ACTE m, SCÈNE I
VERDIER
Ecoute, mon enfant, fais-moi un grand plaisir... Téléphone à ton avoué que tu n'iras pas chez lui tantôt, que tu as besoin de réfléchir.
MADELEINE
C'est tout réfléchi, je t'assure. Le prétexte a peut-être été un peu futile, et, surtout, j'ai peut-être agi avec un peu trop de brusquerie, mais il y a des années que nous vivions comme des étrangers, mon mari et moi... Depuis quelque temps, la situation devenait intolérable...
VERDIER
Oui, depuis que M. Bertin a commencé à venir te voir.
MADELEINE
Papa, je t'en prie...
VERDIER
Ah! je l'avais flairé, celui-là!... Je t'ai assez prévenue, dès le premier jour... Et, pour n'avoir pas voulu me croire, te voilà en passe d'être l'héroïne d'un de ces divorces bien parisiens qui déconsidèrent toute une bonne famille de vieille bourgeoisie française comme la nôtre.
2l8 MON AMI TEDDY
MADELEINE
Vraiment, tu exagères.
Et dire que si j'étais allé à Trou ville tout ça ne serait pas arrivé !
MADELEINE
Ça serait arrivé un peu plus tard.
VERDIER
En tout cas, pas chez un étranger. Qu'est-ce qu'il a dû penser de toi, ce monsieur Kimberley ? Un homme si sérieux, si posé! Qu'est-ce qu'il a dû penser de toi et de notre pays ?
MADELEINE
Oh! Tu sais, chez lui, en Amérique, on n'a pas tes idées sur le divorce. D'ailleurs, tu verras Teddy tout à l'heure : je lui ai écrit hier soir que j'avais besoin de lui parler.
VERDIER
Et tu le fais venir de Trou ville pour çaî... Eh bien, vrai, tu n'es pas gênée!
MADELEINE
Avec Teddy ! Ah! ça, non, par exemple! Il est