Saint Mathieu , avec la lance dont il fut transpercé
4. Saint Philippe, avec un livre et la croix triomphale. Saint André et saint Mathias sont absente , ainsi que
saint Jude. Il est à remarquer que le rang assigné à chaque apôtre n'est ici aucunement en rapport avec la tradition ; on n'a suivi ni les évangélistes , ni le canon de la messe , ni les anciens légendaires. Cependant , nos sculpteurs et nos imagiers , même au seizième siècle , se faisaient un devoir de ne point s'écarter de l'ordre adopté jusqu'à eux. C'est un des motifs qui nous portent à croire qu'il y a eu déplacement dans ces statues.
L'étage supérieur est orné de treize statues seulement, garnissant les niches des contreforts. Au milieu des personnages qui , par leurs costumes, indiquent encore l'Ancien Testament , on remarque des saints du Nouveau On reconnaît parmi eux saint Etienne , revêtu de la dalmatique et du manipule, portant le livre des saintes Écritures et une pierrequi rappelle son glorieux martyre ; auprès , l'archange saint Michel terrasse le dragon ; puis l'archange saint Gabriel , un sceptre en main , annonce la grande nouvelle à Marie , qu'on aperçoit avec un livre , de l'autre côté de la fenêtre.
Au pied de la tour , dans le croisillon méridional , on admire la porte qui donne entrée dans la salle du vestiaire des chanoines. C'est une des œuvres les plus délicates que la renaissance ait exécutées dans notre pays , larges feuilles déchiquetées , au travers desquelles se jouent des animaux divers , moulures prismatiques , clochetons grêles et élancés, etc., tout indique que ce travail est contemporain des deux étages supérieurs de la tour. Le tympan porte un écusson soutenu par deux
anges, mais cet écusson est tellement mutilé, qu'il est impossible (1 y rien décou\ rir. A gauche de celte porte s'élève, en porte-à-faux, une charmante cage d'escalier, garnie d'arcs trilobés ; le dôme qui la couronne est surmonté d un saint Michel terrassant le dragon.
CATIIFMLE DE TORS
Forte du Vestiaire des Chanoines
§ CHAFITRK XXI.
[>I\IKMF. ÉTUDE DE DÉTAILS. — BIX CLOCH» l> \ LA TOI R DE LA CATHÉDRALE. — INSCRIPTIONS DES SIX CLOCHES DE 8AINT-CYR . — GROSSE CLOCHE ACTUELLE.
vant 1760, six cloches de ditterentes grosseurs annonçaient aux habitants de Nevers les jours de fête par leurs joyeux carillons ; du haut de la tour de Saint-Cyr, leurs harmonieuses ondulations enveloppaient la ville toute entière.
Notre grand liturgiste du treizième siècle, Guillaume Murand, évèque de Monde, a consacré un chapitre entier aux cloches; il nous apprend que les cathédrales, aussi bien (pie les églises monacales , devaient avoir six cloches , dont il nous fait connaître» les noms , en nous indiquant l'usage particulier de chacune. Il est assez
MONOGRAPHIE
difficile de traduire les noms latins par des noms analogues français ; ils n'existent pas dans notre langue ; nous devons donc nous contenter de les indiquer : Squilla, Lymbalum , Nota, Nolula, Campana, Signum*.
Squilla , qu'on nommait encore Skella, Shilla , Scilla, Esquilla , Squilia , était une cloche allongée comme une quille , et qui a donné son nom à ce jeu ; elle était destinée aux exercices du réfectoire et du dortoir*. C'était la plus petite de toutes ; son son était très-doux, ce qui lui faisait donner encore le nom de Muta
Cymbalum était la cloche du cloître. Ducange dit qu'elle était destinée à appeler les moines au réfectoire 4 .
Nola , qui tire son nom de la ville de Noie , où parurent les premières cloches , était encore de petit calibre ; elle était destinée aux exercices du chœur.
Nolula était la cloche de l'horloge.
Campana était la cloche placée dans la campanille.
Signum était la cloche de plus grande dimension , placée au haut de la tour. Durand de Mende ne nous dit pas ce qui distingue la campanille de la tour ; nous croyons que la campanille est la flèche qui surmonte ordinairement l'intertranssept. Ce mot de Signum se
4 Duraxdcs. Ratio divin, o/fie. lib. h, De campana. % Ducange. Vide Skella.
3 Tacta Nota, cui Muta vel Scilla nomen est. Vitoi abbatum sanrti Albani-
4 DrcANfiK. Vide Cymbalum.
conserva long-temps en France ; pour exprimer le son des cloches , on disait : « les seints sonnent V »
C'est là l'origine de mot tocsin , toc-seint.
