‹ Mollusques testacésChapitre 13 sur 407 · Cleodora pyramidata, Lixvé · texte numérisé non relu

Cleodora pyramidata, Lixvé

Clio pyramidata, Linné, 1767. Systema naturæ, édit. XII, p. 1094. Hyalæwa lanceolata, Lesueur, 1813. /n Nouv. Bull. Soc. philomat., I, p. 284, pl. V, fig. 3. — pyramidata, d'Orbigny, 1840. Voy. Amérique mérid., Moll., p. 143, pl VII, fig. 25-27, 30-32.

Cleodora lanceolata, Souleyet, 1852. Voy. Bonite, I, pl. VI, fig. 17-95. — pyramidata, Souleyet, 1852. Hist, natur. Plérop., p. 50, pl. V, fig. 7-10. — exacula, Gould, 1852. £xplor. exped. Wilkes, XII, p. 488, pl. LI, fig. 605.

OnservarIoNs. — Dans son beau mémoire sur les Ptéropodes, M. le D' Boas (1) admet, pour le Ceodora pyramidata, trois variétés bien distinctes : angusta, étroite en avant, se rétrécissant graduellement en arrière; /ala, large en avant et très étroite en arrière; convexa, d'ordinaire assez large en avant et étroite en arrière. D'après cet auteur, chacune de ces variétés correspondrait à des habitats bien distincts.

(1) J.-E.-V. Boas, 1886. Bidragtil Pteropodernes, p. 60, pl. IV, fig. #7; pl. V, 69, 74, 84-86; pl. VI, fig. 96-97.

PTEROPODA. 15

Les échantillons que nous avons examinés appartiennent tous à la ver. angusta. Mais dans cette variété, on peut admettre un grand nombre de sous-variétés tout aussi distinctes, et dont M. le D' Boas a donné d’excellentes figurations; elles sont tablées sur le plus ou moins de longueur et d'acuité de la pointe. En général, dans les dragages du « Travailleur » et du « Talisman » ce sont les formes larges et courtes qui dominent; les échantillons au galbe très étroit et en même temps très effilé sont fort rares. Mais on remarquera qu'entre la var. anqustata et certaines formes extrèmes de la var. lata, il existe des passages tels qu'il nous paraît bien difficile d’assigner des limites morphologiques bien exactes à ces deux variétés.

La taille, chez cette espèce, varie beaucoup. Nous signalerons notamment deux magnifiques échantillons dragués en 1881 dans la Méditerranée (dragage 12, à 865 mètres), qui mesurent jusqu'à 20 millimètres de longueur, pour 16 millimètres de largeur. Ils correspondent, comme on le voit, à une forme particulièrement élargie et se rapprochent beaucoup de la figuration donnée par Rang et Souleyet (pl. V, fig. 7-10) du Cleodora lanceolata de Lesueur, forme que M. le D' Boas a réunie au Cleodora pyramidatu.

EXTENSION GÉOGRAPHIQUE ET BATHYMÉTRIQUE. — Le Cleodora pyramidata est une forme commune et des plus cosmopolites. Il remonte beaucoup plus dans le Nord que les espèces précédentes, tout en se répandant dans les mers tropicales. En Europe, nous le connaissons dans la Méditerranée, sur les côtes de France, de Sicile, d'Algérie et de Tunisie, jusqu’en Asie Mineure et dans la mer Égée. Sur notre littoral on l'a observé dans l'Hérault et les Alpes-Maritimes; tout dernièrement nous en avons recu plusieurs exemplaires dragués par notre ami M. Mollerat dans la zone corallienne de Saint-Raphaël dans le Var; M. le professeur Marion l’a également recueilli au large de Marseille. Dans l'Océan, M. le marquis de Folin et Jeffreys l'ont signalé dans le golfe de Gascogne, où il a été retrouvé plus au large par M. le D° Koehler. Il remonte jusque dans la région armoricaine, d’où il passe dans la Manche où on le récolte parfois sur les plages de la Seine-Inférieure, du Calvados et de la Manche. D’après Jeffreys, il s'étend sur les côtes d'Angleterre jusqu’en

Écosse, puis aux iles Férüe et jusque dans les mers arctiques. Nous l’indiquerons en Amérique, sur les côtes du New-Jersey, de la Virginie, du cap Hatteras, de la Géorgie, de la Floride, du Texas, des Bermudes, des Antilles, Jusque dans les mers de Chine et dans le Pacifique. Nous connaissons peu de cotes relatives à l'habitat de ce Mollusque. M. le marquis de Monterosalo l’a dragué vers 300 mètres vers Palerme, M. le D° Koehler entre 950 et 1710 mètres au large du golfe de Gascogne, et le marquis de Folin entre 65 et 405 dans la fosse du cap Breton. EXTENSION GÉOLOGIQUE. — On a relevé le Cleodora pyramidata dans les formations des terrains tertiaires moyen et supérieur des environs de Turin, du Modenais et de l’Astesan; il est également connu dans les formations quaternaires de la Sicile et de la Calabre, notamment dans les dépôts de Ficarazzi. M. A. Conti l'indique au Monte Mario, près Rome.

Stations :

1. Travailleur, 1880. Dragage 2. — Profondeur 1,019 m. Golfe de Gascogne.

2. — 1880. Dragage 4. — Profondeur 2,651 m. Au Nord de l'Espagne. 3. — 1880. Dragage 6. — Profondeur 1,353 m. Au Nord de l'Espagne. 4. — 1880, Dragage 7. — Profondeur 1,107 m. Au Nord de l'Espagne. 5. — 1880. Dragage 9. —— Profondeur 1,190 m. Au Nord de l'Espagne. 6. — 1880. Dragage 10. — Profondeur 1,960 m. Au large de Santander. 1: — 1880. Dragage 12. — Profondeur 1,081 m. Au Nord de l'Espagne. 8. — 1881. Dragage 1. — Profondeur 2,018 m. A l'Ouest du cap Finistère. 9e —- 1881. Dragage 1. — Profondeur 555 m. Au large de Marseille.

10. — 1881. Dragage 3. — Profondeur 3,307 m. A l'Ouest du Portugal.

41. —= 1881. Dragage 4. — Profondeur 2,305 m. A l'Ouest du Portugal.

12. — 1881. Dragage $. — Profondeur 1,865 m. Golfe de Marseille.

13. — 1881. Dragage 10. — Profondeur 2,546 m. A l'Est de Carthagène.

14. — 1881. Dragage 12. — Profondeur 865 m. Côtes de Provence.

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