Mollusques terrestres et fluviatiles de la Côte-d'Or
Situé au point d’intersection de trois bassins hydrographiques, et traversé dans sa longueur par la chaine de montagnes qui lui donne son nom, le département de la Côte-d'Or emprunte à cette heureuse position une physionomie particulière et des aspects variés.
La chaine des montagnes de la Côte-d'Or, dernier rameau projeté au nord par la grande artère des Cévennes, traverse cette région du sud-sud-ouest au nord-nordest; vers le nord elle se relie, par le plateau de Langres, aux contreforts des montagnes des Vosges, et se rattache, à l’ouest, aux montagnes du Nivernais par les massifs granitiques du Morvan (1).
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(1) La Côte-d'Or proprement dite s'étend de Dijon à Chagny, sur un parcours d'environ 50 kilomètres. De Dijon à Fontaine-Française, les vallées et les plaines forment de si larges entailles et de si fréquentes interruptions, qu’il n’y a plus de chaîne à proprement parler.
A peu près divisé en deux parties égales par la Côted'Or, le département appartient, pour la moitié orientale, au climat rhodanien ou du sud-est, propre, comme on le sait, au bassin de la Saône et du Rhône : Dijon, Beaune et Chalon sont placés dans ces conditions qui impriment surtout à la contrée un caractère spécial et tranché. Semur, Montbard et Châtillon, rattachés au bassin de la Seine, jouissent du climat séquanien, tandis qu'Autun et toutes les terres arrosées par l’Arroux dépendent du bassin de la Loire et du climat ligérien.
Assurément, chacune des trois régions, séparées l’une de l’autre par la Côte-d'Or et les massifs granitiques du Morvan, présente une physionomie distincte ; mais, considérées à leur point de réunion ou d’intersection, elles n’offrent plus, sous le rapport du climat, de différences assez tranchées pour qu’il soit nécessaire de les faire ressortir par des détails d’un intérêt secondaire. Il suffit de savoir que la température de la première région (climat rhodanien) est en moyenne, pour le département qui nous occupe , de 11 degrés centigrades ; celle des hivers , de 2 à 3 degrés; mais que les étés y sont chauds, la moyenne de leur température dépassant 20 degrés. L'eau versée par les pluies est plus abondante ici que dans le reste de la France. Les orages y sont plus fréquents, et d’après une série d’observations qui remontent à un grand nombre d’années, on compte 26 jours de tonnerre à Dijon, comme moyenne annuelle. Les vents prédominants soufflent du sud et du nord ; ceux du nord-est et du sud-est sont assez rares. Bien partagée sous le rapport de l'illumination solare, cette partie du département est justement renommée pour ses produits agricoles et surtout pour la culture de la vigne, qui en fait une des plus riches contrées de la France. Ses cours d’eau principaux sont la Saône et ses affluents : l'Ouche, la Tille, la Bèze, la Vingeanne, la Dheune; enfin le canal de Bourgogne qui partant de Saint-Jean-de-Losne, sillonne le
département du sud-est au nord-ouest, et aboutit à Laroche, reliant ainsi la Saône à l'Yonne après un parcours d’environ 240 kilomètres (1).
En même temps que ce versant de la Saône est le plus riche en vignobles du premier ordre, il est couvert de vastes forêts, dont les essences principales sont les chênes rouvre et pédonculé (Quercus sessiliflora et Q. pedunculata), le charme, auxquels viennent se mêler, en proportions diverses, suivant les localités, le frène, l’aune, le tremble, le hêtre, l’orme, l’érable et le tilleul, qui croissent vigoureusement sur un sol tertiaire riche en humus. Les bois, situés en sol granitique , dans le Morvan et sur le versant de la Loire, se composent presque exclusivement'de chênes, mélangés de bouleaux, de charmes et de trembles. Enfin ceux qui recouvrent, à peu près sans interruption , les calcaires jurassiques de la Côte-d'Or et la vallée de la Seine, ont pour essences dominantes le chêne , le charme et le hêtre, dont les rejets se mêlent au coudrier, au cornouiller, au saule marceau, à l’alisier de Bourgogne (Cratægus aria Lin.) et à d’autres arbustes.
Partagé à son tour en deux bassins, celui de la Seine et celui de la Loire, le versant de l’Océan est arrosé, d’un côté par la Seine, l’Aube, l’Ource, l’Armançon, le Serain, l'Yonne; de l’autre, par l’Arroux, affluent de la Loire. Ajoutons, pour en finir avec l’hydrographie, que le pays ne compte pas moins d’une vingtaine de sources d’eaux minérales froides, parmi lesquelles on peut citer celles de Corcelles, Auvillars et Bussy-le-Grand. Il existe, en outre, des
(1) Voyez: Bazin, Notice sur la formation et la marche des orages dans le département de la Côte-d'Or (s. d.), in-8v, et les cartes de son Etude météorologique du département de la Côte-d'Or. — Journal de la Société de Statistique de Paris, avril 1867, no 4. — E. Becquerel, Climat de la France, Paris, 1862, in-40, — A. Perrey, in lité.
sources salées à Aignay-le-Duc, Santenay, Diancey, Pouillenay, Magnien, Marzières , Mimeures et Lucenay, et des sources thermales à Cessey, Premeaux et Alise-Sainte- Reine. Ainsi la contrée, fortement accidentée par les mouvements du sol et revêtue d’épais massifs forestiers, est également bien partagée sous le rapport hydrologique : elle est sillonnée par de nombreux cours d’eau, baignée par plusieurs étangs et vivifiée par un grand nombre de sources et de fontaines. La superficie en rivières, canaux, ruisseaux , étangs et eaux de toute nature, peut être évaluée à 7,000 hectares.
