LES CENTIPÈDES ET LES MILLIPÈDES
J'ai souvent observé des centipèdes et des millipèdes, principalement dans le voisinage des pommes de terre et des carottes. On trouve dans
mon jardin le Centipède à trente -deux pattes {Lithobîus forjicatus (fig. ioi5 n** 2), qui a une grosse tête (fig. ioi5 n° 3) et une forte paire de mâchoires. Je ne me rappelle pas avoir vu dans mon jardin le centipède lumineux (Geophilus longicornis^ fig. i o 1 5 n** 1 ), si remarquable à certaines époques par la traînée de lumière qu'il laisse après lui. J'ai observé, cependant, ce phénomène à Londres et dans son voisinage immédiat, et j'ai souvent attrapé l'animal, au moment où il était le plus lumineux.
Fig. ioi5. — Ccntipide.
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Il y a tant de millipèdes dans mon jardin que je ne les ai pas observés tous. J'ai emprunté la gravure ci-contre à Pouvrage de Curtis; elle représente les espèces que nous pouvons nous attendre à trouver. Le n* i (fig. 1016) représente le Juins Londù nensis; il a environ cent soixante pattes. Lesn^ 2 et 3 représentent le Blaniulus guttatus, qui a environ un Fig. 1016. - MUHpède.
demi-pouce de longueur et cent soixante-dix pattes. Le n" 4 représente le Juins terrestris^ et le n* 5, son antenne amplifiée.
•Les n** 6et 7 représentent le Polydesmns complanatns ou millipède aplati. Je ne sais trop quelles sont les fonctions que remplissent ces créatures dans l'économie générale de la nature, bien qu'on en trouve une si grande quantité dans les jardins.
Boisduval afl5rme que le L. forficatns est utile au jardinier. En résumé, il faut encore de nombreuses études avant de comprendre rhistoire naturelle de ces animaux. Koch a représenté de nombreuses espèces.
Quelque bien ordonné que soit un jardin ; quelque bien rempli quUl puisse être des fruits les plus délicieux, des fleurs les plus belles, des légumes les plus choisis ; quelque parfaites que puissent être les dispositions de ses serres ; quelque nombreux que soient ses appareils, le jardinier perd son temps et il ne peut même pas indiquer la cause de son insuccès, sUl ne connaît pas parfaitement les habitudes des inseaes qui habitent son jardin, et s'il ne sait pas ceux qu'il faut protéger et ceux qu'il faut détruire.
J'ai vu bien des fois une planche de melons et de concombres détruite par des insectes qui s'établissent à la surface inférieure des feuilles ; j'ai vu bien des fois toute une récolte dévorée par l'Araignée rouge et bien des fois aussi le Coccus tuer un grand nombre de plantes.
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Quelquefois la larve du hanneton ou du charançon tue une plante en en rongeant les racines ; une larve s'établit quelquefois entre les deux couches d'une feuille ; d'autres larves mangent les parties molles de la plante. D'autres fois, enfin, comme les chenilles dévorent la plante entière.
De grands arbres sont quelquefois détruits par une énorme chenille qui perfore leur tronc dans toutes les directions ; les larves des bourdons font aussi de grands dommages en dévorant le bois nouvellement formé des arbres.
En règle générale, les jardiniers attendent trop longtemps avant de combattre les insectes; aussi faut-il que le maître examine incessamment son jardin et qu'il appelle l'attention de son jardinier sur le moindre donmiage pour que celui-ci puisse adopter des mesures immédiates pour arrêter le mal.
Par desssus tout, le maître et le jardinier doivent savoir quels sont les insectes qu'il faut détruire et quels sont ceux qu^il faut conserver. N'a-t-on pas, par exemple, tué comme nuisible la Bête à Dieu, le plus utile de tous les insectes ; n'a-t-on pas tué aussi l'ichneumon, le grand ennemi des chenilles, sous le prétexte qu'il était nuisible.
Le nombre des espèces d'insectes qui visitent mon jardin est si considérable qu'il serait impossible de les décrire toutes, en admettant même que toutes aient été nommées et classées par les entomologistes. Mais, comme on n'a pas encore fait ce travail pour les insectes de la Grande- Bretagne, je dois me contenter de donner un aperçu des principaux groupes, en indiquant ceux qui sont utiles, ceux qui sont nuisibles et ceux qui constituent un ornement.
Les Hyménoptères sont les premiers insectes sur lesquels je doive appeler l'attention ; ils sont ailés comme les abeilles, les guêpes et les ichneumons. L'insecte parfa't a quatre ailes, de fortes mâchoires et un aiguillon à la queue. Les larves de quelques espèces ressemblent au ver
blanc, celles de la guêpe par exemple ; les larves d'autres espèces ressemblent à des chenilles.
