‹ Mon jardinChapitre 85 sur 99 · Phylloxéra sur la feuille · texte numérisé non relu

Phylloxéra sur la feuille

9, Ççrf volant,

c). Phalène. Tctc de mort.

LES NÉVROPTÈRES

Ma fille éprouva tant d'intérêt à voir ces petites créatures dans leurs étranges demeures, circuler au fond des petits ruisseaux, que j'en fis prendre un assez grand nombre pour les étudier avec plus de soin. On expulsa les vers de leurs demeures et chacun d'eux fut placé dans un bocal plein d'eau avec les matériaux nécessaires à la construction de sa maison. Tous se mirent immédiatement à l'ouvrage pour se construire une nouvelle demeure (fig. 1061).

Fig. 1061. — Demeurei des vers de paille.

En mettant à la disposition de chaque ver une seule espèce de matériaux, ma fille les ^empêcha de faire un choix et les força ainsi à construire des maisons avec une variété considérable d'objets. Ainsi, par exemple, elle obtint de charmantes maisons faites avec des fragments de verre coloré, d'améthyste, d'agate, d'onyx, de corail, de marbre, de coquillages et d'écaillé. Les petits animaux auxquels elle donna des morceaux de cuivre, ou de la feuille d'or ou d'argent, semblaient fort étonnés et ne savaient guère que faire, et, dans ces derniers cas, ils ne produisirent que des maisons très irrégulières. Avec du corail, ma fille obtint une charmante maison ressemblant à une petite corbeille. Les vers ne purent se servir ni de morceaux d'ardoises, ni de morceaux de charbon, ni de briques, ni de cuivre, ni de plomb. Si on leur donne du bois résineux, ils meurent immédiatement.

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A une antique période géologique, ces vers étaient si communs que l'on trouve en France des collines entières composées des restes de

Fig. 1062. " Demeure de vers de paille fossiles. Fig. io63. — Demeure de vers de paille.

leurs demeures (fig. io62), LMnsecte ailé voltige toujours au-dessus de Teau, et se repose souvent à la surface. Il est remarquable toutefois, bien que nous ayons un grand nombre de ces mouches, qu'elles ne fréquentent jamais la rivière Wandle.

Le sixième groupe comprend les inseaes couverts d'écaillés et ailés, tels que les papillons et les phalènes. L'insecte parfait a quatre ailes recouvertes des écailles les plus brillantes disposées comme les ardoises qui forment le toit d'une maison. Les larves affectent la forme

de chenilles; ces dernières ont six pattes, outre quatre pattes rudimentaires. A l'état parfait, les insectes compris dans cet ordre sont extrêmement beaux et rendent probablement de grands services au jardinier en fécondant ses fleurs; mais à l'état de larve ou de chenille, ils sont tous plus ou moins nuisibles dans le jardin.

Ainsi, par exemple, la

Fig. 1064. - Pieris brassicœ et Pteromalus brassic*. chenille du papillon blaUC

Pieris brassicœ) et celle du Pieris napi qui vivent sur les choux et

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les choux-fleurs et qu'on nous sert même quelquefois à table avec ces légumes, font de grands ravages dans les jardins. La femelle du Pieris brassicœ (fig. 1064, n i) a deux grandes taches sur ses ailes supérieures. Elle dépose ses œufs (n*2) sur différentes plantes crucifères ainsi que sur les navets et sur le raifort. Le radis, le cresson et surtout le chou sont la proie.de la chenille (n* 3) qui atteint une longueur d'un pouce et demi. Puis la chenille se transforme en chrysalide (n* 4) que Ton trouve fixée par un fil à des branches ou à des palissades. Curtis afl&rme qu'un petit inseae hyménoptère, le Pteromalus brassicœ attaque la chrysalide ; j'ai représenté cet insecte de grandeur naturelle (fig. 1064, n* 5, et grossi, n* 6). Les insectes hyménoptères ont une grande importance en ce qu'ils détruisent les chenilles dans les jardins.

