‹ Mollusques méditeranéens [!]; observés, décrits, figurés, et chromolithographiés d'après le vivantChapitre 25 sur 35 · paire . à · texte numérisé non relu

paire . à

Re : : ; : : : 0,017 : 0,017 D ee 0

Rs : : : ee 0,036 : 0,036 Longueur des bras tentaculaires . * ; - : : ; 0,110 ‘ 0,035 Massue des bras tentaculaires = ; 2 : 5 à ; 0,015 : 0,040

Couleur. Dans l’état de vie, d’un hyalin très transparent, sans aucuns points chromophores, et sans taches; on ne remarque sur lui que le point noir des yeux. Dans l’eau, on dirait ce céphalopode un médusaire ou un morceau de glace. Plongé dans l'alcool, il devient blanchâtre , conserve encore sa transparence; et on voit à travers son corps les organes intérieurs.

Rapports et différences.

La longueur de sa tête et l’excessive longueur de lPextrémité de son corps font distinguer au premier abord cette espèce.

Habitations et mœurs.

Cette espèce se rencontre dans le détroit de Messine, où les courants paraissent l’entrainer; elle y a été découverte par M. Ruppell, qui me communiqua le dessin, qu’il en avait et que j'ai reproduit planche 40, fig. a. La figure b de la même planche, à extrémité du corps beaucoup plus longue, a été faite sur deux individus, recueillis dans le même golfe, que M. le Doct. Krohn m’a donnés.

DÉCAPODES 125 Histoire.

M. Ruppell a observé le premier cette espèce remarquable, qu'il fit connaître par la description suivante insérée dans le journal du cabinet de Messine: « La longueur du » col, c’est-à-dire celle placée entre le bord antérieur du sac viscéral et l'orbite, est » égale à celle qu’il y a entre ce bord et le commencement de la nageoire, laquelle » est cordiforme, et terminée avec une pointe allongée. La nageoire mesure la moitié » du sac viscéral. La lame cartilagineuse dorsale est très fine. Les huit tentacules buccaux » sont armés d’une double série de très petites ventouses: elles sont distantes entre » elles, et alternent dans leur séries parallèles. Les deux tentacules cylindriques rétrac- » tiles sont assez longs et ont leur quart terminal avec beaucoup de ventouses micros- » copiques. La longueur du corps et des tentacules buccaux est de six pouces, celle de » la longueur du sac viscéral le tiers d’un pouce. C’est une propriété de ce céphalopode » de rester diaphane après la mort, plongé même dans l'esprit de vin ». Dans l'intérêt de la science, il est à désirer que M. Krohn publie les observations, qu'il à faites sur ce céphalopode, et nous fasse connaitre si la longueur du corps est due à la différence des sexes. M. le Prof. Koelliker nous en donnera probablement l’anatomie, lui ayant cédé un des deux individus, que M. Krohn m'avait donné.

N. 3. GC. MARTEAU. Z. ZIGAENA. Verany. PI. 40. fig. c.

Corpore gelatinoso, hyalino, cilindrico-fusiformi, antice truncato, postice subulato, alis conjunclis, alam postice trilobatam, antice bilobatam efformantibus, sextam sacci partem occeupantibus ; capite minimo, oculis pedonculatis; brachiis aequalibus minimis, tentaculis longis, filiformibus, et per totam longitudinem acetabulatis. Lamina..………

Corps gélatineux, transparent, fusiforme ; extrémité antérieure, tronquée et décrivant à sa partie médiane supérieure un angle peu saillant; extrémité postérieure, acuminée et portant deux nageoires réunies en forme de nageoire bilobée dans le haut et trilobée dans le bas, extrémité du sac donnant le lohé médian : cette nageoire occupe un sixième de la lorgueur du corps.

Tête très petite, munie de deux yeux latéraux percés dans la peau, et placés à l’extrémité de deux tubercules longs, cylindriques et inclinés un peu en avant; elle est couronnée de huit petits bras sessiles presque égaux, et de deux tentaculaires filiformes , aussi longs que le corps. Ceux de la 1." paire, un peu plus courts que tous les autres; il sont tous conico-subulés et munis de deux rangées alternantes de très petites cupules globuleuses, fixées a un petit tubereule conique par un pédoncule très fin. Bras tentaculaires, filiformes, plus gros à leur base que les bras sessiles, développés en massue lancéolée vers leur extrémité, garnis depuis leur base de deux rangées de petites cupules pédonculées et paralléles, lesquelles sont un peu plus espacées et plus petites à la moitié des bras: on en voit quatre rangées sur la massue: ceiles des rangées internes , sont toutes proportionellement décroissantes du centre aux extrémités.

Tube locomoteur, conique et dépassant les pédoncules oculaires.

Proportions.

