 67-70. 1889 — Potam. perditus, Cossm. Catal. Eoc. IV, p. 66. R.D. Cette espèce se distingue assez aisément de P. lapidum par sa
forme trapue, mais il est plus difficile de la séparer de P. scalaroides ; au lieu de cordons crénelés, elle porte des filets plus nombreux, plus
serrés, granuleux à l'intersection des plis curvilignes d’accroissement ; en outre elle a des varices, mais ce caractère différentiel n’est pas très sûr, attendu qu’il y a aussi des échantillons de l’autre espèce qui en sont munis. Le dernier tour occupe les quatre neuvièmes de la longueur totale, il est très arrondi à la base, sur laquelle persiste l’ornementation : quant à l'ouverture, elle est aussi peu canaliculée que possible, comme chez les individus du bassin de Paris.
PLÉSIOTYPE et LOC. PI. IX (XIV), fig. 13 et PI. X (XV), fig. 5 ; coll. Cossmann. — Bois-Gouët, peu rare.
Coislin, coll. Dumas.
Potamides erroneus, nom. mul. PI. X (XV), fig. & et 7.
1881 — Potamides lapidum, Vass. Loc. cit. PI. III, fig. 75-76, et pl. VIL, fig. 23-26 (non Lamk.).
Taille moyenne ; forme étroite, subulée, spire longue, à galbe conique ; quinze à dix-huit tours un peu convexes, dont la hauteur dépasse à peine les trois huitièmes de la largeur, séparés par des sutures peu profondes, que borde invariablement en dessus une chaînette perlée ; le reste de leur surface est orné de quatre ou cinq bandelettes spirales, croisées par des costules obsolètes d’accroissement, curvilignes, plus ou moins serrées, qui y découpent des granulations, surtout sur les premiers tours, tandis que sur les derniers tours, ce sont plutôt des crénelures très oblongues. Dernier tour très court, déprimé à la base, qui est peu convexe et qui porte cinq cordonnets concentriques et lisses ; ouverture peu élevée, arrondie, plus large que haute, terminée par un canal court et profond ; labre mince et arqué ; columelle à peine excavée, tordue à la naissance du canal ; bord columellaire calleux, souvent muni d’un renflement pliciforme au-dessous de la torsion de la columelle, mais ce renflement n’est n’est pas un pli spiral.
Dim. Longueur probable, 33 mill. ; diamètre, 10 mill.
R.D. Cette coquille ne peut être confondue avec P. lapidum, même à titre de variété, non seulement parce que son ornementation est bien différente et parce qu’elle porte toujours à la suture une chaïnette perlée, qui n’existe jamais chez l'espèce de Lamarck, mais encore parce que ses tours sont peu convexes et ne sont jamais subanguleux comme
ceux de l'espèce parisienne. Je ne puis donc m'expliquer qu’une forme aussi constamment distincte soit désignée par le même nom dans l'Atlas