Le Papillon de l^Aubépine (Pieris cratœgt) visite quelquefois les jardins, et, selon Boisduval, cause de temps en temps de grands ravages dans toutes les parties de TEurope; je ne saurais dire s'il a jamais visité mon jardin, car je ne l'ai jamais observé. La chenille du grand papillon écaille vit, dit-on, sur les cerisiers et sur les pruniers, et quelquefois dépouille entièrement ces arbres de leurs feuilles,

• Là, tout papillon a des roses; Tout corps laissé des tapis verts ; Toute abeille a des fleurs écloses ; Et tout zéphire, des concerts. »

Jules Canonge.

Nous avons quelquefois beaucoup à souffrir des attaques du Cossus ligniperda ou Cossus Gâtebois. La chenille (fig. io65) est un animal

Fig. io63. — Chenille du Coetiis ligniperda. ^

véritablement formidable ; elle a une paire de mâchoires si puissantes qu'elle peut attaquer les arbres les plus durs. Elle se nourrit des fibres Smee. Mon Jardin . . ?2

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ligneuses et affectionne tout particulièrement le saule; mais elle ne s'en

tient pas à cet arbre, car j'ai vu des cerisiers et des pommiers détruits

par elle. On peut reconnaître sa présence à une

odeur désagréable et à une espèce toute particulière ^

de sciure de bois que Ton voit sortir du tronc de

l'arbre. Il y a quelque temps, je me suis aperçu

qu'un de mes plus beaux pommiers était attaqué par

cette chenille. Je creusai immédiatement dans le

tronc pour l'en expulser et je trouvai que la galerie

qu'elle s'était creusée pénétrait jusqu'au cœur de

l'arbre. Le papillon produit par cette chenille est

extrêmement grand, car il mesure trois pouces

d'une extrémité d'une aile à l'autre : il est si gras „.

' ^ Fig. 1066. — Tronc de

qu'il graisse le papier de la boîte dans laquelle on She'Smfdu^usTgii!l'enferme. La figure 1 066 représente une partie du ^^^ ** tronc d'un pommier qui a été littéralement transpercé par ces chenilles.

La chenille du Zeuzère du marronnier {Zeuiera œsculi, fig. 1067)

Fig. 1067. — Chenille du Zeuzera œsculi.

Fig. 1068. — Bombyx ncustria.

Fig. 1069. — Chenille, œufs et cocon du Bombyx neustria.

cause des ravages semblables à ceux du Cossus ligniperda et pénètre aussi à l'intérieur des arbres.

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Une chenille fort importante est celle du Bombyx neustria. Pendant quelques années elle est très commune, d'autres fois elle est très rare. Le papillon (fig. 1068) dépose ses œufs (fig. 1069, n* i) en forme de bracelets autour d'une branche d'arbre. Les chenilles (fig. 1069, n* 2) vivent dans une espèce de cocon d'où elles se distribuent sur les arbres. Par les chaudes journées de juin, elles se réunissent au nombre de deux ou trois cents sur le côté du tronc de Tarbre éclairé par le soleil, et le jardinier doit saisir cette occasion pour les détruire. On voit rarement le papillon, même quand il y a eu beaucoup de chenilles. Cette espèce est alliée au ver à soie et comme lui file un cocon (fig. 1069, n^ 3). Il y a quelques années ces chenilles abondaient sur les poiriers dans les jardins au nord de Londres, et depuis un an ou deux elles ont causé quelques ravages dans mon jardin.

Les chenilles du papillon Cul-jaune {Liparis aurijlua) , celles du papillon Cul-brun {Liparis chrysorrhœa^ fig. 1070), et celles du

Zigzag {Liparis dispar) causent de grands ravages sur les feuilles. Le papillon blanc du saule {Liparis salicis) dont on se sert pour pêcher la truite dans la soirée, se trouve dans mon jardin.

L'inseae mâle parfait de VOrgyia

Fig. 1070.— Chenille du papilloo Cul-brun. Fig. 1071. — Abraxas grossulariata.

antiqua est un papillon ailé, mais l'insecte femelle n'a pas d'ailes. Les chenilles de cette espèce vivent sur les arbres fruitiers et sur les rosiers ; il y en a quelquefois une telle quantité qu'on en trouve des centaines au pied des arbres.