Longueur totale y compris les bras tentaculaires . : 5 : : à - 0,042 Longueur du corps . $ - ; : - : : : - é 0,022 Diamètre du corps ‘ : : : ë 0,007 Largeur de la nageoire ; ‘ ; : ; : : : À ; ; 0,005 Hauteur de la nageoire : ‘ ; : 5 : 0,004 Longueur des bras sessiles mesurés de la bouche. : ; 0,005 Longueur des bras tentaculaires . . : 0,024

Couleur. D’un hyalin transparent sans points chromophores; on voit à travers le corps tous ses organes. Une tache jaunâtre colore le centre de la tête; on en remarque une plus petite en arrière des yeux. Dans l'alcool, ce céphalopode devient blanchâtre et conserve un peu de sa transparence.

Rapports et différences.

Les yeux pédonculés caractèrisent nettement cette espèce ; la forme et la petitesse de sa nageoire, et la régularité de ses bras sessiles la font distinguer parfaitement de ses congénères.

Habitation et mœurs.

L’unique individu, que je possède de cette espèce, a été trouvé dans le port de Messine par M. le Doct. Krohn.

Histoire.

La science doit à M. le Doct. Krohn la découverte de cette espèce extraordinaire: quoique absorbé par ses études anatomiques sur les Bifores, ce savant recueillit pour moi tous les céphalopodes, qui se pêchent dans le golfe de Messine, et me les donna à son retour. Cette espèce m’ayant été désignée par lui sous le nom spécifique de Zigaena, vu la conformation de sa tête, qui rappelle celle du poisson de ce nom, j’ai scrupuleusement conservé cette dénomination.

HECTOCOTYLE. HECTOCOTYLUS. Cuir. PI. 41.

Dee CiaAiE. DusakDin. KOELLIKER. SIEBOLD.

Tricocephalus acetabularis. Delle Chiaje, Anim. invert. Vol. IT. pag. 137.

La publication de M. le Prof. Koelliker sur lhectocotyle du .trémoctope violet et de largonaute, rapports de l’inst. Zoot. royal de Würzburg 1847-48 ; les communications qu'il fit au congrès scientifique de Gènes; et la place, que leur assigne M. le Prof. de Siebold dans son manuel d'anatomie comparée, m’obligent à terminer cette monographie par l’histoire de cet animal extraordinaire, suivie de mes observations zoologiques.

M. Delle Chiaje décrivit cet animal sous le nom de fricocephalus acetabularis et le rangea dans ses Pseudo-anellosi epi-entozoici. M. Cuvier, en décrivant ce ver rapporté de Nice par M. Laureillard, qui l'avait trouvé sur l'O. granulatus Lamark (1), dit: « voilà le » corps d’un poulpe, qui a pour parasite un ver tellement semblable à un bras de poulpe, » que l'illusion ne peut être plus grande. Parmi les deux poulpes il en est un, où l’hecto- » Cotyle s'est attaché à un des bras, qu’il a même à-peu-près détruit, et qu'il semble tel- » lement remplacer qu’au premier corps d’œil on le prendrait pour ce bras lui-même... … » Il se détache aisément de l’animal, sur lequel il vit, et se met aussitôt à pager dans » l’eau de la mer (2), où à ramper sur toute sa surface solide sans paraître beaucoup souf- » frir de ce changement de position ».

M. le Prof. Dujardin, dans l’histoire des helminthes, nouvelle suite à Buffon, dit: « j'ai » vu les préparations anatomiques, ainsi qu’un exemplaire entier; mais j'avoue qu’il m’est » impossible de comprendre ce que ce peut être; je suis seulement bien convaincu que ce » n’est pas un helminte trématode: on dirait un bras arraché de quelque autre céphalo- » pode, tant la double série de ventouses, occupant la face centrale de l’hectocotyle, res- » semble aux ventouses plus grandes du poulpe. On voit dans la partie dorsale un long » filet blanc, sinueux et replié, que Cuvier n’a pu voir qu'après l’action de l’alcool , et » qui par conséquent doit provenir de la coagulation de quelque substance liquide (sper- » matique ?)... Ce sera seulement en étudiant ces objets vivants, qu’on pourra décider de » leur vraie nature et constater si ce ne serait pas des parties détachées de quelque cépha- » Jopode dans le but de servir à la fécondation. Ce que je puis affirmer dès à présent, c’est » que le long fil blanc, décrit par Cuvier et dont la longueur est de plus d’un mètre, est » tout simplement un faisceau de filaments très longs et très fins, indépendants, et res- » semblant complétement aux spermatozoïdes des céphalopodes ». = M. le Prof. Koelliker, observant que les hectocotyles ont des branchies (3), un cœur (4), des artères et des veines, déclare qu'ils ne peuvent par conséquent être des helminthes, vu qu’ils ont en commun avec les céphalopodes les chromotophores contractiles de la peau, la forme des spermatozoïdes et des ventouses ; et que la masse musculaire de leur corps se contracte à la manière des bras des céphalopodes, qui les portent et sont tous femelles, et que les hectocotyles sont tous mâles; enfin que certains œufs d’octopodiens, d’après M.