Cette cksse comprend quelques-uns des insectes les plus utiles, comme aussi quelques-uns des plus nuisibles qui se trouvent dans un jardin. L^insecte le plus important est sans contredit l'Abeille à miel {Apis mellijica, fig. 1017) qui est immédiatement utile à Thorticulteur, car elle féconde les fleurs en mettant le pollen des pistils en contact avec Fig. 1017. — Abeille, les étamines. Quiconque aime les fruits devrait avoir quelques ruches, trois ou quatre au moins, dans le but unique de féconder les fleurs et sans penser même au miel qu'elles peuvent lui rapporter. Le miel fait par mes abeilles a quelquefois un goût si fort de lavande ou de menthe, qu'on le prendrait presque pour un médicament.
De CandoUe a trouvé que le miel de Narbonne doit son parfum particulier à ce que les abeilles des environs se nourrissent de romarin. Les abeilles aiment tout particulièrement les fleurs alpestres. Les bruyères leur fournissent aussi beaucoup de miel et les éleveurs d'abeille dans le Yorkshire portent ordinairement leurs ruches dans les landes où poussent les bruyères, et les y laissent tant que cette plante Qst en fleur.
Le bourdonnement des abeilles produit une sensation agréable sur le système nerveux de quelques personnes. Je connais un oflicier de l'armée, adorateur passionné de la musique qui, quand il était gamin, était toujours à la recherche des abeilles et en avait ordinairement sur lui dans un cornet de papier.
Le défaut d'espace m'empêche de discuter l'économie de la ruche.
Dans mon jardin, les abeilles travailleuses tuent les bourdons vers la troisième semaine du mois d'août. On trouve alors une grande quantité de cadavres tout autour des ruches.
Les Bourdons {Bombyx terrestis^ n" i ; Bombyx lucorum^ n" 4, fig. 1018) nous rendent quelques services. Il est fort intéressant de leur voir ouvrir la valve de la gueule de loup et entrer dans la fleur. Curtis prétend que les bourdons endommagent la fleur en la perçant
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au lieu d'entrer par Touverture; mais bien quMl y ait dans mon jardin beaucoup de gueules de loup, le fait qu'il indique ne s'est jamais vérifié.
II y a, dans le voisinage, beaucoup d'abeilles solitaires qui font, dans le sable, des trous où elles déposent leurs œufs.
La Guêpe commune ( Ves-
pa VUlgaris^ fig. IOI9 j) fait Fig. 1018. — Bourdon.
constamment des nids dans mon jardin. En 1869, elles ont été probablement attaquées par quelque maladie épidémique, car leur nombre a diminué beaucoup. Les guêpes sont, en somme, des insectes nuisibles, car elles attaquent les pommes à peau tendre, les plus belles
pêches, les fruits en espalier, les prunes et les raisins. En outre, elles sont très désagréables, très batailleuses, et j'ai été moi-même piqué par une guêpe sans la moindre provocation de ma part; aussi je détruis le plus grand nombre de guêpes possible en faisant attraper les grosses femelles qui paraissent au commencement du printemps.
Quand on découvre un nid de guêj5es en juillet ou en août, on le détruit ordinairement en brûlant à l'entrée un mélange de soufre et de poudre; après quoi on peut déterrer le nid qui est plein de larves que l'on donne aux poules ou que l'on emploie comme appas pour la pêche. On peut aussi détruire le nid en versant du goudron dans le trou, car aucune guêpe ne peut plus entrer ou sortir sans se frotter à
Fig. 1019. — j, Guôpe commune; rf, e,/, aiguillon; b. Cousin; Cf Dard du cousin.
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cette substance qui la tue immédiatement. On peut aussi les détruire en plaçant de Teau sucrée dans une bouteille ; attirées par le sucre, elles entrent dans la bouteille, mais ne peuvent pas en ressortir; on peut enfin empoisonner les guêpes avec un mélange d'arsenic et de sucre, mais on s^expose en employant ce système à empoisonner en même temps les animaux domestiques ; aussi vaut-il mieux éviter de se servir de poison. Les guêpes, si elles sont nuisibles, n'en offrent pas moins quelque utilité, car elles débarrassent le jardin des matières animales en décomposition et elles détruisent beaucoup d'insectes nuisibles. Le nid de la guêpe est très curieux; il est construit en véritable papier qu'elle fabrique avec les fibres des arbres. Le nid consiste en une série de groupes horizontaux de cellules hexagonales disposées en étages, comprenant chacun la hauteur d'une cellule ; l'ouverture de la cellule se trouve toujours à la base. Le nid de la guêpe forme donc un contraste frappant avec celui de Tabeille qui est construit en cire au lieu de l'être en papier et dont les cellules sont disposées verticalement en étages comprenant l'épaisseur de deux cellules.
Le docteur Ormerod porte le plus grand intérêt aux guêpes qu'il étudie depuis de longues années. J'ai fait dessiner un nid de guêpes de sa collection (fig. 1020), au lieu d'en copier un de la mienne. Feu le doaeur Henslow, le savant professeur de botanique à Cambridge, s'occupait beaucoup aussi de ces insectes et en a envoyé de nombreux spécimens très remarquables au musée de Kew. f 'e- ^^^^- — ^id de guêpes.
