ACTE m, SCÈNE IX
TEDDY
Oui, sans lutter. Puisque votre cousine a choisi elle-même l'homme avec qui elle désire refaire son existence... je n'ai rien à dire... Je n'ai plus qu'à disparaître,
Parfait... Mes compliments... Ah! vous avez fait de la belle ouvrage !
TEDDY
Quoi?... Qu'est-ce que vous dites?
d'allonne.
Sous prétexte que vous aimiez Madeleine, vous venez désorganiser un excellent ménage!
TEDDY
Comment, un excellent ménage?
d'allonne.
Oui, enfin, un ménage comme tous les ménages... Vous faites divorcer une brave petite femme qui ne demandait rien à personne, qui n'était peut-être pas très heureuse avec son médiocre de mari, mais qui avait fini par s'y accoutumer, et qui, certainement, n'aurait jamais pris,
2fO MON AMI TEDDY
à elle toute seule, l'initiative d'une séparation!... Et, maintenant que tout est bien chambardé, vous retournez dans vos Amériques, sans vous occuper de ce qui se passe derrière vous!... Ah! vous n'aurez pas perdu votre voyage!
TEDDY
Non, il n'aura pas été perdu, puisque, grâce à moi, M""^ Didier-Morel va pouvoir épouser M. Bertin.
d'allonne.
Oui, joli cadeau à faire à une femme... Elle avait un cheval borgne, vous le lui remplacez par un aveugle!
TEDDY
Ne dites pas ça, François!... M. Bertin...
d'allonne.
Laissez-moi tranquille avec votre Bertin... Vous savez aussi bien que moi que ce n'est pas un mari pour cette petite.
TEDDY
Pourtant, elle l'aime, elle l'a choisi...
d'allonne.
Est-ce qu'elle sait?...