SCENE IV
xMATHILDE, CHAVIGNY, MADAME DE LÉRY
Madame de Léry. — Eh bien, je le retiens, votre grande livrée.
Chavigny. — Ne faites pas attention, marquise, c'est un ancien serviteur de la famille. Mon père était portier chez le sien. {Les femmes s'embrassent,)
La marquise. — Cest donc cela I Mes petits amis, je viens vous voir avant d'aller au bal. Cest gentil, ça, hein } ,
Mathilde. — Tu vas au bal, toi aussi?
La marquise. — Moi-z-aussi,
Mathilde. — Veinarde !
La marquise. — Il faut bien rigoler un l^rin. Mais pourquoi M. de Chavigny ne t'emmène-t-il pas?
Mathilde. — Demande-le lui.
Chavigny, à M"* de Léry. — Je peux pas toujours ravoir sur le dos, pourtant.
La marquise. — Crème de distinction ! Dites donc, vous avez l'air de vous amuser comme deux croûtes de pain derrière une malle. Est-ce qu'il y a de la casse dans le ménage ? (Apercevant la blague, qui est
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restée sur la table.) Tiens, une blague ! Je la reconnais, c'est la blague à Nini.
Chavigny, à part. — Vlan ! dans le mille !
Mathilde, vivement. — Tu en es bien sûre > La marquise. — J't'écoute ! Je la lui ai vue faire tout cet hiver avec ses grosses pattes. 11 y en a comme ça dans tous les bazars à treize. Voyez la vente!... Qu'est-ce que vous avez donc à me faire les gros yeux, monsieur de Chavigny >... Allons, à revoir, mes chérubins. Le temps de pincer un menuet et je reviens te tenir compagnie, ma belle Ma- . thildc. Nous en grillerons une au coin du feu, et nous n'aurons pas besoin pour ça de la blague à Nini. J'affile mes pincettes et je me la brise. A bientôt, à bientôt I