Peracle diversa, DE MONTEROSATO
PI. I, fig. 4-6.
Spiralis diversa, de Monterosalo, 1875. Nuova revisla, in Atti Acad. se. lett. ed arti, V (tir. à part, p. 50).
Peracle diversa, de Monterosato, 1880, Zn Bullet. Malac. italiano, VI, p. 80. — reticulata, var. diversa, Dall, 1889. Zn Bull. United States nat. Mus., XXXVIT, p. 80.
Hisrorique. — Cette espèce a été signalée, pour la première fois, par notre savant ami M. le marquis de Monterosato, d’après des échantillons recueillis aux environs de Palerme. Nous en avons retrouvé plusieurs individus dans les dragages du « Travailleur » qui vont nous permettre de compléter utilement la description un peu sommaire qui en avait été faite et d'en donner la figuration.
Descrpriox, — Coquille de petite taille, sénestre, d’un galbe physoïdal, allongé dans le sens de la hauteur. Spire composée de trois à quatre tours, à profil bien convexe, les premiers petits; le dernier croissant avec une extrème rapidité, presque exactement arrondi à sa naissance et à peine déelive, fortement développé à son extrémité, surtout dans sa partie inférieure, à contour externe bien arrondi, constituant à lui seul près des trois quarts de la coquille (sans tenir compte de l’épine basale). Sommet très obtus, mamelonné. Suture profonde, largement canaliculée, ornée de plis accusés, réguliers, assez forts, équidistants, nettement délimitée à partir de la dernière moitié du dernier tour, par une arète étroite, se terminant probablement à l’ouverture par une épine saillante et fragile. Ombilic étroit, profond, peu évasé à sa naissance, très nettement délimité, laissant voir l’intérieur de la coquille jusqu'au sommet. Ouverture très grande, subovalaire, plus haute que large, un peu plus étroite en bas qu'en haut, inscrite dans un plan sensiblement parallèle au grand axe de la coquille. Péristome simple, tranchant, à bords discontinus et très convergents; bord columellaire très arqué.
canaliculé, se prolongeant dans le bas sous forme d'une épine allongée,
oblique, et arquée en avant. Test mince, fragile, d’un blanc laiteux (1) devenant légèrement opaque après la mort de l'animal.
Dimexsioxs. — Hauteur totale 6 à 7 millimètres.
Diamètre maximum 31/2à4 —
Ossenvarions. — Cette petite espèce nous paraît parfaitement caractérisée et bien facilement distincte de tous les autres Ptéropodes connus. On remarquera que nous avons cru devoir faire nos réserves au sujet du prolongement en avant de l’étroite arète qui délimite le bord de la canaliculation suturale. L'état de conservation de nos échantillons ne nous permet pas d'affirmer si, comme nous le supposons, celte saillie se prolonge par une épine, et quelle en est la forme. Chez le Protomedea triacantha, il existe une suture dont la disposition est tout à fait similaire à celle du Peracle diversa ; or, comme cette suture se prolonge sous forme d’épine saillante chez la première de ces deux espèces, il y à tout lieu de croire qu'il doit en être à peu près de même chez la seconde.
C’est probablement cette mème coquille que plusieurs auteurs ont confondue avec le Peracle retieulata de d'Orbigny (2). V. Carus (3) lPindidique, d’après le D' P. Fischer, comme ayant été rapportée de la Méditerranée par le « Travailleur ». Nous n'avons pas retrouvé celle espèce. Mais le Peracle diversa s'en séparera facilement : par son ombilic étroit, profond, peu évasé à sa naissance et très nettement délimité, laissant voir jusqu’au sommet l’intérieur de la coquille; par sa taille ordinairement plus forte; par son galbe plus élargi; par sa spire plus tordue ; par l'allure plissée de sa suture ; par le profil de son ouverture plus régulier et plus arqué, par ses épines aperturales plus simples, celle de la base plus allongée et plus arquée ; par sa coloration, etc.
EXTENSION GÉOGRAPHIQUE ET BATHYMÉTRIQUE. — M. le marquis de Monterosato a dragué cette espèce dans le port de Palerme, entre 210 et 300 mètres de
rofondeur. M. Dall l’a retrouvée en Amérique, sur les côtes de la P )
(1) Cette coloration d'un blanc laiteux est évidemment celle d’une coquille dont l'animal est mort depuis un certain temps. Dans un échantillon malheureusement brisé en partie, et de toute petite taille, la coquille est d’un roux jaunacé très clair, presque transparent, avec le sommet d'un brun roux plus sombre. C'est probablement là la coloration normale de notre coquille.
(2) Atlanta reticulata, D'ORBIGNY, 1840. Voy. Amérique Mérid., Moll., p. 178, pl. XII, fig. 32-35.
(3) V. Canus, 1885, Prodr. Faunæ medilerranæ, I, p. 440.
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Géorgie, de la Floride, des Antilles et des Bermudes. M. Smith l'indique sur les côtes de l'Irlande par 1 830 mètres de profondeur.
EXTENSION GÉOLOGIQUE. — On retrouve, d’après M. le marquis de Monterosato, cette forme à l'état fossile, dans les dépôts quaternaires des environs de Messine.
Stations :
1. Travailleur, 1881. Dragage 1. — Profondeur 2,018 m. Au large de Santander. 2. — 1881. Dragage 3. — Profondeur 2,307 m. A l'Ouest du Portugai. 3. — 1881. Dragage 5. — Profondeur 1,865 m. Golfe de Marseille. 4. - 1881. Dragage 28. — Profondeur 322 m. A l'Est de l'Espagne. D. — 1881. Dragage 30. — Profondeur 1,205 m. Au Sud du Portugal. 6. — 1881. Dragage 34. — Profondeur 1,224 m. Au large de Sétubal. 710 — 1881. Dragage 35. — Profondeur 1,365 m. Au large de Sétubal.
Les dragages du « Travailleur » et du « Talisman » ont mis à jour un nombre véritablement considérable de Gastropodes de loutes sortes. La plupart des grandes familles admises dans cette classe de Mollusques y sont largement représentées. C'est ainsi qu'après de longues et patientes études, nous avons été conduit à les répartir entre 60 familles, comprenant 140 genres, le tout formant ainsi un total de plus de 520 espèces bien caractérisées et bien distinctes. Dans cet ensemble, beaucoup de formes sont nouvelies, non seulement pour nos régions, mais encore pour la faune générale. Deux familles notamment, celle des Pleurotomidæ et celle des T'urbinidæ, semblent plus particulièrement déveioppées dans de tels milieux. Elles nous ont offert de nombreuses formes inconnues jusqu'à ce jour, toutes remarquables, soit par leur taille, soit par la richesse et la délicatesse de leur mode d’ornementation. Mais en dehors de ces formes abyssales, l'expédition a rapporté un certain nombre de coquilles vivant normalement dans des milieux plus accessibles, queiques-unes mêmes récoltées sur les plages. Nous avons cru devoir également en parler. Plusieurs d’entre elles, en effet, quoique déjà connues spécifiquement, présentent quelques particularités intéressantes au point de vue morphologique; d'autres nous donnent quelques jalons nouveaux pour l'étude de la répartition géographique des espèces. Nous avons écarté de notre cadre, déjà bien assez vaste, l'examen d’un certain nombre de Mollusques Nudibranches, pour ne nous occuper exclusivement que
des Mollusques testacés proprement dits.
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APLYSIIDÆ
Genre APLYSIA, Linné.