CHAPITRE III
MOUVEMENT GÉNÉRAL OU SE FAIT SENTIR A LA PIN DO DOIZIÈME SIÈCLE ET Al - COMMENCEMENT DU TREIZIÈME. — GUILLAUME DE SAINT- LAZARE. — IL NOURRIT DEUX MILLE PAUVRES PAR JOUR. — SES SUCCESSEURS JUSQU'A PIERRE BERTRAND.
tus voici arrivés à une de ces ^époques de transition , féconde >en événements. Pcut-ôtre n'a-t-on 'pas encore étudié d'une manière ;is-(v. sérieuse la fin du douzième siècle et les premières années du ^treizième. Les archéologues ont bien remarqué dans les monuments , et surtout dans les monuments religieux , un genre particulier inusité
NOTICE HISTORIQUE
jusque alors Celte révolution , car on peut se servir de cette expression , ne devait pas se borner à substituer l'ogive au plein cintre et à remplacer les ornements romano- byzantins par d'autres ornements tirés en partie du règne végétal ; partout on éprouvait un besoin irrésistible de modifier tout ce qui existait , et nous pouvons dire que notre Nivernais a joué un grand rôle dans ce mouvement. C'est, en effet, dans cette province que les communes se sont constituées , ou du moins qu elles ont réclamé certains droits avec énergie, tandis qu'ailleurs on ne pensait aucunement à s'affranchir ; tout le monde connaît les luttes dont Vézelay a été le théâtre. Mais en même temps que les peuples cherchaient à secouer le joug des seigneurs particuliers, nos rois travaillaient à étendre leur pouvoir , en établissant des bailliages royaux, pour tenir les seigneurs en échec. Saint-Pierre-le-Moûtier fut le siège d'un des quatre bailliages fondés par Philippe-Auguste. Cependant plusieurs de ces seigneurs étaient encore assez puissants pour commander le silence aux rois. C'était en présence de Philippe-Auguste qu'Hervé, baron de Donzy, imposait de dures conditions à son prisonnier , le comte Pierre de Courtenay, membre de la famille royale.
Vers le même temps , Guillaume de Saint- Lazare montait sur le siège de Nevers ; nous voyons alors nos institutions ecclésiastiques soumises aussi à d'importantes modifications que nous devons signaler. Jusque-là les évêques de Nevers avaient été nommés par le clergé
SLR LES ÉYÊQUES DE NEVERS.
et le peuple réunis; tout-à-coup cet antique usage disparaît; le chapitre seul , sans le concours du peuple et du reste du clergé, nomme son évéque. Guillaume de Saint-Lazare fut le premier évéque de Nevers ainsi élu. Ce mode d'élection semblait d'ailleurs être justifié par la conduite que les cardinaux avaient tenue à Rome en 4181, après la mort d'Alexandre III : Us avaient nommé eux-mêmes son successeur , Lucius Hï. C'était une innovation. Les chanoines introduisirent aussi dans leur corps une nouvelle organisation ; depuis l'établissement primitif du chapitre, ils avaient toujours vécu en commun , et comme nous l'avons fait remarquer , leurs habitations réunies formaient un véritable monastère; mais à partir de l'incendie de la cathédrale et des lieux réguliers , dont nous parlerons bientôt , ils renoncèrent à la vie commune. Enfin Guillaume, par le rachat du droit de régale, mit fin à un usage qui n'était pas sans abus 1 . Nous avons cru, avant d'aller plus loin , devoir rappeler le grand mouvement imprimé à la société tout entière à l'époque qui nous occupe.
\ La régale était un droit en vertu duquel les rois de France jouissaient des revenus de tous les archevêchés et évéchés vacants , à compter de l'instant de la mort naturelte ou civile des anciens titulaires , jusqu'à ce que les nouveaux pourvus aient prêté serment de fidélité au roi et fait enregistrer ce serment.
La régale leur conférait encore le droit de disposer de tous les bénéfices vacants (sans charge d'âmes), auxquels les défunts prélats avaient droit de nommer. Quant aux cures ot bénéfices à charge d'âmes, la collation, pendant la vacance du siège, appartenait aux chapitres des églises calhédrahs
Voir 1)evi9art , Pinson , Auimh l, nHénicornT.
292 notice uimoiu.ai;
55. Gnu.Ai me de Saint- Lazare (Mil Ici mus de Sancto I.azaro). A la mort de Gauthier, le chapitre s'était réuni et avait élu pour évéque Guillaume de Seignclay, dovon de l'éidise d'Auxcrre; mais celui-ci avant refuse, on dut procéder à de nouvelles élections, par suite desquelles Guillaume de Saint -Lazare lut nomme à l'unanimité (1201).
