‹ Mollusques testacésChapitre 119 sur 407 · Pleurotoma imum, Locarp · texte numérisé non relu

Pleurotoma imum, Locarp

PI. VII, fig. 1-4.

Pleurotoma imum, Locard, 1896. Vova sp. (2).

Descripriox. — Coquille de taille assez grande, d'un galbe fusiforme un peu allongé, assez ventru, un peu plus développé en dessus qu’en dessous. Spire haute, acuminée, composée de 9 à 10 tours à croissance régulière et progressive ; premiers tours à profil un peu concave sur les

(4) Pleurotoma adelpha, Daurzensere et H. Fiscuer, 4896. In Mém. Soc. 2001. France, IX, p. #14,

pl. XVIT, fig. 3.

(2) Imus, a, um, qui est au fond,

Nid

(Tazisman. — Mollusques testacés.)

deux cinquièmes de leur hauteur en dessous de la suture, ensuite très largement convexe, avec une carène presque nulle; dernier tour égal, à sa naissance, aux deux tiers de la hauteur totale, à profil concave en dessous de la suture, puis largement arrondi latéralement, rapidement atténué à la base, terminé par un canal ouvert, droit, large et un peu court. Suture linéaire, pourtant bien accusée par le profil des tours. Sommet petit, mamelonné, lisse. Ouverture à peine un peu plus petite que la demi-hauteur totale, subovalaire, assez étroite, un peu exiguë dans le haut, rétrécie dans le bas. Péristome à bords continus, bord externe faiblement arqué en avant, avec une encoche pleurotomoïdale large, profonde, profil externe d’abord rapidement déclive-arqué depuis le bas de l’encoche pleurotomoïdale jusqu'au canal où il se recourbe très légèrement ; bord columellaire droit sur sa plus grande longueur, légèrement arqué dans le haut, ne descendant pas tout à fait jusqu’à la base du canal, accompagné d’un callum peu large, mais très accusé. Test solide assez mince, subopaque, orné de côtes longitudinales, de cordons décurrents et de stries d’accroissement: côtes longitudinales très atténuées, fines, grèles, très nombreuses, laissant entre elles des espaces plus larges, sensibles seulement sur le milieu des tours où elles forment à leur rencontre avec trois cordons décurrents, une triple série de petites saillies flexueuses très caractéristiques, ces mêmes côtes ne dépassant pas, au dernier tour, le troisième cordon saillant ; cordons décurrents au nombre de 5 à 6 sur l’avant-dernier tour, dont trois plus larges et plus espacés, formant la triple ligne carénale, les autres grèles et plus rapprochés, situés en dessous, devenant, au dernier tour, très nombreux, très réguliers, plus accusés et s’étalant jusqu'au canal; stries d’accroissement très fines, très flexueuses, accusées surtout dans la partie concave des tours. Coloration d’un blanc grisätre, un peu terne.

Dimexsioxs. — Hauteur totale 38 millimètres.

Diamètre maximum 1# —

Ogservarions. — Nous ne pouvons rapprocher cette espèce que du Pleurotoma decoloratum ; elle s’en distingue: par son galbe beaucoup moins élancé ; par sa spire bien moins haute et bien moins acuminée ;

par son dernier tour plus hautet plus ventru, plus arrondi dans son pro-

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fil ; par son ouverture moins élargie ; par son bord externe moins arqué en avant; par son encoche pleurotomoïdale moins accusée ; par son bord columellaire plus droit; par ses côtes longitudinales bien plus nombreuses ; par ses trois cordons décurrents formant, par leur rencontre avec les côtes, un mode d'ornementation tout particulier et bien défini, ete.

Stations :

1. Zalisman, 1883. Dragage 39. — Profondeur 2,200. Cap Ghir (Maroc). 2, — 1883. Dragage 41. — Profondeur 2,115. Cap Ghir (Maroc). 19. — Pleurotoma emarginatum, Donova.

Murex emarginatus, Donovan, 1803. British shells, V, pl. CLXIX, fig. 2. — gracilis, Montagu, 1803. T'estacea Britannica, p. 267, pl. XV, fig. 5; Suppl., p. 115. — oblongus, Brocchi, 1814. Conch. foss. Subapenn., p. 430, pl. IX, fig. 19. Defrancia suturalis, Millet, 1826. Zn Soc. Linn. Paris, p. 6, fig. 4. Pleurotoma Comarmondi, Michaud, 1829. Zn Bull, Soc. Linn. Bord., HI, p. 269, pl. [ fig. 6. — suturale, Philippi, 14836. Enum. Moll. Siciliæ, 1, p. 197. vulpecula, Deshayes, 1833. Zn de Lamarck, Ann. sans vert., 2 édit., IX, p.359. — gracile, Philippi, 1844. Enum. Moll. Siciliæ, 11, p. 166. Mangelia gracilis, Forbes et Hanley, 1853. British Mollusca, HI, p. 472, pl. CXIV, fig. 4; pl. RR, fig. 8.

