FACIAT DNCS VOBISCUM MISERICORDIAM
9* a LCa EDCARD PR1SYE DE IIMOLX PRESB. NIV. CAN. OB. 13 M ART. 1787 JET. 33.
10 8 a JOAN. mERON. VIGNAULT PRESB. CAN. NIV. OB. 10 APRIL. 1790
JET ATI S 75.
MONOGRAPHIE
Les autres tombeaux sont restés vides. On lit dans l'arcade à gauche, en entrant .
IN REQUE FAC REQlïESOîRE MEMORIA EORl M.
Après avoir parlé des différentes inscriptions qu'on rencontre dans notre église cathédrale , nous devons consacrer quelques lignes à la méridienne, tracée sur le dallage du transsept. C'est une des plus curieuses et des plus complètes que l'on connaisse ; maintes et maintes fois, nous avons entendu des visiteurs demander des explications sur les lignes, les signes et les chiffres, disposés sur toute l'étendue de la méridienne. Nous allons essayer de donner ces explications ; mais, avant tout, disons quelques^ mots des gnomons, dont notre méridienne n'estjque le perfectionnement.
Les cadrans solaires étaient connus dans l'antiquité la plus reculée; on sait qu'il y en avait un à Jérusalem, du temps d'Achaz , roi de Juda *. Les anciens se servaient ordinairement de colonnes ou d'obélisques, dont l'ombre arrivait sur une ligne placée sur le pavé , et qu'on nommait styles ou gnomons. Cette ombre indiquait non-seulement le milieu de la journée , mais encore l'élévation plus ou moins grande du soleil vers le zénith. Cependant, ce moyen était loin d'offrir une précision mathématique ; on arriva à un résultat plus
I Liens des llvh , IV. Chap. xv
satisfaisant , en pratiquant à l'extrémité du style , ou dans un mur exposé au midi , une petite ouverture circulaire, de quelques centimètres de diamètre, à travers laquelle un rayon de soleil va se projeter sur le plan horizontal de la méridienne. Ce rayon , tombant du centre du trou sur le pavé, à l'époque du solstice d'été, suit la ligne, en avançant dejour en jour, jusqu'à ce que cette image du soleil, qui se reflète à chaque degré , parvienne à l'extrémité de la ligne, au solstice d'hiver, pour opérer une révolution inverse.
On comprend qu'il est facile , au moyen de ce procédé, d'établir un calendrier complet, indiquant tous les jours de l'année et les signes du zodiaque ; on peut , par un temps serein , saisir le moment où le soleil entre dans chaque signe , et être , en quelque sorte, témoin de cette révolution. C'est ce résultat qu'on reconnaît sur la méridienne établie dans notre transsept occidental.
On remarque deux autres lignes , posées de chaque côté de la méridienne , à quelques centimètres de distance, et qui raccompagnent dans toute sa longueur. Ces deux lignes, qui se rejoignent au solstice d'été par une courbe , représentent le zodiaque , dont les douze signes sont disposés , sur cette double ligne , avec l'indication des mois qui leur correspondent , et des jours qui composent ces mois. Ainsi , à partir de l'extrémité septentrionale de la méridienne , la ligne , qui l'accompagne à gauche, nous montre le mois de
MONOGRAPHIE
janvier et le signe du Verseau , le mois de février et le signe des Poissons, le mois de mars et le signe du Bélier. Ici la méridienne et le zodiaque sont coupés à angle droit par l'équateur. A partir du solstice d'hiver, on remarque une diminution sensible , dans les degrés indiqués sur la méridienne, à mesure que le soleil s'approche de la ligne équinoxiale , distante de vingt-trois mètres trente centimètres de notre point de départ; au-delà de l'équateur, les degrés von 1 encore en diminuant, jusqu'au solstice d'été, qui n'en est éloigné que de huit mètres quatre-vingts centimètres. Dans cet espace nous rencontrons le mois d'avril et le signe du Taureau , le mois de mai et le signe des Gémeaux, le mois de juin et le signe de l'Écrevissc ; en suivant la courbe , nous passons de l'autre côté de la méridienne, où nous trouvons le mois de juillet et le signe du Lion , le mois d'août et le signe de la Vierge, le mois de septembre et le signe de la Balance. Puis, coupant de nouveau la ligne équinoxiale , nous rencontrons le mois d'octobre et le signe du Scorpion , le mois de novembre et le signe du Sagittaire, le mois de décembre et le signe du Capricorne , qui nous ramène au point d'où nous sommes partis*.
Quel est l'auteur de ce curieux travail? Nous Tigno-
< Los autres ligos rayonnantes partant de la base de la méridienne, et aboutissant i l'équateur, manquent les heures et les fractions d'heures qui précèdent et qui suivent midi ; elles sont indiquées sur la ligne équinoxiale.
rons La tradition du pays raconte que César-François Cassini fut reçu à Nevcrs avec bienveillance par le chapitre, lorsqu'il s'occupait de son grand travail sur la triangulation delà France, et que, par reconnaissance, il établit la méridienne de notre cathédrale. D'autres prétendent que c'est M. l'abbé Laviron, chanoine de Nevers et secrétaire de monseigneur Tinseau , qui en est l'auteur. On peut allier ces deux versions, en disant que Cassini a travaillé de concert avec M. Laviron, qui était un mathématicien distingué 1 .
Les méridiennes les plus remarquables sont , en Italie , celles de la cathédrale de Florence , celle de Sainte -Pétronne de Bologne , rétablie en 1655 pa Jean - Dominique Cassini , aïeul de celui auquel on attribue la nôtre , et celle de Rome ; nous ne pensons pas qu'il s'en trouve d'autres de ce genre en Italie. En France, nous avons celle de l'Observatoire et une autre à Saint-Sulpice , garnies toutes les deux d une lentille, ce qui donne plus de netteté à l'image du soleil ; celle de Nevcrs, dont personne n'a fait mention jusqu'à présent, est cependant, comme nous l'avons faitobserver, une des plus curieuses.
4 M. l'abbé Laviron est venu à Nevers en 1751 avec monseigneur Tinseau , et Cassini n'est mort qu'en 1784.
SI
^jP Ttf^