‹ Mongraphie de la cathédrale de NeversChapitre 48 sur 69 · Patianls · texte numérisé non relu

Patianls

421. Roclêne (Roclenw) , qui succéda à Patianus vers l'an 982 , assista Tannée suivante à la dédicace de l'église de Sens. En 998 il fut interdit de ses fonctions par Grégoire V , pour avoir consacré Étienne , évêque du Puy , sans le consentement du clergé de ce diocèse. Il mourut vers 101 1 .

43. Hugues II (Hugo) de Champallcment , dit le Grand, appartenait à la famille des comtes de Nevers. Dès le commencement de son épiscopat , il fit rendre à son chapitre plusieurs terres, qui avaient été injustement aliénées. On lui attribue la fondation de l'église de Vandenesse, en 1032. Vers le môme temps, il donna à saint Odilon, abbé de Cluny, le prieuré de Saint- Sauveur de Nevers , fondé par saint Jérôme , et que le relâchement de la discipline avait réduit à ne plus compter un seul religieux.

Accusé au concile de Reims, en 1 049, d'avoir obtenu son évêché à prix d'argent, il avoua que sa famille avait dépensé de grandes sommes à cet effet; mais il protesta que c'était à son insu , et de lui-même il déposa sa crosse aux pieds du pape Léon IX. Le souve-

NOTICE HISTORIQUE

rain pontife lui remit une autre crosse, et l'autorisa à continuer ses fonctions.

Il accompagna le pape à Rome , et assista , l'année suivante, au concile tenu dans cette ville contre les erreurs de Bérenger, puis à celui de Vcreeil. En 4053 il rétablit le prieuré de Saint- Victor de INevers. Dix ans plus tard, il releva le prieure de Saint-LUenne. En 1065, il assista au concile de Rome, tenu par Alexandre II ; il mourut en chemin , en revenant de ce concile, après cinquante-quatre ans d'épiscopat. On lui attribue l'érection de la cure de Garchizy, vers 4061 .

44. Mauguin (Malguinw) , archidiacre de Nevers, succéda , en 1066, à Hugues-lc-Grand. De son temps, le prieuré de Sainl-Étienne fut retiré aux chanoines de Saint-Sylvestre , et donné à l'abbaye de Cluny ; ce qui eut lieu en 1068. Mauguin mourut le 1 er juin 1074.

45. Hugues III (Hugo) , neveu de Hugues-le-Grand , était doyen de Nevers et prévôt de l'église d'Auxerre, lorsqu'il fut élu évèquc de iNevers. Il fut intronisé le r r novembre 4 074, en présence de Guillaume de Champallemenl , évôquo d'Auxerre , son oncle. Dans cette cérémonie , il fit lire publiquement son testament, par lequel il déclarait que la moitié des biens meubles qui lui resteraient, au jour de son décès, appartiendrait à sa cathédrale , et un quart aux moines de Saint- Étienne; l'autre quart dmail être appliqué aux besoins

des voyageurs et des femmes veuves , malades à l'hôpital. L'année suivante, il érigea en paroisse l'église de Saint-Arigle. En 1081, il assista au concile dïssoudun, et en 1082 au deuxième concile de Meaux. En 1091 il prit l'habit religieux à Saint-Étienne de Nevers , et mourut dans celte maison, au mois de novembre de la môme année. Avant 1 646 on voyait encore son tombeau dans la chapelle de Notre-Dame de l'infirmerie. Le siège resta trois ans vacant.

46. Guy (Wuido et Guido). La soixante-unième lettre d'Yves, cvèque de Chartres, nous apprend que lorsqu'il fut question de consacrer le successeur d'Hugues III , Richer , archevêque de Sens , était suspens , et que le légat Hugues de Die avait convoqué à Autun les évêques de la province de Sens, pour concourir à celle cérémonie. Lévêque de Chartres réclama contre le procédé du légat, prétendant qu'on ne pouvait réunir , dans une province étrangère, les évéques de la province de Sens; il ajouta qu'il ne se rendrait pas à Autun , qu'on devait , selon l'usage de l'église de Sens, trarter cette affaire au synode indiqué pour le 26 octobre. Nous ne savons pas quel a été le résultat de ces pourparlers. Il paraît , d'après les anciens titres, que Guy fut consacré en 1094; l'année suivante il assista au concile de Clermont. Ce fut sous son épiscopat , en 1 097, que le même Yves de Chartres consacra l égliso de Sainl-Klienne de Nevers. Guy mourut on 1 01)8.