Les guêpes, comme tous les autres insectes hyménoptères, piquent avec un appareil placé à la queue (fig. 1019 rf, e,/), tandis que les insectes pourvus de deux ailes seulement mordent avec un appareil qu'ils portent à la bouche (fig. 1019 c). Quand quelqu'un est piqué par une guêpe, le meilleur remède est d'appliquer immédiatement à la blessure une goutte d'ammoniaque dont l'effet est immédiat; aussi les jardiniers doivent-ils, pendant la saison des récoltes, porter toujours
sur eux une bouteille d'ammoniaque qui peut leur servir aussi pour les piqûres d'abeilles et pour les morsures des vipères. Les guêpes attaquent quelquefois les ruches.
On trouve des Frelons dans mon jardin, mais je ne sais pas où leur nid est situé. Les frelons construisent leur nid en étages horizontaux comme les guêpes et ordinairement dans des trous d'arbres. Ils sont plus grands, plus gros, plus lourds et moins batailleurs que les guêpes. Je me rappelle qu'une fois, il y avait un nid de frelons cfans le toit d'une maison que j'habitais, cependant personne ne fut jamais piqué; une autre fois, il y en avait un en face de la porte principale de la maison. Le doaeur Ormerod raconte qu'une paysanne défendait les frelons, parce que ces insectes débarrassaient de mouches la chambre où elle était obligée de garder le lit. On s'aperçoit immédiatement de la présence d'un frelon dans une chambre, même dans les rues si fréquentées et si bruyantes de Londres, au bourdonnement qui est beaucoup plus fort que celui de la guêpe commune. Lafig. 1021
. Mg. 1022. — Aphis rapx> (grossi 10 fois en diamètre).
Fig. I023. — CoI«x dijpar (grossi 10 fois en diamctre).
Fig.1021.— Nidde Frelons (Brilish iMuscuin).
représente un nid de frelons dont Toriginal se trouve au British mu-
seum et que j'ai emprunté à mon ouvrage, intitulé : Instinct et Raison. Les entomologistes donnent au frelon le nom de Vespa crabro.
Après les abeilles qui sont si directement utiles à la végétation et les guêpes qui lui sont plus ou moins nuisibles, nous trouvons chez les hyménoptères tpute la famille des ichneumons. Ces mouches rendent indirectement d^ grands services aux Jardiniers en détruisant les insectes nuisibles ; les uns sont gros (fig. 1064, n* 5) et déposent leurs œuîis dans les plus grosses chenilles; d'autres sont si petits qu'ils peuvent déposer les leurs dans les plus petits pucerons, tel que VAphis rapœ (fig. 1022). Dans les deux cas, Tœuf éclot et le jeune ichneumon dévore graduellement Tinsecte dans lequel il a été déposé et en sort à rétat parfait.
Il y a quelques espèces d'ichneumons qui déposent leurs œufs dans la larve d'autres ichneumons déposés déjà eux-mêmes dans un autre insecte; c'est là un des phénomènes curieux de la nature. Le Colax dispar (fig. io23) nous offre cet exemple du parasite d'un parasite.
Il est impossible d'exagérer l'importance des ic-hneumons pour l'horticulteur. Ces inseaes ailés déposent leurs œufs les uns dans la chenille, les autres dans la chrysalide ; puis ces œufs deviennent larves et dévorent les insectes à l'intérieur desquels ils ont éclos; ce sont donc d'excellents amis du jardinier, car ils détruisent ses ennemis.
Dans mon ouvrage sur la pomme de terre, j'ai constaté qu'il y a une espèce d'insecte hyménoptère qui fait la chasse au puceron et qui s'en empare x r pour le donner en nourriture à ses jeunes. Le Pemphi^edon unicolor (fig.
1024) est un exemple de cette famille.
Les Mouches -scie constituent un . « ». ^ • 1
Fig. 1024. — Pemphredon unicolor
autre groupe d'insectes hyménoptères (grossi 3 foi* en diamètre),
nuisibles pour le jardin. Leurs larves ressemblent aux chenilles et détruisent les feuilles de bien des plantes. Les larves d'une espèce creusent les troncs des plus grands arbres. Pendant plusieurs années, et surtout en 1 87 1 , j'ai eu beaucoup à souffrir des attaques d'une de ces espèces, Hylotomà rosœ (fig. 102 5). Elles dévorent les feuilles du rosier en
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en laissant une membrane. Il y en avait une telle quantité dans quelques parties du jardin, qu'à la Saint-Jean toutes les feuilles de bien des rosiers étaient détruites. Boisduval dit aussi que le Tenthredo rosarum est très* nuisible aux rosiers.
Fig. ioaS. — Feuille de rosier Fig. 1026. — Tenthredo rosarum Fig. 1026 a. — Mouche du
et)ar?edei'Hylotoinaros«. - (grossi). Poirier.
