‹ Mon coquin de neveu, comédie-vaudeville en un acteChapitre 12 sur 24 · ENSEMBLE · texte numérisé non relu

ENSEMBLE

Je serai , etc.

H sera , etc.

Ovide sort avrc Cornélie.

SCEiNE VHI.

FRÉDÉRIC, puis M11* OLYMPE.

Frédéric La petite n'a pasl'air d'être fort éprise de mon cher neveu!... Il est certain que ce pauvre Ovide est d'une épaisseur!... Cinquante mille écus de dot, et une jolie femme, ça mirait aussi bien

qu'à lui je crois même que ça m'irait

mieux... vu le délabrement où les plaisirs ont mis mes affaires... Je ne suis pas tranquille... courons vite jusque chez moi voir s'il ne m'est pas venu quelques nouvelles...

Il va pour sortir.

Mlle olympe , entrant vivement par le fond. O amour !... c'est bien lui!

Frédéric Ah! grand Dieu ! mademoiselle Tirouflet !

Mlle olympe. Yous ne vous attendiez pas à me rencontrer ici , monsieur!

Frédéric Non, certainement... madame.

Mlle olympe. Madame !... je suis encore demoiselle, monstre que tu es!...

Frédéric Comment , mademoiselle Olympe, l'héritage que vous attendiez n'est donc pas encore échu ?...

Mlle olympe. Si, volage !... puisque je suis propriétaire de cette maison...

Frédéric, à part. Elle est fort belle !... la maison !

Mlle olympe. C'est pour vous, perfide, que j'ai consrvé... mon cœur, ma main et ma propriété...

Frédéric J'en suis touché jusqu'aux larmes...

Mlle olympe. J'espérais que vous reviendriez un jour n prendre vos fers !. .. Je me disais... Il n'a pas voulu plonger éternellement une fille innocente et vertueuse dans les tourmensetle désespoir!...

Frédéric. Calmez-vous, belle Olympe...

lorsque des circonstances impérieuses me forcèrent de vous quitter inopinément., j'ignor; i> si le destin qui me persécute me permettrait de vous revoir... je n'ai jamais eu là-dessus de projet bien arrêté...

mais vous oublier définitivement ! . . .

vous abandonner... indéfiniment!... Ah!

vous ne le croyez pas... naïve Tirouflet !... vous ne le croirez jamais !..

Mlle olympe. Vous seriez revenu !

vous ! je n'avais qu'à y compter pour rester pepétu Ueme.it vierge, (se reprenant ) d; moi elle et martyre, comme le roman de. M. Michel Raymond !

fré»éric. Je ne connais pas.

Mlle olympe. Je sais vos nouvelles perfidies , monsieur... le vieux Dufïéne , mon locataire , m'a donné les plus grands détails.

FREDERIC

rlle

Sur quoi ?.

m1,c olympe. Il veut encore me tromper , le serpent î... voire beau-père m'a toutrévélé, vousdis-je, voire cousin, votre fiancée, m'ont fait votre portrait!., impossible de s'y méprendre.... C'est ressemblant à faire fuir...

Frédéric. Mais!... Olympe! vous êtes dans l'erreur la plus complète.. . c'est un autre...

Mlle olympe. Se pourrait-il?... Eh bien, Frédéric, s'd en est ainsi, prouvez-moi que vous dites la vérité en m'acconipagnant chez mon notaire...

Frédéric Toutdesuite... comme cela...

à l'impromptu ?...

Mlle olympe. Il y a deux ans que j'attends !...

Frédéric. Donnez-moi le temps de la réflexion. Ecoutez, mademoiselle , puisque je ne peux pas échapper au bonheur d'être votre époux, je suis disposé à me résigner à cette iélicité, et si dans huit jours les affaires gênantes , embiouillées qui me retiennent à Paris, ne sont pas terminées , je me livre à vous tout vif, et nous marchons tous deux à l'autel d'un pied ferme!..

Mlle olympe, usée sentiment. Ah! Frédéric, ne me trompez-vous pas une seconde fois ?

Frédéric Non, vertueuse Olympe... je suis capable de tout, quand j'en prends la résolution.

Mlle olympe. S'il était bien vrai, on pourrait vous pardonner... le passé ne serait plus qu'un songe, le présent une enivrante réalité, et l'avenir...

Frédéric, l'imitant. Un océan de délices... (à part) où je suis parfaitement suide me noyer.

MIle OLVMPE.

Air : J'ai vingt ans. (De Brazier.) Le sentiment et m'exalte et m'enivre j Tout me sourit et rajeunit pour moi , A la folie à présent je me livre, Puisque l'amour m'a rendu votre foi; De mon roman c'est la dernière page.

Je puis braver les outrages du temps; Hier encor j'avais peur de mon âge, Mais j'ai vingt ans, aujourd'hui j'ai vingt ans. (bis.)

Frédéric Tâchez de les garder le plus que vous pourrez, ma chère Olympe.

Mlle olympe, à paît. Malgré cela, j'aurai les yeux sur lui et sur la jeune fille . . . . {Haut.) Adieu, Frédéric, je vais relire vos lettres d'amour que j'ai toujours. . . et ache-

ter de toucher mes loyers, encore...

que je n ai pas

Elle sort en répétant :

Oui, j'ai vingt ans, aujourd'hui j'ai vingt ans.

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