SCÈNE QUATRIÈME
après cette témérité... que penser de tout cela?.. Je ne sais, mais son regard est sympathique , sa voix pénétrante et sincère... De cette aventure, si singulièrement commencée, devrait-il donc naître quelque chose de sérieux?... Et ce hasard étrange!., ce jeune passant que je regardais... avec complaisance, je suis seule, je peux bien me l’avouer à moimême, est allié à la famille de ma meilleure amie... cette tapisserie qu’il reconnaît, ce dessin sur son portefeuille... Il avait inventé un prétexte pour s’introduire ici... ou plutôt il n’a écouté que.-., sa folie, j’allais dire son amour ! Il nous a suivies deux fois et je ne l’ai pas vu, aveugle !.. et je ne me suis pas retournée... ingrate! Mais mon Dieul je l’aime donc réellement ?.. Ce n’était point par simple distraction que je l’attendais chaque jour, au passage, derrière ces rideaux? que pensera de moi, ma chère tante ! ma complice sans le savoir. Et lui, il m’aime... il m’aime... je l’ai compris, j’en]suis sûre... et tout à l’heure je l’ai mis à la torture, méchante que je suis! un peu plus, et je le forçais à coiffer ma femme de chambre ! je lui dois une réparation... oui, certainement, mais quelle sorte de réparation donner à ce jeune homme. (Souriant.) C’est grave ! fort grave 1 je ne peux pourtant pas rester veuve toute ma vie? Non, cela ne se fait pas! et d’ailleurs, si nous nous aimons... si nous nous aimons ! ah ! ne réfléchissons plus et allons voir d’abord madame de Breuil.