‹ Mollusques testacésChapitre 177 sur 407 · Oocorys sulcata, P. FiIscuEr · texte numérisé non relu

Oocorys sulcata, P. FiIscuEr

PI, XV, fig. 4 6.

Oocorys sulcata, P. Fischer, 1883. Zn Journ. conch., XXXL, p. 292. — 1885. Man. conch., p. 769, fig. 536.

Onservarioxs. — Le D'° P. Fischer a institué en mème temps le genre Oocorys et l'Oocorys sulcata, en 1883. Comme le dit fort judicieusement notre auteur, cette coquille a, par sa forme, quelques rapports avec certains Z'ritons, comme le 77. Poulseni, de Môrch, et avec les Dolium, comme le 2. Crosseanum, du marquis de Monterosato, dont nous parlerons plus loin. Mais son labre est simple, et sa callosité columellaire, quoique bien sensible, est relativement faible. C'était donc à bon droit qu'un genre nouveau élait créé pour de telles formes, connues seulement par les dragages. Deux ans plus tard, en écrivant la nouvelle édition du Manuel de lConchyliologie de Woodward, P. Fischer donna les caractères de l'animal de l’Uocorys. Se basant alors sur sa radule tænioglosse, il elassa ce nou-

veau genre à la suite des Naticidæ. Ce classement singulier, basé unique-

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ment sur un organe aussi peu apparent que celui de la radule, alors que la coquille fournit des indications infiniment plus précises, ne saurait être admis. Aussi ne sommes-nous point surpris de voir le Rev. Boog Watson classer les Oocorys dans la famille des Dolidæ, à la suite des véritables Dolium (1). Un autre auteur, Fr. Paetel, dans la nouvelle édition de son Catalogue (2), range ce mème genre à la suite des Ranella, dans la famille des Zrifonidæ, tandis que M. Dall fait une famille des Oocorydæ, qu'il classe entre les Tritonidæ et les Cassididæ (3). Enfin MM. Dautzenberg et H. Fischer (4) disposent ce même genre entre les Natica et les Eulima. Quant au nom de Benthodoliun proposé par M. Verrill (5), pour ces mêmes formes, il est postérieur d'une année au nom donné par le D' P. Fischer, et doit dès lors passer en synonymie. Un nouvel examen, basé sur la totalité des échantillons dragués par le « Talisman », nous conduit à une autre conclusion. Lorsque l’Oocorys est bien adulte, il possède, en réalité, un callum columellaire tout aussi développé que celui des Cassis ou des Cassidaria. D'autre part, si l’Oocorys sulcata est tout à fait globuleux, comme nous allons le voir, l'O. Frschert est bien plus allongé, de telle sorte que si la première espèce a un galbe de Dolium, la seconde se rapproche davantage des Cassidie. Oocorys et Cassidæ ont done non seulement un galbe similaire, mais ils ont encore le test un peu solide, assez épais, fortement cerclé par des bandes décurrentes. Comme autre point de conformité, disons que certains échantillons d’Oocorys possèdent une varice au voisinage de l'ouverture. Enfin, ils ont un opereule, avec un mode d’enroulement particulier, tandis que les Dolium n’en possèdent point. Restent le bord externe et le canal. Le canal basal existe en réalité chez les Oocorys ; il est court, bien ouvert, un peu recourbé; il a tout à fait la forme d’un canal de Cassidaria tronqué. Quant au bord externe, il est lisse, il est vrai; mais c’est pour nous le seul caractère qui permette de maintenir les Oocorys dans un genre à

part qui prendra place dans la famille des Cassidæ, à la suite des Cassis.

(4) Watson, 1886. Voy. « Challenger », XM, p. #12.

(2) Fr. Pare, 1888. Catal. Conchylien Sammlung, 1, p. 106.

(3) Dazr, 14889. In Bull. United States nat. Mus., XXXVII, p. 132.

+) DaurTzexgerG et H. FiscHer, 1896. In Mém. soc. z0ol. France, IX, p. 457. — 1897. Loc. cit., X,p. 162. (5) Benthodolium, VerriL, 1884. In Trans, Connecticut Acad., VI, p.177.

