Zrioniumnodiferum, de Lamarek
Genre RANELLA, de Lamarck.
|. Ranella gigantea, DE LAMARCK.
Murex reticularis, Born, 1780. Test. Mus. Cæsar. Vindobon., pl. XI, fig. 5 (non Linné). Apollon gyrin, Denis de Montfort, 1810. Conch. system., I, p. 570. Gyrina maculata, Schumacher, 1817. £ssai nouv. syst., Vers, p. 253. Ranella gigantea, de Lamarck, 1822. Anim. sans vert., VIT, p. 150. — reticularis, Taslé, 1868. faune marine Ouest France, p. 82. Argobuccinum (Gyrina) gigantea, Dautzenberg, 1892. 7x Mem. soc. zool. France, IV, p. 605.
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: OBSERVATIONS. — Sous le nom bien connu de Æanella gigantea, on confond deux formes absolument distinctes, qui pourraient, à la rigueur, constituer deux espèces différentes, l’une vivant dans la Méditerranée, l’autre dans l'Atlantique. Pourtant la forme de l'Atlantique, que nous avons déjà désignée sous le nom de var. Aantica (1), n’a pas toujours vécu exclusivement dans ce milieu; nous la retrouvons, en effet, dans les dépôts pliocéniques d'Italie. C’est donc postérieurement à son origine qu'elle a émigré dans de nouveaux milieux, tandis qu’elle a disparu de son berceau primitif. Dans la var. Aflantica, le mode d’ornementation est tout différent de celui de la var. Mediterranea. Nous observons chez la première de ces formes, sur les tours supérieurs qui suivent les tours embryonnaires, cinq cordons décurrents, gros, réguliers, régulièrement espacés, entre lesquels sont répartis d’autres cordons beaucoup plus petits, mais également réguliers; d'autre part, le test est encore orné de côtes longitudinales flexueuses, un peu plus fortes que les gros cordons, et un peu plus rapprochées; ces côtes et ces cordons, par leur rencontre, forment une réticulation très régulière, un peu plus haute que large, dont les angles sont accusés par des mamelons saillants et arrondis; sur le dernier tour nous retrouvons exactement la même disposition, avec cette différence que les côtes longitudinales sont parfois un peu plus flexueuses; dans le bas, les côtes s’atténuent, tandis que les cordons restent toujours saillants; en même temps les mamelons s'atrophient, mais le réseau réticulé est toujours très nettement accusé.
Chez la var. Mediterranea, ce réseau réticulé disparaît; à la vérité, nous le retrouvons bien sur les tours tout à fait supérieurs, mais les nodosités ou mamelons sont moins forts, moins saillants; bientôt les côtes longitudinales s’atténuent et, dès l’avant-dernier tour, elles disparaissent ; d'autre part, les cordons décurrents persistent, mais ils sont moins réguliers; sur les cinq cordons décurrents de l’avant-dernier tour, les deux supérieurs sont décorés de petits mamelons rapprochés et irréguliers; les deux cordons inférieurs ont des nodosités obsolètes, tandis que le
cordon médian a des nodosités plus saillantes, oblongues-transverses,
(4) Locarn, 1896. Moll. « Cuudan », pM53;
peu régulières; au dernier tour, le troisième cordon, ou cordon carénal, est orné de grosses nodosités; sur tous les autres cordons ces nodosités sont toutes plus ou moins atténuées et très irrégulièrement espacées.
Enfin, il est encore d’autres caractères différentiels, que nous pourrions relever entre ces deux formes : chez la forme océanique le test est toujours plus épais; lorsque l’on compare deux coquilles de mème taille, la coquille océanique est notablement plus lourde que l’autre; d'autre part, le bord externe de son ouverture est toujours plus fort et plus épais; il porte des denticulations plus allongées; l'ouverture est plus grimacante; enfin, chez la forme océanique, la varice d’un tour supérieur estbien plus rapprochée du sommet de la varice du tour inférieur, ce qui revient à dire que chaque tour de la forme océanique porte deux varices opposées alors qu'elles sont espacées dans la forme méditerranéenne.
Les échantillons rapportés par le « Talisman » sont tous de petite taille, variant entre 50, 80 et 100 millimètres de hauteur; mais tous ont le faciès océanique des mieux caractérisés.
