OVIDE, CORNÉLIE
cornélie , à part. Qu'est-ce qui aurait jamais pensé qu'il serait devenu
ovide, de même. Il me semble que c'est à moi de lui parler le premier...
cornélie, à part. Non!... je ne puis le i croire encore !...
ovide , à part. C'est à présent que ma j timidité va m'entraver!. ..
cornélie , à part. Mais est-ce bien ■ lui?... Si par hasard quelque intrigant se présentait ici sous son nom?... i
ovide , à part. Il faut pourtant me lancer
cornélie, à part. Il faut m'en assurer...
ovide , se rapprochant d'elle. Pour lors donc, ma cousine. . .
cornélie. Vous dites... mon cousin!...
ovide. Appelez-moi votre petit cousin, comme autrefois, si ça vous est égal...
cornélie. C'est que je n'ose plus..... en conscience...
ovide. Je pensais bien que vous deviez être embellie... mais je ne m'attendais pas à vous retrouver comme vous êtes...
cornélie. Ni moi non plus, mon cousin!...
ovide. Le temps m'a donné de la tenue, delà raison et du poids
cornélie. Je m'en aperçois, mon cousin
ovide. Mais ceci ne m'empêche pas d'avoir conservé dans la mémoire et dans le cœur tous nos souvenirs d'enfance!...
cornélie. Je serais bien contente si vous pouviez me les rappeler, mon cousin! (A part.) Nous allons bien voir!
ovide. Vous souvenez- vous d'abord de nos déjeuners du matin sous la tonnelle?...
cornélie. Oui... et nous mangions, je crois
ovide. Du lait toute la semaine, le dimanche c'était différent, nous en mangions encore avec de la galette...
cornélie. C'est vrai... ensuite
ovide. Doué de la légèreté du singe, je grimpais jusqu'à la cime des chênes ou des marron iers d'Inde, pour vous chercher des nids de tourterelles... Les aimezvous toujours, ma cousine?...
cornélie. Mais oui
ovide. Moi, à présent, j'aime mieux les pigeons.... Et ce jour où je fus me cacher dans la petite cabane aux lapins!
cornélie. Vous eûtes même beaucoup de peine à en sortir, la porte était si étroite...
ovide. Je crois y être encore... mais de toutes nos aventures enfantines , ma cousine, celle que je n'oublierai jamais, c'est la preuve de courage que vous donnâtes en me retirant du canal où j'étais tombé en jouant...
cornélie. Je ne le pourrais plus aujourd'hui, mon cousin !...
ovide. Je m'étais fait une blessure au bras gauche... Non, c'était au droit...
soudain vous détachâtes votre ceinture rose et vous enveloppâtes ce même brasavec une grâce toute particulière.
cornélie. C'est juste...
ovide. Cette ceinture rose, je l'ai encore, ma cousine !...
cornélie. Ah !
ovide, tirant un ruban jaune de son sein. La voilà !
cornélie. Elle a changé de couleur...
ovide, la regardant. C'est ma foi vrai!., mais elle a eu beau se faner et devenir jaune serin... elle restera toujours surmon cœur!...
Air : Oui, cest lui. (Du comte Ory.)
Les chevaliers de leur dame Jadis portaient les couleurs; En ce moment je réclame Mêmes droits et mêmes faveurs.
Heureux gage de tendresse, Tu ne me quitteras plus !
cornélie, à part.
Souvenirs de ma jeunesse, Ah! cju'étes-vous devenus l.,*