La larve du genre Sirex {Sirexjuvencus) a de fortes mâchoires, ce qui lui permet de percer le tronc des pins ; on en a même vu qui ont percé des balles de plomb. Je n'ai jamais observé cet insecte dans mon
jardin , je sais cependant qu'il a paru dans les environs et qu'il a fait beaucoup de dégâts. La fig. 1027 représente un Sirex gigas, je Fai emprunté à l'excellent ouvrage de KôUiker. Les Gall-insectes appartiennent aussi à la famille des hyménoptères. L'espèce dont la piqûre développe la noix de
Fig. 1037. — Sirex gigas. ^q\\q ^flg, IO28), qUC ToU
emploie dans la fabrication de l'encre, s'est considérablement répandue en Angleterre pendant les quinze dernières années ; elle existe dans mon jardin et fréquente principalement les branches inférieures du chêne ou les jeunes plants de la même essence. La pomme du chêne dont se parent encore aujourd'hui quelques personnes le 29 mai, jour du roi Charles, est aussi produite par la larve d'un autre hyménop-
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tère. Les excroissances moussues que Ton remarque sur le rosier (fig.
Fig.1098. —Noix de Galles Fig. 1028 a, — Cynips terminalte. Fig. 1029. — Excrois-
Bur le chêne. sances moutsues sur
le rosier.
1029) sont un autre exemple des piqûres de ces insectes. Toutes ces excroissances sont fort nuisibles à la plante et doivent être immédiament enlevées.
Les Fourmis existent dans mon jardin, mais elles ne me causent ordinairement que peu d'ennui, bien qu'elles s'établissent quelquefois dans les serres. Il y a des espèces de fourmis, et principalement une espèce noire qui accompagne toujours le puceron, car elles se nourrissent du suc que sécrètent ces derniers. Quand les fourmis ^^
grimpent sur une plante, on peut être sur qu'il y /^'^^ -^^^^ a des pucerons. La fourmi noire (fig. io3o) se ^*^andeur7am?cik'et"r^^ voit si facilement, c'est un guide si infaillible, que le jardinier ne doit jamais négliger ses avis.
Quelques Coléoptères sont utiles à la végétation, d'autres lui sont extrêmement nuisibles. Les coléoptères ont des ailes qui se replient dans une sorte d'étui corné fort épais. Les larves de ces insectes sont des vers ayant six petites pattes ; on peut citer comme exemple le ver blanc. Ces vers sortent d'un œuf, ils se changent eux-mêmes en chrysalide, qui se change à son tour en insecte parfait.
Le plus grand coléoptère qu'il y ait en Angleterre est le Cerf volant [Lucanus cervus^ planche 24, fig. 8). Un naturaliste, ayant un jour
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besoin de quelques spécimens, offrit une récompense de o fr. 20 c. à qui lui en apporterait un ; or, cet insecte est si commun, et on lui apporta de telles quantités, qu'il retira immédiatement la récompense qu'il avait promise. La larve se nourrit sur le bois qui commence à pourrir; cet in-
seae constitue plutôt un or- ^ ^
nement qu une utilité dans le c\
jardin.
Fig. io3i. —Hanneton: a, Œuf; ^, c, d, Larve»;
Un des insectes les plus ^ ^^^^ par*«^
nuisibles du jardin est le Hanneton à Tétat de larve et à l'état parfait [Melolontha vulgaris^ fig. io3i). A Tétat de ver, il mange les racines; à l'état ailé ou état parfait, il dévore les feuilles des plantes ; de telle sorte que, dans les saisons où il y en a beaucoup, le hanneton dévore ce que le ver blanc a épargné. Cet insecte paraît quelquefois en quantité si considérable qu'il constitue un véritable fléau, car il détruit toute la végétation sur son passage. J'ai vu moi-même une pelouse entière dont les racines avaient été si parfaitement coupées qu'on aurait pu rouler le gazon absolument comme un tapis; Kirby et Spence citent des cas extraordinaires de la voracité du hanneton. On suppose qu'il passe cinq ans dans le sol avant de revêtir sa forme parfaite.
La petite punaise de juin (Phfllopertha horticula) est, comme le hanneton, conmiune dans mon jardin et souvent elle exerce beaucoup de ravages.
Pendant les deux ou trois dernières années, les cultivateurs de pommes de terre se sont beaucoup émus des ravages d'un coléoptère, appelé le Scarabée du Colorado (fig. io3i a). Ce scarabée est originaire de la partie occidentale de l'Amérique ; il s'est avancé rapidement dans la direaion du nord-est jusqu'au Canada. Les gouvernements européens se sont émus à la pensée que cet inseae pourrait pénétrer en Europe. Toutefois, nos meilleurs naturalistes sont d'avis qu'il est
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peu probable que cet insecte pénètre en Angleterre, mais je dois ajouter que les naturalistes du continent ne partagent pas cette opinion. Il faut
Fig. io3i a. — Scarabée de la pomme de terre Fig. io32. —Cétoine dorée,
et sa larve.
se rappeler que, de temps en temps, un insecte se développe de façon extraordinaire et qu'ensuite il disparaît au point de devenir quelquefois très rare. Espérons que ce terrible scarabée disparaîtra de la même façon.
