‹ Mon jardinChapitre 67 sur 99 · LES LICHENS · texte numérisé non relu

LES LICHENS

Les Lichens sont une classe de plantes alliées d'un côté aux algues, de l'autre aux champignons.

Je pensais autrefois ne posséder dans mon jardin que deux ou trois espèces de lichens, mais le Révérend J. M, Crombie, qui a consacré tant de veilles à l'étude de cette plante, m'en a montré une dizaine d'espèces pendant une promenade de quelques minutes. On a supposé que les lichens vivent entièrement de l'air et qu'ils ne tirent aucune nourriture des plantes, des pierres et des bâtons auxquels ils s'attachent ; néanmoins, comme ils sont très nuisibles aux plantes, je suis tout disposé à croire qu'ils leur empruntent quelque nourriture. II y en a au moins deux espèces sur les pommiers. J'ai fait dessiner trois espèces qui se trouvent dans mon jardin : la Ratnalina fastigiata (fig. 821),

Fig. S21.— Ramalina fastigiata. FIg. Saa^Pbyscia parietina. Fig. 833.— Lecanora subfusca.

qui pousse sur les vieux arbres; la Physcia parietina (fig. 822) qui pousse sur les arbres fruitiers; et la Lecanora subfusca (fig. 823) qui pousse aussi sur les arbres fruitiers.

On trouve quelques espèces de lichens sur les murs et sur le bois mort des ponts. Il y a une espèce qui se développe sur le tronc d'un de mes saules et qui, à une certaine époque de sa croissance, a Tapparence d'une grande tache blanche; ce lichen paraît se développer soudainement au milieu de l'hiver, et le blanc pur de ses taches circulaires est

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LES MARCHANTIEES SSg

très remarquable. Les arbres qui couvrent les collines au-dessus de Heidelberg portent des lichens très développés, mais chaque fois que ceux-ci attaquent les branches, Tarbre meurt ; ce résultat est-il amené par les lichens, c^est ce que je ne saurais décider, faute de données suffisantes. J'ai essayé de cultiver des lichens en plein air ou sous verre, mais jusqu'à présent je n'ai pas réussi. On en trouve 658 espèces en Angleterre.

LES MARCHANTIEES.

J'ai déjà cité les Marchandées (fig. 824) au nombre des mauvaises herbes. La Marchantia polymorpha couvre tous les blocs de grès en plein air aussi bien que dans la serre à fougères. C'est, en somme, une fort jolie plante, surtout quand elle porte ses fruits, et on Testimerait bien davantage si elle ne se développait pas en Fig. 824. - Marchantia. ^^^^ grande quantité pour être compatible

avec la culture des autres plantes.

LES CHAMPIGNONS

Il est indispensable que l'horticulteur connaisse un peu les champignons; or, je dois malheureusement ajouter que bien peu ont.prêté la moindre attention à cet important sujet. Il y a près de trois mille espèces de champignons propres à la Grande-Bretagne, de telle sorte qu'il est impossible que l'horticulteur ordinaire les connaisse tous. Quelques champignons constituent d'excellents articles d alimentation, et, à notre époque, aucun dîner ne mérite ce nom s'il n'entre dans sa composition le champignon comestible ordinaire, la Morille et la Truffe; d'autres sont suspects; en règle générale, on ne doit en manger aucun si l'on n'en connaît bien le nom et le caractère. Il y a même raison de croire que les champignons ordinairement comestibles deviennent quelquefois vénéneux pour des raisons inconnues. Les

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champignons se composent de fibres longitudinales entrelacées qui sont divisées par des sortes de cloisons, formant un angle droit avec la tige. Ces cellules ne se divisent jamais longitudinalement; en un mot, leur conformation consiste en tubes fermés, placés bout à bout. Cette structure s'appelle le mycélium. Au bout d'un certain temps, des cellules développées à angle droit sur le mycélium produisent des spores qui se reproduisent (fig. 122). C'est là la seconde méthode de propagation. Enfin, il se forme des corps analogues à des zoospores qui ont la faculté de se mouvoir ; ils finissent par s'attacher à quelque objet et reproduisent Pespèce; c'est là le troisième mode de propagation.

Le premier champignon digne de remarque est le champignon ordinaire de la Levure (Torula cerevisiœ^ fig. 825) qui se trouve dans tous les liquides en fermentation. Il se compose de cellules qui se multiplient au moyen d'autres cellules qui se forment sur leur extérieur. C'est l'agent actif qui amène la transformation du sucre en vinaigre; et il n'est sans doute qu'un état autre du champignon que nous allons décrire.

Le Pénicillium glauaim (fig. 826) recouvre presque toutes les substances en décomposition. Il projette à angle droit avec le mycélium des tiges qui se couvrent de spores.

Fig. 825.

Torula cerevi-

siœ (grossi).

Fig. 826. — Pénicillium glaucum (grossij.

Fi^. 829. — Tubercularia vuîgaris (grandeur naturelle et grossi).

Fig. 828, — Agaricus euosmua.

I^s racines sont le siège de nombreux champignons. On peut citer

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LES CHAMPIGNONS 36 1

comme exemple le Trametes gibbosa (fig. 827) qui pousse sur les vieilles souches dans nos serres à fougères. Une autre espèce, VAgaricus euosmus (fig. 828) pousse dans mon jardin. Quand il est frais, ce champignon a un peu Todeur de Testragon; il a été tout particulièrement décrit par le savant M. Berkeley. Beaucoup d'autres espèces poussent sur les souches; les petites racines sont souvent couvertes d'un joli petit champignon rouge appelé le Tubercularta vulgaris (fig. 829).

L'ordre curieux des Myxogaster^ que quelques savants regardent comme un chaînon intermédiaire entre le règne animal et le règne végétal, se trouve représenté dans mon jardin par le Lycogala epidendrum (fig. 83o) qui se montre sur les blocs de bois dans le courant du mois de mars. Nous avons aussi le Polyporiis versicolor^ le Polfpo^ rus tomeutarius et le grand Polyporus squamosus (fig. 848 a). Le

Fig 83o. — Lycogala epidendram,

(spores X 700 diamètres). es on a • j .

Fg. 83o a. — Agaricus Candollianus.

Xylaria hypoxylon^ le Coprinus micaceus^ le C. atramentartus (fig. 85 1 a), le Trametes gibbosa^ V Agaricus spadiceus et le rare Agaricus Candollianus (fig. 83o a) poussent sur les racines ou dans leur voisinage immédiat.

V Agaricus disseminatus (fig. 83 1) forme une véritable petite forêt de champignons que Ton trouve la plupart du temps auprès des racines en décomposition.

Dans les terrains où je mets beaucoup d'engrais, on trouve le curieux Pe^i^a vesiculosa (fig. 832). Ce champignon a la propriété singulière de lancer ses spores comme une bouffée de fumée, ce que représente la gravure.

Le Champignon comestible ordinaire [Agaricus campestrisy fig. 833) est un excellent exemple des autres espèces de champignons qui

Fig. 832. — Pezizavesiculosa. (La Fig. 834. — Cellule» de

figure indique a dispersion des champignon, grossies,

spores et partie de l'hymenium grossie 100 fois en diamètre ; les

spores sortent des asci.) Fig. 833. — Agaricus

Campestris .

poussent dans les terrains bien fumés. Ce champignon paraît de temps en temps en différents endroits de mon jardin, mais je crois que cette croissance a toujours une origine horticole, car j'ai fait répandre dans le jardin une couche de ce champignon ; ce sont les meilleurs que nous récoltions. Vu au microscope, le champignon comestible se compose d'une multitude de cellules allongées (fig. B34). La culture du champignon est si importante au point de vue culinaire, qu'aucun jardin n'est complet s'il n'en produit en abondance. Mon jardin n'en a jamais produit une quantité suffisante et cependant, quand je m'en occupais à Londres, nous en avions toujours assez. Rien de plus facile, avec quelques soins, que cette culture, mais il faut avoir soin de ne pas s'écarter de règles bien précises, ou autrement on ne réussit pas.

Pour cultiver artificiellement les champignons, il faut se procurer du crottin de cheval sortant de l'écurie ; on place ce crottin sous un hangar bien aéré jusqu'à ce qu'il soit parfaitement sec, puis on l'entasse en une couche compacte dans Tendroit où l'on veut cultiver le champignon ; la pression échauffe le crottin. Si la masse s'échauffe trop, elle est perdue; si elle ne dépasse pas la chaleur du sang, il faut planter cà et là des morceaux de mycélium du champignon, ayant à peu près la grosseur d'un œuf. Il faut tenir la couche à champignons parfaitement sèche pendant six semaines environ; les morceaux plantés auront alors poussé

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LES CHAMPIGNONS 363

de longs filaments à travers toute la couche. Durant cette période, la sécheresse est absolument nécessaire au succès et la serre qui contient la couche doit être toujours tenue à une température uniforme d'environ soixante degrés F (i 5^*5 C). Si, au bout de six ou sept semaines, les filaments ont pénétré dans toute la couche, il faut arroser un peu avec de Teau tiède, mais avoir soin de ne pas mettre trop d'eau, car autrement les racines pourrissent. Quelques jours après Tarrosage, on voit se former des petits boutons qui, en quelques heures, se transforment en champignons. Il faut strictement observer les règles que je viens de poser et n^en négliger aucune, car le succès est à ce prix. Il y a quelques années, j'ai fait de nombreuses expériences sur la culture du champignon et j'avais acquis bientôt une telle habileté, que je pouvais en cultiver dans une assiette à soupe placée dans la cave. Quelques jardiniers recouvrent leurs couches avec de la terre, mais cela est inutile.

On trouve, dans les champs, de nombreuses variétés de champignons ayant des qualités différentes, de mêms aussi certaines variétés cultivées surpassent de beaucoup les autres; aussi ne doit-on jamais se servir que de semences tout à fait supérieures. On peut multiplier indéfiniment une bonne variété connue au moyen du Mycélium (fig. 123); on peut se procurer de nouvelles variétés en semant les Spores (fig. Ï22). Ce qu'on appelle la semence de champignons est ordinairement composé de crottin de cheval disposé en bloc, ressemblant à des briques, dans lequel on a fait pénétrer le mycélium.

La couche à champignons dure tant que les matières animales dont elle est composée, ne sont pas épuisées ; par conséquent, la durée d'une couche dépend de la rapidité avec laquelle se développent les champignons. La chaleur et l'humidité les font se développer plus vite, et par conséquent une couche soumise à ces deux agents s'épuise vite.

« Pratensibus optima fungis Natura est : aliis malè creditur. » Horace, Satire iv.

Le Marasmius oreades (fig. 835 ) est allié au champignon comes-

tible que nous venons de décrire. Le marasmius pousse en anneaux ; il est, dit-on, fort bon à manger et Berkeley affirme même qu'il a un parfum plus délicat que le champignon ordinaire. Toutefois, une femme et deux enfants qui en avaient mangé Tannée dernière à Plymouth ont été saisis, quatorze heures après, de tous les symptômes ^*^ ^^^•"' ^-»"«»'"»"» orcades. de l'empoisonnement; les vomissements parurent bientôt, accompagnés de délire chez la mère et de convulsions chez les enfants. Les enfants, âgés de six ans et de treize ans, moururent trois jours après, mais la mère survécut. On envoya quelques-uns de ces champignons à M. Worthington Smith et cet éminent botaniste les fit cuire immédiatement et en mangea six. Une heure ou deux après, les symptômes ordinaires de l'empoisonnement se produisirent, accompagnés d'une violente irritation de la gorge, d'une grande faiblesse et de vomissements; heureusement cet essai n'eut pas pour lui de conséquences plus se-' rieuses.

Depuis longtemps je cherche un moyen certain de reconnaître les champignons vénéneux, mais jusqu'à présent j'ai compl .'tement échoué. Un éminent botaniste m'a conseillé de goûter le jus du champignon et de le rejeter si le goût est acre; si le champignon sent mauvais, il faut toujours le rejeter. Les admirateurs du champignon se plaignent que, par simple négligence, on laisse se perdre des quantités énormes de cette plante qui pourraient servir à l'alimentation; mais, si Ton considère la difficulté qu'il y a à distinguer les espèces inoflfensives des espèces vénéneuses, je crois qu'au lieu de recommander aux gens de manger n'importe quel champignon, on devrait plutôt leur conseiller de s'en tenir au champignon comestible, à la morille et à la truffe, et ceux-là même ne conviennent pas toujours à tout le monde. M. Worthington Smith assiste toujours au banquet annuel de Hereford, pendant lequel les admirateurs du champignon ne mangent que cette plante ; on doit donc le considérer comme un enthousiaste de ce mode d'alimentation et comme plus à même que qui ce soit de distinguer les espèces vénéneuses. Quoi qu'il en soit, cet éminent botaniste et toute sa famille

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LES CHAMPIGNONS 365

ont été sur le point de s'empoisonner en mangeant un champignon, ï Agaricus /er tilts. Le spécimen cuit pesait à peine une demi-once ; cependant M. Smith, sa femme et son enfant éprouvèrent de vives souffrances. M. Smith affirme que ce champignon est si excellent, que nilodorat, ni le goût ne pouvaient indiquer ses propriétés vénéneuses. Les symptômes produits par ce champignon ont été les étourdisscments, les nausées, les vomissements et la prostration; vint ensuite un sommeil profond mais agité, et la guérison parfaite n'eut lieu qu'une quinzaine de jours après.