Je n’insisterai pas davantage sur ce sujet et je me contenterai, pour mieux faire saisir les rapports qui existent entre les diverses régions dont il s’agit, d’énoncer que la superficie du département comprend environ 463,000 hectares de terres labourables, 254,000 hectares de bois, 63,000 hectares de prairies, et 27,000 hectares de vignes ; non compris les friches et les terrains incultes qui occupent une certaine partie des sommets. Ici, comme ailleurs, la répartition de la production agricole et forestière est logique et subordonnée à la structure géologique, à la composition minéralogique du sol. A peu d’exceptions près, l’agriculture est en possession des terres fertiles ; la sylviculture occupe surtout celles qui, sans son Concours, resteraient vouées sans doute à la stérilité : c’est-à-dire les sables siliceux , puis les crêtes des collines et les versants rapides.
Parmi les départements de l'Est, celui de la Côte-d'Or est un de ceux dont le sol présente la constitution la plus variée. On y rencontre la plupart des formations géologiques, quelques-unes à l’état de simples lambeaux, d’autres avec un grand développement. Pour parcourir dans leur ordre de succession naturelle l'échelle de ces terrains, il suffit de s’avancer du massif granitique du Morvan jusqu’à la vaste plaine tertiaire de la Saône, en traversant
diagonalement la chaîne de montagnes calcaires qui coupe le département du sud-ouest au nord-est. Nous emprunterons les détails géologiques suivants à la légende qui accompagne l'excellente carte publiée par le dépôt de la guerre. Il est impossible de mieux résumer, que ne l'ont fait les auteurs de cette notice, ce qu’il nous importe de connaître ici sur la composition du sol de cette riche et belle contrée.
Le granite du Morvan, associé au porphyre rouge quartzifère, embrasse tout le pays de Voudenay, Liernais et Saulieu ; il pousse ses derniers rameaux jusqu’à Toutry, Semur, Normier, Arnay-le-Duc, Lacanche et Molinot, et occupe obliquement toute l'extrémité austro-occidentale du département. Il est habituellement d’une belle couleur rosée et renferme, sur les rives du Serain et de l’Armançon, quelques amas de gneiss et de micaschistes argentins.
À Sincey, limite nord du massif granitique du Morvan, apparaît un terrain houiller parfaitement caractérisé, mais d’une allure très tourmentée. Primitivement déposé dans un large bassin, où les grès et les schistes avec empreintes de fougères alternäient en couches horizontales, ce terrain est aujourd’hui redressé sur sa tranche et pincé verticalement entre deux murs de porphyre; il ne forme plus qu’une longue bande rectiligne orientée de l’est à l’ouest, connue sans interruption sur une longueur de vingt-quatre kilomètres, de Ruffey à Villers-les-Nonains (Yonne), et large, en moyenne, de deux à trois cents mêtres. Plusieurs veines de combustible y ont été découvertes et exploitées de 1834 à 1844: ce combustible avait fous les caractères physiques de l’anthracite, et il paraissait avoir été amené à cet état par l’action de la chaleur des roches éruptives auxquelles l’ensemble du terrain doit son redressement. La lisière du même massif granitique, dans les points où il disparaît sous les couches de terrains de sédiment, est formée de grès appartenant, tantôt aux marnes irisées, tantôt au lias, ou de roches quartzeuses d’arkose.
Les marnes irisées occupent, avec le lias, le sud-ouest du département ; on peut les suivre sans interruption d’Arnay-le-Duc à Nolay ; elles se montrent, en outre, autour de trois pointements granitiques situés sur l’axe principal de soulèvement de la Côte-d'Or, à Remilly, à Mesmont et à Baulme-la-Roche. Elles renferment quelques beaux amas de gypse. On n’y a point encore trouvé de sel gemme, et cependant la source salée de Pouillenay, près Sainte-Reine, sorte de puits artésien naturel, celles de Santenay, d’Arnay, de Fontaine, ferme près Bligny-sur-Ouche, et quelques autres, sembleraient en annoncer.