La Cétoine dorée {Cetonid aurata^ fig. io32) a des couleurs si brillantes que je ne regarde réellement pas le jardin comme complet si je ne la vois briller au milieu des buissons de roses. Néanmoins cet insecte est presque aussi nuisible pour les plantes que le hanneton, et je n'en tolère jamais qu'une très petite quantité, le n** i (fig. i o32) représente l'insecte parfait, le n° 2, le ver qui ressemble à celui du hanneton, le n^ 3, le cocon, et le n"* 4, la chrysalide.
Il y a aussi dans mon jardin quelques scarabées qui se nourrissent d'excréments et principalement le Geotrapes stercorarius ; mais, comme je l'ai déjà fait observer, il se trouve en très petite quantité. Ces scarabées sont assez utiles en ce qu'ils débarrassent le jardin de certaines matières en putréfaction . Ils sont constamment infestés d'une espèce d^acarus.
Je n'ai jamais observé dans mon jardin le ver luisant [Lampyris noctiluca), bien que, pendant certaines années, il y en ait beaucoup le soir dans les environs. On peut conserver les vers luisants dans un vase où Ton a placé un peu d'herbe et les observer à loisir; la lumière est produite par les deux derniers segments de la queue; il faut avoir
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LES COLEOPTERES
soin de recouvrir le vase d'un tissu métallique, parce que le ver grimpe sur Pherbe le soir et pourrait s'échapper.
Les Charançons forment un groupe comprenant un grand nombre d'espèces qui toutes sont nuisibles au jardin. La larve est un ver charnu dépourvu de jambes, et l'insecte parfait a une longue trompe. Une espèce, le Balaninus nucum (fig. io33) est si nombreuse pendant quelques années qu'elle dévore toutes les noisettes. L'insecte dépose son œuf
Fig. io34.— Bnichus pisi.
Fig. io33. — - Balaninus nucum. Fig. io35. — > Scolytus destructor.
dans la noisette au moment de sa formation ; le ver mange l'amande et fait un trou dans la coquille pour s'échapper; il se cache pendant l'hiver et reparaît l'année suivante sous forme d'insecte parfait. La fig. io33 représente l'insecte parfait et le ver qui perce une coquille.
Un autre charançon, le Bruchus pisi (fig. io34 a) détruit les pois. La larve {b) se loge dans le pois et il y a des époques où il est fort difficile de trouver des graines qui ne soient pas attaquées comme on le voit en(c).
VOtiofxhynchus sulcatus est un insecte très commun qui a fait de grands ravages dans les fougères du South Kensington Muséum. L'O. picipes attaque, dit-on, les jeunes arbres.
Un autre charançon, le Scolytus est peut-être le plus terrible de tous les insectes. Le Scolytus destructor a détruit tous les grands ormes dans un rayon considérable autour de Londres; la larve de cet insecte (fig. io35) vit en quantité considérable sur le cambium aurdessous de récorce.
U Anthonomus pomorum (fig. io36) a une grande influence sur le produit des pommiers. La larve de cet abominable insecte, que l'on trouve dans presque tous les jardins, dévore au mois de mai les pistils, les étamines et les ovaires des fleurs.
J'ai senti quelquefois le Scarabée musqué (Aromia mos- P'«- io^ô.
* * * ^ Anthonomas
chata)^ mais je n'en ai jamais vu un spécimen dans mon p**"^"^jardin ; on a comparé Todeur que répand cet insecte à un mélange de musc et d'eau de rose. Il y a quelques années, on voyait ces insectes se chauffer par milliers au soleil sur les saules ornant les bords du vieux canal de Croydon, sur l'emplacement duquel le chemin de fer passe aujourd'hui; les insectes ont complètement disparu.
Mon jardin a tout particulièrement souffert des attaques des larves de différentes espèces d'Élatérides. Ces larves fréquentent tout particulièrement les prairies et comme mon jardin en était primitivement une j'ai eu beaucoup de peine à m'en débarrasser. On croit que ces larves vivent cinq ans sous le sol avant de revêtir la forme d'insecte ; pendant tout ce temps elles dévorent les racines des plantes. Les corbeaux leur font une chasse acharnée ; j'ai trouvé plus de cent de ces insectes dans le jabot d'un corbeau tué avant cinq heures du matin. Le jardinier les attrape quelquefois en plantant dans le sol des tranches de pommes de terre ; les larves attirées par l'odeur se réunissent autour de ces tranches et on peut en détruire ainsi d'assez grandes quantités ; il est cependant
difficile de s'en débarrasser tout à fait. Il y en a beaucoup d'espèces, toutes sont aussi nuisibles les unes que les autres. Cet insecte, par ses caractères généraux, ressemble à l'insecte à feu des tropiques qui porte dans le thorax deux points lumi-
Fig. 1037. — latéridcÉ. nCUX.