L'ergot du Seigle (fig. 835 a) est produit par un autre champignon appelé le Claviceps purpurea ; il vit sur le seigle et sur d'autres graminées; il exerce sur l'homme les etfets les plus terribles en produisant une maladie appelée ergotisme qui a été longuement décrite par Thompson dans ses conférences sur l'inflammation. Un médecin, qui visite fréquemment mon jardin, a souvent soutenu devant moi la thèse de l'emploi des champignons comme alimentation; aussi, quand je préparai ce chapitre, je lui écrivis pour lui demander s'il avait jamais goûté l'espèce que je viens de décrire; il m'avoua que non et je me crus auto-

Kig 833 iï.— Ergot de seigle. Fig.836.— Agaricus tatcicularis. Fig. 837. —Morille.

risé à lui conseiller de changer quelque peu de langage et d'engager les ignorants à ne pas manger les champignons qu'ils ne connaissent pas ; je vais plus loin : je soutiens qu'il ne faut manger ni fromage, ni aliment, quel qu'il soit, couvert de champignons, surtout en temps de choléra.

Le Phallus impudicus (fig. 840) pousse dans la serre à fougères ;

quand il meurt, ce champignon exhale une odeur très désagréable qui empeste toute la serre. UAgaricus fascicularis (fig. 836), champignon vénéneux, amer au goût, pousse dans la même serre.

La Morille {Morchella esciilenta, fig. SSy) pousse dans mon jardin principalement au pied des grands ormes. Pendant certaines années, nous en récoltons une grande quantité, dans certaines autres beaucoup moins, mais nous en avons toujours quelques-unes. Ce champignon est très estimé en France, mais on l'emploie peu en Angleterre, bien que je Taie vu quelquefois au marché de Covent-Garden.

M. Worthington Smith a le premier fait remarquer que. la Morchella crassipes (fig. 838) est originaire de la Grande-Bretagne ; ce champignon pousse quelquefois dans mon jardin.

La Truffe (Tuber cestivuni^ fig. 854 ^) se trouve abondamment dans la commune voisine de la mienne; ce champignon . pousse sous terre, à l'ombre de certaines espèces d'arbres et principalement au pied du hêtre; la truffe se plaît dans une couche de terre surmontant la craie. Il y a des gens qui consacrent spécialement leur temps à trouver des truffes. Il y a peu de chasseurs de truffes en Angleterre; j'ai pu, toutefois, en trouver un et je lui persuadai de m'emmener un jour avec lui. Il avait un petit chien fort actif, habitué à trouver la truffe à l'odeur ; son maître lui donnait un morceau de fromage chaque fois qu'il en avait trouvé une. Pour dresser ces chiens, on place une^ truffe dans un vieux soulier et on ne leur donne à manger que s'ils la trouvent. Quand le chien eut reçu Tordre de chasser, il se mit à courir de tous côtés et, dès qu'il sentait une truffe, il grattait le sol avec ses pattes ; son maître creusait alors pour prendre la truffe. En deux ou trois heures nous en avons récolté environ trois livres, et le chien ne se trompa jamais une seule fois. La truffe française {Tuber bitumimim) a un parfum plus pénétrant que la truffe

Fig. 838. — Morchella crassipes.

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LES CHAMPIGNONS

anglaise. Au Palais-Royal, on vend les truffes environ quinze francs la livre, alors que nos truffes anglaises ne valent guère que trois francs. On n'est jamais arrivé à cultiver la truffe dans les jardins ; on dit, cependant, qu'en semant des truffes parmi les chênes verts, dans certaines parties de la France, on est parvenu à les faire se reproduire.

La Vesce de loup géante (Lycoperdon gigaîiteum (fig. 839) pousse dans mon jardin et dans le voisinage . Dans quelques endroits, ce champignon atteint une grosseur énorme, et on dit qu'il est bon à manger quand il est jeune. On m'a assuré que, coupé en tranches et frit, il est excellent, mais je n'en ai jamais goûté.

Je ne suis pas sûr que le Phallus impudicus (fig. 840) ait jamais paru dans mon jardin, mais j'en ai vu de grandes quantités, au mois d'août,

Fig. 839. — Vesce de loup géante.

Fig. 841.— Dacrymyces stillatus et Sporophorcs (grossi).

Fig. 840. — Phallus impudicus. (Fruit X 700 diamètres),

dans les jardins de Kew. Si on le coupe en deux, les deux parties continuent à pousser dans une atmosphère humide ; quand il est mûr, ce champignon exhale l'odeur la plus désagréable.

Quelques champignons se dessèchent, puis grossissent de nouveau quand il pleut. Tel est le cas pour le Dacrymyces stillatus (fig. 841). Un jour, en traversant un de mes ponts, je remarquai qu'il n'y avait pas un seul champignon. Quelques gouttes de pluie se mirent à tomber, et, en repassant quelques minutes après, toutes les parties de bois étaient recouvertes par cette espèce de champignon.

Beaucoup d'espèces de champignons poussent sur les feuilles des plantes vivantes et leur font beaucoup de mal. Au commencement du

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printemps, les feuilles de nos plants de violettes sont attaquées par un champignon appelé Radium violœ (fig. 842), qui consiste en admirables petites coupes. Mais quelques feuilles seulement sont attaquées et je ne me suis pas aperçu que ce champignon causât de grands dommages.

Pendant le printemps de 1 87 1 , j'ai remarqué un iEcidium sur Tun de mes cognassiers de Portugal, qui se trouve depuis quelques années dans mon jardin ; M. Worthnigton Smith a reconnu V^cidium çydo-

Fie 843 — iKcidium violœ Fig. 843. - iEcidium cydoniœ Fig. 844- — Champignon

grandeur naturelle et grossi) . (grandeur naturelle et grossi) . de la pomme de terre

® (grossi).

7nœ (fig. 843), espèce nouvelle en Angleterre, mais bien connue des botanistes étrangers.

Une espèce de champignon a beaucoup attiré l'attention pendant ces dernières années, car on a cru qu'il est la cause de la maladie de la pomme de terre. De nombreuses recherches m'autorisent à croire qu'un puceron commence toujours par attaquer la feuille avant que le champignon se développe. Il est possible que les morsures de l'insecte permettent aux zoospores du champignon, qui sont munis de cils, de pénétrer dans l'intérieur de la feuille d'où le mycélium se répand dans toute la plante. Vu à Toeil nu, ce champignon apparaît sous la forme d'une poudre blanche ; examinée au microscope, cette poudre blanche se transforme en une forêt de petites tiges branchues terminées par des corps ovales. Berkeley lui a donné le nom de Botrylis infestans^ et le genre tout entier a reçu le nom de Peronospora (rîg. 844^.

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LES CHAMPIGNONS

M. Worthington Smith a dernièrement découvert les spores du Peronospora qui, jusqu^à présent, avaient échappé à toutes les recherches. Les botanistes considèrent cette découverte comme très importante; je dois à Tobligeance de M . Smith le dessin cicontre qui indique le contact de VOogoniiim avec

Untheridium (fig. 844 a). p. 844«.-PeronosrK>rain.

Les panais sont attaqués par le Peronospora n?um"ct^*de rAa?b^^^^^^

, 1 T\ ^ . . . grossi 3bo fois en diam.)

mvea; les ognons, par le Peronospora Schlei-

deniana; les pois, par le Peronospora viciœ (fig. 844 b) ; les laitues.

Tig. 844 (. — Peronospora Tici» (grossi).

Fig. 845. — Peronospora gangliformis, (grossi).

Fig. 846. — Acremonium (grossi).

^ \^ Peronospora gangliformis {û^. 845)-, les choux, parle Percnospora parasitica ; et les épinards, par le Peronospora effusa. VAcremomiim (fig. 846), champignon microscopique, attaque

quelquefois mes Todea ; les parties des feuilles attaquées par ce champignon meurent, et la plante tout entière se ressent de cette attaque.

L'Oïdium Tuckeri (fig. 847) a souvent attaqué les feuilles de la vigne et les grains de la grappe dans mon jarr,«fi r^,A- -n . • . din et dans tout le voisinaee: Berkeley

*^^-o47.—OIaiuiTi Tucken sur les grappes ^ ^ •'

(grandeurnaiureiie et goss»). ^^oit quc ce champiguon cst une forme

de YErysiphe. Le mycélium pénètre les feuilles et se répand sur Smee. Mon Jardin. 24

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les grains, les fibres s'entrelaçant à la surface. Ce champignon pousse par le temps le plus sec ; Thumidité n active pas sa croissance conmie plusieurs personnes sont disposées à le croire. Un pied de vigne attaqué par ce champignon paraît recouvert de poussière blanche. Un bon jardinier doit surveiller attentivement ses vignes de serre, car si Toïdium prend un certain développement, rien ne peut sauver la récolte. Mes vignes, placées dans la serre à arbres fruitiers, sont plus souvent attaquées que celles placées dans la serre à vigne. Ce champignon a causé des pertes immenses en Espagne, au Portugal et à Madère; le grand cep de vigne qui se trouve à Hampton- Court a aussi beaucoup souffert. Quand les grains sont attaqués au commencement de leur croissance, ils tombent ; attaqués plus tard, ils continuent à grossir, mais ils se fendent toujours. Quand Toïdium paraît dans une serre, le meilleur moyen de s'en débarrasser est de répandre un peu de fleur de soufre sur les tuyaux d'eau chaude et de maintenir dans la serre une chaleur un peu plus forte pendant la nuit. Quand Toïdium est très développé, on peut brûler du soufre dans la serre, mais avec beaucoup de précautions ; car, si on en brûle trop, toutes les feuilles sont détruites. J'ai obtenu aussi d'excellents résultats en brûlant du bi-sulfure de carbone dans une lampe à alcool ; mais, dans ce cas encore, il faut agir avec beaucoup de soins, car si le remède est puissant, il est fort dangereux. J'emploie quelquefois, maintenant, le bi-sulfure de chaux, qui est liquide et qu'on peut placer dans une soucoupe ; c'est un excellent remède contre tous les champignons.

Le soufre placé sur les tuyaux est un remède infaillible, mais si on l'applique trop tôt, il ne sert à rien ; appliqué trop tard, le mal est fait ; si on l'emploie en excès, le raisin noir se décolore et n'a aucune saveur, ou bien, les feuilles de la vigne sont endommagées. L'application du soufre exige donc beaucoup de soins et beaucoup de jugement.

M. Gassiotm'a fait remarquer, il y a bien des années, que le prix du soufre à employer dans les vignobles dépasserait certainement le loyer du terrain.

L'attaque du champignon de la vigne n'est pas précédée, comme elle

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LES CHAMPIGNONS Syi

Tfôt chez la pomme de terre, chez la betterave, chez le navet ou chez le chou, de la piqûre d'un puceron; peut-être l'oïdium attaque-t-il plus Textérieur de la plante que rintérieur.

Mes pommiers, mes cognassiers et, dans une certaine mesure, mes poiriers, souflfrent des attaques de V Oïdium leucoconium (fîg. 847 a) que Ton suppose être un état différent du Sphœrotheca pannosa (fîg. 849). Quand les feuilles deTarbre sont très attaquées par ce champignon, le fruit souffre beaucoup et, les années suivantes, Tarbre ne porte aucun fruit à cause du trouble que la Fîg. 847 a. -oïdium

, , , . , . leucoconium.

présence de ce champignon a apporte dans sa constitution.

Les nombreuses espèces du genre Erysiphe qui attaquent le houblon et d'autres plantes se rapprochent beaucoup de l'oïdium. UErysiphe fisi ou Martii (fig. 848) vit sur les feuilles des pois et cause de grands ennuis au jardinier. C'est seulement dans la dernière partie de Tannée, et surtout pendant les automnes secs, que nous avons à redouter cet horrible champignon ; quand il attaque le pois, la plante entière semble couverte de poussière de craie ; mieux vaut alors abandonner la culture du pois, car on ne cpnnaît aucun remède pour cette maladie.

Kig, 848. —Erysiphe Martii Fig. 848a. — Polyponis squamosus* Fig. 849. — Sphœrotheca pan- (»pores grossis). nosa (spores grossis).

Bien que mes rosiers se portent ordinairement fort bien, ils n'en sont pas moins attaqués quelquefois par une espèce de champignon, et on

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dirait alors qu'on les a saupoudrés avec de la farine. Cette espèce de champignon s'appelle le Sphœrothecà pannosa (fig. 849). Le révérend M. Berkeley pense que ce champignon est une forme du Cladosporium dendriticum.

En 1871, mes rosiers hybrides remontants ont beaucoup souffert dies attaques d*un champignon rouge, le Coleosporiiim pmgue (fig. 85o). Les feuilles attaquées tombèrent prématurément. On observa pour la première fois ce champignon, à la fin de mai, dans le Devonshire, et,

Fig. 85o. — Coleosporium pingue (grandeur naturelle et grossi}

Fig. 85i. — Cystopuscandidus Fig. 85iâ. — Coprinus

(grandeur naturelle et grossi). atramentarius.

dans mon jardin, au commencement de juin ; il se développa pendant l'été, et en septembre les rosiers étaient très malades.

Les feuilles du chou-fleur, de la bourse de berger, et d'autres plantes analogues portent quelquefois des taches circulaires de rouille blanche {Cystopus candidus^ûg. 85 r). Le mycélium pénètre dans les tissus cellulaires de ces plantes et produit au bout de quelque temps des zoospores, ou corps ayant la faculté de se mouvoir, qui perpétuent l'espèce. Je crois que, dans tous ces cas, un puceron commence par percer la plante.

Un champignon, appelé le Puccmia lychnidearum (fig. 852), attaque fréquemment mes œillets de poète; il fait sur les feuilles des taches noires de jais. Cette espèce attaque aussi d'autres espèces de Lfchfîis.