Le lias forme d’abord quelques îlots épars sur les terrains primordiaux du Morvan, puis de vastes plateaux d’Epoisses à Saint-Thibaut et Ivry, bordant à l’ouest le pied de la grande chaine de calcaires oolithiques qui occupe les deux tiers de la surface du département. Il affleure enfin au fond de quelques vallées de cette chaîne et dans certaines parties très bouleversées, où de violents arrachements du sol l'ont mis à jour. Tel est le cas à Sombernon, Mesmont , Mâlain , Saint-Romain, Meloisey, et ailleurs. Le lias est, en général, dominé au nord, au nord-est et à l’est, par d’épaisses et larges croupes marneuses, couronnées d’escarpements abruptes appartenant à l’oolithe inférieure.
La grande chaîne de calcaires oolithiques , qui court de Nolay à Langres en s’épanouissant vers Montbard et Chàtillon, se prête difficilement à une description succincte. Le premier étage oolithique en forme l’axe et la masse principale ; il constitue la Côte-d'Or proprement dite jusqu'aux abords de Dijon, les plateaux de Trouhaut, Chanceaux, Baigneux, Coulmier-le-Sec, et toute cette contrée montueuse et boisée qui s’étend des rives de la Seine et de l’Ignon aux confins de la Haute-Marne. tre
Le second étage, comprenant les marnes oxfordiennes et les calcaires coralliens, n'existe sur la ligne médiane du dé
partement, de Larochepot à Dijon, et de Dijon à Selongey, qu’à l'état de plaques discontinues, couronnant le plus habituellement des cimes élevées telles que le sommet du Mont-Afrique (584 mètres) ; mais sur les deux versants de la chaine, de Rougemont à Châtillon et Montigny-sur-Aube, puis d’Is-sur-Tille aux abords de la Vingeanne, il forme deux larges assises plongeant , la première, au nord-ouest, sous le département de l’Aube, la seconde vers la Saône.
Le troisième étage oolithique, composé d’argiles kimméridgiennes et de calcaires portlandiens, ne se montre qu’au nord-est de Dijon, constituant depuis Norges, Bèze, Fontaine-Française et Mirebeau , des collines qui se rattachent à celles de la Haute-Saône.
Tout ce groupe de terrains oolithiques est occupé par de nombreuses failles, immenses fractures qui affectent, il est aisé de le constater, des directions constantes.
Au milieu d’un cirque de collines portlandiennes, de Viévigne à Tanay et Magny-Saint-Médard, subsiste un lambeau de terrain crétacé, présentant à sa base du gault, et à sa partie supérieure de la craie marneuse.
Le terrain tertiaire, qui occupe toute la partie orientale de notre région et comprend trois étages principaux, appartient à cette époque où le bassin de la Saône formait sans doute, un vaste lac dont les flots venaient battre les contreforts du Jura et de la Côte-d'Or. On y rencontre, à Brognon, Vesvrottes et Belleneuve, des assises de calcaire d’eau douce ; à Fontaine-Française, Charmes et Crimolois, de vastes dépôts d’argile, renfermant des gites de minerai de fer pisolithique; dans toute la plaine du sud-est enfin, des alternances de bancs de galets, de marnes et de sables , au milieu desquels les tranchées du chemin de fer de Lyon et de Belfort ont mis à nu les ossements de nombreux mammifères antédiluviens.
Les dépôts quaternaires, encore peu étudiés, complètent, avec les alluvions modernes qui tapissent le fond
des vallées principales, et certains dépôts détritiques des côteaux, la série des étages géologiques auxquels le département de la Côte-d'Or doit son aspect varié, sa structure accidentée, la richesse et la diversité de ses productions (1).
Ainsi qu'on l’a vu, et comme la simple inspection de la carte suffit pour le démontrer, la Côte-d'Or est un prolongement de la chaine des Cévennes, relié vers le nord aux premiers contreforts des Vosges, et vers l’ouest, aux collines du Nivernais. Mais il faut parcourir cette chaine de montagnes pour se faire une idée du déchirement et du bouleversement dont elle offre l’image. À des cimes abruptes ou mamelonnées succèdent des plateaux d’une étendue variable, quelquefois assez circonscrits; aux versants esCarpés ou mollement inclinés succèdent d'autres pentes ou d’autres versants; le tout entrecoupé de vallons généralement étroits, de gorges plus ou moins resserrées et encaissées, de combes enfin, comme il est d'usage , en Bourgogne, de qualifier l’espace qui sépare deux versants. Le plus souvent, ce sol tourmenté est recouvert par des: bois ou par des taillis buissonneux; quelquefois aussi, il n’est revêtu que d’une maigre végétation, entremêlée de touffes de buis, qui en déguisent à peine la stérilité. Tel est le cas de la Combe à la Serpante, aux portes mêmes de Dijon. Dans ces localités arides qu’un labeur incessant, mais quelquefois infructueux, cherche à utiliser pour la
(1) Département de la Côte-d'Or, extrait de la Carte topographique de la France, levée par les officiers d'état-major et gravée au dépôt général de la guerre. Paris, 1847; 6 feuilles in-plano (échelle 4, 555): — Voyez aussi : Guillebot de Nerville, Carte géologique de la Côte-d'Or; Paris, 1853; 8 feuilles imprimées en couleur, et Légende explicative de la carte géologique de la Côte-d'Or, Paris, 1852, in-80. — Payen, Géologie de la Côte-d'Or, in : Les Deux Bourgognes, 1838, in-8°, et les mémoires paléontologiques publiés par M. Jules Martin.
culture de la vigne ow des bois, l'œil ne découvre pendant de longs espaces que des quartiers de roche ou des amoncellements de pierres brisées. Le naturaliste, que le désir de voir et d'observer a conduit dans ces lieux sauvages, s’en détourne promptement; il a hâte de gagner des sites moins ingrats et plus riants.
