SCÈNE PREMIÈRE
Mad. DUHAMEL, CÉCILE, DUFOUR.
( Madame Duhamel est assise près de la croisée; Cécile travaille à côté d'elle à un métier de tapisserie; Dufour est endormi sur une chaise^ et tient dans ses mains ujz 'journal ) .
CECILE
Maman , je ne vois personne encore.
MAD. DUHAMEL , regardant par la fenêtre. Allons, il faut croire qu'ils arriveront par le céle'rifère de Meaux, qui ne passe qu a deux heures.
CÉCILE
Qu'il me tarde de revoir ce bon petit cousin Jules.
MAD. Dî IIAMEL.
Je conçois ton impatience , ma chère Cécile... lu ne Tas pas vu, depuis ton enfance... car voilà bientôt deux ans que nous habitons cette maison de campagne prés de Meaux , et c'est depuis ce temps seulenjcnt qu'il a quitté son collège de province , pour venir faire son droit à Paris.
CÉCILE
Aussi, bonne maman, qu'elle ide'e avez-vous eue, de venir habiter celte propriété... au lieu de rester dans la capitale.
MAD. DUHAMEL
Ah! ma chère enfant, tu parles en jeune personne, mais quand on est vieille.
Air : T'en souviens-tu?
A la campagne on se plait davr^ntage.
On aime à voir renaître le printemps, Et tu s'auras , si tu viens à mon âge, Comme on est avare du temps.
Ici la vie est plus douce et plus pure,
y revenir fut toujours mon seul vœu...
On veut jouir de toute la nature, Au moment de lui dire adieu.
CECILE
Ah ^ ra bonne maman , dites-moi ,-ëles-vous bien sùre au moins que ce soit aujourd'hui que nous devons l'aiiendre?
MAD. DUHAMEL
Sans doute, demande plutôt à Dufour, qui est arrivé hier
soir de Paris.
DUFOUR , se rés>eiliant en sursaut.
Hein?., plait-il?.. qu'est-ce qu'il y a.
MAD. DUHAMEL
Comment , cher cousin , vous vous étiez endormi ?
DUFOUR
Mais oui.,, à ce qu'il jparak... eu lisant cet estimable journal.
^ MAD. DUHAMEL
Je vous l'avais bien dit.
Air: De Préville et Taconnet, Des gens d'affaires , des gens riches, C'est le journal... pourquoi vous aviser De lire ici les Petites Affiches?
Ah ! franchement , vous devez m'excnser , Ce n'était pas, certes, pour m'amuser; Dà , chaque jour des annonces sont laites, Et moi qui veux me donner un cheval, Croyant ici trouver mon animal , Je parcourais l'article bêtes , \ / j^-^ ^^
Qui fait le fond de ce petit journal, j
Ab» ca , mais , est-ce que ces messieurs ne sont pas encore là... Jules m'avait pourtant bien promis d'être ici de bonne heure.
CECILE
Vous lavez vu , mon oncle , n'est-ce pas ?
DUFOUR
Oui, ma chère nièce... je Vai vu... je l'ai vu déjà douzefo.s
ceue année... c'est-à-dire, tous les trente ou trente-un du
Ss , au plus tard . quand il venait chercher 1 argent que ,e
Z chargé de lui compter, en ma qualité de subroge tuteur.