Les arbres fruitiers sont souvent attaqués par un champignon noir dont nous connaissons particulièrement deux espèces ; l'une, VHelmitt' thosporium pyrorum (fig. 853), attaque quelquefois la Louise-bonne

LES CHAMPIGNONS

et très fréquemment le Beurré de Pâques; le fruit attaqué se fendille et

Fig. 852. — Pncciaia lychnîdearum (grandeur naturelle et grossi).

Fig. 853. — Helminthes; porium pyrorum (grossi 700 fois en diamètre).

Fig. 854. —Champignon de la pomme de Sibérie (grossi 700 foisendiam.)

se pourrît prématurément; c'est donc un champignon très imponant, dont le cultivateur doit tenir compte. Ce champignon est décrit par O)oke, dans son ouvrage sur les champignons de la Grande-Bretagne, sous le nom de Cladosporium dendriticum.

Quand j'ai parlé de la pomme de Sibérie, j'ai fait remarquer que, dans certaines années, en 1 87 1 par exemple, les arbres avaient eu beaucoup à souffrir. Cela est dû à la présence d'un autre champignon (fig. 854), voisin de VHelminthosporium pfrorum^ mais que M. Broome et M. Worthington Smith sont disposés à regarder comme une espèce

Fig 855. — L'rcdo tîlicuin (spores grossis 700 foiî en diamètre).

Fig. 854 a. — Truffe (spores grossii 25o fois en diam).

Fig. 856. — Oïdium fructigenuro, (grandeur naturelle et grossi) .

distincte. M- Smith m'écrit que les spores de VHelminthosporium pyrorum mesurent •ooo4"x 'oooS ", tandis que ceux du champignon de la pomme de Sibérie mesurent '0004" X "ooi". Le révérend M. Berkeley soutient que ces deux champignons sont identiques ; quant

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à moi, je ne saurais exprimer d'opinion, mais il me semble toutefois y avoir quelque incertitude sur leur véritable nature; or, comme ils sont très importants, j'espère qu'on les étudiera avec l'attention qu'ils méritent.

V Uredo Jilîcum (fig. 855) attaque quelquefois nos fougères. Il sfemble s'attacher particulièrement à la Cystopteris fràgilis. Ce champignon est jaune, il s'établit sur les frondes et fait presque ressembler la fougère attaquée à une fougère dorée.

U Oïdium fructigenum (fig. 856) attaque souvent mes prunes et mes pommes et cause la pourriture rapide du fruit. Ce champignon produit des millions de spores et il est fort extraordinaire que tous les fruits du voisinage ne soient pas attaqués ; la seule explication que je puisse donner de ce fait, c'est que le fruit doit remplir quelques conditions pour permettre au champignon de se développer. Des pommes et des poires conservées pendant longtemps, sont souvent attaquées par ce champignon qui en rend le goût très désagréable ; l'extérieur du fruit n'a souffert en rien et on ne s'en aperçoit que quand on le coupe. Aussi, j'ai grand soin de faire bien nettoyer mon fruitier à la fin de septembre, et d'y faire brûler du soufre, de façon à détruire tout le mycélium de champignon qui pourrait s'y trouver. Pendant l'hiver, je fais brûler dans le fruitier, quelquefois tous les jours, mais jamais moins de deux fois par semaine, un morceau de soufre de la grosseur d'un haricot. Le Rév. J. Davies, dans un article très violent publié par laSaturday Reptop^ volume xxxiv, page 195, soutient que « ce système est déplorable parce que le goût du soufre s'attache aux fruits. > M. Davies n'a certainement pas essayé le soufre, ou il l'a employé sans attention.

Berkeley affirme que les points noirs si communs sur les pommes et quelquefois si nombreux qu'elles ne sont plus vendables, proviennent d'un champignon appartenant au genre Spilocœa.

Je n'échappe pas aux ravages de la moisissure sèche due au Merulius lacrymans (fig. 857). Une atmosphère tranquille, humide, convient admirablement au développement de ce champignon ; aussi cause-t-il beaucoup de ravages dans les celliers. Pour le détruire, on injecte souvent dans les pores du bois de la créosote ou une solution de sublimé

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LES CHAMPIGNONS

corrosif. On peut le combattre en établissant des courants d'^ir, et en assurant une ventilation abondante. La vapeur du soufre ou une solution de bi-sulfure de chaux produit aussi d'excellents résultats.

Un champignon dont le mycélium part de la racine pour s'élever en couche aussi épaisse qu'une feuille de papier, entre le cambium et lëcorce, détruit souvent mes saules blancs {Salix alba). Le feuillage de larbre s'éclaircit, et c'est le premier indice de la maladie ; ensuite, récorce tombe par grands morceaux, le cambium se fendille, et Tarbre meurt. On n'a jamais vu ce champignon ; mais M. Smith pense que ce

Fig. 837. — Merulias lacrymans, (spores grossis) .

Fig. 857 â.— Trametes suaveolens.

Fig/ 858. — Sarcina ventriculi.

doit être le Tràmetes suaveolens (fig. 867 a) qui cause ces ravages. Les arbres de la même espèce sont aussi recouverts par le puceron du saule, exemple de l'attaque combinée du puceron et du champignon. Les animaux, tout aussi bien que les végétaux, sont exposés aux attaques de différents champignons. On peut citer comme exemple le Sarcina ventriculi (fig. 858), qui attaque l'homme.

Fie. 859. — Saprolegnia recouvrant des œuts « poisson (grosseur natureUe et grossi 20 en diamètre) .

Fig. 85<) a. — Déformation des leuilles du pécher.

Un des plus terribles pour le poisson est le Saprolegnia (fig. SSg).

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Il attaque les œufs de la truite, les enveloppe d'une espèce de croûte et détruit le jeune à l'intérieur. Certains naturalistes pensent que c'est une algue ;d autres, que c'est un champignon. Quoi qu'il en soit, le seul remède est d'enlever le plus rapidement possible les œufs attaqués.

Les feuilles de l'amandier et du pêcher sont souvent déformées (fig. 859 a), M. Berkeley attribue ce résultat à un chaitîpignon, dont j'ai emprunté la figure à son ouvrage sur les champignons de la Grande-Bretagne, qu'il appelle Ascomyces deformans ou Ascosporiiim deformans (fig. 860). Cette défor-

.>..,, 1 • 1 * 1 f>8' 860.— Ascomyces défor-

mation des feuilles se produit chaque année dans mans, grossi.

mon jardin. Je n'ai jamais vu ce champignon, mais c'est sans doute

un autre exemple de l'association du puceron et du champignon si

commune dans le jardin.

MES FOUGERES.

C'est toujours un contraste délicieux que de quitter les parterres où, comme le dit Delille, tout est symétrique, pour entrer dans le jardin sauvage où tout est naturel.

« Loin donc ces froids jardins, colifichets champêtres. Insipides réduits, dont l'insipide maître Vous vante, en s'admirant, ses arbres bien peignés; Ses petits salons verts, bien tondus, bien soignés; Son plan bien symétrique, où, jamais solitaire, Chaque allée a sa sœur, chaque berceau son frère ; Ses sentiers, ennuyés d'obéir au cordeau, Son parterre brodé, son maigre filet d'eau. Ses buis tournés en globe, en pyramide, en vase, Et ses petits bergers bien guindés sur leur base. Laissez-le s'applaudir de son luxe mesquin. Je préfère un champ brut à son triste jardin. > — Les Jardins.

Depuis quelques années les amateurs d'horticulture se sont beaucoup occupés des fougères ; ils ont eu raison d'ailleurs, car ces plantes ont

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MES FOUGERES 377

des formes très gracieuses; leur croissance présente beaucoup d'intérêt, et leurs frondes revêtent les nuances les plus délicates. Il faut toujours cultiver les fougères dans des endroits séparés et ne pas les mêler à d'autres plantes ; la principale raison de cette séparation est que les fougères exigent une situation spéciale et qu'elles n'aiment pas le contaa d'autres plantes. Cependant, pour faire un peu de contraste, on peut planter au milieu d'elles les variétés écarlates du rhododendron ; on peut aussi employer avec avantage un rosier grimpant ou une épine écarlate. Avant que les frondes des fougères se développent, c'est-à-dire au commencement du printemps, je fais ordinairement disposer dans le vallon des fougères, d'immenses corbeilles de primevères à un endroit, plus loin des corbeilles de perce-neige, d'oxalis sauvages ou de Jacinthes sauvages. Il arrive souvent aussi que je fais mélanger toutes les fleurs, de façon à obtenir des masses de couleur telles qu'on peut en observer dans les bois.

Je cukive les fougères en plein air dans cinq endroits différents; j'ai aussi une serre qui leur est spécialement réservée. En règle générale, je crois qu'il est bon de planter les fougères dans un endroit situé en contrebas du niveau général du terrain, de façon à assurer à leurs racines une quantité constante d'humidité. En effet, quand les fougères poussent à Pétat sauvage, nous voyons que c'est toujours au pied d'un monticule, de façon que leurs racines tirent constamment une certaine hnmidité de l'eau qui filtre dans le sol. Dans la position contraire, c'est-à-dire si Ton place les fougères au sommet d'un monticule, il arrive fréquemment que la sécheresse les tue II n'y a aucun inconvénient à ce qu'un ruisseau passe près des plantations de fougères; une inondation de quelques heures ne leur fait aucun mal ; on peut même dire qu'elle leur fait beaucoup de bien.

L'expérience m'a enseigné que les fougères aiment beaucoup la lumière, bien qu'il soit nécessaire de les protéger contre les vents froids. Dans ce but, je m'arrange toujours à entourer mes plantations d'un rideau d'arbres ou de rochers, disposés de façon qu'elles reçoivent la pleine lumière du ciel sans être exposées aux rayons directs du soleil.

Une de mes plantations est située sur le bord du réservoir ; elle est abritée au sud contre les rayons du soleil par une rangée de noisetiers. Là, je cultive en quantité les plus grandes variétés d'aspidium mélangés à des polystichum, à des fougères à larges feuilles, à des fougères de montagne et à des scolopendrium. La fougère royale pousse près de la rivière ; mais il est bon de la planter un peu au-dessus du niveau de Teau, car ses racines, tout en aimant Thumidité, ne veulent pas être trop mouillées. Dans les endroits les plus secs, je cultive le polypode [Polfpodium vulgaré) et, dans les endroits les plus humides, la fougère des marais {Lastrœa Thelypteris).

Le vallon des fougères constitue une vraie production artistique ; on y a ménagé des points de vue délicieux et on y trouve d'admirables plantes. Des petits ruisseaux traversent le vallon de toutes parts et ont permis d'établir deux ou trois petits marécages. Cet endroit est protégé au nord par un terrassement et par une haie, et au sud par des arbres. Un grand saule [Salix alba)^ planté au sud-ouest, intercepte les rayons du soleil tout en laissant passer beaucoup de lumière, ce que je trouve si désirable pour la culture de toutes les fougères. On distingue tout d'abord dans ce vallon une magnifique Osmunda regalis d'Irlande; un aspidium de trèsgrande taille. Puis, on trouve de tous côtés les polypodes du chêne, du hêtre, du tilleul ; le Polypodium hexagonopterutn de l'Amérique septentrionale; YAdiantum euneatum, qui, cependant, ne peut pas passer Thi- pj^. 86,..Hytnenophyiium ver en plein air; YAthyrium flexile^ le Cys- demissum.

topteris fragilis^ YAsplenium trichomanes^ VA, Adiantum nigrum^ VA, viride^ VA. Ruta-muraria et 1'-^. septentrionale ; les trois fougères anglaises écailleuses recouvertes d'une cloche, et aussi VHymenophyllum demissum (fig. 861) de la Nouvelle-Zélande.

Les variétés délicates d'aspidium bordent les sentiers avec le gale, cette plante délicieuse au parfum si agréable; le Blechnum boréale y abonde aussi.

Mon vallon des fougères a été pour moi une source si constante de

MES FOUGERES 879

jouissances que je conseDle vivement à quiconque a un coin de terre inutile près de son jardin, d'en disposer un. Le dessiner est un passe-temps diarmantpour les soirées d'hiver; le construire, c'est-à-dire transformer une conception idéale de l'esprit en une réalité vivante, donne beaucoup de plaisir ; puis, pour le peupler, il faut faire de longues courses dans les bois. Quand, enfin, il est achevé, c'est un lieu dont on ne se sépare jamais qu'à regret et où les rouges-gorges, les fauvettes et les rossignols, qui y habitent en grand nombre, font à chaque instant entendre des chants de reconnaissance pour celui qui leur a préparé une retraite si délicieuse.

Ma vallée des fougères est un autre endroit que j'aime à parcourir. Elle est traversée par une rivière et entourée de grands arbres. Deux ou trois variétés de fougères mâles et de polystichum y poussent dans toute leur perfection. Le magnifique struthiopteris y étale ses frondes si gracieuses et si délicates au printemps, si admirablement colorées au conunencement de l'automne.

On ne peut s'imaginer quel admirable spectacle offre une grande masse de fougères par un beau jour d'été. Ces plantes poussent vigoureusement dans celte vallée, ce qui provient, je crois, de ce qu'elles sont parfaitement abritées contre les vents froids par les arbres environnants, tandis qu'elles se baignent véritablement dans la lumière et le soleil.

Près de la vallée des fougères, j'ai fait construire des murs sur lesquels fleurissent les fougères de murailles et principalement VAdiàntum ruta-muraria, VA. germanicum , et VA. septentrionale ; le Ceterach y pousse aussi bien qu'en Italie. Tout auprès, se trouve une grotte pour la culture des fougères de grotte, mais je n'ai pu parvenir à y cultiver ni la fougère écailleuse irlandaise, ni celle de Tunbridge, ni la Todea pellucida. Près de la grotte, on remarque sur un monticule la Cystopteris montana, si belle et si rare.