Mais ce ne sont là , je le répète, que des exceptions, et si, comme contraste, je voulais opposer à ces vallons rocheux et dénudés, d’autres lieux que la nature a favorisés de tous ses dons, je n’aurais que l'embarras du choix. Je citerai seulement le Val-Suzon et la combe de Gevrey.
Le Vai-Suzon, connu et renommé depuis longtemps comme un des sites les plus pittoresques de la Côte-d'Or, mérite amplement son antique réputation. C’est un vallon un peu étroit peut-être, un peu encaissé, mais agréablement boisé, arrosé par un torrent, vivifié par des sources nombreuses, et dominé de loin en loin par des escarpements à pic et des rochers d’un bel effet. Ses bois renferment des arbres de haute futaie , notamment des hêtres séculaires, à l'ombre desquels végètent des orchidées et des plantes rares. Non loin du bourg de Messigny, en pleine forêt, tombent en cascade les eaux limpides de la source du Rosoir (ou fontaine de Jouvence), qu’un aqueduc amène à Dijon. Aussi découvre-t-on partout, dans ce vallon justement célèbre, la fraicheur, la vie et la fécondité.
Moins ombreuse et plus agreste encore, la combe de Gevrey, resserrée et couronnée de verts taillis, présente un caractère de frappante originalité. Le zoologue et le botaniste exploreront tous deux avec fruit ses pentes boisées, ses plateaux gazonnés, et ses rochers abruptes. Peut-être risqueront-ils de rencontrer sur leur chemin, surtout à une exposition méridionale, quelque reptile paresseusement endormi; ce sont des incidents auxquels ils doivent être
aguerris et qui n’arrêteront pas le cours de leurs explorations (1).
Si je voulais décrire ici, même d’une manière sommaire, les combes nombreuses qui découpent ou déchirent la chaine de la Côte-d'Or, j’entreprendrais une tâche au-dessus de mes forces ; et, bien que chacune d’elles porte, pour ainsi dire, l'empreinte d’un cachet particulier, leur description deviendrait monotone. Il nous suffit d’avoir signalé les types principaux : on trouvera des variations multiples sans s’écarter beaucoup de Dijon, en décrivant, entre Gevrey et Val-Suzon, une demi-circonférence dont le revers oriental de la Côte sera le diamètre, et Dijon le point central. Je me bornerai donc à citer la combe d’Arcey, d'un aspect éminemment pittoresque et,en mêmetemps, précieuse pour le conchyliologue, celle de Flavignerot, bien connue des botanistes, celles de Fixin, de Chambolles, et enfin celle de Darcey, célèbre par sa grotte, sa nappe d’eau Souterraine (source de la Douix) et son torrent profondément encaissé. Ces localités et bien d’autres sont dignes, à tous égards, de lattention du naturaliste.
En résumé, la chaîne de la Côte-d'Or, ou la montagne, pour nous servir de l'expression locale sous laquelle on la désigne vulgairement, est une région privilégiée dont les productions naturelles portent le sceau de la diversité. La végétation s’y montre généralement aussi abondante que variée ; les plantes subalpines s’y manifestent en certain nombre, et les formes animales y diffèrent sensible-
(1) En 1866, le département de la Côte-d'Or a payé 17,908 fr. 20 centimes de primes pour vipères détruites. La prime étant de 30 centimes par tête, il en résulte que 59,694 vipères ont été tuées. En 1865, 31,999 vipères détruites. L'espèce qui vit sur nos montagnes est le Vipera aspis L,
ment de celles que l’on observe dans la plaine. C’est ainsi, pour parler des mollusques, que cette zone est nettement caractérisée par la présence des Vitrina annularis, Bulimus montanus, Bulimus detritus, Axeca tridens, Chondrus quadridens, Helix strigella, Helix cœlata, Pupa triplicata, ainsi que d’autres espèces, toutes propres à la région montueuse et sylvatique, et que l’on chercherait vainement dans la zone inférieure.
La plaine de la Saône est caractérisée, à son tour, par la présence des Valvata contorta et Unio sinuatus, qui n’en franchissent guère les limites.
Je termine cette esquisse en énonçant que l'altitude moyenne du massif du Morvan varie de 500 à 600 mètres. Celle de la ligne de faîte de la Côte-d'Or est d'environ 520 mètres dans la partie sud, 590 dans la partie moyenne, et 470 dans la partie nord. La plaine de la Saône ne s’élève guère au-dessus de 210 mètres (1).
