ACTE II, SCÈNE VII I
BERTIN
Ah! c'est à vous que je suis redevable de ce magnifique avancement?
MADELEINE
J'espère que, maintenant au moins, vous comprendrez ce que je vous ai dit et redit sur tous les tons; j'en ai assez!... j'en ai assez!... j'en ai assez!...
BERTIN, très calme.
Bien... L'air de la mer ne vous réussit pas... Entendu, madame! Vous ne me verrez plus.
(Il saJae pour prendre congé.)
MADELEINE, l'arrêunt.
Alors, vous allez rester à Trouville pendant trois semaines?
BERTIN
Il faut bien, maintenant... ma vie est organisée... j'ai accepté pas mal d'invitations...
MADELEINE
Eh bien! ça va être gai!...
BERTIN
Je vous remercie.
MADELEINE
Je VOUS rencontrerai dix fois par jour, en complet de tennis, votre raquette sous le bras, en train de faire le paon au milieu d'une bande de pintades, avec cet air content de vous que vous avez en ce moment, tenez, et qui m'exaspère!
(Elle passe.)
B E RT I N , en souriant.
Écoutez, je vais être très gentil : je vous promets que, pendant ces trois semaines, vous ne me rencontrerez pas une seule fois avec une femme...
Vous!
BERTIN
Oui, moi, parfaitement!... Je ne sortirai qu'avec des jeunes filles...
MADELEINE
Comme ça vous ressemble!
BERTIN
Mais pourquoi pas? Au moins, on peut causer avec les jeunes filles... On peut prononcer le mot amour sans se faire envoyer en Espagne.