11 y a un endroit consacré aux fougères exotiques. Là, se trouvent les fougères de l'Amérique septentrionale .qui résistent aux plus grands froids ; la Lomeria chilensis^ magnifique fougère qui ne perd jamais ses feuilles, excepté dans les hivers les plus froids, et qui, pour une plante

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38o MON JARDIN

sauvage, est singulièrement belle. La Çystopteris bulbifera pousse très vigoureusement. La place consacrée aux fougères exotiques est abritée avec soin contre les vents froids, mais j*ai disposé les choses de façon que le soleil y brille dans toute sa force, ce qui mûrit les plantes et leur permet de résister aux froids de Thiver. On distingue tout particulièrement dans cet endroit VAdiantum pedanium .

J'ai, enfin, un cinquième emplacement destiné aux fougères ; je l'appelle la forêt des fougères, car c'est là que je dispose, pendant les mois d'été, mes fougères arborescentes. Cet endroit se trouve dans un coude que fait la rivière centrale. Çà et là, j'ai fait placer des souches de gros ormes au centre desquelles on a creusé des trous. C'est dans ces trous que je place les pots qui contiennent mes fougères arborescentes; l'enveloppe de bois a le double avantage de cacher le pot et de défendre les racines de la plante contre une trop grande sécheresse. C'est le docteur Hooker qui m'a enseigné ce système; dans les jardins de Kew, il place presque toutes ses plantes dans un double pot. On ne saurait s'imaginer, si on ne l'a pas vu, quelle est la beauté d'une branche (Talsophila qui atteint, en plein air, une longueur de plusieurs pieds. Je sors mes fougères arborescentes pendant la dernière semaine de mai.

Dans ces cinq endroits, je cultive trois classes distinctes de fougères : premièrement, celles qui restent en place pendant toute l'année ; secondement, celles qui sont transplantées pendant Tété; troisièmement, celles qui sont cultivées en pots; on les sort de la serre à la fin de mai et on les rentre en automne. D'ailleurs, toutes les fougères gagneraient beaucoup à être cultivées en plein air pendant les mois de juin, de juillet, d'août et de septembre.

Je cultive, en ce moment, en plein air, presque toutes les fougères de la Grande-Bretagne ; cependant, je n'ai jamais pu réussir à cultiver dans cette situation VAsplenium marinum. Cette fougère croît à l'état sauvage sur le bord de la mer, dans des parages aussi septentrionaux qu'Aberdeen ; néanmoins , il m'est impossible de la faire pousser dans

Chose remarquable, VAdiantum capillus Vejieris (fig. 862) n'est

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MES FOUGERES 38i

pas rustique dans mon jardin, mais cette plante se plaît beaucoup dans la grotte aux fougères. Je l'ai vue sur les bords de la Méditerranée, audelà de Menton, mais seulement dans des situations particulières, telle par exemple qu'une couche de grès perméable par Teau ; mais dans cette situation, le feuillage est souvent gelé en hiver. J'ai vu, à Gênes, cette plante pousser vigoureusement au sommet de Tune des églises, alors que toutes les fontaines de la ville étaient gelées. Je l'ai remarquée encore en grande quantité à Pompéï et à Herculanum et dans les ruines du palais de Néron, à Rome. Mais j'ai vu les plus belles dans les ruines de l'amphithéâtre de Pouzzoles, près de Naples; les chambres et les passages souterrains, destinés autrefois à l'usage des gladiateurs et au travail des machines de l'amphithéâtre, forment une série de grottes dont les murs laissent constamment suinter l'humidité. Les parois

Fig. 862.— Adiantum Capillus- Fig. 863. — Hymenophyllum Fig 863 d. — Hymenophyl- Veneris. Tunbridgcnse. lum Wilsoni.

des murailles sont couvertes de véritables couches de cette admirable fougère, dont les tiges ont plus de dix-huit pouces de longueur, d'autres pendent de la voûte; j'avoue que, lorsque je me trouvai en présence de cet admirable spectacle, il me fît beaucoup plus d'impression que la pensée des scènes sanglantes qui s'étaient jouées en cet endroit, il y a bien des siècles. Je me hâtai de recueillir un grand nombre de plantes, au grand déplaisir du cicérone, qui ne pouvait pas me faire visiter l'amphithéâtre avec la rapidité ordinaire, et qui haussait les épaules en me voyant recueillir des plantes inutiles. Elles poussent maintenant dans mon jardin dans la grotte des fougères. On dit que l'adiantum se plaît beaucoup

dans les bosquets d'oranger, en Espagne, où on emploie les feuilles pour faire le sirop de capillaire, qui est assez agréable quand on le coupe avec de Teau chaude.

Je possède trois fougères anglaises recouvertes d'écaillés. UHymenophyllum tunbridgense (fig. 863) que Ton trouve abondamment à Tunbridge-Wells et dans le comté de Sussex, ainsi qu'à Dart Moor ; et VH. mlsoni (fig. 863 a) que Ton trouve dans le Devonshire et en Ecosse. Ces deux espèces poussent fort bien chez moi, mais il faut les planter d'une façon toute particulière. Voici quel est mon système : je place la plante sur une couche de sable grossier, mélangé avec un peu de tourbe, puis je tamise du sable très fin entre les tiges jusqu'à ce que la plante soit entièrement recouverte. On déverse alors un arrosoir d'une hauteur de cinq ou six pieds au-dessus de la plante de manière que l'eau tombe avec une force considérable et entraîne le sable autour des racines. On recouvre alors la plante avec une cloche et il lui faut désormais fort peu d^eau. Cette fougère pousse parfaitement en plein air, mais à condition qu'elle soit sans cloche. J'en ai cultivé de fort beaux spécimens qui ont obtenu un premier prix à la Société de botanique et à la Société d'horticulture. Après avoir atteint une certaine grandeur, ces plantes semblent mourir très facilement.

Il m'a fallu toujours cultiver sous cloche la fougère irlandaise ( TWchomanes speciosum) ; elle ne réussit pas très bien dans mon jardin. Il y a plusieurs variétés de cette fougère, celle que je possède a été trouvée par madame Abel dans le Yorkshire, où on ne l'avait pas vue depuis plus de cent ans. J'ai fait dessiner une des branches (fig. 864) que cette dame elle-même a cueillie et qui est fort intéressante sous ce rapport; mais la figure donne une bien pauvre idée de la beauté de cette espèce. Cette plante pousse vigoureusement chez moi. Backhouse et d'autres l'ont trouvée dans le pays de Galles, et il est possible qu'elle Fougèrc^^de KiiWncy. existe dans d'autres parties de l'Angleterre, — mais son habitat le plus remarquable est Killarney, d'où lui vient son nom de fougère de

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KiUamey. M. Cooper Forster, qui aime beaucoup les fougères à écailles, a un plant magnifique qui pousse sur un silex au milieu de son salon en plein Londres. En 1871, un de mes plus beaux spécimens a été fort abîmé et le jardinier m'affirme qu'il a été attaqué par les rats, qui ri£.865^^"sporangia emploient les feuilles pour construire leur nid. J'espère dn T. spcciosum. qu'une autre fois ces animaux voudront bien se contenter d'une fougère moins belle. La Sporangia du T. speciosum est très intéressante et très distincte (fig. 865).

Je cultive les Asplenium de la Grande-Bretagne. Bien que VAsplenium marinum ne pousse pas en plein air, il réussit très bien dans la serre. J'ai d'admirables plants de VA. tvichomanes du Devonshire, qui se plaît dans le vallon. LM. viride pousse dans le même endroit entre deux blocs de grès. J'ai rencontré dans les Trossachs (en Ecosse) un amateur qui s'était procuré d'admirables plants d'Aspleftium viride dont les tiges dépassaient de beaucoup tout ce que j'avais vu jusque là. VA. Ruta^muraria se trouve à Highgate, Hampton G)urt, partout où des sources déposent des matières calcaires sur le sol ; j'en ai trouvé de grandes quantités à Whitby. Bien qu'elle soit si commune, cette fougère est difficile à cultiver ; je suis obligé de la renouveler constamment. VA. germanicum (fig. 866) est très rare en Angleterre. Les plants que je cultive et qui sont devenus très beaux, m'ont été apportés de la Forêt noire; je cultive aussi VA. septentrionale.^ fougère que je me suis procurée à Edimbourg et sur le versant italien de la Passe du ^* ^KuSl""'"" Saint-Gothard. J'ai trouvé 1'^. adiantum nigrum sur les collines d'Addington, mais pas récemment : cette dernière fougère est fort belle, il lui faut un terrain constamment humide, mais pas trop mouillé. M. Gray m*a apporté V Asplenium lanceolatum des îles de la Manche, mais je n'ai pas encore réussi à cultiver cette fougère en plein air. VA. fontanunt est une charmante fougère; il est difficile, sinon impossible, de la cultiver sans un abri de verre. Je cultive la Scolopendre. Scolopendrium vulgare (fig. 867) dans •

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son état naturel avec tant de succès que les frondes atteignent quelquefois deux pieds de longueur. C'est une fougère vraiment magnifique ; elle est toujours verte, mais si Ton veut qu'elle atteigne sa plus grande perfection, il faut abriter quelque peu ses frondes contre le froid et l'humidité. J'ai des centaines de plants de la variété commune et de nom-

Fig.867. — Scolopendrium Fig. 868.— Ccterachofficinarum. Fig. 8(>9. — Cystopteris monUna. vulgare.

breux spécimens des différentes variétés produites par les horticulteurs; or, selon moi, la fougère commune est la plus utile dans un jardin et j'ajouterai la plus belle.

Le Ceterach (fig. 868), fougère toujours verte, pousse aussi bien sur mon mur qu'elle le fait en Italie. Dans ce pays, elle vit sur les Apennins et sur le Vésuve, dans des situations où on croirait qu'une plante vivante, quelle qu'elle soit, devrait être littéralement cuite. Malgré cela, il est difficile de la transplanter, il lui faut perpétuellement un peu d'humidité jusqu'à ce qu'elle ait bien repris racine.

Les deux Woodsia , Woodsta ilvensis et W. alpina , sont très rares. Je cultive la première dans une grotte entre deux morceaux de grès, et la seconde au milieu de morceaux de grès dans un petit châssis destiné à la protéger contre les froids de 1 hiver.

Toutes les variétés anglaises du Cystopteris qui sont décidues poussent dans mon jardin. J'ai trouvé la Cfstopterisfragilis dans le Yorkshire; la variété appelée Dickeana vient de la vallée de la Dee; la Cystopteris regia doit être abritée en hiver. La Cystopteris montana (fig. 869) est une magnifique fougère que l'on cultive rarement; j'en

MES FOUGERES 385

possède un plant magnifique; il faut placer cette fougère de façon que ses racines soient constamment humides, mais sans être mouillées.

On doit nécessairement cultiver une grande quantité de Polypodes communs {Polypodium vulgare^ fig. 870). Je ne saurais dire, tant ils sont nombreux, les paquets de cette plante dont j'ai eu besoin et que m'ont envoyés divers amis. C'est une plante toujours verte que Ton place sur les racines des arbres dans les endroits secs, un peu partout. Ses feuilles vertes et ses spores dorés lui donnent un aspect tout particulier. II y a aussi une belle variété appelée le P. cambricum, mais qui ne se développe pas aussi facilement que le Polypode conmiun ; il y a de nombreuses autres variétés, qui difierent d'ailleurs fort peu de la forme normale, mais parmi lesquelles on peut citer la fougère irlan-

Fig. 870. — Polypode. Fig. 870 a. — Fougère du Fig. 871. — Cryptogramma

Chêne. crispa.

dmse. La fougère du Hêtre (P. Phegopteris) doit être placée dans un endroit humide; c'est une belle fougère, mais qui ne vaut pas la fougère du Chêne [P. Dryopteris^ fig. 870 a), une des plus belles de toutes. Ces deux espèces poussent en abondance dans le Yorkshire et en Ecosse. Le P. Robertianum a produit des graines dans ma serre à fruits. Le P. alpestre ressemble à un aspidium. Le P. JI exile est une fougère délicate qu'il est fort intéressant de cultiver, bien qu'elle ne produise pas beaucoup d'effet.

hi Cryptogramma crispa {ûg, 871) se transplante difficilement, probablement parce qu'on n'enlève pas assez de racines avec la plante. J'en ai trouvé un seul spécimen dans la vallée du Don, ce qui prouve

Smec. Mon Jardin. 25

qu'une espèce pousse quelquefois loin de son habitat ordinaire. Cette fougère réussit tout particulièrement au pied d'un mur, parce qu'il lui faut toujours un peu d'humidité.

On cultive dans tous les jardins le Blechnum spicant (fig. SyS a). Cette fougère pousse dans presque tous les bois et elle se montre ordinairement à la fin de Tété dans les landes du Yorkshire et de TÉcosse. Les tiges de cette plante forment un bel ornement au milieu de l'hiver. Elle se plaît beaucoup dans mon jardin.

Bien que la Pteris aquilina commune soit la fougère la plus répandue qu'il y ait au monde, il est difficile de la transplanter. Selon moi, c'est une des plus belles fougères qu'il y ait; elle se plaît dans les endroits bien abrités par les arbres; elle a, d'ailleurs, des tiges grimpantes qui lui permettent de se transporter rapidement où elle veut. S'il est difficile de se la procurer, il est aussi difficile de s'en débarrasser, ce qui quelquefois est un désavantage. La fig. 872 représente l'aspect singulier d'une section de la tige.