Enfin, comme position astronomique, le département de la Côte-d'Or est compris entre les 46° et 48e parallèles de latitude nord ; il est traversé par les 2 et 3° degrés de longitude orientale, qu’il dépasse à l’est et à l’ouest. Il est done, à peu près, à égale distance de l’équateur et du pôle boréal.
Tels sont les traits les plus saillants de la contrée que nous avons choisie pour centre de nos investigations. Plus un pays présente de variété dans son relief et d’inégalité dans sa température, plus il est riche en produits du règne animal et du règne végétal. Cette observation n’est pas seu-
(4) Le point culminant de la Côte-d'Or parait être à Rolle (623 mètres). Selon M. Duruy, ce serait le Tasselot, près de Beaune (602 mètres). — Pour de plus amples détails sur la topographie, voyez la Flore de la Côte-d'Or, par Lorey et Duret; Dijon, 1831, 2 vol. in-8, et la Carte du dépôt de la guerre.
lement vraie pour le midi de la France (1); elle est applicable partout. Nous pensons donc qu’elle trouvera sa confirmation dans l’énumération des formes si diverses qu’affecte la faune malacologique d’une région qui mériterait, assurément, une plus complète description.
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Au milieu de sites variés et attrayants, dans un pays où le relief du sol est très accidenté et la constitution géologique également diversifiée, on a lieu de s’étonner que l'étude des différentes classes du règne animal n’ait pas inspiré plus d'intérêt aux zoologistes. Lorsque l’on a cité, en dehors des mollusques, les travaux de M. le docteur Vallot sur les poissons (2), et les catalogues de M. Rouget pour les coléoptères (3), on a bien vite épuisé la liste des publications qui ont été entreprises sur la faune de la Côte-d'Or. D’où provient cette indifférence? Pourquoi les naturalistes paraissent-ils préférer les productions des terres lointaines à celles de leur pays? A quoi tient la défaveur imméritée qui frappe ainsi la zoologie indigène ?.… On a peine à se l'expliquer. Pour nous, il nous semble utile et infiniment agréable d'acquérir une connaissance approfondie des êtres qui vivent autour de nous, que nous avons pour ainsi dire sous la main, et qui peuvent
être soumis à notre observation journalière. Hâtons-
(1) Marcel de Serres, Essai pour servir à l'histoire des animaux du midi de la France; 1822, p. 9 et suiv.
(2) Vallot, Histoire naturelle des poissons du département de la Côte-d'Or, in : Mém. Acad. de Dijon, 1836, in-8e.
(3) Rouget, Catalogue des insectes coléoptères du département de la Côte-d'Or, in : Mém. Acad. de Dijon, 1854 à 1860, in-80.
nous d’ajouter que les mollusques de la Côte-d'Or ont eu le privilége d’échapper à cet oubli, et qu’ils ont été le sujet de deux publications, séparées par l’intervalle d’un demisiècle.
Dès 1801, c’est-à-dire, dans l’année même où Poiret et Draparnaud éditaient leurs prodromes, M. le docteur Vallot, alors professeur à l’école centrale du département, publiait un Exercice sur l'histoire naturelle (4). Cet exercice, ou programme d’examen de fin d’année scolaire, daté des 2et 3 fructidor an IX (20 et 21 août 1801), contient, de la page 4 à la page 7, l’énumération de soixante et une espèces de mollusques terrestres et fluviatiles de la contrée, bien que l’auteur ne nomme pas expressément la Côte-d'Or. Le catalogue commence par ces mots : «14. Les testacés se recon- « naissent à l’enveloppe qui les recouvre. On les trouve « dans les eaux et sur la terre. Ceux de ce pays sont les « suivants. Univalves, etc. » De quel pays entend-il parler ? Du département? De la province? De l’est de la France? On est réduit en partie aux conjectures, l’auteur citant plusieurs espèces qui ne se rencontrent ni dans le département, ni même dans la région. Tels sont les Helix isognomostomos Herm., Helix cespitum Drap., Bulimus papillaris Brug. et Bulimus similis Brug. On sait, en effet, que ces coquilles appartiennent à la France alpine ou méditerranéenne, et qu’elles n’ont jamais été recueillies dans la contrée qui nous occupe. Tout porte à croire que le docteur Vallot les aura insérées dans son Exercice par suite d’indications erronées.
Quoi qu’il en soit, considérant cet écrit, suivant les vues probables de l’auteur, comme un rudiment de faune locale, nous constatons que le nom de chaque espèce est accompagné d’une diagnose française extrèmement courte, suffisante
(1) Dijon, imprimerie de L. N. Frantin; an IX, 8 pages in-4°.
cependant, le plus souvent, pour désigner l’animal dont il a voulu parler. En outre, en marge de l’exemplaire conservé à la bibliothèque publique de Dijon, se trouvent des notes manuscrites, de la main du docteur Vallot qui a pris soin de rectifier la synonymie de plusieurs espèces. C’est à l’aide de ces notes et de l'étude attentive des diagnoses dont elles sont le complément, que nous sommes arrivé à reconnaître presque tousles mollusques mentionnés par l’auteur, et à les classer sous leur véritable nom.
