SCENE III
Les Mêmes, MADELEINE.
MADELEINE, entrant.
Elles vous taquinent, monsieur Bertin... Bonjour... Elles sont terribles, n'est-ce pas?
BERTIN
Comme des enfants.
JULIETTE
Il vient de nous dire qu'il nous adore.
MADELEINE
Il a bien raison... Vous êtes délicieuses, toutes
les quatre... (Montrant Francine à Bertin.) Tenez! TCgar-
dez-moi ce gamin-là! En a-t-elle des yeux! Encore plus éveillés que d'habitude ! Viens m'em-
ACTEI, SCÈNEMI If
brasser, toi! (Elle l'embrasse. Aux autres.) VouS aVCZ été
sages? Vous n'avez pas dit trop d'horreurs?
FRANGINE
Toutes celles qu'on savait.
YVONNE
Zozo a dit des choses effrayantes.
MATHILDE
Ce n'est pas vrai... Justement, je n'ai pas voulu aujourd'hui.
MADELEINE
Mais j'en suis sûre, ma bonne Mathilde.
FRANGINE
Ma bonne Mathilde! Vrai, à t'entendre on croirait que tu es une vieille dame...
MADELEINE
J'ai au moins trois ans de plus que vous.
FRANGINE
Et puis, tu as été élevée à Beauvais, à une heure et demie de Paris.
MADELEINE
Au fin fond de ma province... Et je ne le re-
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grette pas... J'ai vécu là-bas des heures très douces.
FRANGINE
Je vois ça d'ici, la vieille maison...
JULIETTE
La vieille institutrice à lunettes.
MADELEINE
Non, la mienne était toute jeune.
MATHILDE
Les livres, le piano...
FRANGINE
Le grand jardin oii les oiseaux chantaient pour toi toute seule...
BERTIN, aimable.
Ça devait être charmant.
MADELEINE
C'était charmant.
FRANGINE
Oui, tu as été, toi, une vraie jeune fille.
MADELEINE
Elles voudraient faire croire qu'elles ne le sont