^ Fig. 87a. — Section d'une tige de

On ne saurait se dispenser de cultiver une Ptcris aquUina.

grande quantité de Polystichums qui restent toujours verts. Le P. aculeatum et le P. angulare ne sont probablement que des variétés de la même plante ; ce dernier devient fort grand et a quelquefois des tiges

Fig. 873. — Polystichum angulare. Fig. 873 a. — Blechnum Fig. 874. — Polystichum lonchitis .

spicant.

de quatre pieds de haut. Il y a beaucoup de variétés de cette espèce et

MES FOUGERES

Fig. 8j5. — Lattrcft Filix-mas.

quelques-unes sont extrêmement belles. Le P. angulare proliferum a de petites bulbes sur les aisselles.

11 est fort intéressant de voir au printemps les Polystichums dérouler leurs frondes ; chez cette espèce, en effet, les frondes se déroulent extérieurement, c'est-à-dire contrairement à ce qui se passe chez presque toutes les autres fougères. Les jeunes frondes du Polystichum (fig. 87 3) sont un objet réellement admirable.

Le Polystichum Lonchitis (fig. 874) est une plante toujours verte de grande beauté. Cette fougère exige beaucoup de soins et est, en résumé, très difficile à cultiver. J'en ai vu d'admirables spécimens chez le Rév. W. Macpherson.

Les différentes espèces de Lastraea ou Nephrodiums sont aussi indispensables que les polystichums. La Lasirœa Filix-tnas (fig. 875) devient fort grande et a une forme magnifique ; son abondance la rend précieuse pour commencer une plantation de fougères. J'en cultive plusieurs variétés ; les petites espèces et celles à crêtes sont les plus importantes.

Bien que la L. montana couvre des étendues considérables de terrain en Ecosse, elle réussit peu dans les jardins; ses frondes tombent

au commencement de l'automne. La L, rigida est assez rare ; aussi ne peut-on en cultiver que quelques spécimens. La même remarque s'applique à la L. cristata et à la L. œmula^ ce qui est regrettable, car ce sont toutes deux de belles fougères. La L. dilatata, au contraire, est fort commune. La courbe qu'affectent les frondes de cette fougère est très curieuse, et elle fait un effet très pittoresque. Il y en a plusieurs variétés que je cultive toutes.

Kîg. 876. - ustrœa theiypteris. L»a fougère des marais {Lastrœa Thelypteris (fig. 876) est fort belle et réussit très bien dans les endroits hu-

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mides. Ses longues frondes sont fort élégantes et leur couleur est ex quise; j'en cultive de grandes quantités, et je ne saurais trop recommander cette plante, que Ton peut placer tout auprès de Peau.

De toute les fougères, VAthyrium Filix-fœmina (fig. 877) est peutêtre celle que je cultive le plus, parce que c'est une de celles qui font le plus d'effet ; j'ai donc une grande quantité de variétés à tiges blanches et à tiges rouges et de nombreuses autres espèces. UAthj^rt'um Filixfœmina aime beaucoup Thumidité et la lumière; elle est surtout fort belle quand des gelées tardives n'ont pas endommagé son feuillage. Des taches, que les jardiniers attribuent aux rayons du soleil, résultent de Faction du froid, car c'est pendant les

étés les plus chauds que cette ' "«^ '^7- - Athyrium Filix-fœmina.

fougère développe ses frondes les plus vertes. Plusieurs variétés de cette fougère dévient si considérablement du type naturel, qu'il est fort difficile de les reconnaître. Aussi, je ne manque jamais de faire remarquer à mes visiteurs qu'elles rappellent un peu ces costumes excentriques que les dames portent souvent au bal : quelque extravagants qu'ils soient, on arrive cependant à reconnaître que ce doivent être des robes.

VOsmunda regalis constitue un des ornements les plus importants de mes plantations de fougères; j'en ai quelques beaux spécimens. L'un me vient d'Irlande; un autre, de Brentwood, dans le comté d'Essex; d'autres, du Devonshire. Cette fougère exige beaucoup d'humidité; mais elle n'aime pa? toutefois que ses racines i plongent dans l'eau ; il lui faut aussi beaucoup de lumière. \ Les spores de cette fougère ne mûrissent pas dans mon jardin, mais ils mûrissent dans la serre. La fig. 878 représente la Sporangia. Une variété, appelée ÏOsmunda reffalis^fJl^^'^^^, crisiata^ fait une admirable fougère de serre. "^"" * ^^^ '*

Je crois avoir complètement acclimaté deux charmantes petites

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MES FOUGÈRES SSg

espèces de fougères : le Botrychiumliinaria (fig. 879) et VOphioglossum vidgatum (fig. 880). Toutes deux sont fort jolies, mais trop petites pour produire beaucoup d^effct.

Fig. 880. — Ophioglossum vulgatum.

Fig, 879.— Botrychium Fig, 88i. — Osmunda

lanaria. gracilis.

Il y a peu de fougères étrangères qui puissent résister aux froids de rhiver dans mon jardin. Il y a cependant trois osmundas. VOsmunda gracilis [ûg. 881), si élégante quand on la cultive en serre, devient, cultivée en plein air et en plein soleil, petite, raide, et ressemble à une copie ridicule de VOsmunda regalis, VOsmunda cinnamomea et VOsmnnda interriipta deviennent aussi plus belles en serre qu'en plein air. VOsmunda interriipta (fig. 882) est, sans contredit, une des

Fig. 883. — Cystopicris Fig. 883 a. — Pteris

bulbiftira. rotun.lifoiia.

F%. 882. — Osmunda interrupta.

plantes les plus admirables qu'il y ait. L'extrémité des frondes fécondes

est verte sur une hauteur de quelques pouces, puis paraissent les fructifications et, enfin, le reste de la tige est vert. Les frondes extérieures ou infécondes forment une série de lignes courbes enveloppant les frondes fécondes. De temps en temps, j'ai observé le même caractère chez les frondes de YOsmunda regalis.

Je suis parvenu à acclimater dans mon jardin la Cystopteris bulbifera (fig. 883). Cette fougère se multiplie par division, par spores et au moyen de petites bulbes qui se forment dans les aisselles des feuilles. Il faut en cultiver de grandes quantités.

Le Polypodiutn hexagonopterutn^ plante bien acclimatée, s'harmonise admirablement avec les fougères du chêne et du hêtre. Le Polypodiutn Braunii est tout à fait rustique. La Pteris scaberula fig. 884) pousse dans ma plantation de fougères étrangères, mais n'a pas de fleurs. Elle croît avec vigueur quand on la plante en plein air pendant rété, et devient très élégante. J'ai exposé, à une des réunions de la Société d'horticulture, une plante traitée de cette façon; elle a charmé les amateurs de fougères et m'a valu un diplôme spécial de la Société.

La Pteris serrulata ordinaire a supporté pendant bien des années des hivers rigoureux; la Pteris rotundifolia (fig. 883 ^) devient beau-

Fîg. 884. — Pteris scaberula. Fig. 884a. — Asplenium goldianum (▼ariélè Pictum).

Fig. 885. — Lastnea Standi&hii.

coup plus belle en plein air; mais, d'autre part, elle ne peut supporter les fi'oids de l'hiver.

Parmi les lastraea ou nephrodium exotiques, la Lastrœa curvata^ la L. opaca ou L. varia, la L. Sieboldii et la L.patens résistent aux froids

les plus rigoureux ; la L. curvata est tout particulièrement rustique. LaL. Standishii (fig. 885), belle fougère originaire du Japon, résiste aux froids de Thiver en plein air, mais peut-être vaut-il mieux la cultiver dans une serre non chauifée.

Les deux Woodwardia, W. orient ait s et W. radie ans ^ vivent dans mon jardin depuis bien des années; néanmoins les tiges sont détruites chaque hiver par la gelée. Ces plantes doivent se plaire beaucoup dans la Gornouailles et dans le Devonshire. La W. radicans est surtout une admirable fougère ; il se forme de petites fougères complètes à Textrémité de ses tiges.

La Doodia aspera (fig. 908) réussit beaucoup mieux en plein air; les feuilles sont alors beaucoup plus belles que cultivées en serre; mais une gelée un peu rude tue cette plante. Je cultive avec succès une ou deux autres petites espèces de Doodia.

La Lomaria alpiîia, la L. alpina major et la L. crinita se développent parfaitement bien; la L, Chilensis (fig. 886) constitue une des plus grandes beautés du jardin. Ses grandes feuilles raides forment un contraste frappant avec le feuillage de toutes les autres fougères;

%88ô. — Lomaria chilensis Fig.SSj. — Struthiopteris germa:) ica. Fig. 887 a. — Onychium

seiisibile.

pendant Thiver si rude de 1870, son feuillage a été détruit, mais il persiste ordinairement toute l'année. Quand les frondes sont détruites en hiver, de nouvelles paraissent au printemps.

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La Struthiopteris est une des plus magnifiques de toutes les fougères rustiques. Les botanistes décrivent deux espèces, la S. germanica (fig. 887 ) et la S, Pensylvanica ; quant à moi, il m'est impossible de distinguer Tune de l'autre et je crois que ces deux espèces différentes ne sont réellement qu'une seule et même plante. La Struthiopteris est une des premières fougères qui pousse au printemps et aussi une des premières qui disparaisse en automne. Sa forme générale est celle d'un volant au centre duquel poussent les frondes fécondes. Malgré cette habitude de croissance, ses racines pénètrent de toutes parts et cette fougère forme de véritables petites forêts ; elle atteint une hauteur de trois pieds et je la considère comme une des plus belles de mes plantations en plein air. J'en possède une grande quantité et je recommande à quiconque cultive les fougères de s'en procurer beaucoup aussi.

De toutes les fougères acclimatées, les Adiantum sont peut-être les plus belles qu'il y ait. J'ai déjà dit que V Adiantum capillus Veneris pousse sous notre climat avec quelques difficultés. V Adiantum formosum résiste aux gelées les plus rigoureuses, mais ses tiges n'ont que deux ou trois pouces de hauteur. V Adiantum pedatum^ variété originaire de l'Amérique septentrionale, devient, au contraire, d'une beauté surprenante ; ses frondes atteignent environ un pied de hauteur. Cultivée en plein air, c'est non-seulement la plus belle des Adiantum, mais aussi une des fougères les plus charmantes qu'il y ait. J'en possède de nombreux spécimens et je ne saurais trop la recommander, bien que, malheureusement, elle ne soit pas aussi communément cultivée qu'elle le mérite.

UAthyrium ou Asplenium goldianum, variété Pictum (fig. 884 â), est une fort jolie fougère, mais qui n'atteint pas une hauteur suffisante pour avoir une grande importance ; toutefois, les spécimens isolés sont charmants. La Nothochlœna Marantœ est une autre fougère charmante qui résiste aux hivers les plus rigoureux.

UOnychium sensibile (fig. 887 a) , dont les frondes deviennent brunes dès qu'on les touche ou dès qu'elles sont exposées aux rayons du soleil, résiste aussi bien à notre climat que les fougères anglaises les plus communes. Je cultive aussi quelques plants de VOnychium japonicum (fig.

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MES FOUGERES 3g3

897 a) ; mais cette fougère ne réussit pas aussi bien en plein air que Paffinnent quelques personnes.

LdiDavallia novœ \elandiœ résiste à la plupart de nos hivers et la magnifique Tbrfea/?e//wci<ia à quelques-uns. Mais la Todea pellucida^ la Todea superba et la splendide Hymenophyllum demissum résistent parfaitement au froid si on prend soin de les recouvrir d'une simple cloche.

Cette liste comprend presque toutes les fougères exotiques qui résistent à notre climat, et je ne crois pas qu'on arrive à en introduire beaucoup d'autres. Je possède beaucoup de fougères que je plante en plein air en été et que je conserve en serre pendant l'hiver. Ce système convient admirablement à beaucoup de fougères arborescentes. Je plante régulièrement chaque année en plein air la Cyathea tnedullaris^ dont les frondes atteignent une hauteur de plusieurs pieds, et cette plante se trouve très bien de ce traitement.

Les Woodwardia sont heureuses quand elles quittent la serre pour venir respirer Tair pur du jardin; VHypolepis repens des tropiques pousse avec beaucoup de vigueur en plein air pendant les mois d'été. Le Platfcerium alcicome^ si souvent attaqué dans la serre par les inseaes, est très vigoureux lorsqu'il se trouve dans la forêt des fougères ; kPteris vespertilionis et la Todea af ricana^ profitent beaucoup de leur séjour en plein air. Il est probable que la plupart des fougères exotiques que nous cultivons se porteraient beaucoup mieux si on les plaçait du premier juin au premier octobre dans le jardin; j'ai l'intention de faire cet essai sur chaque espèce à mesure que je pourrai me procurer des spécimens doubles. Je suis d'autant plus fondé à le croire, que j'ai fait cet esssai, qui m'a parfaitement réussi, pour une fougère de l'Inde, la Pteris argyrcea.