Le grand Abraxas grossulariata (fig. 1071) est un insecte très

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commun dans les jardins. Les chenilles détruisent quelquefois entièrement les feuilles des groseillers. Cette chenille à Taspect curieux, porte des taches noires sur le dos. Heureusement, elle ne s'^est jamais montré en grand nombre dans mon jardin; on m'a appris d'ailleurs qu'on peut la détruire avec de la poudre d'ellébore. J'ai emprunté la figure à l'excellent ouvrage de M. Newman, sur les papillons anglais. Nos pommes sont quelquefois attaquées par une chenille qui vit à l'intérieur du fruit qu'elle fait mûrir prématurément et tomber de l'arbre. La chenille sort alors de la pomme, se métamorphose et se transforme en un petit papillon qu'on appelle le papillon des pommes ( Tortrtx carpocapsa

pomonana^ fig. 1072). ^'g- "07». — PapUlon de la pomme.

Il y a beaucoup d'insectes de la même famille dans nos jardins, mais l'étude de ces insectes appartient plutôt à l'entomologiste qu'au jardinier. Le Tortrix pruniana (fig. loyS) est un autre membre de cette famille; il attaque le prunier.

Fig. 1073. — Tortrix pruniana.

Fig. 1074. — Grand papillon jauiic.

La famille des Nocturidés est si nombreuse qu'on a du la subdiviser. Le grand papillon jaune {Tryphœna pronuba^ûg, 1074) est une espèce abondante, redoutée des jardiniers , car elle dévore beaucoup

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LES LEPIDOPTERES 499

d'espèces de plantes et surtout les choux, les choux-fleurs et les laitues. On dit qu'elle vit tout Thiver et qu'elle recommence ses dévastations dès les premiers jours du printemps. La figure 1074 que j'ai empruntée à Curtis, représente le papillon (n* 3); la chenille (n* i); et la chrj^salide (n* 2).

La chenille du Noctua (mamestra) brassicœ (fig. loyS) est abondante partout; on peut dire qu'elle n'épargne rien dans le jardin, mais

Fig. 1075. — Chenille du Noctua (mamestra) brassicœ.

Fig. 1076. — N. ezclamationis.

elle affectionne particulièrement les choux et les choux-fleurs. C'est un ennemi terrible pour le jardinier.

Le Noctua agrotis exdamationis (fig. 1 076) et le A^. agrotis segetum abondent aussi dans les jardins.

Parmi les Géomètres se trouve un papillon très commun, VHybernia defoliaria (fig. 1077) dont la chenille vit sur un grand nombre d'arbres forestiers et sur la plupart des arbres fruitiers. Les chenilles de cette famille ont un singulier moyen de locomo-

Fiff. 1077. — Chenille de

tion, elles causent de grands ravages au mois THybemia defoiiana. de mai et entrent en juin dans le sol pour se transformer en chrysalide.

La chenille poilue du Tigre des jardins {Chelonia caja) est très vorace et dévore les laitues et les fraisiers, le papillon est beau et la chenille très remarquable ; je suis heureux de dire qu'elle n'a jamais causé beaucoup de dommages matériels dans mon jardin.

La Tête de mort {Acherontia alropos^ planche 24, fig. 9) n'est pas convnune en Angleterre ; j'en ai cependant trouvé de nombreux spécimens dans les champs de pommes de terre au sud de mon jardin. On peut reconnaître la chenille à sa grande taille, à sa couleur verte

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et à la corne qu'elle porte sur la queue. Le papillon lui-même est le plus gigantesque de nos lépidoptères anglais.

En règle générale, j'ai peu à souffrir des ravages des chenilles dans mon jardin, ce que j'attribue à la protection dont je ne cesse d'entourer les oiseaux. Quand, à ma demande, un entomologiste est venu visiter mon Jardin, pour m'aider à déterminer tes espèces qui y vivent, il m'a déclaré à plusieurs reprises et d'un ton d'assez méchante humeur qu'il est impossible de trouver des insectes dans un jardin où les oiseaux sont si nombreux et protégés avec tant de soins. Lector^ respice !

Le septième ordre des insectes comprend les diptères ou mouches à deux ailes; les larves de ces insectes sont des vers dépourvus de pattes. Quelques-uns de ces diptères se nourrissent de débris en putréfaction et se rendent ainsi utiles à l'homme ; les autres dévorent les insectes nuisibles et, de ce chef, rendent quelques services ; beaucoup sont directement nuisibles à la végétation et un grand nombre enfin, comme le cousin et le moustique, sont un objet de terreur dans les pays marécageux.

