ACTE II, SCÈNE X
MADAME ROU CHER, aimable.
Mais comme toutes les femmes, chère petite...
(Elle remonte vers la terrasse. En passant près de Teddy, elle lui
glisse à l'oreille.) Elle s'est bien mal réveillée ce matin? Ah! non, Teddy, je suis une bonne femme, mais avouez tout de même que dans ma situation...
Oui, elle n'est que la femme d'un député : vous avez été la femme d'un président de la République...
(Teddy accompagne M"* Roucher, tandis que Madeleine rappelle Didier-Morel.)
MADELEINE
Cher ami, quand vous organisez des parties fines, vous pourriez me demander si cela m'amuse.
DIDIER-MOREL
Cela ne peut vraiment que vous amuser. Guillaume le Conquérant est un endroit délicieux... Il y a de vieux meubles...
MADELEINE
Et il y aura un vieux tableau.
DIDIER- MORE L, avec un sursaut.
Quoi?...
MADELEINE, souriante.
M"' Roucher.
DIDIER-MOREL
Oh! Madeleine! c'est abominable! Comment pouvez-vous dire une chose pareille!... M""* Roucher est une femme exquise... Elle est toute jeune, d'ailleurs; elle a à peine quarante ans.
MADELEINE
Quarante-deux.
Moi aussi, j'ai quarante-deux ans! Alors, quoi? je suis un vieillard? D'une façon générale, du reste, vous devenez tout à fait irrévérencieuse. Enfin, hier soir, au salon, avec M'"" Roucher, dans cette discussion sur les loulous et les foxterriers, vous avez été presque inconvenante! Vous avez pris le parti des loulous avec une violence! J'en étais incommodé. Et tout à l'heure encore, à propos des cravates!... Vous oubliez trop que M™® Roucher est une personne éminente, considérable!... Et puis, enfin, ce n'est pas une femme de votre âge!...