MM. Blackieont bien voulu m'autoriser à emprunter la ligure loSy
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LES COLEOPTERES 481
au grand ouvrage de Curtis, sur les insectes nuisibles aux fermiers. Les n'* 7, 8 et 9 représentent le ver dont la forme cylindrique est caractéristique. L'insecte vit, dit-on, dans cet état pendant cinq ans, il prend alors la forme de chr}^salide, n" 10; les n** 2, 3, 5 et 6 représentent rinsecte parfait amplifié.
Le Scarabée de Tasperge [Crioceris aspardgt) exerce souvent de grands ravages dans les plants d'asperges.
Tous les jardins, y compris le mien, sont infestés par un scarabée qui, s'il a une taille fort diminutive, a une immense importance au point de vue des ravages qu'il cause. On l'appelle vulgairement la mouche du navet. Mais les entomologistes le désignent sous le nom de Altica nemorum (fig. io38). Les œufs (n" 4 et 5) sont petits ; le ver (n" 8 et 9) s'établit dans la feuille (n® 7) qui se dessèche et meurt. Au bout de six jours environ, le ver se transforme en une chrysalide (n" loet 1 1) qui, au bout d'environ 1 5 jours, se - -- transforme à son tour en petit scarabée de la grosseur représentée par les (n" 2 et 3) ; le (n" i) représente l'insecte amplifié. L'insecte parfait, tout petit qu'il soit, a la faculté remarquable de faire des sauts de 18 pouces au
moins. Cet insecte est si Fig. io38. - AlUca nemorum.
nuisible, que, selon Curtis, les ravages qu'il a faits en une seule année dans le Devonshire seul, peuvent s'estimer à deux millions cinq cent mille francs. Il détruit dans les jardins beaucoup de navets, de choux, de choux-fleurs et autres plantes alliées. On ne connaît pas encore de moyen efficace pour détruire cet insecte. Je n'ai pas étudié par moi-même cfâ petites créatures, mais je crois qu'un des moyens les plus certains de les combattre, serait de ne planter les graines qu'à une époque où la végétation est très active et de s'arranger de façon à ce que les plantes poussent rapidement.
La figure 1039 représente le Staphylinus(Ocypus) olens que Ton ap-
Smee. Mon Jardin* 3 c
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pelle vulgairement le cheval du diable. Ces insectes sont très nombreux et beaucoup de personnes en ont une horreur extrême. Ils sont très féroces et cependant ce sont les amis du jardinier, car ils dévorent les perce-oreilles et d'autres inseaes analogues. Curtis dit que la larve (fig. io3g, n" i) est aussi féroce que Tinsecte parfait (n<» 2) et se nourrit
Fig. loBç.— Staphylinus olcns (i, larve; a, insecte parfait; Fig. 1040.— Bête à la Vierge.
3, tête amplifiée).
entièrement de matières animales. [Cq genre comporte en Angleterre sept cents espèces distinctes, il n^y a donc pas lieu de s'étonner que le jardinier ne les connaisse pas toutes.
La Bête à la Vierge {Coccinellidœ^ fig. 1040) est un des Scarabées qui nous rend le plus de services. Il y en a beaucoup d'espèces qui portent de deux à vingt-deux taches sur Tétui de leurs ailes. La larve (n** i) et l'insecte ailé (n<»* 2 et 3) se nourrissent de pucerons dont ils dévorent d'énormes quantités. Quand la bête à la vierge se multiplie plus rapidement que les pucerons, ce qui est arrivé en 1869, elle les dévore tous, puis émigré dans d^autres régions. C'est là, sans doute, l'origine de ces grandes migrations qui se reproduisent périodiquement. Chaque fois que je rencontre un de ces insectes, je le place dans une de mes serres où il me rend beaucoup de services; la rapidité avec laquelle il débarrasse les plantes de leurs pucerons est véritablement étonnante ; je les recherche surtout au commencement du printemps.
Les ruisseaux de mon jardin contiennent un grand nombre de Scabarées aquatiques. Le Dysticus margiiialis^ grand insecte aquatique qui abonde dans les étangs, ne paraît pas exister dans mon jardin; dans tous les cas, je ne l'y ai jamais vu. Il y a, par contre, de nombreux sca-
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rabéesplus petits; il suffit, pour en trouver, de retourner une pierre dans la rivière. Je crois qu'ils n'ont aucune importance pour le jardinier.
Les Orthoptères comprennent les Blattes, les Grillons et les Sauterelles. Les orthoptères ont de grandes mâchoires, deux ailes supérieures opaques et deux ailes minces plus grandes. La larve, comme celle de la blatte ordinaire, n'a pas d'ailes. Tous ces insectes sont nuisibles.