EXTENSION GÉOGRAPHIQUE ET BATHYMÉTRIQUE. — Dans l'Atlantique, nous connaissons cette forme, surtout dans le golfe de Gascogne, où elle n’est pas rare; le D'P. Fischer l'a signalée dans la région armorieaine; plus au Sud, M. Dautzenberg l'indique à Pico, aux Acores. Dans la Méditerranée, celte espèce est bien plus répandue; on la connaît depuis Gibraltar, le long des côtes d'Espagne, de France et d'Halie, jusqu'en Sicile; nous la retrouvons en Corse, en Sardaigne, à Tarente: elle devient bien plus rare à mesure que l’on s'étend plus à l'Est. Dans le golfe de Gascogne, le «Caudan » a dragué cette coquille entre 259 et 400 mètres de profondeur, et l'« Hirondelle » entre 160 et 510 mètres; au Maroc, elle descend à 610 mètres, et aux Acores jusqu'à 1 285 mètres. Dans la Méditerranée, nous la voyons entre 69 et 250 mètres seulement ; M. Mollerat l’indique au large de Saint-Raphaël (Var), au delà de 70 mètres: son dra-
gage entre 50 et 70 mètres, nous dit-il, est exceptionnel.
EXTENSION GÉOLOGIQUE. — On connait cette même espèce dans les dépôts du miocène supérieur et dans les formations plus récentes du bassin de Vienne en Autriche, de la Suisse, du Bordelais, de l'Astesan,
de Biot près Antibes, du Comtat Venaissin, de la Drôme et de la
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Calabre, de la Sicile, ete. Elle atteint son maximum de développement
dans les marnes astiennes.
Stations :
1. Talisman, 1883. Dragage 11. — Profondeur 320 m. A l'Ouest du Maroc. 9, - 1883. Dragage 18. — Profondeur 618 m. A l'Ouest du Maroc, 3. — 1883. Dragage 64. — Profondeur 355 m. A l'Ouest du Soudan.
2, Ranella scrobiculatoria, LiNNÉ.
Murex scrobiculator, Linné, 1766. Systema naturæ, édit. XIT, p. 1218.
Triton scrobiculator, de Lamarck, 1822. Anim. sans vert., VII, p. 180.
Bufonaris pesleonis, Schumacher, 1817. £ssai nouv. syst. Vers, p. 252.
Ranella scrobiculator, Kiener, 1835. Coq. viv., Ranel., p. 22, pl. X, fig. 1.
Tritonium scrobiculator, Philippi, 1844. Ænum. Moll. Siciliæ, IL, p.184.
Bufonaria scrobiculator, Weinkauff, 1868. Conch. Mittelm., I, p. 173.
Ranella (Bufonaria) scrobiculator, Dautzenberg, 1891. Zn Mem. Soc. zool. France, IV, p. 23.
— scrobiculatoria, Locard, 1894. Coq. marines France, p. 92.
Opservarioxs. — Les échantillons rapportés par le « Talisman » sont de taille assez faible, et en assez mauvais état. Quelques auteurs, avec Schumacher, ont maintenu cette espèce dans un genre particulier, le genre Bufonaria. Ses affinités avec les ianella sont trop nombreuses pour qu'on les sépare ; mais il convient de la séparer dans un groupe à part.
EXTENSION GÉOGRAPHIQUE ET BATHYMÉTRIQUE. — On rencontre cette espèce dans l'Atlantique et dans la Méditerranée. Dans lAtlantique elle ne figure que dans la faune africaine, aux Açores, aux Canaries et au Sénégal. Elle est plus commune dans la Méditerranée ; nous la connaissons : en Espagne à Barcelone, en France sur les côtes de Provence, en Italie à Gênes et en Sicile, en Corse, en Sardaigne, aux îles Majorque, à Malte. en Morée et sur les côtes d'Algérie. Elle vit dans toutes les zones, depuis la zone littorale jusqu'à plus de 100 mètres. M. IH. Drouët l'a déjà signalée à Pico, aux Acores.
Exrexsiox GÉoLoGIQuE. — M. C. Mayer indique cette forme, avec un point de doute, il est vrai, dans l’Helvétien de la Suisse. Mais on la retrouve dans les formations quaternaires de la Sicile.
Stalions :
Talisman, 1883. Dragage 109. — Profondeur 105 m. Saint-Vincent (Cap-Vert). —- 1883. Dragage 140. — Profondeur 2,285 m. Golfe de Gascogne. 1883. Littoral. — La Praja (Cap-Vert).
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