‹ Mollusques testacésChapitre 40 sur 407 · Bulla pinguicula, JEFFREYS. PI. I, fig · texte numérisé non relu

Bulla pinguicula, JEFFREYS. PI. I, fig

Bulla pinguicula, Jeffreys, 1880. Zn Ann. and mag. nat. Hist., 5° sér., VI, p. 318 (sine descript.). — Boog Watson, 1886. Voy. « Challenger », XV, p. 638.

— abyssicola, Pilsbry, 1893. Manual conchology, p. 339 (non Dall).

Hisrorique. — Gwyn Jeffreys, en 1880, a signalé pour la première fois cette espèce d'après des échantillons dragués dans la baie de Biscaye. Nous avons retrouvé les mêmes échantillons qui ont servi de type à l'auteur, de telle sorte qu'il nous est enfin possible de donner une étude exacte et complète de cette coquille.

Description. — Coquille de petite taille, d’un galbe globuleux légèrement ovoide, un peu troncatulé dans le haut, faiblement et progressivement atténué dans le bas. Spire non apparente, le dernier tour constituant à lui seul toute la partie visible externe; profil du dernier tour étroitement arrondi à sa naissance, plus largement arrondi et plus atténué dans son profil du côté opposé au labre, très régulièrement arqué au bord externe. Sommet enfoncé, traduit par un très léger ombilic presque exactement circulaire, très profond, à peine évasé à sa naissance. Ouverture grande, un peu rétrécie dans le haut, assez étroitement arrondie dans le bas, inscrite dans un plan à peine oblique par rapport au grand axe. Péristome simple, continu, tranchant, faiblement arqué en avant; bord externe dépassant légèrement dans le haut le niveau supérieur du dernier four à sa naissance et étroitement comprimé,

ensuite très largement arqué; bord columellaire formant sur le com-

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mencement du dernier tour un callum régulièrement défini mais peu étendu, se poursuivant dans le bas en s’épaississant et en s’arquant légèrement. Test un peu épais, assez solide, d’un roux café au lait clair, passant au blane après la mort de l'animal, garni de stries décurrentes très fines, régulières, assez espacées, subéquidistantes, plus accusées dans le bas, et constituées chacune par une série de petites vacuoles circulaires très rapprochées.

DimExsioxs. — Hauteur totale » à 7 millimètres.

Diamètre maximum 4 à 5

Ogservarions. Comme taille et comme galbe, le Paulla pinquicula se rapproche de certaines formes »2n0r du Bulla hydatis de Linné (1). Mais il en diffère : par son ensemble plus globuleux, plus ovoïde, plus développé dans le haut et plus atténué dans le bas; par son dernier tour plus arrondi et moins haut à sa naissance; par son sommet plus enfoncé ; par son ouverture plus rétrécie dans le haut; par son bord externe plus arqué en avant et plus arrondi latéralement; par son callum columellaire plus épais, mieux défini; enfin par l’allure toute différente de son test. En effet, ce qui caractérise plus particulièrement encore notre coquille, c’est son mode d’ornementation; le test est recouvert entièrement de lignes ponctuées régulières, régulièrement distribuées, analogues à celles de nos grands Scaphander des abysses. Ces lignes sont un peu espacées, toujours très symétriques, continues, visibles sur toute l'étendue du test.

C'est à tort que l’on a confondu le Pulla pinguicula avec les Bulla subrotundata et B. abyssicola. Relativement à ses rapports avec la première espèce, nous en reparlerons plus loin. Mais si on le compare avec le Bulla abyssicola de Dall (2), on constatera qu'il s’en sépare : par sa taille toujours bien plus petite; par son galbe moins globuleux, moins trapu, plus atténué dans le haut et surtout dans le bas ; par son dernier tour notablement moins haut à son origine, à profil externe du côté opposé au labre, plus convexe dans sa partie supramédiane et plus atténué aux deux extrémités; par son ouverture plus allongée dans le bas, moins arrondie dans cette région; par sa région ombilicale moins

(1) Bulla hydatis, Linné, 1766. Systema naturæ, édit. XII, p. 1183. (2) Bulla abyssicola, Dar, 4889. In Bull. Mus. comp. zool., Cambridge, XVII,p. 56, pl. XVI, fig. 41.

accusée; par son bord supérieur plus haut et plus étroitement arqué, par son bord columellaire moins arqué et plus allongé; par ses stries décurrentes ornementales plus régulièrement espacées et plus nombreuses ; par la coloration de son test, etc.

EXTENSION GÉOGRAPHIQUE ET BATHYMÉTRIQUE. — Étant donné le nombre de stations relativement assez grand où l’on a dragué cette espèce et la petite quantité d'échantillons recueillis, nous devons en conclure que le Pulla pinquicula vit en colonies peu populeuses. En dehors du golfe de Gascogne où il a été déjà relevé, le « Challenger » et | « Hirondelle »

l'ont retrouvé à Fayal aux Acores, par 823 mètres de profondeur.

Stations :

1. Travailleur, 1880. Dragage 2. — Profondeur 1,019 m. Golfe de Gascogne. 2. — 1880. Dragage 3. — Profondeur 946 m. Golfe de Gascogne. 3. = 1880. Dragage 6. — Profondeur 1,353 m. Au Nord de l'Espagne. À. —- 1880. Dragage 9. — Profondeur 1,190 m. Au Nord de l'Espagne. 5. — 1880. Dragage 16. — Profondeur 1,160 m. Golfe de Gascogne. 6. — 1880. Dragage 20. — Profondeur 1,143 m. Golfe de Gascogne. 1 — 1881. Dragage 30. — Profondeur 1,205 m. Au Sud du Portugal. 8 — 1882. Dragage 16. — Profondeur 627 m. A l'Ouest du Portugal.

9. Talisman, 1883. Dragage 113. — Profondeur 495 à 618 m. Iles du Cap-Vert,

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