ACTE m, SCENE XII
avant même de vous avoir parlé, j'étais sûr que je vous aimerais toute ma vie.
MADELEINE
Je comprends, maintenant; je comprends bien des choses... Mais pourquoi ne m'avez-vous jamais rien dit?
TEDDY
Parce que j'attendais que vous soyez libre.
MADELEINE
Mais... je ne suis pas plus libre qu'avant.
TEDDY
Si, si, vous êtes libre... Car il ne faut pas épouser M. Bertin... C'est François et votre père qui ont raison... Je le connais, maintenant, il ne faut pas, je vous assure... Et, d'ailleurs, vous ne l'aimez pas...
MADELEINE
Comment I je ne l'aime pas!
TEDDY
Mais non, vous le savez bien.
MADELEINE
C'est ça : dites tout de suite que je vous aime, vous!
TEDDY
Non... pas encore... Vous ne m'aimez encore que beaucoup... ce n'est pas assez... Mais ça viendra...
MADELEINE
Taisez-vous, Teddy, je vous en prie.
TEDDY
Vous verrez, ça viendra...
MADELEINE
Mais, enfin, en admettant même... oui, c'est possible... M. Bertin n'est pas l'homme que j'ai cru, et je ne suis pas aussi rassurée que je voudrais le paraître; — vous voyez que je suis franche avec vous, — il serait trop tard, je suis engagée!
Non, vous ne l'êtes pas. On n'est jamais engagé à vouloir son malheur et celui des êtres qui vous aiment. Je vous en prie, ne vous croyez pas engagée, je vous en supplie... de toutes mes forces... je voudrais trouver en cette minute les mots qui pourraient vous convaincre... Je suis sûr qu'ils existent... Ils sont là, en moi... Je les