282 N-OIIC.E HIsToRlyU-.

17. Heiixk (Ilrrra'tts). Il parait , par la soivante- M'i/.irinc lettre d'Yxes de Chartres, qu'on n'était pas <l accord sur lo choix du successeur de <iu\ . Il écrivait i rarrhexoquo do Sons : ■ Puisqu'on est dixise sur ') l< leclion do lexéque do .Niçois, il faut vous rappeler • l'usage consacré par nos p rcs : C'esi a vous de choisir, •> scion votre sagesse, celui qui \ous paraîtra l'emporter >• par lo nombre des sull'raiios et par ses xertus. Mais, " ooinmo il no faut pas imposer les mains avec précipi-

talion, si \otro juii -mont n'est pas encore formé, il » me semble qu'on peut rcmcltro l'allaire au prochain •> synode; <»n scia alors plus à portée de connaître, avec ■> eerlitiule. les motifs déterminants des électeurs et les ■> mérites des candidats. »

Colloaflniro lut sans doute traitée au concile provincial d'Étampes; Ilerxé y fut jui: diime de la préférence, et sa consécration l'ut renxoyee au concile de Sens, indiqué par l'arche» èquo d'Aimberl . , pour le dimanche avant Noël, (l'est c • qui semble r sultcr de la soixanledix-neuNiême lettre du même Y\es de Chartres. C'était en 1009,

lin i I0i Hervé assista au concile de Troyes, et quatre ans plus tard au sacre de l.ouis-le-Cms. 11 lut choisi en I I 0 ( .) pour 1 1 L»ler un :- conlcslation , qui s'était olexee entre .\erlode , évoque d'Aulun , et l'on».', abbé fie Cluny, au sujet de certaine- enlises du diocèse d'Autun. •air lesquelles Clunx prélendail axoir des droits. L'acte est dalé de N'excr**, du mois de fexrirr. Il mourut le

SUH LES ÊVÊQIES DE NRYEKS.

8 août \\ \ 0. II avait érigé les paroisses de Saint-Martin de Thaix et de Saint-Pierre d'Allny.

Hugues IV, son successeur, le dépeint d'un seul trait : Vir per omnia magnificus. Hervé a\ ait, en toute circonstance, cherché à améliorer 1l> sort des chanoines , aussi son nom n'était prononcé qu'avec amour et reconnaissance. Dans le nécrologe de l'église de Nevers , on lisait les vers suivants, que les chanoines chantaient encore long-temps après sa mort , dans la salle du chapitre , à l'issue de prime :

dk;bessl-m nostri kf.coi.kniks jj.re patroni hi:rvi:i, dumlnlm piu-ciris pilsk.mls in imm

ILM13 l'T CUKJ.T CONSOKTKS KSSK yi KAMt S.

« Il est bien juste de vénérer la mémoire d'Hervé » notre protecteur, mais n'oublions pas d'adresser de » concert au Seigneur de ferventes prières, afin qu'il » nous réunisse à lui dans les cieux. »

48. Hugues IV (Hugo) dit lui-même, dans une charte, qu'on le retira du désert, pour rélever sur le siège de Nevers. Au commencement de son épiscopat , il donna au prieuré de Saint-Étienne les églises de Saint-Pierre de iNe\ers , de Chevenon, de Limon et de Saint-Jean de Lichy. Il établit dans sa cathédrale deux chanoines , chargés de dire tous les jours la sainte messe, en faveur des bienfaiteurs de l'église décédés. On lui attribue l'érection des paroisses de Neuilly , Giverdy , Cor\ol-

NOTICE HtSTOKlOLE

d Em berna rd et Montigny- sur -Canne. Il mourut le 25 février 11 21.

49. Fromond (Fromundm) était abbé de Saint-Martin de Nevers , quand il fut élevé sur le siège épiscopal de celte ville. On trouve de son temps, parmi les membres du clergé de la cathédrale, le fameux Gilbert-l'Universcl, qui , avant d'être cvèque de Londres , remplissait les fonctions d'écolàtrc à la cathédrale de Ne vers. On attribue à Fromond l'érection d'un grand nombre de paroisses : outre celle de Moraches , qu'il érigea en 1128, les paroisses de Luthenay , ChaulgncL* , Sa\y- Bourdon, Lâché, Chaumot, Moussy , Guipy , Saint -Germai n-des- Bois, Authiou, Lys, Arthel, Brinon, La Montagne, Montenoison , Challemcnt , Thiangcs , Imphy , Druy, Villeles-Anlezy, Devay , Avril, Lucenay-les-Aix , Auray, Mingot , Saint-Cy-Fertrève , les deux cures d'Aunay réunies depuis, Montapas, Sermages, Saint-Hilaire-en- Morvand, Achun, qui n'étaient que de simples chapelles, lui doivent leur érection. Il mourut à Nevers, en 1 143, et il fut inhumé dans l'église de Saint-Martin de Nevers, qu'il avait relevée de ses ruines.