On ne doit point être étonné de voir les cathédrales assimilées aux monastères , et munies de leurs six cloches, destinées aux mômes usages; on se rappelle ce que nous avons dit plus haut au sujet des chanoines. Ils ont long-temps mené la vie commune ; ils avaient un réfectoire commun, un dortoir commun, un cloître, etc., et leurs habitations réunies se nommaient monastère , monasterium.
Nous nous sommes peut-être éloigné un peu de notre sujet ; nous avons été entraîné dans celte digression par les six cloches de la cathédrale ; ce nombre traditionnel, conservé dans l'église de Nevers, nous a rappelé l'intéressante dissertation de Durand de Mende , et nous n'avons pas pu résister à la tentation d'en communiquer quelques fragments à nos lecteurs.
Pourquoi, en 4760, quatre de ces cloches furent-elles brisées , pour être de nouveau jetées dans le creuset? Nous l'ignorons, car l'histoire locale se tait sur le motif de cette refonte. Peut-être voulait-on , par ce baptême de feu, les purifier de* leur origine trop roturière, pour les rendre dignes des titres pompeux qu'on devait leur conférer.
< Li seint sonnèrent tost contreval Paris.
Nés Dex tonnant n'i poit~on oir. Le Roman de Garin.
MONOGHAI'IIIE
r La grosse cloche ne fut point refondue ; elle portait pour inscription :
L'AN 1)1' SEU.NEl H M V 1III XX 11. A I.A MOIRE DE .1. -('.., DE LA VIERf.E MARIE ET DES r.lKNHK! REl X SAINT OR. SAINTE .HUTTE ET SAIM I.OCIS. ONT ETE PARRAIN EOUS DE (.ON/. MA E , LA MARRAINE HENRIETTE DE (lON/.AdlK ET DE ( LÈVES.
Leurs écussons ornaient la cloche; vers le milieu était écrit en lettres gothiques •
DimanrlK 3arquatn et €timnr 3mi,uain m'ont faite.
Kn 1 700 cllo fut nommée la princesse.
2" La seconde
\ El POl'R PARRAIN TRfcS-IIAl T ET TRÉS-IM 1SSANT SEIdNEl R PH1I.1PPE- JI EIEN-ER \.V.:olS VI AZAIUN1-M \M INI , 1)1 (. DE NIUT.NOIS ET hO.N7.lOIS. PAIR DE IRAN(.E. (,R\ND D'ESP V.NE , PRIME Dl SAINT-EMPIRE . NOP.LE VÉNITIEN. RAISON ROMAIN . OUI \ ERNEI R DE NTM.RNOIS ET DO.N7.IUIS; 11 1*01 II MAIS I'. Al M. DAME 1 1 El 1. N E-l R A N (.OISE - A N C • ÉL10 1 E P1IIIIPPAIA DE l'ilNTl II ARTi: AIN , I l'ol >i; DE THÉS- MM T ET TRÈ>- P1ISSANI SE1CMT P. I Ol IS-Jl I.l> M A'/. A R l N I- M A N E I N I . DM. DE M\. Il DON/.
Sa devise est :
^tnuif t ijrirc . ont [no ttnbis
On l'appela la duchessb.
3* La troisième :
L'AN du seigneur mdlx. mon parrain a été illustrissime et
RÉVÉRENDISSIME MONSEIGNEUR JEAN-ANTOINE TINSEAU , ÉVÊQUE DE NEVERS, ET MA MARRAINE TRÈS-HAUTE ET TRÈS-PUISSANTE DAMK JILIE-UÉLÈNE- ROSALIE MAZARINI-MANCINI , DOUAIRIÈRE.
On l'appela la comtesse.
La quatrième a pour inscription :
AlfNO DOMINI MDGCLX CAP1TULUM N1VERNENSE CAMPANAM H ANC POST ANNUM CXVI PROPRHS SUMPTIBLS REFICI CURAVIT PUNDO TV M V e CUJUS NOMEN JOANNA-MARIA.
LES PARRAIN ET MARRAINE ONT ÉTÉ HAUT ET PUISSANT SEIGNEUR M. JEAN-CHARLES DE MESGRIGNY, CHEVALIER , COMTE D'AUNAY, BARON D'ÉPHtY, MARQLLY , LENIOU , ETC., LIEUTENANT-GÉNÉRAL DES ARMÉES DU ROI, INSPECTEUR GÉNÉRAL DES PORTmC ATIONS , CHEVALIER DE L'ORDRE MILITAIRE DE SAINT-LOUIS, ET HAUTE ET PUISSANTE DAME MADAME MARD2- CLAUDINE -AIMÉE DE MESGRIGNY LEPELLETHÎR DE ROSEMBO , FEMME DE HAUT ET PUISSANT SEIGNEUR M. LOUIS LEPEL- LETIER DE ROSEMBO , PRÉSIDENT A MORTIER AU PARLEMENT DE PARIS.
AUDITS POPULl A LONGE. ( Isaf, M.)