SCÈNE XXII
SAVOURNIN, THÉRÈSE.
savournin, montrant le charbon .
Il est donc vrai !... tu allais attenter à tes jours avec cette arme à feu !
TUÉAÈSE.
Vous croyez ça?... Je vous dif que non; je n’aurais pas fait la sottise de me périr pour un trompeur... pour un volage.
Thérèse!
THÉRÈSR.
Qui ne m’a jamais aimée, et que moi je n’aime plus.
savournin.
Tu ne... tu as dit... Voilà le dernier coup... chassé de ma chambre, chassé de ma place, il ne me restait plus que loi... et tu me chasses de ton
cœur!... [Changeant de ton.) Eh bien! j’aime autant ça... (Z>*tin ton grave.) Thérèse, un bœuf, dans un abattoir, quand il a reçu pas mal de massues sur la tète, et qu’une âme charitable vient lui donner le coup de grâce... il dit merci, ce bœuf. Vous venez de me donner le mien, de coup de grâce, et je vous dis : Merci, Thérèse.
11 va vers le poêle.
THÉRÈSE
Où allez-vous ?
savourmn, prend le soufflet sous un bras et les pincettes sous l'autre; puis revient près du panier'.
Avez- vous là une allumette chimique?
Que voulez-vous faire ?
savournin, prenant le panier à charbon.
Je vais souffler ça dans la pièce voisine.
THÉRÈSE
Savournin !
savourmn, faisant un pas vers la chambre.
Adieu!
Thérèse, courant à lui.
Adolphe !
savourmn, laissant tomber tout ce gu il tient, et revenant vivement vers Thérèse.
Adolphe!... elle a dit Adolphe... Tu m’aimes donc?... Tu m’as donc menti toul-a-l'heurc ?
THÉRÈSE
Mais du moins si vous cherchiez à vous justifier... à m’expliquer...
SAVOURMN.
Des explications!... ne m’en demande pas ; je ne sais rien, je ne comprends rien... le désordre de cette chambre le peint celui de mes idées...
Je vague dans un tourbillon de femmes mariées, de maris jaloux, de cartels et de police correctionnelle, de congé et de destitution... Je n’ai plus ni feu ni lieu, ni domicile certain, ni moyen d’existence!... Tu vois en moi un vagabond prévu par le code pénal ; un être sans aveu, que la patrouille peut ramasser demain... Je ne l'attendrai pas; je fuis le monde habité; je hais les ! hommes, j’exècreles femmes... excepté toi... Je te donne ma main et mon nom, c’est tout ce qu'ils m’ont laissé.
Mon ami !
SAVOURMN.
Nous irons vivre dans un bois escarpé, au bord d'un ruisseau sauvage.
THÉRÈSE
Mais, mon ami, calmez-vous ; vous n’y pensez pas.
savourmn.
Si j’y pense!... je pense que mes jo^rs sont
menacés qu’un homme est altéré de mon
sang...
THÉRÈSE
Que dites-vous ?
* Thérèse, Savournin.
SAVOURNIN.
Faisons nos paquets... je n’ai plus une pierre pour reposer ma tête... Emportons l’oreiller.
\A\v\YW\v\v\\\vv\vv\\%wv\v>\\w\xv\\\w\\v\v\v>\w\wv\\\\
SCÈ.NE XXIII.
Les Mêmes, VlGOUllEUX, portant deux bouteilles sous le bras.
THÉRÈSE
Quelqu’un !
C’est mon sicairc; il est armé*!... Monsieur, monsieur, pas de bruit devant les femmes.
VIGOUREUX
Mon cher...
SAVOURMN.
D’ailleurs, il n’est pas l’heure... Vous avancez.
VIGOUREUX
On n’avance jamais pour réparer une faute.
savournin.
C’est donc un combat à mort... à outrance?
vigoureux.
El voici mes armes.
Il lui présente les deux bouteilles.
SAVOURMN.
Des pistolets d’arçon!
VIGOUREUX
Des bouteilles.
savournin.
Des b...
vigoureux.
Et parfaitement chargées... Vous m’en direz des nouvelles, ainsi que madame.
THÉRÈSE
Qu’est-ce que vous disiez, qu’il voulait votre sang?
vigoureux, posant les bouteilles sur la table. Moi !... oh!
SAVOURMN.
Je n’y suis plus !
vigoureux.
Oui, mon brave ami... Eudoxie m’a tout dit.
savourmn, effrayé.
Ab! diable!
vigoureux.
Vous l’avez sauvée d’une grave inconséquence, en la retenant tout le soir prisonnière... chez vous.
savournin.
Prisonnière... chez moi... Comment... elle a dit...
vigoureux, appuyant.
Eh! oui... avec cette perfide amie qui voulait l’entraîner au bal.
savournin.
Une perfide amie... [A part.) Il appelle Jules une perfide amie!
vigoureux, appuyant de plus en plus.
La dame que j’ai vue ici... celle qui a écrit le... et dont vous avez endossé le...
* Thérèse, Vigooreui, Savournin,
MAGASIN THEATRAL