Pleurotomella Atlantica, Locaro
PI. XII, fig. 1-8.
Pleurotomella Atlantica, Locard, 1896. Nova sp.
Descripriox. — Coquille de taille moyenne, d’un galbe turriculé, court ettrapu, plus développé en dessus qu’en dessous. Spire assez haute, composée de 7 à 8 tours à croissance rapide surtout en diamètre, à profil plan et fortement déclive depuis la suture jusqu'à une ligne carénale double et presque basale; dernier tour près de deux fois plus haut, à sa naissance, que le reste de la spire, à profil latéral, du côté opposé au labre, bien anguleux, avec la carène presque médiane et la partie inférieure
(1) Pleurotoma (Drillia) incilis, WarTsow, 188%. In Journ. Linn. Soc. London, XV, p. 425. — 1880. Voy. « Challenger », p. 305, pl. XXIV, fig. 5.
GASTROPODA. 241
légèrement arquée, terminée par un canal assez long, ouvert, Lordu et fortement retroussé du côté opposé au labre. Suture linéaire bien accusée par le profil des tours. Sommet très petit, obtus, lisse et brillant, surmontant un tour embryonnaire large à sa base et à profil presque rectooblique. Ouverture égale à la demi-hauteur {otale, piriforme-arquée, anguleuse dans le haut, bien rétrécie et recourbée dans le bas, inscrite dans un plan non oblique. Péristome simple à bords subcontinus:; bord externe mince et tranchant, non projeté en avant, avec un sinus pleurotomoiïdal à peine sensible, profil externe un peu anguleux dans sa partie médiane, un peu sinué dans le bas vers le canal ; bord columellaire très tordu, descendant jusqu'au bas du canal, accompagné dans le haut d’un callum peu sensible. Test solide, assez mince, orné de costulations longitudinales, de cordons décurrents et de stries d’accroissement : costulations longitudinales au nombre de 18 à 20 sur l’avantdernier tour, tout à fait obsolètes dans le haut des tours sur la partie recto-oblique, mais bien accusées dans le bas entre la carène et la suture, arrondies, peu saillantes, laissant entre elles des espaces intercostaux un peu plus larges, rapidement atténuées au dernier tour en dessous de la carène ; cordons décurrents fins, réguliers, continus, au nombre de 3 environ, le premier sur la carène, le troisième basal, passant tous par-dessus les côtes où ils forment des saillies un peu épineuses, plus larges que hautes, au nombre de 22 à 25 sur le dernier tour, étroits, saillants et presque également répartis jusqu’à la base ; stries d’accroissement très fines, bien flexueuses, peu sensibles. Coloration d’un blanc grisätre ou un peu jaunacé, terne.
Dimexsioxs. — Hauteur totale 24 millimètres.
Diamètre maximum 11 —
OgservarTions. — Comme on le voit, les caractères de cetle coquille répondent très exactement à ceux assignés aux véritables ?/ewrotomellu. Pourtant un échantillon très jeune de cette coquille porte la mention de Kryptos, gen. nov., écrit de la main de Jeffreys. Ce nom de Aryptos vient d’être repris par MM. Dautzenberg et H. Fischer (1) qui ont donné la des-
(4) Kryptos, Jerrreys, apud DaurzexrerG et H. Fiscner, 1896. In Mém. Soc. Zool. France, X, p. #1. (TALISMAN. — Mollusques testacés.) 31
cription et la figuration d’une coquille bien différente de la nôtre et qu'ils rapprochent des Fusus. Notre espèce appartient au même groupe que le Pleurotomella Koehleri récemment dragué parle « Caudan » dans le Golfe de Gascogne. Ces deux formes ont la même allure générale et un mode d'ornementation analogue. Mais nous distinguerons toujours le /eurotomella Atlantica:à son galbe moins court, moins ramassé, moins trapu : à sa spire plus haute, plus élancée ; à son canal plus tordu latéralement: à son ouverture plus élargie et plus anguleuse sur le côté; enfin à son mode d’ornementation. Chez les deux espèces, les tours supérieurs portent une double carène décurrente et denticulée; mais chez le Pleurotomellx Koehleri ces denticulations sont moins nombreuses et moins rapprochées; d'autre part, au dernier tour, il existe 3 rangées de denticulations superposées, tandis que chez le PZ. Atlantica nous n'en retrouvons plus qu'une, la seconde s’évanouissant rapidement. Le Pleurotoma rhysa du Rev. Boog Watson, dragué à Pernambouco (1), a encore une certaine analogie avec notre espèce, quoique de taille beaucoup plus petite; mais notre coquille est plus large, plus trapue, son dernier tour est bien plus gros et bien moins allongé, le canal plus tordu, les costulations longitudinales plus -serrées, plus nombreuses, ete. En dehors du type tel que nous venons de le décrire, nous signalerons les variétés suivantes : — minor, de taille plus petite, avec le même galbe, mais ne dépassant pas 15 millimètres de hauteur ; — elongata, de taille assez faible mais d’un galbe plus étroitement élancé, avec la spire un peu plus haute, le dernier tour un peu moins gros ; — cwrta, de lle assez faible, mais d'un galbe court et trapu, avec la spire moins acuminée, le dernier tour un peu plus ventru, généralement avec les
costulations plus atténuées. Nous avons figuré cette dernière forme.