La famille des Syrphidés est utile au jardinier à cause de l'extrême voracité avec laquelle les larves dévorent les pucerons. On les trouve toujours sur les feuilles couvertes de pucerons, et il est fort intéressant d'observer la façon dont elles s'y prennent pour saisir et tuer ces petites créatures. La Scœva pyrastri^ gravée d'après Curtis (fig. 1078, n* 4), est une mouche assez grande avec de très grands yeux. La larve (n« 5) est verte et passe à l'état de chrysalide (n® 6) avant de se transformer en mouche parfaite. Le n^ 7 (fig. 1078) représente la Scœva ribesii ; le n* i, même figure, représente la Scœva balteata^ à l'état parfait; le n° 2, la larve, et le n*» 3, la chrysalide.

La famille des Tipules (fig. 107g) cause de grands ravagesj les larves attaquent beaucoup de légumes et les racines des dahlias. La larve de la T, oleracea est un ver ayant environ un pouce de long,

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à Tenveloppe dure, mais dépourvue de pattes. Il y en a beaucoup d'espèces; j'ai choisi, pour la représenter (fig. 1079) d'après Curtis,

Fig. 1078. — Sc«va balteata, S. pyrastri et S. ribesii.

Fig. 1079. — Tipulc: i. Itrvc; a, chrysalide; 3, insecte parfait ; 4, œufs.

une des plus grandes, la T. pa/udosa^ pour que Phorticulteur puisse facilement reconnaître ces terribles insectes; je crois avoir eu à souffrir assez souvent des ravages de ces larves.

Il y a plusieurs petits insectes de la même famille qui vivent dans les racines des choux, des navets et des brocolis; ils causent une déformation de la racine. La fîg. 1080, n* i, représente la petite larve qui habite cette déformation ; le n** 2, la même larve grossie ; les n" 3 et 4 représentent la chrysalide ; le n* 5, rinsecte ailé au repos, et len*6, Tmsecte en train de voler.

Il y a d'autres cousins qui se présentent quelquefois en petites nuées ; pendant Tété si chaud de 1870, beaucoup de moustiques visitèrent les environs ; ils s'étaient probablement établis sur les terrains où l'on déverse les eaux vannes ; leur morsure causait une véritable douleur. Quelques

Fig. 1080. — Trichocera hiemalis.

espèces venaient régulièrement tous les soirs visiter mon jardin, après que les cousins nous avaient tourmentés toute la journée. Les cousins et tous les autres diptères ne portent pas d'aiguillon à la queue, comme les guêpes; ils piquent avec un appareil situé près de la bouche (fig. 1019*, c).

La grande mouche du céleri {Tephritis onopordinis) attaque le céleri et le panais. Les larves s'établissent à l'intérieur de la feuille (fig. 1081) et dévorent le tissu intermédiaire de telle sorte que la feuille ne peut plus remplir ses fonctions, et que toute la plante souffre et est

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Fig. 1081. — Céleri affecté par des larves.

Fig. 1083. — Mouche de la Gux>tte.

exposée à périr. Le seul remède est de détruire la partie malade de la feuille.

Les larves de la mouche de la Carotte {Psila rosce^ fig. 1082, n**' 1, 3, 4 et n* 2 grossi) attaquent les racines des carottes qu'elles dévorent, et en détruisent des quantités. Cette larve se transforme en (n* 5 et no 6 grossi), puis en insecte parfait (n° 7 et n° 8 grossi).

Les jeunes poires dans les environs de Londres sont souvent attaquées au commencement de leur croissance par un petit ver (fig. io83; A, grandeur naturelle; b, grossi). Ces larves paraissent stimuler la croissance de la poire, qui devient bientôt plus grosse que ses voisines, mais c'est au prix d'une mort prématurée, car celles qui sont attaquées tombent vers la fin de mai. Quelquefois cette larve détruit toutes les poires d'un arbre ; je ne vois guère d'autre moyen de s'en débarrasser, que de cueillir, vers la fin de mai, dans les petits

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