‹ Mollusques testacésChapitre 163 sur 407 · Nassa Edwardsi, P. Fiscuer · texte numérisé non relu

Nassa Edwardsi, P. Fiscuer

PI. XIII, fig. 29-31.

Nassa Edwardsi, P.Fischer, 1852. Zn Journ. Conch., XXX, p. 10.

HisroriQue. — Cette espèce n’est connue que par une très courte diagnose donnée par le D° P. Fischer, diagnose que la plupart des auteurs se sont bornés à reproduire. Étant connues les difficultés qu'éprouvent les naturalistes pour distinguer la plupart des Vassa, il nous à paru utile de faire ici une étude détaillée de cette coquille.

DescriprioN. — Coquille de taille assez petite, d’un galbe ovoïde un peu court et modérément acuminé en dessus, brusquement atténué dans le bas, un peu plus développé en dessus qu'en dessous. Spire assez allongée, à peine obtuse, composée de six tours à croissance régulière, progressive, rapide, à profil légèrement convexe; dernier tour, à sa naissance, égal à un peu moins des deux tiers de la hauteur totale, convexe-arrondi dans sa partie médiane, assez brusquement mais progressivement atténué dans le bas, terminé par un canal ouvert extrèmement court et un peu oblique. Suture bien accusée, subcanaliculée. Sommet obtus, très petit à sa naissance, lisse sur un peu plus de un tour, d’un blanc jaunacé brillant. Ouverture petite, légèrement oblique, presque régulièrement ovalaire, plus haute que large, sans sinus supérieur bien défini, inscrite dans un plan à peine déclive. Péristome simple,

à bords convergents et continus ; bord externe très épaissi en dehors et

en dedans, tranchant à son extrémité, très légèrement arqué en avant, orné à l'intérieur et assez profondément de petits plis étroits, allongés, espacés, assez réguliers, profil externe bien arrondi dans son ensemble ; bord columellaire tordu à la base et comme troncatulé obliquement, surmonté dans le haut d'un callum bien défini quoique peu épais. Test solide, épais, d'un corné jaune clair, peu brillant, orné de stries décurrentes fines, assez régulières, régulièrement espacées, devenant obsolètes sur le milieu du dernier tour et plus accusées à la base de ce mème tour: intérieur de l'ouverture et callum d’un blane brillant.

Dimexsioxs. — Hauteur totale 11 à 13 millimètres.

Diamètre maximum 6 à 61/2 —

Onservarioxs. — Étant donnée l'allure de l’ouverture et plus particulièrement de son péristome, cette forme est bien un véritable Vassa, quoique au premier abord elle ait quelque analogie avec les Amycla. Elle appartient au groupe du Vassa semistriata dont nous parlerons plus loin. Elle s'en distingue: par sa taille notablement plus petite, car nous n'avons jamais vu de Nassa semistriata adulle, mème la var. minor, qui soil aussi petit; par son galbe plus court, plus ràblé; par son sommet toujours neltement obtus; par sa spire proportionnellement plus haute, tandis que le dernier tour est au contraire plus petit: par sa suture plus accusée; par son ouverture plus petite, plus largement ovalaire; par son test plus strié, ele. Chez quelques individus, ces stries recouvrent absolument toute la coquille, sauf les tours embryonnaires, et c’est à peine si elles sont un peu atténuées au milieu du dernier tour : elles sont toujours très régulières et très sensiblement équidistantes.

EXTENSION GÉOGRAPHIQUE ET BATHYMÉTRIQUE. — Le type a été observé entre Nice et la Corse, par des profondeurs variant de 600 à 2660 mètres. On le retrouve également sur la côte orientale de celte île.

EXTENSION GÉOLOGIQUE. — Ce Vassa est abondant dans les dépôts quaternaires de Ficarazzi, quoiqu'il n'ait jamais été signalé à l’état vivant sur les côtes de la Sicile.

Stations :

1. Zravailleur, 1882. Dragage 17. — Profondeur 820 m. À l'Ouest du Portugal. 2. — 1882. Dragage 26. — Profondeur 370 m. Au Sud-Ouest du Portugal.

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2, Nassa semistriata, Broccui.

Buccinum semistriatum, Brocchi, 1814. Conch. foss. Subapen., p. 615, pl. XV, fig. 25. Planaxis torulosa, Risso, 1826. Hist. nat. Europe mérid., IV, p. 174. Nassa semistriata, Forbes, 1844. Rep. Æqean invert., p. 140.