50. Geoffroy (Gau(ridm) . Après la mort de Fromond . le siège resta trois ans vacant. Saint Bernard écrivant au pape Eugène III, en 1 1 46, au sujet de Manassès Garnanda, évêque d'Orléans, qui se trouvait dans la nécessité de justifier sa conduite , lui expose l'impossibilité dans

SLR LES RVÈOUES DR NEVERS

laquelle est cet évêque de se défendre devant ses comprovinciaux; « Nevers est sans évèque, il en est de même » à Troyes, et celui d'Auxerre voyage en Italie 4 . » En effet, Guillaume II, comte deNevers, mettait des entraves à l'élection , craignant de rencontrer, dans le nouvel évêque, un prélat qui s'opposât, avec trop d'énergie, à ses injustes prétentions. C'étaient les manœuvres iniques de; ce seigneur que saint Borna rd rappelait au pape Eugène, quand, voulant h mettre en garde contre les élections qui avaient lieu à Auxerre , sous la pression du comte Guillaume , il lui répétait : « N'oubliez pas ce » qui s'est passé à Nevers *. »

Ce fut dans le cours de Tannée i 1 46 que Geoffroy monta sur le siège épiscopal de Nevers. Au mois d'octobre de la même année , il assista à l'ouverture de la châsse de saint Lazare , à Autun. En Mil, il fut un des six prélats qui assistaient le pape Eugène III dans la consécration de l'église cathédrale de Ghâlons-sur- Marne.

Le comte Guillaume , dont nous avons parlé plus haut, était revenu à de meilleurs sentiments, et après avoir essayé de réparer les injustices dont il s'était rendu coupable en dépouillant les églises et les monastères, il avait pris l'habit de chartreux. Guillaume III, son fils et son successeur, au lieu de suivre les exemples

< S Bbbn., epist. 24tî.

t S. Bkiin., êpint. Î75 et 276.

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que son père lui avait donnés à la lin de ses jours , l imita dans ses injustices. « Le comte de Ncvers . » écrivait saint Bernard au pape Eugène , ne marche » pas sur les traces de son père ; tantôt il s'oppose à » une bonne œuvre, tantôt il les entrave toutes. Il » convoite les propriétés et les biens de l'église, comme » un lion qui attend le moment favorable pour saisir » sa proie. Il est disposé à accepter pour évôque (il » s'agissait d'élection pour le siège d'Auxerre) un Sar- » rasin ou un Juif, pourvu qu'on ne nomme nas celui » qu'il redoute , parce qu'il voit en lui un homme qui » connaît ses injustices et ses fourberies , et qui esl » capable de les déjouer. C'est pourquoi il a employé , » auprès d'un certain nombre de clercs, qui m'en ont » fait l'aveu , les menaces les plus terribles , pour leur » fermer la bouche , et empêcher le parti qui lui est » opposé de se glorifier du nombre imposant qui le » compose. Pour tout dire en un mot , si on regarde » comme une affaire importante, pour ce diocèse, de ne » pas laisser dépouiller les monastères, piller les églises, » traîner la religion dans la boue , opprimer sous une » cruelle servitude le siège épiscopal , dont on convoite » les avantages et les biens, qu'on ne laisse pas monter » sur ce siège le candidat du comte V » Le diocèse de Nevcrs dut avoir beaucoup à souffrir sous un semblable seigneur ; cependant l'histoire n'en parle pas. Nous

« S. Bern.. rpist. 28 K

SI H LES EYÊQUKS DR NKVKRS.

savons seulement que Geoffroy fut un des évôques chargés de notifier au comle la sentence d'excommunication lancée contre lui. En 14 55 , Geoffroy assista au concile de Soissons et en 4 457 à celui do Reims. Il mourut le 1 4 février 1 1 60.

51. Bernard de Saint-Saulge. Ce prélat, doué d'un esprit pénétrant et de grandes connaissances , eut part à plusieurs affaires importantes. Il était un des dix évêques réunis à Montpellier, quand le pape Alexandre III réitéra publiquement l'excommunication portée contre l'antipape Oetavius , qui avait pris le nom de Victor. Il fut aussi un des cent vingt-quatre évôques du concile de Tours , en 1 1 63. En 11 66 il assista au concile de Beauvau. Quatre ans plus tard , il fut envoyé par Alexandre III comme légat, en Angleterre, pour réconcilier saint Thomas de Cantorbéry avec le roi Henri. En H 76, il fut un des arbitres choisis pour terminer de nouveaux différends, survenus entre le môme Henri et Louis-le-Jeunc. Il mourut le 10 janvier 1 177.

52. Thibaid, doyen de la cathédrale, lui succéda. 11 assista au troisième concile général de Latran en 1 1 79 ; fonda la chartreuse d'Apponay en 1185; Ut recouvrir en 1 188 la cathédrale de dalles, lapide scc/ili, et mourut la môme année.

53. Jean I , doyen de la cathédrale, fut le successeur de Thibaud. Nous trouvons peu de faits remarquables

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