Cet opuscule, longtemps obscur et inconnu, est d’ailleurs d’une excessive rareté; je n’en connais qu'un exemplaire unique, celui qui existe à la bibliothèque de la ville de Dijon, et dont j'ai pris moi-même Copie, à la demande de quelques bibliophiles. ;
Cinquante ans plus tard, M. Barbié, capitaine en retraite, fit paraître un Catalogue méthodique des mollusques terrestres et fluviatiles du département de la Côte-d'Or (1).
D'abord inséré dans les Mémoires de l'Académie de Dijon pour l’année 1853, puis tiré à part, ce catalogue contient l’'énumération de quatre-vingt-dix-neuf espèces. Mais, malgré tous les soins de l’auteur, on y trouve des lacunes et quelques indications erronées. Les localités sont bien précisées, les variétés analysées avec scrupule, mais l’exactitude des déterminations laisse quelquefois à désirer. Je suis parvenu à découvrir la collection de feu M. Barbié, actuellement entre les mains des Frères de la Doctrine chrétienne, à Dijon; et c’est ainsi que j'ai pu me rendre compte des matériaux dont il à fait usage pour ce travail. Cet examen m'a conduit à reconnaitre que quelques espèces devaient être retranchées de sa liste, et que d’autres y figu-
(1) Dijon, 1854; 34 pages in-80 et une planche.
raient sous une détermination inexacte. Ainsi les Cyclostoma patulum et Helix sylvatica sont dans le premier cas, la présence de l’une étant extrêmement douteuse dans la localité indiquée, ou tout au moins accidentelle, et l’autre espèce tout à fait controuvée. D’un autre côté, son Helix glabella doit être rapporté à l’Helix montana ; l'espèce qu’il désigne sous le nom d’Helix intersecta est certainement l'Helix costulata; son Clausilia ventricosa n’est autre que le Clausilia dubia, et son Clausilia rugosa que le CL. nigricans… À part quelques défectuosités, du genre de celles que je viens de signaler, le mémoire de M. Barbié est bien traité et c’est à juste titre qu’il a été considéré comme un bon catalogue local. Fy ai puisé d’utiles informations, particulièrement sur les localités, qui sont consignées avec exactitude.
Tels sont, à peu près, les travaux publiés sur la zoologie de la Côte-d'Or, et sur la malacologie de ce département en particulier. Pour moi, j'ai cru devoir adopter une marche un peu différente de celle qu'ont suivie mes devanciers.
D’après les règles établies, chaque espèce devant porter le nom le plus ancien qui lui a été régulièrement imposé, j’énonce d’abord le premier auteur qui en a fait la description ; puis, à la suite, en synonymie, je renvoie aux ouvrages des quatre principaux écrivains qui ont traité de la malacologie française : Draparnaud, Michaud, Dupuy, Moquin- Tandon. Je cite en outre, à l’occasion, les naturalistes qui ont écrit sur la même région zoologique. C’est ainsi que je me suis attaché à reconnaître et à consigner la synonymie de Studer, auteur de plusieurs mémoires sur les mollusques de la Suisse, dont la faune présente une notable analogie avec celle de l’est de la France. Jen aurais fait autant pour les travaux de MM. Dumont et de Mortillet sur les mollusques de la Savoie et du bassin du Léman, si leurs publications n'étaient pas malheureusement inachevées.
J'ai laissé sans description ni diagnose les espèces bien
connues et qui ne peuvent inspirer aucun doute; quant à celles, au contraire, qui sont locales, litigieuses ou critiques, je me suis appliqué à décrire brièvement la coquille, et quelquefois l’animal. Je n’ai pas négligé, en outre, d’indiquer les localités, de noter les stations et de préciser les habitats.
Pour la méthode et la terminologie, je me suis rapproché, autant que je l'ai pu, de l'Histoire naturelle des mollusques de France par Moquin-Tandon, ouvrage capital et du premier mérite, destiné à marquer dans les annales de la malacologie. Néanmoins, tout en le considérant comme un excellent modèle et le meilleur des guides, je m'en suis un peu écarté dans l’établissement des coupes génériques et la classification. Dans cette partie de mon étude, je me suis rapproché davantage des vues de M. l’abbé Dupuy et du plan que j'ai moi-même adopté, dès 1855, dans mon Enumération des mollusques de la France, en lui faisant subir, toutefois, les modifications que le temps et les découvertes récentes n’ont pas manqué d'introduire dans la science.