Onservarioxs. — Comme nous l’avons exposé dans un autre travail (1), après avoir comparé nos coquilles vivantes avec de bons types fossiles du Modenais, nous devons reconnaître qu'il ne saurait y avoir de différences sensibles entre ces deux formes. La forme vivante, prise dans son ensemble, est peut-être de taille un peu plus petite, avec la spire un peu moins effilée ; mais ce sont là de simples influences dues à la nature des milieux. La taille, chez celte espèce, est assez variable. Dans un même dragage (campagne 1881, dragage 26), nous trouvons des échantillons qui nous paraissent tout aussi adultes et qui passent de 12 et demi à 16 millimètres, tout en conservant sensiblement le mème galbe. Le mode d'ornementation varie aussi suivant les sujets. En général, on observe à la base de la coquille des stries décurrentes fortes, devenant plus larges tout à fait dans le bas, laissant entre elles comme d’étroits cordons ; en se rapprochant du milieu du dernier tour, ces mêmes stries deviennent de plus en plus grêles et sont, en même temps, de plus en plus distantes : elles disparaissent sur le milieu du dernier tour, pour réapparaître de nouveau dans le haut, au voisinage de la suture. Sur les tours supérieurs on distingue également une, deux ou trois stries logées dans le haut de ces tours. Déjà M. le marquis de Monterosato (2) a signalé une var. elongata qui vit sur les côtes d'Algérie. On trouve aux Açores une forme un peu différente, avee un galbe plus régulièrement ovoïde, avec une ouverture relativement plus petite, que M. Dautzenberg a décrite et figurée sous le nom de var. Azorica (3).

Quelques auteurs ont cru devoir réunir au Nassa semistriata, le

N. Gallandiana de P. Fischer (4) découvert dans la zone des laminaires el

LocarD, 1887. Contrib. faune malac. française, X, Monogr. Buccinilæ, p. 86, fig. 12.

2) De MonTERosaTO, 1875. Enumer. e sinonimia, P. 43.

(3) DaurzexBerc, 1889. Con/r. faune malac. Acores, p. 39, PI il, Dir 0 GC: 3) Nassa Gallandiana, P. Fiscuer, 1862. In Journ. Conch., IX, p. 37. — 1883. Loc. cit., p. 82,

pl. I, fig, 6.

corallienne du Golfe de Gascogne. Comme nous l'avons démontré, après comparaison avec le type original de l’auteur, le Nassa Gallandiana se distingue: à son galbe notablement plus allongé, plus effilé; à sa spire plus haute et plus aiguë ; à son ouverture moins elliptique, moins étranolée dans le haut et tout aussi arrondie dans le bas ; au mode de réparlition de ses stries ornementales, etc.

EXTENSION GÉOGRAPHIQUE ET BATHYMÉTRIQUE. — Le MVassa semistriata n'est jamais bien commun ; nous le rencontrons sur les côtes de l'Atlantique, depuis l'embouchure de la Loire jusque dans le Golfe de Gascogne ; il descend le long des côtes du Portugal, jusqu'aux Acores, par Lisbonne, Vigo, Mogador, ele. Dans la Méditerranée il est plus rare sur les côtes de Provence ; mais on le retrouve à Nice, Messine, Palerme, dans la mer Egée, sur les côtes d'Algérie et même à Aden. Les échantillons récoltés sur les côtes océaniques de France sont, pour la plupart, rejetés sur la plage; cette forme vit surtout dans la zone corallienne; dans la Méditerranée elle descend à de plus grandes profondeurs ; mais les données précises sur sa dispersion bathymétrique font encore défaut. Le marquis de Folin l’a draguée dans la fosse du cap Breton, dans le Golfe de Gascogne, entre ST et 405 mètres de profondeur.

EXTENSION GÉOLOGIQUE. — On a retrouvé cette forme à l’état fossile dans un grand nombre de stations. Elle commence à apparaître dans les formaltions miocènes des bassins de Bordeaux et de Vienne; P. Fischer et Tournouër l'ont indiquée dans les marnes de Cabrières en Provence et en ont donné une bonne figuration ; on la connaît également dans les dépôts de Biot près d'Antibes, du Roussillon, du Languedoc, du Vivarais, du Dauphiné, du Monte Mario près de Rome, en Sicile, notamment au Monte Pellegrino et à Ficarazzi. M. da Costa l'indique dans les dépôts

tertiaires supérieurs du Portugal.

Stations :

1. lravailleur, 1880. Dragage 22. — Profondeur 435 m. Fosse du Cap Breton. 2. - 1881. Dragage 23. — Profondeur 280 m. A l'Ouest de la Corse. . = 1881. Dragage 26. —— Profondeur 410 m. Au Nord du Maroc. 1. — 1882. Vigo, par 21 m. de profondeur.

5. T'alisman, 1883. Dragage 2. — Profondeur 99 m. Golfe de Cadix (Portugal). 6. 1883. Dragage 3. — Profondeur 106 m. Cap Saint-Vincent (Portugal).

dé 1883. Dragage 5. — Profondeur 60 m. Au Sud du Golfe de Cadix.

GASTROPODA.:

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