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Clionella conspicienda, Locarp

PI. X, fig. 22-27.

Clionelia conspicienda, Locard, 1896. Nova sp. (1). Descriprion. — Coquille de taille assez faible, d’un galbe fusiforme

turriculé assez allongé, assez étroit, aussi développé en dessus qu’en dessous. Spire un peu courte, composée de 7 à 8 tours, à croissance lente en hauteur comme en diamètre, à profil légèrement concave dans le haut sur une faible hauteur, ensuite vertical et droit, avec carène bien prononcée au changement de direction dans le profil ; dernier tour très développé, un peu plus grand que les deux tiers de la hauteur totale, avec un profil latéral, du côté opposé au labre, sensiblement semblable à celui des tours précédents, ensuite faiblement atténué dans le bas, terminé par un canal très court, très large et très ouvert. Suture linéaire bien accusée. Sommet gros, très oblus, mamelonné. Ouverture à peine plus petite que la demi-hauteur totale, subrectangulaire, un peu plus rétrécie dans le haut qu’à la partie inférieure, inscrite dans un plan à peine oblique. Péristome à bords subcontinus; bord externe mince et tranchant, légèrement projeté en avant, muni dans le haut d’une encoche pleurotomoïdale très large, à peine sensible, profil externe plan-obiique sur une très faible longueur tout à fait dans le haut, ensuite presque vertical, puis arqué dans le bas jusqu’au canal; bord columellaire allongé, arqué en forme d’S, accompagné dans le haut d’un callum peu développé mais très accusé, se terminant en pointe vers la base. Test assez solide, un peu épaissi, subopaque, orné de côtes longitudinales, de cordons décurrents et de stries d’accroissement : côtes longitudinales étroites, très

accusées, au nombre de 12 sur l’avant-dernier tour, tendant à s’'atté-

(1) Conspiciendus, a, um, digne d'être observé. (TaLISMAN. — Mollusques lestacés.) 29

nuer dans la région concave des tours, descendant jusqu’à la base, s’évanouissant au dernier tour à partir du niveau de l'insertion du bord externe, laissant entre elles des espaces intercostaux larges et peu profonds; cordons décurrents assez forts, un peu espacés, réguliers, continus, visibles sur tous les tours, plus accusés à la base du canal, les deux supérieurs formant comme un bourrelet assez haut, mais peu épais, logé sous la suture; stries d’accroissement ondulées-flexueuses, très peu sensibles, si ce n’est à leur passage sur le bourrelet où elles forment des petits plis saillants, bien accusés, assez espacés. Coloration d'un blanc terne, un peu jaunacé, plus clair et plus brillant à l’intérieur.

DIMEXSIOXS, — Hauteur totale 27 millimètres.

Diamètre maximum 9

Ogservarioxs. — Le mode d’ornementation de cette espèce présente la plus grande analogie avec celui du Clionella quadruplex ; mais son galbe est tellement différent que nous n'avons pas hésité à considérer cette forme comme une espèce bien distincte. En effet, parmi nos Clonella, il n'en est aucun chez lequel le dernier tour soit aussi allongé, aussi développé et dont l'ouverture soit proportionnellement aussi haute. Ce galbe esttel que nous serions volontiers tenté d’exclure cette espèce du genre Clionella. Mais elle constitue un groupe à part, intéressant à signaler.

1. Talisman, 1883. Dragage 122. — Profondeur 1,440 m. Au Sud des Acores.

Genre RAPHITOMA, Bellardi.

1°. Raphitoma striolatum, ScAccui.

Pleurotoma costata, de Blainville, 4826. Faune franc., p.103, pl. IV, fig. 6 (non Pennant.

striolata, Scacchi, 1836. Catal. Regni Neapolitani, p.13.

- striolatum, Philippi, 184% £num. Moll. Siciliæ, 11, p.168, pl. XXVE, fig. 7. Mangelia striolata, Forbes et Hanley, 1853. Pritish Moll., IT, p. 483, pl. CXIV, A, fig. 12. Raphitoma striolata, Weinkauff, 1868. Conch. Mittelmeeres, I, p. 138.

Smnithia strivlata, de Monterosato, 1884. Nom. gen. e sp. conch. Mediter., p. 128. Daphnella costulata, Trayon, 1884. Man. conchology, part. XXIV, p. 309, fig. 19.

OBSERVATIONS. — On à bien souvent confondu cette espèce avec plu-

sieurs autres formes plus ou moins affines. Pourtant il en existe de

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nombreuses et très bonnes figurations. Son test, outre ses côtes longitudinales droites et fortes, est toujours orné de stries décurrentes continues qui le recouvrent entièrement. Nous en avons observé un seul échantillon de petite taille, mais des mieux caractérisés.