Je ne possède qu'une serre pour les fougères; mais, comme je l'ai déjà expliqué, je l'ai disposée de façon à avoir tous les degrés de température, depuis la chaleur de l'équateur jusqu'à la plus basse qui convienne à ces plantes. Cet arrangement me permet de cultiver les fougères les plus importantes de tous les pays, disposées de façon qu'on puisse les embrasser toutes d'un coup d'œil

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(voir planche 19). Toutefois, l'expérience m'a prouvé que les fougères qui peuvent vivre d'une façon permanente en plein air, ou qu'on peut sortir pendant l'été, réussissent mieux que celles qui restent toute l'année enfermées dans la serre. Je cultive quelques fougères de serre, dans de la tourbe, au milieu de blocs de grès, mais la température naturelle du sol du ruisseau qui traverse la serre, est peut-être un peu trop basse pour qu'elles y croissent vigoureusement. Ces conditions diminuent un peu le succès que je pourrais avoir dans cette culture, et je ne saurais trop recommander à ceux qui construisent une serre de se rappeler que les fougères exotiques exigent un sol très chaud. Les fougères poussent facilement, mais ma collection a beaucoup souffert du traitement d'un jardinier qui avait négligé de remplir les conditions nécessaires à leur existence. Je les cultive, la plupart, dans des pots arrangés de façon qu'ils se voient peu ; aussi la première impression qui saisit le visiteur, quand il entre dans cette serre, est qu'il se trouve en présence d'un paysage naturel sur lequel on a jeté une couverture de verre.

Je cultive beaucoup de fougères dans des corbeilles suspendues ou dans des paniers disposés de manière qu'on puisse les accrocher aux piliers ou aux murs de la serre.

La terre que j'emploie ordinairement pour la culture des fougères en pots se compose de tourbe mélangée à du sable grossier et à des morceaux de pots brisés. Le sable que Ton trouve dans notre voisinage immédiat est trop fin pour cette culture, je dois donc çn faire venir de Reigate ou de quelques parties du Bedfordshire, et je choisis toujours des sables qui remontent à une époque antérieure à la formation des dépôts de craie. Il est probable que le grès du Devonshire serait encore préférable en ce qu'il contient une certaine quantité de potasse. Je n'ai jamais osé donner directement de la potasse ou d'autres sels, quels qu'ils soient, à mes fougères; cependant les cendres de ces plantes contiennent de la potasse, mais on ne sait pas la proportion exaae que contient chaque espèce.

Ma serre à fougères, bien que très simplement construite, est réellement un lieu enchanteur, et ceux qui y entrent pour la première fois

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MES FOUGÈRES . 3o5

nepeuvent retenir un mouvement d'admiration. Les briques rouges des sentiers, les fleurs rouges que j'ai disposées çà et là, forment un magnifique contraste avec le feuillage vert des fougères; puis, il y a beaucoup de ces dernières que j'ai apportées dans ma poche et qui sont devenues aujourd'hui si considérables qu'on peut s'asseoir à leur ombre.

Chaque pilier, chaque poutre du toit, est recouvert par une plante grimpante et il y en a toujours quelques-unes en fleurs. Aussi l'idée d\in printemps étemel est-elle réalisée dans cette serre, que l'on trouve belle, même quand la campagne resplendit de fleurs et de feuilles nouvelles. Qu'est-ce donc quand on passe le seuil de la porte en quittant la neige qui couvre le sol et qu'on vient de se sentir pénétré par les vents froids de l'hiver ? Quel horticulteur pourrait donc se passer d'une serre à fougères ? Anciennement, au centre même de Londres, à Finsbury- Qrcus, j'avais une petite serre dans laquelle je cultivais toutes les fougères anglaises; il ne faut donc pas s'imaginer qu'il soit nécessaire d'aller à la campagne pour avoir une serre à fougères et toutes les jouissances qu'elle procure.

Il est indispensable que l'atmosphère soit, dans ces serres, plus humide que dans les serres ordinaires ; j'ai fait disposer dans la mienne des réservoirs placés sur les tuyaux d'eau chaude. En outre, un petit ruisseau traverse toute la serre et forme au centre un petit lac, de sorte que l'air est toujours chargé de vapeurs aqueuses.

Bien que l'humidité soit nécessaire à la croissance des fougères, je ne saurais recommander cependant une humidité constante ; ces plantes, en effet, se portent mieux si, quand elles ont fini leur croissance, on leur donne plus d'air, plus de lumière et plus de sécheresse. Il faut laisser coniplétement reposer les fougères pendant deux mois au moins, novembre et décembre ; on y arrive en abaissant un peu la température de la serre, en diminuant la vapeur d'eau en suspension dans Tatmosphère, et en cessant l'arrosage.

Les fougères que je cultive dans ma serre représentent beaucoup d'espèces et un nombre considérable de genres. Je les décrirai dans Tordre établi dans l'excellent ouvrage de Sir W. J. Hooker et de

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S^ô . MON JARDIN

M. Baker; Je me permettrai une seule remarque relativement à cet excellent livre : j'aurais désiré que les genres fussent plus complètement divisés.

J'ai cultivé les Gleichenia; mais ces plantes exigent beaucoup d'air et de lumière, et l'atmosphère de ma serre est trop lourde pour elles. Ce sont des fougères très élégantes qui atteignent une taille considérable. J'ai cultivé aussi la Gletchetiia Speluncœ, la G. microphylla et la G. flabellata. Il est difficile de les propager, car on ne peut diviser les racines; ce sont par conséquent des plantes assez dispendieuses.

La grande famille des Polypodiacées m'a fourni de nombreuses espèces.

J'ai cullivé le Cyathea arborea^ magnifique fougère arborescente originaire de la Jamaïque; m.ais ma serre est trop froide pour cet arbre et il est mort. Les jardins de Kew possèdent d'admirables spécimens de cette fougère. Le C. dealbata^ de la Nouvelle-Zélande, est presque rustique et aime beaucoup à se trouver en plein air en été. Cest une magnifique fougère, peut-être une des plus belles fougères arborescentes, car le côté inférieur des feuilles est argenté et tout particulièrement beau. Le plus beau spécimen que j'aie vu se trouve chez M. Backhouse, à York. On en importe de temps en temps de grands

Fig. 888. — Cyathca rocdullaris. Fig. 889. — Cyathea Schicdei.

spécimens. Le C. tnednllaris (fig. 888) est une autre magnifique fougère

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MES FOUGERES 397

originaire des îles du Paci6que; ses frondes atteignent de dix à quinze pieds de longueur. Les rejetons de cette fougère atteignent une très grande taille, et, comme je Tai déjà dit, je puis m'asseoir à Tombre d^un arbre de cette espèce que j'ai apporté dans ma poche il y quelques années.

Le C princeps^ du Mexique , est aussi fort beau, mais il faut le cultiver dans les parties les plus chaudes de la serre. Le C. Schiedei (fig. 889) est une tougère très gracieuse; la face inférieure de ses frondes est magnifiquement argentée; je ne saurais trop recommander cette plante.

Le genre Alsophila me fournit deux espèces : VAlsophila ans traits (6g. 890) et VA . capense^ qui tous deux se plaisent en plein air pendant

Fig. 890. — Alsophila australls. Fig. 891. * Dicksonia squarrosa.

les mois d été. J'ai exclu de la serre VOnoclea sensibilis et le Struthi opteris germamca (fig. 887) qui poussent beaucoup mieux en plein air.

La Dicksonia antarctica est une magnifique fougère arborescente presque rustique. On la multiplie facilement en semant les spores, et au bout de quelques années on obtient un fort bel arbre. Le docteur Hooker m'a conseillé de ne pas couper les tiges mortes, mais de les laisser retomber sur le tronc, ce qui donne à la plante un aspect pittoresque tout particulier.

Je cultive aussi la D, squarrosa (fig. 891). Kaulf donne le nom de

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Cibotium à quelques espèces de Dicksonia ; au nombre de ces espèces, je

cultive la Dicksonia Barometi (Sg- 892), d'Assam, que Ton appelle aussi Tagneau de Tartarie. Les frondes de cette fougère sont admirables. On a imaginé de couper sa tige principale et toutes les autres tiges, sauf quatre que Ton coupe aussi à une petite distance de leur point de jonction avec la tige principale; on obtient alors une figure qui ressemble à un agneau et

FiR. 892. — Dicksonia Baromctz. Fig. 893. — Agneau de Tartarie.

on s'est amusé à dire que c'est une production à moitié végétale, à moitié animale, qui se nourrit d'herbe. Cet agneau est représenté dans l'ouvrage d'Evelyn intitulé a Sylva, » et des spécimens existent au British Muséum, au musée Hunterian et au Collège des médecins. La fig. 893 représente un de ces agneaux. Je cultive aussi la D. Jibrosa que l'on regarde comme une variété de la D. antarctica.

J'ai essayé de cultiver quelques fougères à écailles, mais dans une très petite mesure, parce qu'il est extrêmement difficile de s'en procurer des plants. Ces fougères veulent être abritées contre les rayons directs du soleil, mais il leur faut en même temps beaucoup de lumière et beaucoup d'humidité; elles ne supportent aucun changement dans rétat hygrométrique de l'atmosphère. La chaleur qui leur est nécessaire dépend du pays d'où elles sont originaires, mais toutes celles qui ont besoin de chaleur artificielle doivent être recouvertes par une cloche, pour assurer l'égalité hygrométrique de l'air. VHymenophfllum demisssum (fig. 86i), de la Nouvelle Zélande, est peut-être celle de ces fougères qui se cultive le plus facilement, surtout recouverte

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d'une cloche. Je possède VH. iavanicum sous les noms de H. flexuo^ sumci de H. crispatum; VH. ciliatum de T Amérique tropicale et ÏH, asplenioides originaire du même pays.

Je cultive deux Hymenophyllums anglais, VH, Timbridgense (fig. 863) et VH. Wilsoni ; elles sont dans la serre et protégées par une doche. M. Backhouse, d'York, a une splendide collection de fougères à écailles; il réussit très bien dans cette culture; ses plantes sont si belles qu^elles valent le voyage d'York. Il en cultive beaucoup dans une grotte surmontée d'une toiture en verre. Il y en a aussi une magnifique collection à Kew. Le Révérend A. Johnson et M. Gooper Forster cultivent aussi ces admirables plantes au centre même de Londres.

Je cultive dans la serre le Trichomanes speciosum (fig. 864), qui ressemble à THymenophyllum par le caractère transparent des membranes de la feuille et qui exige le même mode de culture. On a n'cemment trouvé cette fougère dans le pays de Galles, mais on m'assure que tous les plants ont été enlevés en quelques jours. Je possède aussi

Fig. 895. — Trichomanes renitorme.

^HJ î)94-— Trichomanes Luschnatianum.

Fig. 896. — Hypolepis repcns.

un plant du T. Luschnatianum (fig. 894) originaire des montagnes du Brésil ; cette fougère m'a été donnée par M. Backhouse, qui obtient de magnifiques spécimens, en faisant grimper les plantes le long de tubes en faïence; le docteur Hooker pense que cette plante est une

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variété du T. radicans. Je cultive aussi le T. pyxidiferum^ originaire de TAmérique méridionale. J^ai essayé, mais sans succès, l'admirable T. reniforme (fig. 895). originaire de la Nouvelle-Zélande; mon peu. de succès provient probablement de ce que la plante était trop faible. Ces fougères coûtent fort cher et elles sont très difficiles à élever; néanmoins, leur exquise beauté qui surpasse de beaucoup celle de toutes les autres fougères, en fait des plantes'fort désirables, et un horticulteur pourrait être heureux s'il possédait une collection unique composée de ces plantes.

Le genre Hypolepis noua donne l'admirable Hypolepis repens (fig. 896), originaire de l'Amérique tropicale. Cette fougère pousse très facilement, et les spores végètent dans toutes les parties de la serre. Il faut avoir soin de les exterminer, car elles envahiraient bientôt toute la serre. Je possède aussi VH. tenuifolium de Java et T//. distans de la Nouvelle-Zélande.

J'ai beaucoup de Cheilanthes. Ces fougères aiment l'air et la lumière. Je cultive le Cheilanthes laniiginosa^ originaire de l'Illinois; le C. lendigera du Mexique, le C argentea du Japon, leC.spectabilis et le C. elegans (fig. 897), qui est une fort belle fougère. Nos spécimens

Fig. 897. — Cheilanthes çlegans.

Fig. 897 a. — Onychium Fig. SgS.— Platyloma flexuosa.

japouicum.

A^ Onychium japonicum (fig.897 a), ainsi que ceux du Cryptogramma crispa^ se plaisent mieux en plein air que dans la serre. La Pellœa

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MES FOUGERES 401

roiundifolia^ à laquelle Smith donne le nom de Platylotna rotundifolia^ a des tiges plus vigoureuses quand elle est cultivée en plein air, mais elle ne résiste pas aux hivers un peu rudes, La Pellœa ou Platylomaflexuosa (fig. 898). a des frondes d'un vert tout particulier; c'est une fort jolie espèce à mettre dans une corbeille, car ses frondes retombent de toutes parts.

Le genre Pteris comprend un grand nombre d'espèces originaires de toutes les parties du monde ; j'en ai de nombreux spécimens. Li Pteris cretica , originaire d'Italie , résiste aux froids de l'hiver •en Angleterre ; il en est de même de la jolie fougère de Chine, la P.serrulata. Bien que fort commune, cette dernière fougère se multiplie si facilement et est si jolie qu'on ne saurait trop l'employer comme ornement. Il y a des variétés à aigrette, qui sont extrêmement belles. La P. tremula est une grande fougère originaire d'Australie, qui réussit très bien en plein air pendant l'été et qui se multiplie facilement. La P. aquilina^ qui pousse dans le monde entier; réussit aussi bien dans la serre .qu'ay dehors; si cette fougère était rare, on Testimerait beaucoup. La P. scaberula de la Nouvelle-Zélande est fon jolie; elle' aime beaucoup à séjourner en plein air pendant Tété.