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La figuration donnée par P. Fischer dans le Manuel de Conchyliologie est très suffisante pour bien faire comprendre les caractères de son Oocorys suleata. C'est, comme on le voit, une forme courte, ramassée, bien olobuleuse, surmontée d’une spire peu haute, à tours bien convexes. Le test est orné de cordons décurrents fins et réguliers, qui recouvrent entièrement sa surface. Entre ces cordons on distingue très nettement à la loupe des stries longitudinales d’accroissement qui semblent s’insérer sur les cordons et forment avec eux un réseau à mailles réticulées, hautes et étroites, de galbe rectangulaire. Quelques-unes de ces stries, plus fortes que les autres, passent par-dessus les cordons et semblent continues, jusqu'à ce qu'elles s'atténuent et se perdent sur quelques cordons plus loin. Cette allure du test est intéressante à observer. Le Rév. Boog Watson l’a très bien figurée. Mais comment reconnaître l'Oocorys sulcata de P. Fischer dans la figuration qu’il donne sous ce nom (1)? Nous sommes ici en présence d’une forme ovoïde, à spire courte surmontant un dernier tour très allongé, accompagnée d'une ouverture bien plus haute que large, terminée par un canal très court, non tordu, ete. Comme le pensait P. Fischer, il s’agit là d’une forme nouvelle pour laquelle nous proposons le nom de Oocorys Watson.

Le Rév. Boog Watson rapproche, avec un point de doute il est vrai, le Benthodoliun abyssorum de Verrill (2) de l'Oocorys sulcata. Paetel, plus affirmatif encore, identifie ces deux espèces. Nous ne connaissons le Benthodolium abyssorum, qui est certainement un Oocorys, que par sa description et sa figuration: mais il nous semble avoir notablement plus d’analogie avec lOocorys Watsoni, qu'avec l'Oocorys sulcata;"son dernier tour allongé, sa spire plus élevée, en un mot son galbe ovoïde et non sphérique, le rapproche surtout de la première de ces deux espèces (3). Avec M. Dautzenberg, nous ferons volontiers rentrer dans le genre Oocorys le Buccinum (?) aquilarum du même auteur (4).

Nous signalerons, en dehors du type, les variétés suivantes : — minor,

1) Warsox, 1886. Voy. « Challenger », XV, p. #12, pl. XVH, fig. 11.

(2) VerkiL, 1884. In Trans. Connecticut Acad., VI, p. 177, pl. XAXI, fig. 12.

3) Il va sans dire que si l'identité de ces deux formes était un jour démontrée, elles devraient prendre nom d'Oocorys abyssorum, ce nom spécifique étant plus ancien.

#) Warsox, 4886. Voy. « Challenger », XV, p. 213, pl. XI, fig. 4.

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de même galbe que le type, avec le même mode d'ornementation, mais ne mesurant que 24 millimètres de hauteur sur 18 de diamètre, quoique très adulte ; — elongata, de mème taille que le type, mais plus ovoiïde, avec le dernier tour plus allongé, mais avec l'ouverture toujours ample et arrondie, ne se confondant jamais avec l'Oocorys Watson.

EXTENSION GÉOGRAPHIQUE ET BATHYMÉTRIQUE. — M. Dautzenberg cite cette espèce aux Acores, entre 1243 et 3 621 mètres de profondeur, d’après P. Fischer et Boog Watson; l’ « Hirondelle » et la « Princesse Alice » l'ont également draguée aux Acores, entre 1 266 et 4261 mètres; mais nous ignorons s’il s'agit du type ou de l'espèce suivante. Enfin, M. Dall l'a retrouvée en Amérique sur les côtes du cap Hatteras et des Antilles, et l’« Albatros » l’a rencontrée aux Indes occidentales, par 1 257 mètres.

Stations :

4. Talisman, 1883. Dragage 42. — Profondeur 2,104 m. A l'Ouest du Maroc. 2, — 1883. Dragage 45. — Profondeur 1,235 m. A l'Ouest du Maroc. 3. — 1883. Dragage 76. — Profondeur 2,638 m. A l'Ouest du Soudan. A. — 1883. Dragage 101. — Profondeur 3,200 m. Entre Dakar et la Praja. ÿ. — 1883. Dragage 102. — Profondeur 3,655 m. Entre Dakar et la Praja. G. — 1883. Dragage 127. — Profondeur 1,258 m. Entre Pico et Saint-Georges

— 1883. Dragage 130. — Profondeur 2,235 m. Parages des Açores.

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