Defrancia gracilis, Jeffreys, 1868-1869. British Conchology, IV, p. 363, pl. LXXX VI, fig. 6. Raphiloma gracilis, Weïinkauff, 1868. Conch. Mittelmeers, Il, p. 135. Clathurella emarginata, Bellardi, 4877. Moll. Piemonte e Liqur., XL, p. 260. Bellardia gracilis, de Monterosato, 1884. Nom. gen. e spec. conch. Mediterr., p. 135. Daphnella gracilis, Trayon, 1884. Man. Conchology, part. XXIV, p. 312, pl. XVII, fig. 38. Clathurella gracilis, Carus, 1885. Prodr. faunæ Mediter., p. 420. Pleurotoma emarginata, Locard, 1886. Prodr. Malac. française, p. 10.

Orservarioxs. — Le P/eurotoma emarginatum, institué dès 1803 par Donovan, a, comme on le voit, bien souvent changé de nom générique et même spécifique. Il n’en est pas moins une forme régulière et constante, des mieux caractérisées et dont il existe déjà un grand nombre de bonnes descriptions et de très exactes figurations. Les échantillons que nous avons retrouvés dans les dragages ne sont pas très grands : ils mesurent de 18 à 22 millimètres de hauteur. En général, chez les sujets de taille un peu forte, les côtes longitudinales sont moins accusées que chez les échantillons plus petits. Il en est de même des cordons décurrents. Chez les sujets bien conservés, ou morts depuis peu, la coloration de la coquille est d’un roux brun clair, avec une zone infra-suturale plus

sombre, continue, visible sur presque tous les tours. L'encoche pleurotomoïdale est toujours bien accusée. Il ne nous semble pas que la profondeur exerce une influence bien marquée sur la taille ou sur le mode d’ornementalion de nos échantillons.

EXTENSION GÉOGRAPHIQUE ET BATHYMÉTRIQUE. — Sans être jamais bien commune, on retrouve néanmoins celte espèce dans une grande partie de la Méditerranée et jusque dans l'Atlantique. Dans la Méditerranée, on a signalé sa présence : en Espagne, à Gibraltar et à Carthagène; dans tout le midi de la France, depuis Port-Vendres jusque dans le Var; en Italie à la Spezzia, Naples, et en Sicile; dans Adriatique à Zante et Zara; on l'indique également dans la mer Égée, surles côtes d'Algérie, en Corse et en Sardaigne. Dans l'Atlantique, nous la voyons au Nord dans le Shetland; elle descend sur les côtes d'Angleterre, puis en France depuis la région Armoricaine jusqu'au cap Breton; elle apparaît également en Espagne, en Portugal et s'étend au Sud jusqu'aux îles Madère et Canaries. Suivant les milieux, la dispersion bathymétrique de cette espèce est très variable : sur les côtes d'Espagne on la voit entre 7 et 15 mètres, en Algérie entre 18 et 35 mètres, dans le golfe de Marseille entre 35 et »S mètres, dans la mer Égée à 140 mètres, à Lissa à 135 mètres, au large de Saint-Raphaël (Var) entre 50 et 60 mètres. Dans l'Atlantique, elle ne dépasse pas la zone corallienne dans le Nord et jusqu'au Sud du Portugal. Aux Acores nous la retrouvons au dela de 1400 mètres.

EXTENSION GÉOLOGIQUE. — C'est une forme déjà ancienne et plus partieulièrement connue dans les dépôts des terrains tertiaires et quaternaires d'Italie. On l’a observée dans les dépôts de l’Astesan et des environs de Turin; puis à Gravina, San Mauro, Palerme, etc., en Sicile, au Monte Mario près de Rome, en Morée dans les formations des terrains tertiaires

supérieurs el quaternaires.

Stations :

1. Zravailleur, 1882. Dragage 8. — Profondeur 411 m. Au Nord de l'Espagne. 2 — 1882. Dragage 50. — Profondeur 3,850 m. Aux iles Canaries. 3. Talisman, 1883. Dragage 24. — Profondeur 120 m. Cap Blane (Maroc). À. — 1853. Dragage 122. — Profondeur 1,440 m. Au Sud des Acores.

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