La P, argyrœa^ qui porte une bande blanche sur ses feuilles, et la P. iricolor (fig. 899) sont, selon le docteur Hooker, des variétés de 1 P-quadriaurita; fougères fort belles et se cultivant facilement. La P. vespertilionis^ appelée aussi P. incisa ou Litobrochia vespertilionis, est une fougère très élégante qui atteint une grande taille et qui pousse vigoureusement en plein air pendant Tété. Les frondes de la P. longifolia atteignent une longueur de trois pieds; la P. umbrosa tst une magnifique fougère d'Australie ; la couleur de ses frondes est

remarquable; ses frondes fécondes ont pîg. 899. -Pteris uicoior.

quatre pieds de haut, mais sont un peu plus minces que les frondes stériles, qui n'ont guère que deux pieds

Smec Mon Jardin. ^^

de haut. La P. palmata ou Doryopteris fiobilis^ originaire de l'Amérique tropicale, est une magnifique fougère, mais qui meurt facilement si on n'en prend pas beaucoup de soin. La P. sagittifolia de Rio-Janeiro est une plante très curieuse.

Je cultive beaucoup d'espèces de Davallias, genre magnifique de fougères. On dit que l'on cultive en Angleterre depuis plus d'un siècle et demi la Davallia canariensis. Cette plante ne supporte pas le froid de l'hiver, mais elle aime beaucoup l'air et la lumière, et tes rayons du soleil ne semblent pas l'incommoder. La D. Novœ Zelandiœ est une autre magnifique espèce qu'on ne peut laisser dehors en hiver, mais* qui se.plaît beaucoup dans le jardin pendant l'été. La D. pyxidata^ originaire d'Australie, a des tiges fort raides; la D, bullata (fig. 900), la D. dissecta^ la D. Lindleyi^ la D.pentaphylla^ la Z). tenuifolia font admirablement quand on les place dans des corbeilles suspendues au plafond. La Z). alpina est aussi une petite espèce intéressante.

Je ne cultive pas de Cystopteris dans la serre, bien que j'en cultive quatre espèces en plein air, c'est-à-dire : la C.fragilis^ espèce anglaise; la C. alpina d'Ecosse; la C. bulbifera (fig. 883) de l'Amérique du Nord, et la C. montana (fig. 869) d'Ecosse.

Je cultive une seule Lindsaea, la L. cultrata (fig. 900 a), originaire du nord des Indes.

Le genre Adiantum comprend de nombreuses espèces dont quelques-

Fig. go I. — Adiantum renifonn Fig. 900. — Davallia bullata. Fig. 900 a. — Lindsaîa

cultrata.

unes constituent le plus bel ornement de la serre; j'en cultive beaucoup.

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MES FOUGERES 4o3

VA, rentf orme (fig. goi) de Madère est assez difficile à cultiver. Probablement, cette fougère voudrait-elle plus d'air et moins d'humidité qu'il n'y en a dans la serre -, ses feuilles en forme de rognons sont tout particulièrement remarquables. VA. trape\iforme de T Amérique tropicale a un magnifique feuillage ; il faut le placer à l'extrémité la plus chaude de la serre; c'est là une de ces plantes dont on ne saurait se passer. VA. cultratutn est une variété fort remarquable ; ses feuilles sont bordées de rouge quand elles sont toutes jeunes . Je cultive aussi l'yl. pentadactylon ; VA. intermedium de l'Amérique tropicale ; ÏA.formosum de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande, belle fougère aux larges feuilles qui convient très bien pour décorer une serre ordinaire, mais trop commune pour la serre à fougères ; 1'^. macrophyl^ lum du Mexique dont les frondes sont magnifiquement frangées de rouge pendant leur croissance ; 1'^. Capillus- Veneris qui, bien que répandu dans le monde entier, doit toujours trouver sa place dans la serre à fougères; VAxoncinnum., autre espèce commune, mais très belle; l'ié. tenerum^ remarquable en ce qu'elle produit une variété qui est peut^tre la plus belle de toutes les fougères, appelée l'-^. Farlcyense (fig. 902). Les spores de VA. Farleyense ne reproduisent pas la niême plante et on s'expose à la faire périr en la divisant. M. Smith, un des directeurs des jardins de Kew,m'a recommandé de la planter dans un sol très riche ; je n'en ai qu'un tout petit plant, qui est loin d'être comparable aux splendides spécimens qui existent à Kew et dans la pépinière de M. Veitch .

VAdiant'tm cutieatum (fig. 903 ) est une fougère qui .'emploie beaucoup pour décorer ^'«- 9^^- - Adiautum Farkyeuse la salle à manger. Tout le monde l'admire et, bien qu'elle soit originaire du Bré sil, elle est tout aussi rustique chez moi que 1'-^ . CapilluS" VenenV{fig. 862). VA.Julvum (fig. 904) est extrêmement joli quand il déroule ses jeunes frondes écarlates; on le multiplie facilement en en semant les spores. VA. Feei est une variété intéressante, très distincte

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du genre auquel il appartient ; je possède un beau plant de cette espèce qiii réussit très bien dans mon jardin. VA. pedatum ne se plaît pas

Fig, 9o3, — A. cunettum. Fig. 904.. — A. fulrum.

autant dans la serre qu'en plein air où il atteint des proportions considérables. LM. tinctum est admirable au printemps; VA. lucidum^ originaire des Indes occidentales, est une belle fougère dont les frondes atteignent de neuf à quinze pouces de longueur; VA, curvatum est aussi une belle fougère qui réussit très bien dans ma serre, mais qui ne pousse pas facilement dans toutes les situations.

Les Lomarias poussent les unes dans la serre, les autres en plein air. La Lomaria gibba (fig. goS) est une charmante fougère arborescente très décorative ; elle est originaire de la Nouvelle-Calédonie et n'a besoin, par conséquent, que d'une chaleur modérée ; elle doit trouver sa place dans toutes les serres. La L. attenuata est une belle fougère à laquelle on peut avec un peu de soin faire prendre la forme

Fig, 905. — Lomaria gibba. Fig, 906. — BIcchnun) orientale.

arborescente. La /-. Banksii, originaire de la Nouvelle-Zélande, est toute petite, mais très jolie. La L, Patcrsoni est une fougère remar-

MES FOUGERES 405

quable; ses frondes fécondes sont minces, ses frondes stériles sont plus larges; la L. gigantea est une espèce distincte, originaire d'Amérique. Je cultive en plein air la L. spicant^ la L. minor et la L. alpina.

Les Blechnums sont de magnifiques fougères qui atteignent presque toutes une taille considérable. Le Blechnum brasiliense, qu'on appelle aussi B, corcovadense, se multiplie facilement au moyen de ses spores; c'est une belle fougère. Le B. occidentale^ originaire d'Amérique, et le B. orientale (fig. 906), originaire d'Australie, sont de belles fougères dont la culture est facile. Le B, nitidum^ variété contractum, est aussi une belle plante. Les jeunes frondes de tous les Blechnums sont nuancées de rouge.

Le genre Woodwardia se distingue par deux espèces splendides. La W, radicans (fig. 907), originaire de Madère, sur les frondes de laquelle s'élèvent de nombreuses autres petites plantes, et la W. orientalis du Japon, qui offre la même particularité. Ces d^ux espèces vivent en plein air dans mon jardin, mais il vaut mieux les rentrer en

Fig. 907.— Woodwardia radicans. Fig. 908. — Doodia aspera.

serre pendant l'hiver. La W. radicans a des frondes splendides qui atteignent plusieurs pieds de longueur.

Je cultive la Doodia aspera (fig. 908), petite fougère arborescente, originaire d'Australie, en plein air, dans ma serre à fougères et dans une petite serre de Ward dans ma salle à manger. Les frondes nouvelles de cette fougère sont teintées de rose; c'est une des variétés les plus gracieuses qu'il y ait. La Z). caudata d'Australie n'offre aucune importance, elle vit parfaitement en plein air.

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4o6 MQN JARDIN

Les botanistes systématiques décrivent deux cent quatre-vingts espèce d'Aspleniums; j'en cultive un grand nombre en plein air et j'en ai fait aussi un choix pour la serre. Je cultive en plein air les espèces anglaises : A. Adiantum-nigrum^ A. trichomanes^ A. viride^ A. fontanum^ A, Ruta^muraria^ A, septentrionale, A. germanicum. Chose assez singulière, je ne puis cultiver en plein air, ni VA. marinum^ qui supporte facilement la température artificielle la plus élevée; ni VA, fontanum^ ni VA, lanceolatum ^ qui aime la température d'une serre ordinaire. VA, Filix-fcemina (fig. 877) et ses centaines de variétés ornent toutes les parties de mon jardin, mais elles ne peuvent pas supporter l'atmosphère plus épaisse de la maison ou de la serre. UA.fragrans^ variété de VA. australasicum, est assez difficile à cultiver. UA, flabellifolium d'Australie est une charmante espèce; je l'ai cultivée longtemps dans ma salle à manger. VA , viviparum ressemble un peu au persil. L'une de ses espèces a des écailles très curieuses qui, vues au microscope, sont extrêmement jolies; la figure 909 représente une de ces plantes qui pousse dans mon salon et que M. Smith a bien voulu dessiner; on aperçoit les petites écailles sur la feuille, on les a représentées aussi grossies vingt fois en diamètre. Je cultive aussi VA canariense^ jolie variété de VA.prœmorsum; VA. niti- ^'^'e^^l^^^^\^^ dum;VA. laceratum à la forme élégante; VA, «ro»»*^^ ^o fois en di«n). caudatum , originaire d'Australie, dont les frondes ont environ dix-huit pouces de long et qui réussit parfaitement dans la serre; VA. Belangeri^ belle fougère originaire de l'Archipel malais; VA. macilentum^ jolie variété veinée de VA. auritum; VA, attenuatum^ fougère à feuilles raides, originaire de Queensland; VA, formosum^ plante très gracieuse; VA.Jlabellatum^cYïdiVmdintt variété de VA. rhi^ophorum^ originaire de l'Amérique tropicale.

Les frondes de 1'^. macrophfllum ne ressemblent en rien à celles des espèces que j'ai décrites jusqu'à présent ; cette plante ressemble même à peine à une fougère et ce contraste la rend d'autant plus intéressante. VA.Jalcatum est une gracieuse fougère, originaire du Japon,

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MES FOUGERES 407

qui réussit mieux en plein air que dans la serre. UA, dtspersum^ originaire de TAmérique tropicale, fait un fort joli effet dans une corbeille suspendue, bien que ses frondes n'excèdent pas neuf pouces de longueur.

VA, Serra est une belle espèce, originaire de TAmérique tropicale. VA, ntdus^ variété australasicum (fig. 910) est une belle espèce au feuillage large et charnu, disposé régulièrement autour d'un centre; on peut la cultiver en plein air pendant Tété. ISA, bulbiferum est une fougère commune de la Nouvelle-Zélande, qui se plaît aussi en plein air pendant Tété.

Fig. 910. — Asplenium nidus. Fig. 910a. — Campto8oru8 Fig. 911. — Actinioptcris

rhyzophyllus. radiata.

VA, Ceterach^ ou comme on l'appelle ordinairement, le Ceterach officinariim (fig. 868) pousse difficilement dans la serre, mais réussit admirablement en plein air, comme je crois, d'ailleurs, l'avoir déjà dit.

V Actiniopteris radiaia (fîg. 911), originaire de l'Inde, est une espèce remarquable, la seule connue jusqu'à présent du genre actiniopteris; elle ressemble absolument à un palmier en miniature, j'en possède un seul plant; on m'a dit qu'elle aime beaucoup la lumière et qu'il faut la conserver très sèche pendant certaines saisons de l'année, alors qu'elle se repose.

Le Scolopendrium de nos forêts anglaises (fîg. 867) et ses nombreuses variétés réussissent très bien en plein air. Une autre espèce, le S, rhi-ophfllum (fig. 910 a), ou comme on l'appelle quelquefois le Camptosorus rhi\ophyllus est une fougère intéressante de l'Amérique an-

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4o8 MON JARDIN

glaise : une nouvelle plante se forme, dans cette variété, à Textrémité de la fronde.

Je cultive dans la serre une belle fougère appelée la Didymochlœna lunulata (fig. 912), originaire de TAmérique tropicale, dont les frondes ont un lustre métallique.

Cette plante, quand elle n'est pas en bonne santé, incline ses tiges, ce

.... ... Fig. 912. — Didyinochlsna lunulata.

qui lui donne un air très piteux.

Le genre Aspidium nous fournit l'admirable A. aculeatum qu'on rencontre dans le monde entier. Ce genre comprend beaucoup d'autres varj^étés, au nombre desquelles je puis tout particulièrement citer VA.proliferum^ originaire d'Australie, fougère très élégante que Ton peut indifféremment cultiver en serre ou en plein air; on l'appelle souvent aussi Polystichum angulare (fig. SyS); 1'^. lonchitis (fig. 874), originaire des montagnes d'Ecosse, belle fougère pour les serres ordinaires ou pour les plantations en plein air ; V A.falcatum^ ordinairement appelé Cyrtomium falcaium^ fort utile pour la décoration des serres, mais qui réussit rarement en plein air.

U Aspidium coriaceum ou Polypodium capense^ comme on l'appelle quelquefois, est une belle fougère aux frondes rigides, a3^ant de un à trois pieds de longueur.