(1) Désireux de connaître l'O granulalus rapporté de Nice per M. Laureillard, j'ai demandé en communication un des nombreux exemplaires, qui existent dans la collection du musée de Paris: Mrs les employes, qui n'igncrent pas certainement tout ce qui j'ai donné à cet établissement et à Mrs les Professeurs et aides, m'ont allégué la sevérilé des réglements , qui s'y opposent. Je puis cependant affirmer d’après M. D'Orbigny , que l'O. granulalus n'est pas le luberculalus Risso, Delle Chiaje. catenulatus. Férussac et de cet ouvrage.

(2) Je respecte trop les observations de M. Laureillard pour mettre en doute la nage de lheclocotyle du poulpe qu'il a vue ; la faculté de ramper appartient aussi aux papilles branchiales des Eolidiens, J'ai vu les papilles de la Calliope Souleyet se détacher, et par une contraction musculaire se traîner lestement pendant plusieurs heures au fond du vase, où vivait le gastéropode.

(3) M. Cuvier, Dujardin et Delle Chiaje ne parlent pas de branchies ; il serait très possible que M.rsS Koelliker el de Siebold eussent pris pour branchies la membrane longitudinale, qui réunit entre elles les cupules sur les deux tiers inférieurs ; membrane certainement déchirée sur les individus examinés.

(4) L'existence du cœur dans les hectocotyles est bien moins que prouvée , et M. de Siebold ne l’a pas constatée.

Maravigna, contiennent des embrions, qui ressemblent aux hectocotyles (1); il en a conclu que les hectocotyles sont les mâles des céphalopodes, qui les portent.

M. C. Th. de Siebold déclare, dans son manuel d'anatomie comparée, qu’il s’est con- : vaincu de la justesse de plusieurs détails donnés par M. Koelliker et qu’il s’est éclairé sur la véritable nature des hectocotyles ; puis il’en: décrit les organes sexuels. « Ils occupent, » dit-il, une partie très considérable, en raison du corps si singulièrement rapétissé. Le » renflement lisse, dépourvu de ventouses (2) en forme de massue qui forme l'extrémité » postérieure de ces animaux n’est qu’une capsule génitale, à parois très minces, dans la- » quelle sont enfermés les spermatozoïdes avec l’organe copulateur. Leur masse spermati- » que forme un cordon long, en forme de chapelet, pelote ou boule, qui est composé de » faisceaux épais et ovales de spermatozoïdes réunis ensemble d’une manière régulière » par des faisceaux plus minces et plus courts des spermatozoïdes en forme de cheveux. » Entre cette massue pelotonnée du cordon spermatozoïde, on trouve encore le cordon » éjaculateur avec le pénis, qui est extrêmement long et roulé en spirale ».

Quoique très attentif à visiter avec soin tous les argonautes, trémoctopes et poulpes à mailles, qui se sont présentés, je n’ai jamais eu le bonheur de trouver lPhectocotyle de ces animaux. J’ai été plus heureux pour celui du poulpe, et je crois pouvoir établir que l’hectocolyle du poulpe doit, comme l'avaient très bien prévu M. Cuvier et Dujardin, être rayé de la série animale, n'étant qu’une partie très extraordinaire et encore énigmatique de céphalopode.

Je rencontrai en 1836 un poulpe, que je publiai sous le nom d’O. Carena: je remarquai dans ce mémoire, et figurai comme anomalie extraordinaire une vessicule implantée sur un petit pédicule, garni de quelques cupules, représentant le bras droit de la 5.° paire. J'ai recueilli plus tard quatre individus de cette espèce de poulpe: trois d’entre eux avaient ce même bras hectocctyliforme : le quatrième l’avait peräu. Ce fait constant et sur le même bras m'avait frappé.

Le faisant remarquer à M. le Doct. Defilippi, Prof. de zoologie à l’université de Turin, à qui j'en offris un exemplaire pour le musée, qu’il a sous sa direction, il m'observa de suite, que ce bras était l’hectocotyle de Cuvier. À son passage par Gènes, se rendant avec M. le Doct. Laydig en Sardaigne, nous revinmes sur la question de l’hectocotyle, désireux d’avoir l’avis d’un des élèves de M. Koelliker; je soumis à leur examen un des individus parfait, que je possédais. Au premier contact, le bras hectocotyliforme se détacha, comme s’il tenait par une articulation : on rompit alors un autre bras, qui céda à la force, mais laissa les traces d’une déchirure. La vessicule terminale ouverte, on vit se développer le long cordon blanc, sinueux, décrit par M. Dujardin. On crut inutile de passer à des observations microscopiques, ces observations devant être faites sur le modèle frais ; ce qu’ont offert de faire M. Defilippi et Vogt, qui attendent avec impatience la trouvaille d’un de

ces poulpes.

(1) Le fait annoncé par M. Maravigna n’a pas été constaté par les observations récentes de M. Koelliker lui-même : ce savant observateur n’a vu se développer que des embrions ordinaires,

(2) J'ai vu quelques ventouses sur la vessicule terminale; mais elles appartenaient à l'extrémité du bras envahie par la vessicule.

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