LES DEPENDANCES
Nous avons visité les parties principales du couvent. les églises, le choeur. la sacristie,
il nous reste encore à
le dortoir, le réfectoire, faire une tournée très intéressante aux diverses dépendances.
D'abord les hospitalités.
Je dis: les hospitalités. puisqu'on en distingue plusieurs : l'hospitalité extérieure, l’hosptalité intérieure. qui à son tour admet des subdivisions. L’hospitalité extérieure est celle où les dames elles-mêmes sont admises pour le jour; elles peuvent coucher à la Beccia, que nous visiterons avant de partir.
L'hospitalité extérieure. ou hôtellerie, est composée de six salles vastes. propres, aérées, et fournies d’un matériel suffisant pour servir 250 personnes à la fois. Aux jours des grands
concours, on a donné déjà des repas à 2,000
Plus intéressante encore est l'hospitalité intérieure,
C'est une belle et grande construction. Une large et longue galerie, que je voyais précisément de ma fenétre, longe les différentes entrées. Je m'arrête volontiers devant des gravures françaises, relatant les tristes événements de la révolution et la mort du roi-martyr, appendues dans cette galerie de l'hospitalité.
Elle compte cinq salles aménagées selon les conditions sociales des visiteurs.
La salle des évêques. Ici fut reçu l’immortel Léon XIII, les deux fois qu’il vint à l’Alverne, alors qu’il était cardinal et évêque de Pérouse. Le bon Père Samuel a soin de me dire que, dans cette même chambre et dans le même lit, a été reçu, tout aussi bien, Monseigneur Adéodat Wittner, évêque de Milet, et Vicaire Apostolique du Chang-Ton oriental, mon condisciple au collège séraphique et au séminaire.
Voici la salle des Princes. Elle n’est pas très souvent occupée, mais Léopold ler et Ferdinand III, Grands Ducs de Toscane, y ont été reçus, et je suppose que quelquefois il est de
nm
L'ALVERXE
bons amis qu'on fait passer
Pour Princes, et que l'on traite Comme tels.
Je demande à mon guide de me
montrer la salle où se Passa la scène adamique décrite si originalement par Joergensen dans ses Pôle. rinages Franciscains. Voici. devant nous. la où l'on fit Ja sécher les habits de
pluie torrentielle.
£rande cheminée flambée pour l'écrivain trempés par une Si la salle des Princes arement habitée, celle
peuple l’est souvent :
est des braves gens du
ils peuvent y rester trois Jours. En entrant. nous sommes à la fois suf-
foqués et aveuglés. Quelques hommes attablés fument un mauvais tabac qui me saisit à la £0orge et me fait tousser Notre visite est finie,
Pour
comme une caverne.
impossible d’a /ancer.
nourrir Ja communauté
nombreuse et les pèlerin
S plus nombreux encore prend qu’il faille toute une Organis Sage administration. I y
, On comation et une a ici tout ce qu'il faut. Pour alimenter l'immense Cuisine, il] faut nécessairement des Lrovisions.
Nous visitor.-
boulangere le blé, s dans les environs.
abrique de Mmacaroni et
la minoterie et l& On est juste en train de moud Provenance des quêtes faite
HN ya l'indispensable f
rie.
de pâtes d’Italie. Il y a l'abattoir. Vü le grand nombre de repas à donner, l’'Alverne a ses troupeaux. Les généreux bienfaiteurs, sachant quelle hospitalité les attend à l’Alverne, quand ils y vont, ont l'intelligence de l’aumône et donnent abondamment, Plus de cinquante agneaux viennent d'être donnés à l’Alverne par les pasteurs des environs; ils paissent dans les vastes prairies qui avoisinent la montagne, et attendent leur tour, pauvres innocentes bêtes. d’être appelés au sacrifice de leur vie pour la subsistance des Frères et des pèlerins.
En traversant le pré aux agneaux, j'y rencontre le R. P. Marc della Pietra, ex-Secrétaire Général de l'Ordre, qui, après le Chapitre Général. est venu se retirer quelque temps à l'Alverne. et y attendre le Révérendissime Père Pacifique. Dans un moment de loisir, le jeune religieux, qui a été honoré d’une importante charge dans l'Ordre, essaie de jouer... à saint François! Le jeu n’est pas facile et les petits agneaux qu'il appelle, qu’il invite, qu'il convie, le fuient à toutes jambes. Il est obligé de les poursuivre! Mais, plus agiles que lui, ils bon-
dissent et ne se laissent point atteindre. Je lui
A L'ALVERNR 395
souhaite, en riant, un meilleur succès à la poursuite des âmes.
C’est un saint Frère tertiaire qui a soin du
Il loge un peu avec pauvre Appartement.
où nous allons le voir, ment installé. Auprès de iouit d’une réput
troupeau des agneaux, eux,
dans un au-dessus des
étables, Il est proprela communauté, il ation de sainteté : on l’
appelle familièrement : Frère Job.
Nous allons le voir
pour nous recommander à ses prières, mais
r du soin qu’il a eu de me e lait qui me faisait t
AUSSI pour le remercie fournir Je lait, ]
ant prendre en pitié!
Il y a aussi les boeufs : les pour le labour, pour Je Charroyage du bois dans la montagne et Pour tous les autres travaux.
Nous avons parlé des mulets qui, tou descendent et remontent chargés des quêtées ça et là. pour les besoins du
En rentrant, aprè dépendances,
boeufs puissants
s les jours, provisions couvent.
S une longue visite aux nous nous arrêtons devant la
grande cheminé stons longtemps
e, que nous re à contempler,
C’est une cheminée unique,
Nous sommes en été, et la cheminée est
morte, Je regrette presque
de n'être pas à
an mette en