EXTENSION GÉOGRAPHIQUE ET BATHYMÉTRIQUE. — Nous retrouvons cette espèce dans l'Atlantique et dans la Méditerranée : dans l'Atlantique on la connaît depuis les côtes de Norvège, d'Angleterre, le long des côtes de France, du Portugal, jusqu'à Madère et aux Canaries; elle passe dans la Manche à l’île de Guernesey et dans la région normande ; mais ce n’est jamais une forme bien commune. Dans la Méditerranée, sans être beaucoup plus populeuse dans ses colonies, on la rencontre sur les côtes d'Espagne, tout le long du littoral français et italien, jusqu’en Sicile; elle remonte dans l’Adriatique, passe dans la mer Égée et se retrouve sur le littoral africain, en Tunisie, en Algérie et au Maroc. C’est surtout à l’état de coquille morte que cette forme s’observe sur nos côtes. Elle vit normalement dans la zone corallienne; nous l’indiquerons en Norvège, entre 55 et 73 mètres de profondeur, en Angleterre entre 22 et 37 mètres; sur les côtes de France, dans l'Atlantique elle descend jusqu’à 70 mètres, et le marquis de Folin l'indique dans la fosse du Cap Breton, dans le golfe de Gascogne, entre 40 et 146 mètres ; à Madère et aux Canaries on l’a retrouvé entre 16 et 146 mètres. Dans la Méditerranée elle se maintient dans les zones corallienne et herbacée et ne paraît pas descendre au delà de 70 à 80 mètres.

EXTENSION GÉOLOGIQUE. — Plusieurs auteurs ont indiqué la présence de cette espèce dans les dépôts des terrains quaternaires de la Sicile.

Station :

1. Zalisman, 1883. Dragage 24. — Profondeur 120 m. A l'Ouest du Maroc.

2, Raphitoma confusum, DE MoNTEROSATO.

PI. XI, fig. 28-32.

Pleurotoma brachistoma, Jeffreys, 1867-1869. British conch., V, p. 220, pl. XL, fig. à (non Philippi).

Mangelia brachystoma, Jeffreys, 1868. Zn Ann. mag. nat. Hist., XIX, p. 311.

Raphitoma brachystoma, Locard, 1886. Prodr. conch. franç., p. 122 (pars).

Daphnella bra-hystona, Trayon, 1884. Man. conchol., p.308, pl. XXI, fig. 21 ({antum). Ginnania confusa, de Monterosato, 1896. Vova sp. in litt.

Descririox. — Coquille de très petite taille, d’un galbe fusiforme faiblement turriculé, étroitement allongé, beaucoup plus développé en dessus qu'en dessous. Spire haute, un peu acuminée, composée de 7 à 8 tours, à croissance régulière el progressive, à profil convexe sur toute la hauteur ; dernier four, à sa naissance, un peu plus grand que la demi-hauteur totale, à profil latéral, du côté opposé au labre, largement convexe, puis atténué dans le bas et terminé par un canal très court, ouvert, large, un peu troncatulé à la partie inférieure. Suture linéaire très ondulée.Sommettrès petit, obtus, mamelonné, lisse, surmontant un ou deux tours embryonnaires gros et arrondis. Ouverture presque égale au tiers de la hauteur totale, étroitement ovalaire-oblique, acuminée dans le haut, un peu rétrécie dans le bas, inscrite dans un plan presque vertical. Péristome à bords subcontinus ; bord externetranchant, mais soutenu en dehors par une dernière côte longitudinale, muni dans le haut d’une toute petite encoche pleurotomoïdale, faiblement projeté en avant, à profil latéral un peu recto-oblique court, puis largement arqué jusqu'au canal; bord columellaire bien arqué dans son ensemble, accompagné dans le haut d'un callum épais mais peu développé, descendant en pointe jusqu'à la base du canal. Test solide, assez épaissi, subopaque, orné de costulations longitudinales, de cordons décurrents et de stries d’accroissement : côtes longitudinales au nombre de 9 à 10 sur l’avant-dernier tour, épaisses, arrondies, presque droites, laissant entre elles des espaces intercostaux profonds et plus larges ; cordons décurrents étroits, saillants, presque réguliers, recouvrant tout le test, le cordon infra-sutural formant une petite saillie qui accompagne la suture ; stries longitudinales d’accroissement sensibles, ondulées-flexueuses. Test d’un roux plus ou moins sombre, assez terne.

Dimexsioxs. — Hauteur totale 8 millimètres.

Diamètre maximum 3 —

Opservarioxs. — C'est à notre ami M. le marquis de Monterosato que nous devons la détermination de cette petite coquille. Il nous fait observer avec juste raison que sous le nom de Aaphitoma ou Ginnaniana

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brachystoma on a confondu deux formes bien distinctes. Le véritable Baphitoma brachystomum (1) décrit et assez mal figuré par Philippi est une forme relativement courte et trapue; dans l'Atlantique on rencontre une coquille voisine mais certainement différente, d’un galbe bien plus élancé, qui est précisémentle Raphitoma confusum. Ce dernier se distingue : par sa taille généralement plus grande ; par son galbe plus fusiforme, plus étroitement allongé ; par sa spire notablement plus haute et plus acuminée; par son dernier tour proportionnellement moins haut; par ses tours supérieurs un peu moins convexes; par son ouverture plus petite; par son test plus costulé, ete. C’est bien certainement cette forme qui est figurée dans l’atlas de Jeffreys. On remarquera qu'il existe chez le Raphitoma brachystomum des var. qgrarilis et elongata; mais elles n'arrivent jamais à avoir un galbe aussi élancé, aussi grêle que celui de l'espèce que nous venons de décrire.

EXTENSION GÉOGRAPHIQUE ET BATHYMÉTRIQUE. — Nous connaissons le aphitoma confusum dans l'Atlantique, sur les côtes de France et d'Angleterre où il n’est point rare. Il vit également dans la Méditerranée; nous l'avons reçu de Saint-Raphaël à l'état de var. minor, mais néanmoins bien carac-

térisé. Cette forme se rencontre dans les zones herbacée et corallienne.

Station :

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