CHAPITRE XXII
01IIEMR M I DR DE DETAILS. — TOMBEAUX. — PEINTURES MURALES. — INSCRIPTIONS DIVERSES. — MÉRIDIENNE.
n des points les plus intéressants de l'archéologie est , sans contredit, l'étude des inscriptions. C'est l'histoire , non plus seulement sculptée, mais gravée sur la pierre, et confirmée tout à la fois par les principes paléographiques et chronologiques.
Nous avons réuni dans un même chapitre les tombeaux, les peintures murales et les inscriptions diverses qu'on rencontre dans notre cathédrale; nous les présenterons, suivant leur ordre chronologique , et nous leur
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adjoindrons d'autres inscriptions, que le temps ou les hommes ont fait disparaître.
Déjà nous avons parlé du tombeau de Guillaume de Saint-Lazare, qui s'élevait de quatre pieds au milieu du chœur , avant les réparations de 1 770 ; quoique ce tombeau n'existe plus , nous devons rappeler les quatre vers léonins qu'on y avait gravés, à la suite du nom de ce vénérable évêque , mort en i 224 :
P. RE. W1LLEUIUS DE SANTO LAZARO , NIVERNENS1S BPISCOPPS QUEM LAPIS ISTE PREMIT , REGALE PERENNITER EMIT. JURA SEQUENS, LENIS , PARCUS SIBI, LARGUS EGENIS , SOLVITL'R IN CINERES, PETRI NON DEGENER H£RES, GRATIA QLEM CHRISTI , DOMUI PRJEFECERAT ISTL
« Celui qui est couvert par cette pierre a acheté pour » toujours le droit de régale.
» Fidèle observateur de la justice, doux, ne s'aCcor- » dant que le nécessaire , prodigue envers les » pauvres ,
» Il est réduit en poussière , ce digne héritier de la » foi de Pierre ,
« Que le Seigneur, dans sa miséricorde, avait placé à » la tête de cette église. »
Guillaume de Saint-Lazare avait obtenu de Philippe- Auguste l'exemption du droit de régale pour l'église de Nevers. D'après l'épilaphc qu'on vient de lire , il parait qu'il aurait acquis ce privilège à prix d'argent : c'est le sentiment de Parmentier.
A toutes les fêtes solennelles , on encensait le tombeau du B. Guillaume , et tous les ans , le 4 9 mai, un chanoine était chargé de faire son panégyrique 1 .
Jean de Savigny , évêque de Nevers , mort en \ 31 5 , fut, dit-on, enterré au pied du pilier du chœur placé en face de la porte de Loire ; quand on exhaussa les murs du chœur, on trouva, partie dans le mur et partie au-dessus, une grande pierre droite, joignant le pilier, sur laquelle était représenté un évêque , en habits pontificaux. Autour, dans toute la longueur de la pierre, étaient gravés les vers suivants :
IS CUJUS SPECIES CERNIS FUIT 1LLE VOCATfS SAVIGN1ATUS ARCHIMANDRJTA NIVBRMS.
X M. U. TERNIS QUATER J FUIT INTtS HUM ATI' S COELO PORT ATI S ROGO SIT JUNCTUSQUE SUPERNIS.
\ Parmentier. Hisl. manuscrite des Evéqtu-s de Xtvas.
MONOGRAPHIE
Au bas de la chapelle de Sainte-Julitte, de chaque côté, on remarque deux tombeaux qui datent du quatorzième siècle ; au-dessus de celui qui est placé au midi , on lit cette inscription , en six vers léonins, disposés sur deux lignes , en caractères de l'époque :
COR A M. PERTRACTA. SCRIPTURA. TUMBA. STAT. ACTA. HUJUS. DEFUNCTI. QUO. TL'NC ROGITENT. PRECE. CONÇU. ANNUS. MILLENT S. HOC. TEMPORE. SEPTUAGENUA STABAT. DIYLNUS. TRICENTENUS. QtOQUE. TRINIS. VICENA. QUINA. FERLA. SECT AZTEQUE. TERNA.
IN. Jl LIT. MENSE. REGE. TU. SALVATOR. AMEN. SB.
(i Devant cette inscription est la tombe » De ce défunt que personne ne doit oublier dans sa » prière.
» Sa mort arriva l'année du Seigneur mil soixante-dix, » A laquelle il faut ajouter trois cent trois , » Le vingt-huitième jour du mois de juillet » Daignez, ô Sauveur, régner sur lui. Amen 1 . »
4 Nous avons tenu à reproduire, autant que possible, l'originalité du latin. On remarquera que le mot se, qu'on lit après atmn , est employé pour illwn. On 30 permottait souvent de semblables licences en faveur de la rime. Cette inscription porte la date du mardi 28 juillet 4373.
On voit dans le sanctuaire , du côté de l'Évangile , une tombe en marbre noir , incrusté de marbre blanc, représentant un évôque. Quoique les incrustations soient en grande partie brisées , on distingue encore parfaitement la mitre 1 , la crosse et le dais ogival , flanqué de clochetons , qui encadraient le personnage ; l'inscription est tellement usée qu'on ne peut y reconnaître que quelques lettres ça et là. Heureusement Parmentier 5 nous Fa conservée. Sous cette tombe sont déposés les restes mortels d'un de nos plus illustres évêques, Maurice de Coulanges.
Telle est l'inscription :
HIC JACKT DOMINUS FRATER MAURICIUS DE COLLANGDS VINOSIS, QUONDAM ORDINIS FRATRUM PREDICATORUM AUTISSIODORENSIUM , QUI CQNVENTUUM PAÏUSIENSIS ET SENONENSIS FUIT LECTOR ; POST MODUM ILLUSTRISSIMORUM PRINCIPUM CAROLI \' ET VI 1 REGI' M FRANCLE CONPESSOR, AC DOMIM NOSTRI PAP.E PENITENCIARIBS , DEMUM ECCLESLE NIVERNENSIS EPISCOPUS. OBIIT ANNO M CGC IIU" MV, DIE XVI 0 MENSIS JANUAR1I.
