‹ Mollusques testacésChapitre 132 sur 407 · Pleurotoma pingue, JEFFREYS · texte numérisé non relu

Pleurotoma pingue, JEFFREYS

PI: IX, fig. 27-29.

Pleurotoma penguis, Jeffreys, 1880, /n Ann.mag.nat. Hist., 5° sér., VI, p. 318 (Sine descr.).

Hisrorique. — Cette espèce a été signalée par Jeffreys dans sa liste des Mollusques de la baie de Biscaye. Nous avons retrouvé cette coquille déterminée par ses soins, avec une inscription manuscrite écrite par lui, dans les dragages du « Travailleur ». Il nous est donc possible de donner la description et les figurations de cette forme jusqu'à ce jour inconnue.

Descriprion. — Coquille de petite taille, d'un galbe globuleux, court et ventru, presque aussi développé en dessus qu'en dessous. Spire peu haute, un peu obtuse, composée de 6 à 7 tours à croissance très lente en hauteur, rapide en diamètre, à profil convexe, un peu méplan dans le haut, presque droit dans le bas à la suture ; dernier tour gros et ventru ; à profil latéral, du côté opposé au labre, assez étroitement arrondi dans le haut, puis bien atténué dans le bas, terminé par un canal ouvert, droit et très court. Suture linéaire, bien accusée. Sommet gros, mamelonné, obtus, lisse. Ouverture un peu plus grande que la demi-hauteur, d’un galbe semi-ovalaire assez élargi, presque aussi large en bas qu’en haut, dans une direction un peu cblique. Péristome à bords subcontinus ; bord externe faiblement projeté en avant, muni dans le haut d’une encoche pleurotomoïdale large et peu profonde, profil latéral largement arqué, déclive dans le bas. Test un peu mince, assez solide, subopaque, orné de cordons décurrents et de stries d’accroissement : cordons décurrents, fins, réguliers, dont un un peu plus saillant, mais pas plus large et logé à la place de la carène, visibles surtout dans le bas des tours, et au dernier tour jusqu’à la base du canal ; stries longitudinales d’accroissement très acceusées, ondulées-flexueuses, visibles sur toute la hauteur des derniers tours. Coloration, d'un blanc un peu jaunacé terne,

Opservarions. — Nous ne connaissons cette espèce que par deux

échantillons qui ont un peu souffert et par un fragment d’un troisième individu. Il ne nous a donc pas été possible de faire représenter cette forme dans tous ses détails; c’est ainsi, par exemple, que nous ne connaissons pas le mode d'ornementation des premiers tours qui peuvent ètre noduleux ou simplement décorés de cordons décurrents. Il en est de même de l’encoche pleurotomoïdale dont nous n'avons pu juger les caractères que d'une facon approximative. Par sa taille comme par son galbe cette espèce appartient au même groupe que le ?/euwrotoma spiceum dragué par le « Challenger » ; mais elle en diffère absolument par son mode d’ornementation.

EXTENSION GÉOGRAPHIQUE. — Comme nous l’avons rappelé, cette espèce à été draguée par le « Porcupine » dans le Golfe de Gascogne. C’est dans

les mêmes régions qu’elle a été retrouvée par le « Travailleur ».

Stations :

1. Travailleur, 1880. Dragage 7. — Profondeur 1,107 m. Au Nord de l'Espagne. 2, — 1880. Dragage 9. — Profondeur 1,190 m. Au Nord de l'Espagne. 3. — 1880. Dragage 10. — Profondeur 1,940 m. Au large de Santander.

3), Pleurotoma Loprestianum, CALCARA.

PlXES..

Pleurotoma Loprestiana, Caleara, 1841. Nuov. sp. conch. Sicil., p. 7.

— T'arentini, Philippi, 1844. Enum. Moll. Siciliæ, I, p. 175.

—= tricinctum, Brugnone, 1862. Teste de Monterosato, èn Journ. conch., XXII, p. 278. Drillia? Loprestiana, de Monterosato, 1890. Coq. prof. Palermo, p. 21. Drilliola Loprestiana, de Monterosato, 1896. Gen. nov. in Litt.

OpservATIONS. — Cette espèce et la suivante ont été étudiées avec un soin tout particulier par notre ami M. le marquis de Monterosato, qui a bien voulu comparer nos échantillons avec ses types vivants et fossiles de la Sicile. On confond souvent le Pleuwrotoma Loprestianum

avec le P7. crispatum, espèce fossile de Jan (1), dont Bellardi a donné

(4) Pleurotoma crispata, JAN, 1832. Catal. conch. foss., p. 9.

GASTROPODA. 243

une description et une figuration très exactes (1); mais, comme l’a démontré M. le marquis de Monterosato, il y a encore lieu de distinguer spécifiquement les //eurotoma Lopreslianum et PT. emendatrm. En effet, la première de ces espèces se distingue surtout de la seconde, par l'allure du sommet et des tours embryonnaires qui sont absolument différents. Chez le ?/eurotoma Loprestianum le sommet est petit, acuminé, et d’une coloration brun rosé très accusée, visible à tous les âges ; les trois premiers tours sont ornés de côtes longitudinales relativement fortes, arrondies, régulières, bien espacées, laissant entre elles des espaces intercostaux profonds, à peu près de même valeur; à mesure que l’on s'éloigne du sommet, ces tours tendent à devenir de plus en plus carénés. Chez le P/eurotoma emendatum, le sommet est bien plus obtus-déprimé et toujours blanchâtre ; les deux premiers tours sont lisses et portent une carène anguleuse qui tend à devenir rapidement bifide.

M. le marquis de Monterosato propose pour cette espèce et la suivante une coupe nouvelle, celle des Drilliola, basée sur le galbe et surtout sur le mode d’ornementation de la coquille; elles forment en effet un groupe bien distinct dans le genre //euwrotoma.

EXTENSION GÉOGRAPHIQUE ET BATHYMÉTRIQUE. — Le /’/eurotoma Lopreslianum est toujours une coquille rare que l’on ne rencontre que dans les grands fonds; M. le marquis de Monterosato l’a observé aux environs de San Vito par 100 mètres et aux environs de Palerme par 210 mètres. M. le prof. Marion l’a dragué au large de Marseille, sur le plateau de Peyssonnel, entre 500 et 760 mètres. M. le prof. Sturani l'indique sur les côtes d'Afrique par 680 mètres, près de Cerigo, par 160 mètres, et au nord des Sporades par 597 mètres.

EXTENSION GÉOLOGIQUE. — Seguenza et le marquis de Monterosato l'ont observé dans les dépôts des terrains tertiaires supérieurs et quaternaires de la Sicile, où Calcara et Philippi l'avaient déjà signalé.

1. Travailleur, 1881. Dragage 1. — Profondeur 1,818 m. A l'Ouest du cap Finistère. 2. — 1881. Dragage 28. — Profondeur 322 m. A l'Est de l'Espagne.

(1) Drillia crispata, Beccarot, 1877. Moll, terr. terz. Piemonte e Liguria, p. 131, pl. IV, fig. 21, a-b.

214 MOLLUSQUES TESTACEÉS.

3. Travailleur, 1882. Dragage 18. — Profondeur 550 m. À l'Ouest du Portugal. 4. — 1882. Dragage 25. — Profondeur 460 m. Au Sud-Ouest du Portugal.

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