SCÈNE XVI
Les Mêmes, CORNÉLIE, BOULOT, orrivant bras dessus bras dessous.
boclot, entre en fredonnant.
Oui, c'en est fait je me marie.
Voici la femme de mon choix;
Et je renonce ponr la vie...
béchamel. Qu’est-ce que ça signifie
cette chanson-là ?
boulot. Que trahi, comme je me suis fait l'honneur de vous le dire , par l’objet de mes affections. .. antérieures, je lui substitue, en qualité d’épouse légitime, la belle Cornélie, qui réunit toutes les qualités susceptibles de faire mon bien-être.
ANGÉLIQUE. Fi, monsieur! votre conduite est affreuse, et tout cela n'est qu’un prétexte.
CORNÉLIE. Il ne fallait pas le fournir, ma petite.
angélique. Et vous que je croyais mon amie, venir, après le contrat signe, la veille du mariage, m’enlever...
CORNÉLIE. Enlever! laisse donc. Ce jeune homme entend des discours qui l’agitent, apprend des choses qui le bouleversent ; il vient m’offrir son cœur et sa maiu, j’accepte le cadeau.
boclot. Rien de plus simple, de pins naturel ; ça coule de source.
CORNÉLIE. Et ce que tu as de mieux à faire, c’est de suivre notre exemple; et de t'arranger d'Isidore , comme je m'arrange de M. Boulot.
béchamel. Voilà les propres termes que je viens d’employer.
ANGÉLIQUE. Eh bien, puisque cela convient à tout le monde, cela me convient aussi.
BOULOT, d part. Elle y consent, la perfide ! abime du cœur féminin , qui peut se Tanter de connaître tes profondeurs?
ANGÉLIQUE. Au fait, Isidore est ua garçon charmant.
BOULOT. Qu’est-ce que je dis, adorable.
ANGÉLIQUE. Ni mausade, ni jaloux, et qui n'aurait pas fait tant de bruit pour si peu de chose.
BOULOT. Peu de chose! c’est pardieu plus que bien assez.
béchamel. Ainsi, voilà qui est dit ; je vais chercher Isidore , et je te le ramène. ,<
BOULOT. Mort ou vif, ne le manquez pas.
BÉCHAMEL. En attendant, mademoiselle Béchamel, rentrez; ce n'est plus ici votre place.
ANGÉLIQUE. Assurément, non.
Air : Allons réveiller tout te monde.
Mon père, j’aurai le courage D’accomplir ici vos souhaits;
Al’infidclc qui m’outrage.
Oui je renonce pour jamais, boulot , dpart.
Sans hésiter, elle prononc’, la parjure.
L'arrêt cruel qui me larde le cœur 1 angélique, de même.
Sans nul regret il quitte sa future,
Quel homme, hélas! n’est donc pas un trom-
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