Le genre Nephrodium, dans lequel Hooker et Baker comprennent toutes les Lastreae , est très considérable et nous fournit plusieurs espèces importantes. Le A^. Sieboldii du Japon est une belle fougère presque rustique; le A^. païens^ belle fougère aussi, se multiplie facilement. Nous trouvons aussi dans ce genre l'admirable A^. thelyptC" ris (fig. 876); le A^. oreopteris que Baker appelle montanutn; le A^. JiHx-mas (fig. 875), qui a une distribution géographique très étendue et beaucoup de variétés; le A^. cristatum; le A^. spinulosum^ avec ses variétés ; le A^. dilatai um; le A^. œmulum^ qui répand une légère odeur de foin coupé; toutes ces espèces se cultivent en plein air. Le A^. molle (fig. 91 3) est une fougère très commune que l'on peutem-

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MES FOUGERES 409

ployer dans des endroits où ne veulent pas pousser des plantes plus

Fig. 9i3. — Nephrodium molle. Fig. 914. — Oieaadra articuUta.

remarquables. Le A^. sanctum, originaire des Indes occidentales, est une fougère délicate, touffue et très élégante.

VOleandra articulât a (fig. 914), originaire des Indes orientales, est une de mes plantes favorites.

Hooker et Baker ont réuni plusieurs espèces en un grand genre auquel ils ont donné le nom de Polypodium ; ils ont placé dans ce genre trois cent quatre-vingt-neuf espèces qui ont des verrues sur le derrière de leurs frondes, ce qui produit un très joli effet. Le Polypodium Phegopteris se plaît mieux dans une serre ordinaire ou en plein air que dans la serre à fougères; le P. hexagonopterum , originaire du Canada, réussit très bien en plein air, ainsi que le P. dryopteris. On considère comme une variété de cette dernière espèce le P. calcareum ou Robertianum^ qui se plaît beaucoup dans la serre à arbres fruitiers.

Le P. alpestre et sa variété le P. Jlexile^ sont fort jolis ; le P. vulgare^ qui pousse en si grande abondance dans nos campagnes, est très remarquable à cause des verrues dorées qui recouvrent toute la partie postérieure de ses frondes (fig. 870); le P.plumula est une gracieuse fougère; le P. squarrosum est une petite fougère aux Fig.9i5.- Polypodium verrucosum. ^jg^g traînantes dout les frondes ont deux

ou trois pouces de longueur; le P. verrucosum (fig. 91 5), originaire des îles Philippines, est une fort belle espèce; le P. appendiculatum a des

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frondes ayant environ deux pieds de long, qui sont teintées de rouge quand elles sont jeunes; il est originaire de l'Himalaya oriental; le P. lycopodioides^ appelé aussi Phymatodes lycopodioides ^ est une charmante fougère à placer dans une corbeille; on peut en dire autant du P, liniatum. Le Polypodium ou Goniopholebium squama^ tutn^ originaire des Indes occidentales; le Polypodium ou Goniopholebium subauriculatum^ originaire de Malacca, et le P. Reinwardii , aux frondes ayant deux à trois pieds de longueur, sont toutes des fougères à feuilles retombantes qui font un charmant effet dans des corbeilles suspendues au plafond. Le P. refractum a des frondes transparentes ayant de un à deux pieds de longueur; le P. lonceum^ originaire du Mexique, a des feuilles atteignant de douze à dix-huit pouces de longueur; le P. Fortunei^ originaire de Chine, a des frondes stériles qui atteignent de deux à trois pouces de longueur; mais ses frondes fécondes atteignent de douze à dix-huit pouces de longueur.

Le P. adnascens^ originaire de Tlnde, est une fougère distincte. Il porte des frondes stériles et des frondes fécondes ; ces dernières ont de six à douze pouces de longueur. Le P. Gheisbreghtii^ originaire du Mexique méridional , a un aspect tout particulier ; c'est à peine s'il ressemble à une fougère ; le P. repens est aussi originaire du Mexique; h P. persicœfolium est une jolie fougère de suspension; ses frondes ont trois pieds de longueur. Le P. stigmaticum est originaire de la G)lombie; ses frondes atteignent aussi une longueur de trois pieds environ.

Lq P.Jilipes {ûg, 916) est une jolie petite espèce qui s'établit en parasite sur le tronc des fougères arborescentes ou qui grimpe sur le tronc des arbres. Le P.Heracleum est une belle plante originaire de Java et des îles Philippines ; le P. piloselloides est une petite espèce distincte; on la cultive dans un plat; elle est originaire de THimalaya. Le P. mnsœfoliiim est remarquable'par la nervure de ses frondes qui ont de un à trois pieds de long. Elle est originaire des îles ^.^ 9,r.-"p'^ium Malais ; bien développée, c'est une fougère magni- ^''^*

fique, mais il faut en avoir grand soin, car elle périt facilement. Il lui

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faut beaucoup de lumière, et on doit changer de temps en temps le sol tourbeux dans lequel elle pousse.

Les Nothoclœna constituent un joli genre de fougères dont les frondes ordinairement petites ne dépassent pas un pied de longueur. La A^. mVe^ est une très belle espèce originaire des Andes; son feuillage est entièrement recouvert d'une poudre blanche.

Je possède plusieurs fougères argentées et dorées, qui appartiennent à ce groupe de plantes charmantes que Ton appelle les Gymnogrammae. On peut dire qu'une des espèces est anglaise, en ce sens qu'elle pousse à Jersey. J'ai vu une grande quantité de ces fougères sur les bords de la Méditerranée; mais leur culture est difficile chez moi. Il faut toujours cultiver le G. calomelamos couvert de poudre blanche et sa variété, le G. chry^ophylla^ recouvert de poudre d'or. En hiver, ces admirables fougères, originaires des Indes occidentales, demandent peu d'eau, et

il faut les placer dans l'endroit le plus éclairé. J'en possède quelques plants qui ont une beauté surprenante. Les semis réussissent bien; mais la plante produite est sujette à varier.

Hg 917. — Gymnograramachryso- Kig. 918.— Meniscium simplex,

phylla.

Le genre Meniscium ne comprend que quelques espèces ; je possède un M, simplex (fig. 918) que je cultive dans une corbeille. Cette plante est originaire de Chine.

Le genre Acrostichum est fort important. VA, crinitiwt (fig. 919), originaire des Indes occidentales, est une plante très intéressante et très remarquable faisant un contraste frappant avec les fougères, qui

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sont pour la plupart si gracieuses et si délicates ; ses feuilles sont couvertes de poils. VA. quercifolium porte des frondes qui ressemblent à la feuille du chêne.

Les Platyceriums constituent un genre remarquable dont les espèces apportent beaucoup de diversité dans les plantations de fougères. Le

V\'j^ 919.— Acrostichum Fig. 920 — Platycfrium alcicorne. Fig. 930 a, — Platyccrium

crinitum. grande.

P. alcicorne (fig. 920), originaire de l'Australie, est une plante aujourd'hui commune, que Ton peut cultiver en plein air pendant Tété. Celte fougère aime l'air et la lumière. Plantée dans une corbeille suspendue, les racines poussent de nombreuses tiges , et on arrive à avoir une accumulation considérable de plantes. Le P, grande est une magnifique plante originaire d'Australie; cette fougère est devenue assez rare, mais je ne saurais dire pourquoi. Un beau spécimen est un objet admirable de tout point. On peut multiplier cette fougère en seniant les spores, et j'ai vu de beaux plants obtenus de cette façon au jardin Botanique à Florence. Je possède aussi le P. œthioptcum^ originaire de la côte de Guinée. J'ai toutes les espèces de Platyceriums (on en connaît cinq); les frondes stériles diffèrent des tiges fécondes; ces dernières ressemblent un peu au bois du cerf; toutes forment des plantes très belles et très intéressantes.

Le genre Osmunda ne comprend que six espèces sur lesquelles j'en possède trois : TO. regalis^ ainsi que sa variété, l'O. gracilis (fig. 88 1 ), originaire d'Amérique ; l'O. Claytoniana qu'on appelle aussi O. interriipta (fig. 882) et l'O. cinnamomea^ toutes deux originaires du Canada. Je cultive ces trois espèces en plein air, bien que l'O. cinnamomea et

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ÏO. Clqytoniana soient plus belles quand on les cultive en serre. Le genre Todea ne contient que quatre espèces ; mais elles sont toutes admirablement belles. La T. Barbara ou a/ricana^ comma rappellent quelques botanistes, originaire de la Nouvelle-Zélande, a une tige qui atteint un développement considérable. Il y a une plante de cette espèce dans les serres de Kew, qui a pris un développement tel, qu^elle pèse quelques centaines de kilos; j'en ai vu une autre très grosse au jardin Botanique de Florence.

Les trois autres espèces de Todea reçoivent quelquefois le nom de Leptopteris ; ces espèces ont des frondes membraneuses mou§sues. La r. hymenophylloides est une fougère charmante ; quand elle est âgée, elle a une tige qui ressemble à celle des fougères arborescentes, et les frondes retombent du sommet de la façon la plus élégante. Cette fougue est exposée aux attaques de quelques champignons; elle aime Tair etla lumière. La T, superba (fig. 921), splendide fougère, a été découverte par le capitaine Cook à la Nouvelle-Zélande; elle aussi est souvent attaquée par un champignon parasite. Je cultive ces deux dernières

espèces en plein air, sous cloche, dans

mon saloj^ et dans ma serre à fougères.

Je ne possède pas encore la dernière espèce,

la T.Fraseri. La fig. 922

représente la sporangia

d'une todea.

Toutes les espèces du genre Lygodium sont des Fig 921. - Todea suocrba «» ^je Todea. plantes grimpantes, ce qui

constitue un contraste remarquable avec les habitudes de toutes les fougères. Le L. palmatum (fig. 922 j), originaire d'Amérique, est une belle espèce grimpante que je cultive en plein air dans mon jardin. Le L. scandens (fig. 923), originaire de la Chine méridionale, est une autre espèce grimpante très gracieuse et très élégante. Je cultive aussi le L. volubile^ originaire de Cuba.

Les Anémias ou fougères à fleurs forment un genre tout à fait distinct; elles sont peut-être plus curieuses qu'elles ne sont belles, et ne

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produisent pas grand effet dans une serre. V A.fraxinifolia (fig. 924) montre le caractère de ce genre.

Fig 932 d. • Lygodium Fig. 933.— Lygodium scandens. Fig. 924. — Ancmia fraxinitolîa. 'palmatum.

Je possède un petit plant de la gigantesque Angtopteris evecta (fig. 925) ; cette fougère, originaire de Tlnde, du Japon et de Ceylan, a.

Fig. 935. — Angiopteris cvccta. Fig. 926. — Marattia laxa,

quand elle est bien développée, des frondes qui atteignent quinze pieds de longueur. Je possède aussi un petit spécimen de la Marattia laxa (fig. 926), originaire de la côte de Guinée, autre fougère gigantesque dont les frondes raides atteignent les dimensions de Tespèce précédente.

Je ne possède qu'un seul spécimen de la famille des Ophioglossiacées^ YOphioglossum vulgaiiim (fig. 880) qui pousse très bien en plein air, mais qui ne réussit pas dans la serre. Je cultive deux espèces du genre

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MES FOUGERES 415

Botrychium, le B. simplex^ originaire de rAmériquc septentrionale, et le 5. Lunaria (fig. 879), originaire d'Angleterre.

Le grand botaniste Linnée ne connaissait que 1 80 espèces de fougères ; je cultive aujourd'hui dans mon Jardin plus du double de cette quantité.

Il est extrêmement important pour la culture des fougères de ne les laisser Jamais trop sèches, mais, en même temps, il ne faut pas mettre trop d'eau aux racines ; j'ai perdu beaucoup de plantes parce qu'elles n'ont pas été soignées comme elles auraient dû l'être. Presque toutes les autres plantes supportent les rayons brûlants du soleil ; leurs feuilles, il est vrai, deviennent flasques pendant la journée, mais l'humidité de la nuit leur rend toute leur vigueur; les fougères ne sauraient vivre dans de semblables conditions, il leur faut une humidité uniforme et constante. Mais il n'y a pas de règle sans exception, car, comme je l'ai déjà dit. J'ai vu des ceterach pousser en Italie sur les sommets desséchés des Apennins où cette plante à moitié cuite par le soleil se développe très vigoureusement.

Voici quelques règles générales pour la culture des fougères: elles aiment un sol formé de matières végétales en décomposition, mais non pas pourries; de Thumidité aux racines sans beaucoup d'eau; une atmosphère humide, mais jamais d'eau directement sur les frondes; de la lumière sans les rayons brûlants du soleil ; de l'air frais nriais sans courant d'air. Si l'on remplit toutes ces conditions, on peut espérer amener les fougères à leur plus complet état de développement.

Les fougères se multiplient par division des racines, ou au moyen de bulbes qui se forment sur les feuilles, ou de spores. Pour faire reproduire des spores, il faut employer une méthode toute particulière et ne négliger aucun point si l'on veut réussir. On prend la feuille d'une fougère dont les spores se détachent spontanément, en ayant soin de choisir une feuille qui a été bien exposée à l'air et à la lumière dans un endroit chaud. On sème les spores dans une couche de tourbe humide mélangée à de petits morceaux de briques et de grès; on recouvre le tout d'un globe de verre et on place le pot à l'ombre jusqu'à ce que les spores conimencent à pousser. Quand un spore se met à germer.

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4i6 MON JARMN

il se produit d'abord une membrane couverte de pellicules appelées prothallus (fig. 927), qui ressemble un peu à la Marchantia (fig. 824). Cette membrane pousse des racines qui s'enfoncent dans le sol; elle forme, en outre, deux corps, Tun, le nid de la future plante, l'autre contenant des corpuscules aaifs qui se trouvent en contact avec le nid et le fécondent. Après avoir été fécondé, le bourgeon pousse de petites Fig. 927. - Prothallus. ^^"^1^^^ et se transforme en une plante extrêmement petite; le prothallus disparaît alors. On a recommandé, afin de bien détruire toutes les matières organiques vivantes qu'elle peut contenir, de laver la tourbe à Peau bouillante avant d'y semer les spores.

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