» Ci gît dom frère Maurice ,.de Cou langes-la- Vineuse ,
? Cette mitre porte vingt-huit centimètres de haut gur quatorze de large , vers le milieu.
2 Histoire manuscrite des Evêques de Severs.
MONOGRAPHIE
» autrefois de Tordre des frères prêcheurs d'Auxerre. » qui fut lecteur des couvents de Paris et de Sens, pub » confesseur des très - illustres princes Charles V e » Charles VI, et pénitencier de notre seigneur le pape. » et enfin évêque de Nevers. Il mourut en 1394 , le 16 » du mois de janvier. »
Vis-à-vis la porte de Saint-Christophe ou du Doyenné» contre le mur épais qui ferme le chœur dans la partie septentrionale , on remarque une délicieuse peintun à la cire, du commencement du quinzième siècle ; long temps cachée sous un épais badigeon , elle a enfir dépouillé le linceul qui l'enveloppait , grâce aux soin! intelligents de M. Morcllet. Ces sortes de peintures , qui nous rappellent ce que nous avons vu de plus suave en ce genre en Italie , sont trop rares en France , poui qu'on n'emploie pas tous les mo\cns possibles, afin de les conserver.
Saint Pierre , patron du chanoine Laurendaul , le présente à Marie, assise sur une espèce de trône, et portant son divin enfant . Le .chanoine, en soutane rouge, revêtu d'un simple rochet, porte l'a u musse sur le bras, et est agenouillé à leurs pieds. Une banderolle sort de ses mains avec cette inscription en minuscules de l'époque .
MISERERE MEI DEUS SECUNDUM MAGNAM MISER IGOR DIAM TUAM. — JÉSUS QUI VIENDRAS JUGER MORS ET WS DONNE-MOI A LA PIN PARADIS.
Au-dessous de celte peinture on lit :
CY GIST SOUBZ UNE TOMBE SIGNEE PAR P1GURE EN6EVELLŒ MEST. SUiON LAURENDAUL JADIS DOYEN DE PRASNAY ET CHANOINE DE NEYERS QUI TRÉPASSA L'AN MCCCC XU LE XXH' JOUR DU MOIS DE MARS ; PRIEZ DIEU QUE PAR SA GRACE DE SES PÉCHD2Z PARDON LUI FASSE. AMEN.
Sur la partie inférieure de la bande, formant l'encadrement de cette peinture , on lit :
NOUS QUI PAR ICI PASSES, PRŒZ DffiU POUR LES TRÉPASSÉS.
D'après Parmenticr 1 , Robert Dangeul , évôque de Nevers , mourut le 22 juillet 1430, et fut enterré le 13 août à la cathédrale, au côté droit du maître-autel , entre deux piliers , dans un tombi au de pierre élevé , sur lequel on lit encore quelques mots de son épitaphe, que M.Cotignon nous a donnée entière, et qui est ainsi conçue :
I Hht. manmn-. F.rSquc* dr :\W/>rs.
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HIC JACET RRVERENDUS IN CHRISTO PATER DOMINUS ROBERTl S DE DANGELLO, QLONDAM PERMISSIONE DIVIN A HUJUS ECCLESI£ NIVER- NENSIS EP1SCOPUS, PRIUSQUE EJCSDEM ECCLESLE ARCHIDIACONLS. ET ECCLESIARUM PARISffiNSIS ET CARNOTENSIS CANONICUS PRJÎBEN- DATUS, AC ILLUSTRISSIMORLM PRINCIPUM DOMINORUM KAROL1 REGIS FRANCIS ET PHIUPPI QLONDAM DUCIS BURGUNDLE CONSIUARIUS , QUI OBOT ANNO INCARNATIONS DOMINI MCCCCXXX, DIE VIGESIMO SECUNDO MENS1S JULU , CUJUS ANMA IN PACB RBQUffiSCIT.
Jean d'Estampes , évèque de Nevers , fut enterré dans sa cathédrale avec son frère , évèque de Carcassonne , qui portait aussi le nom de Jean ; leurs dépouilles mortelles furent déposées dans la chapelle de Sainte- Catherine , où on voyait encore leur épitapho du temps de Parmentier. Elle était conçue en ces termes •
Cl GISENT RÉVÉRENDS PÈRES EN DIEV , MONSEIGNEUR JEAN D'ESTAMPES PAR PERMISSION DIVINE ÊVÊQUE DE CARCASSONE, CONSEILLER 1)1 ROI CHARLES VII ET GÉNÉRAL SUR TOUTES LES FINANCES, OU TRÉPASSA A NEVERS , EN L'HÔTEL ÉPISCOPAL , LE XXV JANVIER MCCCCLV; ET MONSEIGNEUR JEAN D'ESTAMPES, SON FRÈRE, ÉVÈOIF DE NEVERS ET CONSEILLER DU DIT ROI CHARLES, QUI TRÉPASSA LE XXIV DU MOIS DE DÉCEMBRE MCCCCLXII; LESQUELS ONT FAIT PAIRE CETTE CHAPELLE ET FONDÉE D'UNE MESSE CHACUN JOUR, QUI DOIT SE DIRE A L'HEURE QU'ON COMMENCE A SONNER PRIME, AFIN ni h LE CHAPELAIN QUI AURA DIT LA MESSE SOIT A PRIME; ET APRES LA MESSE CHANTÉE DIRA LEDIT CHAPELAIN LE PSAUME ÙK Plton snis