ACTE m, SCÈNE XI
BERTIN
Mes fiançailles...
TEDDY
Oui, vos fiançailles... Vous êtes un homme heureux, monsieur Bertin.
BERTIN
Tout à fait heureux, je vous remercie.
TEDDY
Vous épousez une femme charmante.
Charmante, n'est-ce pas?... Vous approuvez mon choix, vous, au moins, j'en suis sûr...
TEDDY
Moi et tout le monde.
BERTIN
Ohl ne croyez pas ça; il ne manquera pas de gens pour me critiquer.
TEDDY
Pourquoi donc?
BERTIN
Nous ne sommes pas ici en Amérique, mon-
sieur Kimberley, mais en France, où le divorce n'est pas encore très admis... Ainsi, tenez, ma mère, je la quitte à l'instant... elle vient de me faire une scène épouvantable.
TEDDY
Ah! M""® Bertin vous a fait une scène...
BERTIN
Epouvantable... Et je suis bien forcé de reconnaître... il est évident que, dans la carrière, mon mariage me fera le plus grand tort.
TEDDY
Vous croyez? Vraiment?
BERTIN
Comment, si je le crois! D'autant plus que M. Didier-Morel est appelé aux plus hautes destinées parlementaires, et, naturellement, je puis compter qu'il ne me saura pas beaucoup de gré...
TEDDY
Ça, naturellement... Il y a bien des chances qu'il vous fasse nommer là-bas... très loin... dans une île très chaude... où il y aura beaucoup de nègres.