ACTE I, SCÈNE IX f
MADAME ROUCHER
Oui, assez grave.
DIDIER-MOREL
Lequel?
MADAME ROUCHER
Mais cette manie de s'entourer de jeunes filles. Au début de l'après-midi, passe encore; mais, à cette heure-ci, mon cher, votre salon devrait regorger de personnalités intéressantes... et il n'y a que moi,
DIDIER-MOREL
Mais... la qualité?
MADAME ROUCHER
Ne dites pas de choses ordinaires.
DIDIER-MOREL
Ce n'est pas mon habitude.
MADAME ROUCHER
Je le sais. Vous êtes un homme de premier ordre. Et, justement, vous vous devez à vousmême de parvenir à tout, à tout, vous m'entendez.
DIDIER-MOREL, ravi.
Oh!
5'4 MONAMITEDDY
MADAME ROUCHER
Que voulez-vous? Moi, je vois déjà votre chromo avec le grand cordon dans toutes les chaumières de nos campagnes, au-dessus de la cheminée.
DIDIER-MOREL
Oh!
MADAME ROUCHER
Ne faites pas ; oh!... Oui, je sais bien qu'il est absurde de prédire ces choses-là; mais je m'y connais! Vous avez tellement ce qu'il faut pour ça... une intelligence!... l'intelligence qui convient... un nom... en deux noms, c'est excellent! un air à la fois représentatif et bienveillant qui vous gagne la confiance de tous les hommes... et un physique, — je vous dis ça vite pendant que M"'® Didier-Morel n'est pas là, — un physique qui vous gagnera le cœur de toutes les femmes.
DIDIER-MOREL
Oh! Madame Théodule Roucher!
MADAME ROUCHER
M""^ Théodule Roucher est une femme comme les autres. Du premier jour où je vous ai vu, j'ai senti que je vous étais tout acquise.