Quant à ce qui concerne l’espèce et la manière de la comprendre, je me suis peu éloigné des doctrines de Moquin- Tandon, tout en leur donnant plus d’extension que ne l’a fait l'honorable M. Jeffreys, dans ses récents travaux. C’est en vain, selon nous, que l’on s’est efforcé de lui enlever, en la dénaturant, c’est-à-dire, en élargissant indéfiniment ses limites, sa véritable signification ; l'espèce est un fait, c’est une loi, qui résistera toujours aux attaques réitérées qui cherchent à l’ébranler. Il est vrai que les espèces se modifient, dans une certaine mesure, suivant le milieu qu’elles habitent; mais il est vrai aussi qu’elles conservent, dans ces incessantes variations, les traits particuliers du prototype. Saisir ces caractères essentiels; les reconnaitre, même à demi effacés par les influences multiples de station ou d'habitat; grouper enfin autour du type les variations de forme, de taille ou de couleur, sans attacher trop d’impor-
tance à ces détails secondaires, c’est, croyons-nous, le propre des esprits synthétiques, des vrais naturalistes. C’est ainsi que Linné, Müller, Cuvier, Draparnaud, Moquin-Tandon, et plusieurs autres savants zoologistes, ont compris l’espèce : qu’il nous soit permis de suivre, même de loin, l’exemple que ces maîtres nous ont donné.
En somme, c’est à l’aide de déterminations spécifiques exactes que l’on parvient à conserver aux faunes locales ou régionales la physionomie qui leur est propre. Que l’on introduise dans une faune une seule espèce qui ne doit pas y figurer, et sur-le-champ on en modifiera le caractère; en même temps, on propagera des idées fausses sur la distribution géographique des animaux et sur leur répartition. J’ai donc soumis à un contrôle sévère et à un examen rigoureux toutes les espèces que j'ai admises dans cette étude, et c’est le seul mérite dont je puisse me prévaloir.
J'ai déjà cité, comme riches en mollusques terrestres et particulièrement propices aux recherches du naturaliste, certaines stations de la contrée, telles que les combes ou les vallons boisés de la chaine de la Côte-d'Or, et notamment les combes de Gevrey et de Fixin, près de Dijon ; la combe d’Arcey, le Val-Suzon, et quelques autres. De même, pour les mollusques fluviatiles, certaines localités sont exceptionnellement favorables et doivent être signalées à l'attention du malacologiste. Je me bornerai à mentionner la source thermale de la Courtavaud, la fontaine de Larrey, la rivière de la Saône, et la source de Broindon.
La source de la Courtavaud, qui prend naissance à Premeaux, près de Nuits, est faiblement thermale. Elle s'échappe par deux ou trois orifices, et forme, presqu’à son origine, une sorte de petit marécage, mêlé d’eau vive et d’eau stagnante, où vit une quantité de mollusques aquatiques. Ainsi, en un court espace de temps et sur une étendue restreinte, j'ai constaté la présence des espèces suivantes, représentées par un nombre considérable d'individus : Pla-
no: bis contortus var. thermalis, PI. albus, PI. fontanus, PL. complanatus, Limnæa stagnalis, L. palustris, L. limosa, L. truncatula, Physa fontinalis, Ancylus lacustris, Bythinia tentaculata, Valvata cristata, Neritina thermalis, ete. En outre, sur les bords, et sur la tige des plantes qui croissent vigoureusement au milieu de cet oasis, rampe une belle Ambrette, le Succinea ochracea.
Le ruisseau de Larrey, situé aux portes de Dijon, n’est pas moins riche en mollusques aquatiques. À peu de distance de la source, son cours est assez rapide; ses eaux sont froides et très limpides : c’est là que vit, sur les pierres, l'Hydrobia carinulata. Un peu plus bas, sa vitesse se ralentit, son lit devient vaseux, et de nombreuses espèces peuplent ses eaux. Quelques pas plus loin, le ruisseau de Larrey se jette dans le canal de Bourgogne, en formant une sorte de bassin, dont les eaux limpides alimentent une belle végétation, peuplée d’une grande quantité de mollusques.
« Douce et lente en sa descente, dit un vieil auteur, « Courant par pays gras, prairies herbues, terres fertiles, « collines vineuses, » la Saône, l’une des grandes artères du pays, qui rattachele nord au sud-est, peut être également considérée comme un réservoir très riche en mollusques aquatiques. La plupart des espèces fluviatiles se rencontrent dans ses eaux, particulièrement en certains points où leur cours est ralenti par quelque sinuosité de la rive; alors les Naïades, les Dreissènes, les Paludines, les Valvées, y pullulent avec une incroyable abondance. Cette observation a dû frapper tous ceux qui ont assisté, au mois d'août et de septembre, lorsque les eaux sont basses, à quelque partie de pêche dans la Saône. Les points où elle est tranquille et peu profonde, et les anciens bras de la rivière, méritent surtout, comme véritable centre de reproduction, d'attirer l'attention des explorateurs.
En présence des découvertes qui ont été effectuées sur certains points du département, dans les dépôts appartenant
aux périodes quaternaire et tertiaire, il ne serait pas sans intérêt de comparer la faune actuelle à celle des époques géologiques les plus rapprochées de nous. Malheureusement, les sujets qui ont été recueillis jusqu'ici et déterminés avec précision, sont en trop petit nombre pour qu'il soit permis d’en tirer des conclusions de quelque valeur. Nous nous bornerons donc à renvoyer le lecteur, curieux de faire luimême ce rapprochement, aux notices intéressantes publiées sur cette matière, l’une par M. Jules Martin, pour le terrain tertiaire (4), les autres par MM. Tournouër et Bilié, pour les dépôts quaternaires.