La Blatte [Blatta orient alis^ fig. 1041) est un insecte tropical ; elle affectionne tout particulièrement la température élevée de nos serres. On ne connaît guère cet insecte qu^à l'état de larve ; quand ses ailes sont complètement développées , il est loin d'être aussi laid qu'on le croit ordinairement. La blatte se cache ^'"^^ »°4i. - Blatte, ordinairement pendant le jour et sort la nuit pour dévorer ce qu'elle trouve; elle aime principalement les tiges délicates et les racines fraîches des orchidées. On peut empoisonner les blattes avec un mélange de farine et de sels de plomb, mais je n'aime guère ce système, et je préfère, quand elles abondent, me procurer des crapauds qui leur font une chasse très active.
Le Grillon-taupe {Gryllo-tàlpa vulgaris) est un insecte extraordinaire, commun dans le Hampshire. Il a de puissantes pattes antérieures ressemblant à celles de la taupe et au moyen desquelles il creuse le sol. On en a trouvé un seul spécimen dans les environs de mon jardin; je m'en suis procuré quelques-uns que j'ai placés dans un champ voisin pour les observer ; mais ils ne paraissent pas s'y être reproduits.
Le Grillon fréquente nos serres où il fait entendre son interminable chanson que quelques personnes aiment beaucoup, mais qui est peu agréable pour l'horticulteur qui sait qu'après la chanson vient le souper
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et que le grillon choisit toujours les parties les plus tendres des plus belles plantes. Aussi le grillon du foyer peut être fort agréable, mais il faut combattre à tout prix le grillon de la serre. On peut empoisonner les grillons comme les blattes ou mieux encore les faire dévorer par les crapauds. Les grillons affectionnent les parties les plus chaudes de la serre, de même qu'ils habitent ordinairement les crevasses du foyer dans la cuisine.
Les Sauterelles sont un insecte terrible pour le fermier ; il y en a peu dans mon jardin. On en connaît une vingtaine d'espèces qui sont toutes nuisibles.
Le Perce-oreille {Forficiila auricularis^ fig. 1042) est un autre insecte nuisible. 11 se cache pendant la journée et sort la nuit pour dévorer les fruits et les parties les plus tendres des fleurs. Fig. 1043 -Perce-oreille. On peut attraper les perce-oreilles en semant çà et là des pommes de terre évidées dans lesquelles ils cherchent à se cacher.
Quelques auteurs divisent le quatrième ordre des insectes en Hémiptères et en Homoptères ; cet ordre comprend les pucerons et les punaises poudreuses. Ces insectes sont pourvus d'un bec corné qui leur permet de sucer et à Pétat parfait ils ont quatre ailes magnifiques. La larve ressemble tout à fait à l'insecte parfait avec cette seule différence qu'elle n'a pas d'ailes. L'ordre tout entier fait la terreur du jardinier, car ces insectes vivent aux dépens de ses plantes et son succès dépend de la promptitude qu'il met à détruire ces horribles animaux.
Le Lygiis solani (fig. 1043, n** i grandeur naturelle, 2 et 3 amplifié) vit sur la feuille de la pomme de terre; le Lygus umbellatarum (fig. 1043, n°' 4 et 5 grandeur naturelle, n^ 6 amplifié) vit sur les Ombellées.
Le Pentatoma oleaceum (fig. 1044) est un autre insecte destructeur que Ton remarque souvent sur les légumes.
La famille des Pucerons est terrible pour le jardinier. Les uns vivent
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sur les feuilles des plantes et en extraient le suc; d'autres, comme le
Fig 1044. — Pentatoma oleaceum.
Fig. 1043. — Lygus solani et Lygus ambellatirum.
puceron du chêne, vivent sur le tronc des arbres qu'ils transpercent; d'autres vivent au sommet des jeunes rameaux comme le puceron de la rose; d'autres enfin vivent sous terre et sucent les racines des plantes comme, par exemple, une espèce qui attaque la laitue. Quand les pucerons attaquent une plante, les racines de cette dernière se pourrissent ordinairement; j'ai même vu de grands saules pourrir et finir par mourir après avoir été attaqués par les pucerons. Les jardiniers perdent ordinairement trop de temps avant de s'occuper de cet insecte; dès que les pucerons paraissent, on devrait employer la fumée de tabac pour s'en débarrasser. Les plants de melons et de concombres succombent souvent aux attaques de ces insectes qui se logent sous les feuilles et que, par conséquent, on n'aperçoit pas.
