ACTE II, SCÈNE IX lÔf
MADELEINE
Quand on dit une chose en général, on pense toujours à une chose en particulier... Vous ne supposez tout de même pas, Teddy, que mon mari et M""' Roucher...
TEDDY
Je ne suppose rien, madame, absolument rien.
Mais voyons, Teddy, c'est fou ce que vous dites!
TEDDY
Mais, encore une fois, je ne dis rien.
MADELEINE
Je connais mon mari... Il est maladroit, il se compromet sottement avec M™^ Roucher parce qu'il croit qu'elle peut lui être utile... Mais en dehors de sa politique il est bien incapable d'aimer quoi que ce soit.
TEDDY
Oui, c'est ce que François me disait tout à l'heure.
MADELEINE
Comment I Vous en avez parlé avec François?
l66 MONAMITEDDY
TEDDY
Naturellement.
MADELEINE
Mais alors on ne parle que de ça! Vous auriez dû me le dire plus tôt.
TEDDY
Mais, madame, je n'ai rien à vous dire... je ne sais rien, je ne vois rien, je ne veux rien savoir...
MADELEINE
Eh bien, pour quelqu'un qui ne veut rien savoir, vous avez une façon de cambrioler les confidences!
TEDDY
Oh! Je suis un bon cambrioleur! Je n'emporte rien, je prends ce qu'on me donne.
MADELEINE
Ah çà! si je croyais qu'il y eût quelque chose entre mon mari et M™* Roucher...
TEDDY
Qu'est-ce que vous feriez?
MADELEINE
Je ne sais pas, mais je serais enchantée... Rien