SCENE XVIII
serais-je, si par un hasard que je puis taxer d'inouï. . . le fiacre où j'étais mugissant n'avait pas défoncé sous moi... où serais-je?
Mlle olympe, froidement. A Saint-Mandé, monsieur.
ovide. Il me faut une indemnité, madame, une réparation publique pour avoir été ravi par vous... c'est une invraisemblance qui n'a pas de nom !
Mlle olympe, à part. Je suis couverte de confusion !
ovide, très-haut. Je suis couvert de con-
tusions
Frédéric. Silence!., laissez parler votre oncle, monsieur mon neveu... cette réparation que vous exigez, madame est prête à vous l'accorder...
Mlle olympe. Moi, monsieur?
Frédéric Je veux dire que les aventures de roman peuvent avoir des conséquences très-graves. . . Les lois ne sont pas romanes-
ques, rapt,
mademoiselle, l'enlèvement..,
elles punissent le je ne sais pas au
juste...
ovide. Et un enlèvement de mineur, encore !
dufrêne. Art. 354 du Code pénal, cinq ans de réclusion... c'est clair comme deux et deux font quatre.
Mlle olympe. Vous me faites frissonner...
frédéric. Rassurez-vous, un bon mariage arrange bien des choses...
Mlle olympe. Un mariage!., avec celui-là?
dufrêne. Avec celui-ci ?
frédéric, bas. Olympe, j'ai recouvré mes lettres.
Mlle olympe , mettant la main à sa poche. Dieu i je suis volée !
frédéric, de même. Consentez, ou vous êtes perdue de ridicule.
ovide. Mais je ne peux pas, moi... et ma petite cousine ?
cornélie. Pendant votre absence, votre petite cousine est devenue votre tante.
ovide. 0 kaliferchton!... on m'enlève donc tout ici... ma future, et moi-même!
frédéric II vous reste madame pour dédommagement. . .
MIle olympe. Si monsieur se sent assez de générosité... (Bas à Frédéric.) Il est pourtant bien effrayant !
frédéric, de même. Vous vous y ferez.
ovide. Mais, mon oncle. . .
frédéric Drôle!..
ovide, à part. Il me ferait entrer dans un trou de souris.
frédéric, sévèrement. Drôle, si vous refusez, je vous déshérite... et je vous donne ma malédiction !..
ovide. Maudit et déshérité !. . alors que votre volonté soit faite... après tout, c'est une fortune. . . je la mettrai dans mon commerce, et mes oignons feront le tour du inonde. *
dufrêne. Allons, je vois que nous aurons deux noces.
M1Ie olympe, à part. Je le tourmenterai tant que je le ferai maigrir tout doucement.