Le puceron existe sous trois états : la larve, la chrysalide et l'insecte ailé ou insecte parfait. Il se multiplie avec une extrême rapidité et à l'état ailé il se présente souvent en véritables nuées qui remplissent l'air et se posent sur tout ce qui se trouve sur leur chemin. Quelques-uns déposent leurs œufs à la fin de l'année; pour m'assurer que c'étaient des œufs de pucerons, je les ai fait éclore dans une serre. Fait remarquable, les femelles pondent des quantités considérables d'œufs sans avoir besoin d'être imprégnées, et bien que j'aie observé des milliers d*Aphis vastator, je n'ai jamais vu ni un œuf, ni un mâle. Quand nous voulons penser à un nombre qui dépasse rinielligence, nous avons l'habitude de nous adresser à l'astronomie, mais la multiplication des pucerons nous fournit peut-être un exemple plus extraordinaire encore. Un seul
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puceron produit environ dix pucerons tous les dix jours et chacun de ceux-ci en produit aussi dix ; par conséquent, pour représenter le nombre des descendants d'un seul puceron pendant l'espace d'une année, il faudrait un nombre composé de 36 chiffres. Or, on sait que la distance en kilomètres de la terre au soleil s'exprime par un nombre qui ne comporte que dix chiffres, on peut par là se faire une petite idée de la puissance de multiplication que possèdent les pucerons et se rendre compte dans une certaine mesure du fait que, dès quMls paraissent, ils peuvent recouvrir tous les végétaux d'une région. J'ai dans ma collection environ i5o espèces de pucerons et j'ai trouvé une même espèce sur plus de soixante plantes différentes. Koch, dans son ouvrage, représente 396 espèces ; Boisduval en a observé i63. Il y a cependant beaucoup de confusion quant aux noms de beaucoup de ces espèces.
L'espèce que j'ai nommée Aphts vastator a reçu de M. Gurtis le nom de A. rapœ; or, M. Gurtis et moi, nous pensons que c'est la même espèce. Quelques savants entomologistes l'ont appelée, mais à tort, je crois. A, rumtcis ; quelques autres l'appellent aujourd'hui A. dianthi. La figure 1045 représente un de mes spécimens qui a été
Fig. 1043. — Aphis vastator (conâdérablement grossi) •
dessiné en i85o. La figure 1046 représente VA. dianthi à Tétat de larve, d'après un dessin qu'a bien voulu faire pour moi M. Buckton, et la figure 1047 représente 1'-^. rapœdt Gurtis (n° 5, insecte ailé; n» 7, la larve, et n° 8, grandeur naturelle). J'ai aussi représenté T/l./om
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rapœ de Curtis (fig. 1047, "** ^ ^ insecte ailé; n* 3, la larve ; n^ 4, grandeur naturelle). .
Fig. 1046. — Aphîs dianthi Fig. \o±6 a.— Puceron (grossi) . de la racine de la laitue .
Fig. 1047. — Aphis rap« et A. fions rapœ (Curtis).
VAphis vàstator attaque un grand nombre de plantes et est un des plus terribles ennemis que le jardinier puisse avoir. Il se place sur le côté inférieur des feuilles et j'ai compté plus de cent de ces insectes sur la petite feuille d'une pomme de terre (fig. 1048).
Le puceron noir {A . rumicis^ fig. 1 049) est considéré par quelques antomologistes comme VA.
fabœ ou puceron de la fève. Il vit sur les tiges de la fève auprès Fig. io4<*. — Puceron sur du sommet et on a rhabitude de ^.
une feuille de pomme de Fig. 1049 —Puce-
terre (grandeur nafurellej. COUper CCS SOmmetS de faÇOn à ""^^ "°'^ (grossi).
détruire ces insectes.
Nos pruniers souffrent beaucoup du puceron de la prune [Hyalopterispruni, fig. io5o). La surface inférieure des feuilles est quelquefois si complètement recouverte par ces insectes qu'il est impossible dépasser entre eux la pointe d'une aiguille. Ces pucerons ont une cou-
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leur vert tendre toute particulière et malheureusement il se passe bien peu d'années pendant lesquelles ils n'attaquent pas mes arbres.
Le puceron du pois {Siplionophorapîsî\{\g. io5i) attaque quelque-
Fig. io5o.— Puceron de la prune fl Fig. io52. — Puceron am^
(grossi). I ricain (grosbij.
Fig. io5i.— Puceron du pois (grossi).
fois, mais rarement, mes pois; j'en ai vu parfois des quantités considérables et je me rappelle une année où une immense nuée de ces pucerons est venue s^établir dans toutes les cours de la Banque d'Angleterre. .Cest une belle espèce grosse, ayant des pattes et des antennes très longues.
Un des pucerons les plus remarquables est le Puceron américain Scht^oneura lanuginosa^ fig. io52) qui attaque deux ou trois espèces de ma grande collection de pommiers. Ce puceron vit sur la tige des pommiers; quand on l'écrase, il tache le linge comme la cochenille. C'est là, d'ailleurs, un de mes vieux souvenirs d'enfance, car je me rappelle avoir encouru la colère de ma bonne, parce que j'avais taché mon tablier avec le sang de ce puceron. On suppose qu'il est originaire d'Amérique; Harris pense, au contraire, qu'il a été introduit en Amérique sur des arbres fruitiers venant d'Europe. On dit qu'il vit sur les racines aussi bien que sur les troncs des arbres, mais je n'ai pas été à même de vérifier ce fait. Il fait le plus grand tort aux arbres.
Pendant quelques années, en 1871, par exemple, les groseillers des environs de Londres ont été attaqués par le puceron du groseiller, qui se place sur le côté inférieur des feuilles et qui les fait se rider (fig. io53). En 1872, une seconde espèce a attaqué le sommet des
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