M. Tournouër notamment, dans un récent mémoire (2), a appelé l'attention des géologues et des paléontologistes sur plusieurs dépouilles de mollusques recueillies dans les alluvions anciennes de la plaine de la Saône (à Bligny-sous- Beaune, Pouilly-sur-Saône, Auvillars, Tillenay) correspondant, suivant lui, au Forest-bed des anglais ; ces coquilles fossiles appartiennent aux genres Succinea, Helix, Zonites, Planorbis, Pyrgula, Paludina, Bythinia, Hydrobia, Valvata, Cyrena, Pisidium et Unio. Les plus remarquables sont : le Planorbis Belnensis Tourn. du groupe des Plan. corneus et Etruscus; le Paludina Burgundina Tourn., grande et belle espèce qui rappelle les types allongés des grandes paludines des lacs de la Lombardie (Pal. pyramidalis Villa); le Pyrgula Nodotiana Tourn., genre qui ne compte plus en Europe que deux ou trois espèces vivantes, dont une en Lombardie; et enfin le Cyrena fluminalis Müll. var. trigonalis.
M. Bilié, dans une note antérieure (3), avait déjà signalé
(1) J. Martin, Du terrain tertiaire de la gare de Dijon ou Fragments pour servir à l’histoire des failles de la Côte-d'Or; Dijon (s. d.), 31 pages in-8° et 2 planches. — Extrait des Mémn. de l’Acad. de Dijon; 1865.
(2) Tournouër, Sur les terrains tertiaires de la vallée supérieure de la Saône ; in : Bull. Soc. géol. de France, t. XXII, 1866, p. 769-804.
(3) J. Bilié, Note sur quelques dépôts lacustres de La plaine au sudest de Dijon; Dijon (s. d.).15 pages in-8o.
plusieurs mollusques recueillis à Saulon-la-Rue, dans des couches d’un limon jaunâtre, se rattachant également aux dépôts quaternaires, mollusques qu’il rapporte aux genres Succinea, Helix, Zonites, Bulimus, Clausilia, Pupa, Cyclostoma, pour les espèces terrestres, et aux genres Planorbis, Limnæa, Paludina, Valvata, Cyclas et Pisidium, pour celles qui vivent dans les eaux douces.
En somme, ces aperçus doivent stimuler le zèle des explorateurs et les porter à persévérer dans des recherches qui, dirigées avec intelligence, ne peuvent manquer d’être fécondes en résultats.
Des savants et des amateurs distingués me sont venus en aide, en m'ouvrant avec libéralité leurs collections ou leurs bibliothèques : les uns m'ont procuré des types originaux et authentiques ; d’autres m'ont adressé des ouvrages rares ou nouveaux; tous m'ont été utiles par leurs conseils. Je ne puis terminer ce préambule sans faire connaître les moyens d'étude dont j'ai pu disposer. ,
J'ai dit plus haut comment j'avais retrouvé la collection de feu M. Barbié entre les mains des Frères de la Doctrine chrétienne, à Dijon, qui la conservent avec soin. L'examen approfondi qu’ils m'ont permis d’en faire a été le point de départ de mes propres recherches. J'ai regretté de n'avoir pu consulter également celle du docteur Vallot, qui parait aujourd’hui dispersée et dont il ne m'a pas été possible de ressaisir les traces.
Je dois citer encore et remercier, dans la même ville, M. Arthur Morelet, M. d’Aumont et M. J. de Charrey, qui ont mis à ma disposition tous les matériaux réunis par eux sur la faune d’un pays qui est le leur, et qu’ils ont exploré avant moi.
D'autre part, MM. Charles Blanchet (de Lausanne), Jonas Collin (de Copenhague), Gwyn Jeffreys (de Londres), et Villa frères (de Milan), m'ont envoyé la plupart des coquilles terrestres et lacustres de Suisse, de Danemarck, d’Angle-
terre et de Lombardie; en sorte que j'ai pu me rendre un compte exact des types de Linné, de Müller, de Montagu, de Studer, des auteurs allemands et italiens, et constater, pièces authentiques en main, la valeur ou l'identité de mes propres matériaux. Je dois beaucoup aussi aux communications de MM. le docteur Baudon, Brot, Cotteau, Gassies, de Malzine, Shuttleworth, de Saint-Simon, Stabile, Terver, qui m'ont prêté le concours de leurs lumières. Je les prie, ainsi que toutes les personnes qui se sont associées à mon œuvre, à quelque titre que ce soit, d’agréer mes sincères remerciements.
Puisse cet opuscule, malgré toutes ses imperfections, être accueilli favorablement du lecteur et réveiller le goût. des études zoologiques dans le pays des Buffon et des Daubenton! Il montrera du moins combien la nature a été prodigue en y répandant une variété dont le sol porte le caractère, et qui s'étend, par une conséquence naturelle, aux productions animées, particulièrement à celles qui occupent un rang inférieur sur l’échelle des êtres organisés.