Stations :
1. Travailleur, 1881. Dragage 1. — Profondeur 2,018 m. A l'Ouest du Cap Finistère.
3. — 1882. Dragage 19. — Profondeur 1,350 m. A l'Ouest du Portugal. 4. — 1882. Dragage 40. — Profondeur 1,900 m. A l'Ouest du Maroc. 5. — 1882. Dragage 70. — Profondeur 1,000 m. Au Nord de l'Espagne. 1) Pleurotoma (Surcula) rhysa, Warson, 1881. In Jouwrn. Linn. Soc. London, XV, p. 400. — Pleuro-
toma (Raphitoma) rhysa, Watson, 1886. Voy. « Challenger », XV, p. 310, pl. XXL, fig. 2.
GASTROPODA. 243 6. Talisman, 1883. Dragage 20. -- Profondeur 1,105 m. A l'Ouest du Maroc.
He — 1883. Dragage 22. — Profondeur 1,635 m. A l'Ouest du Maroc. 8. — 1883. Dragage 43. — Profondeur 2,075 m, A l'Ouest du Maroc. CE — 1883. Dragage 31. — Profondeur 1,105 m, A l'Ouest du Maroc.
2, Pleurotomella demulcata, Locarp.
PI. XII, fig. 9-13.
Pleurotomella demulcata, Locard, 1896. Nova sp. (1).
Descripriox. — Coquille de taille assez petite, d’un galbe fusiformeturriculé, un peu allongé, un peu plus développé, mais moins acuminé en dessus qu'en dessous. Spire assez haute, obtuse, composée de 7 à 8 tours à croissance un peu lente en hauteur, rapide en diamètre, à profil recto-oblique sur les deux tiers de leur hauteur, puis recto-déclive en sens inverse sur le dernier tiers, avec une carène bien accusée au changement de direction dans le profil; dernier tour égal, à sa naissance, à près des deux tiers de la hauteur totale, avec un profil latéral, du côté opposé au labre, un peu concave et très oblique dans le haut, puis convexe en dessous et rapidement atténué, terminé par un canal allongé, ouvert, assez étroit, presque droit d’abord, puis à peine retroussé latéralement à son extrémité. Suture linéaire, ondulée, assez accusée. Sommet petit, très obtus, surmontant un tour embryonnaire gros et arrondi. Ouverture égale à la demi-hauteur, piriforme-oblique, rétrécie tout à fait dans le haut, brusquement étranglée dans le bas. Péristome à bords subcontinus : bord externe non projeté en avant, à profil latéral étroitement arrondi dans le haut, rapidement atténué, puis presque droit et oblique le long du canal; bord columellaire très faiblement arqué à la partie supérieure, puis allongé-droit jusqu’à la base, accompagné dans le haut d’un callum très profond et peu sensible. Test assez solide, un peu épaissi, subopaque, orné de costulations longitudinales, de cordons décurrents et de stries d’accroissement: costulations longitudinales au nombre de 13 sur l'avantdernier tour, grosses, larges, peu saillantes, arrondies, accusées sur toute la hauteur des tours, laissant entre elles des espaces intercostaux plus
(1) Demulcatus, a, um, maltraité.
larges que leur épaisseur, atténuées au dernier tour tout le long du canal: cordons décurrents fins, rapprochés, un peu irréguliers, recouvrant la totalité du test, le premier cordon infra-sutural à peine plus large et plus épais que les autres, le cordon carénal et deux autres cordons de la partie inférieure des tours un peu plus accusés et formant à leur rencontre avec les costulations longitudinales des saillies épineuses peu marquées ; stries d’accroissement ondulées-flexueuses, recouvrant également tout le test et lui donnant un faciès subgranuleux. Coloration d'un blane jaunacé terne.
Dimexsioxs. — Hauteur totale 28 millimètres.
Diamètre maximum 8 —
Ogservarioxs. — L'allure du sommet, le profil des tours de cette coquille nous autorisent à la faire rentrer dans le genre Pleurotomella. Pourtant on remarquera que son testestentièrement orné, ce qui ne s’observera pas toujours chez les autres espèces de ce genre où le dessus des tours est ordinairement lisse. Notre espèce, assez voisine du /’/eurotometla Atlanlica, S'en séparera : par son canal plus allongé ; par ses tours moins découpés; par sa carène moins inférieure; par ses costulations réparties sur la Lotalité des tours; par ses cordons décurrents et ses stries longitudinales d’accroissement visibles sur toute la hauteur des tours et leur donnant un faciès finement granuleux, ete. On remarquera que chez ces deux espèces l’allure et l'ornementation des tout premiers tours est très particulière et ne fait pas prévoir la disposition ornementale et le profil
des tours suivants.
Stalions : 1. Zravailleur, 1882. Dragage 25. — Profondeur 460 m. Au Sud-Ouest du Portugal. 2; — 1882. Dragage 58. — Profondeur 440 m. Au Nord des Canaries. 3. l'alisman, 1883. Dragage 33, — Profondeur 1,305 m. A l'Ouest du Maroc.