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SCÈNE IV LA STATUE, PYGMALION

PYGMALION

Amenez-moi Rennos ! Viens, mon frère, que je trouve sur tes lèvres chaudes le baiser que tu

l8o MON PETIT THEATRE

me refuses, Gaktée. Il faut qu'un amour fraternel, béni par les Dieux protecteurs du foyer, chasse ma passion maudite pour une statue ! (Il revient à Gaktée.) Ma douleur n'a pu te toucher, marbre cruel, que ma joie brûle tes yeux glacés!

(Soudain la statue s'anime; d'abord de la main droite elle soulève les plis de son manteau, puis elle lève le bras dans un mouvement très gracieux, très lent, de la tête, du bras arrondi et des hanches. Après avoir rejeté le voile blanc qui couvre ses cheveux, elle descend automatiquement les degrés de son socle.)

P Y G M A L I O N , se reculant à gauche .

^ O Dieux!... est-il vrai?...

GALATÉE, avec effort, marchant.

[' I Je respire, je marche, j'existe !... (Elle fait encore

l;{|f trois pas, déjà moins automatique, mais elle ne doit pas voir'

Pygmalion qui est agenouillé et duquel cependant elle se rap-

f 1 proche.) Le marbre me glace encore, ou bien la

\ f vie est froide et lourde à porter...

PYGMALION, toujours à genoux.

L^amOUr, Ô ma divine (Galatée écoute sans tourner la tête), allège la vie, la réchauffe (il lui prend la main)

la brûle !

(Elle le voit, il se lève en disant : « la brûle », il la presse sur son cœur.)

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