Aussi recommandable par sa piété que par son savoir et ses talents, il jouissait depuis long-temps de lu faveur de Philippe-Auguste; c'était lui qui, en 1198, avait soutenu , en présence du pape Innocent IH, les intérêts du roi de Fiance contre Jourdain du llommet, eveque de Lisicux , ambassadeur de Ilichard 1 ' , roi d'Angleterre.
En 1202, il fut nommé par le pape» Innocent III avec saint Guillaume, archevêque de Bourges, et l'abbé de Cîuny, pour recevoir l'abjuration de quelques bourgeois de La Charité, qui s'étaient laisse enl rainer dans la secte des Albigeois. L'année suivante, il assista au concile de M eaux.
Lu 1 207, Innocent III lui contia une nouvelle mission ; il le chargea de se rendre dans la ville du Puy, pour contraindre les habitants a se soumettre à leur évèque, tout en engageant le prélat à faire des concessions à de justes réclamations. Au mois de juillet de la même année , il assista , avec l'archevêque de Sens et les é\êques de Paris, d'Orléans et d'Auxcrre, à la cérémonie qui eut lieu à Sainl-Benoil-sur-Loire ; le corps
du saint fut retiré de son humble tombeau , pour être placé sur le maître<autel du monastère.
Ce fut en \ 208 que notre évôque obtint de Philippe- Auguste l'exemption du droit de régale et d'autres faveurs. Parmentier prétend que ce fut à prix d'argent, et que les fonds, qui furent remis au roi dans cette circonstance , servirent aux frais de la guerre contre Baudoin , comte de Flandre , et contre l'empereur Othon.
On se disposait alors à une croisade contre les Albigeois ; dans sa lettre aux évêques de France, le pape Innocent III dit que l'archevêque de Sens , l évêque de Nevers et ses comprovinciaux se sont engagés à donner aux croisés la dixième partie de leur revenu d'une année ; il ordonne à tous les prélats d'engager les clercs et les laïques des terres du duc de Bourgogne, du comte do Nevers et des autres seigneurs qui se croiseront à imiter cet exemple.
Guillaume de Saint-Lazare se croisa avec Hervé de Donzy, comte de Nevers 1 ; saint Guillaume, archevêque de Bourges, oncle de la comtesse Mahaut, épouse d'Hervé , devait aussi faire partie de l'expédition ; il se disposait à se mettre en route , non avec l'intention de
4 Hervé était un foudro de guerre , dit la Chronique do Tours , hottium tempestat auidua. Il était si connu par sa bravoure et son habileté, que les évêques et les seigneurs do France le choisirent pour chef de cette expédition, et ce no fut qu'à son refus que Simon de Montfort eut le titre de généralissime de l'armée catholique. Vei.y , Hist. de France , tome m.
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combattre les hérétiques, mais plutôt de les ramener par la voie de la persuasion, quand Dieu l'appela à lui, en 1209*. À son retour, en 4244, notre évêquo eut la douleur de voir sa cathédrale consumée par les flammes, ainsi que les lieux réguliers. Malgré les grandes dépenses que lui avait occasionnées la guerre contre les Albigeois, il entreprit de réparer ce désastre, comme nous l'avons dit dans la première partie.
Nous le trouvons en 4 21 4 à la bataille de Bouvines, parmi les seigneurs qui avaient suivi le comte de Ne vers. Le cadre que nous nous sommes tracé nous met dans la nécessité de ne faire mention que des traits principaux de la vie de ce prélat ; mais nous ne pouvons oublier de parler de sa charité ; son chapitre et son église cathédrale en ont éprouvé les généreux effets. C'était surtout quand il s'agissait des pauvres que celte charité semblait ne plus connaître de bornes; tous les anciens livres de l'église de Nevers nous disent qu'il nourrissait tous les jours deux mille pauvres 2 . Ils ajoutent que sentant sa fin approcher, il ordonna que les distributions, qu'il avait coutume de faire, continueraient jusqu'à la saint Jean-Baptiste. Il mourut en odeur de sainteté, le 49 mai 4 221.
\ Saint Guillaume était né à Arlhel , au diocèse de Nevers.
2 La Merdes histoires, tome n , année 4221 , est conforme au Nécrobg» Je iàjlise de Neoers : « Guillaume, éveaque de Ncuers, docteur en loy et décret, » qui au temps de la grande cherté et famine repaissait tous les jours doux » millo pauvres, trépassa do ce monde en la vigile de l'ascension de nostw v Seigneur. »
m lésa I.
SERVAIS DE CHÂTEAUNEUF ROBERT CORNU. GILLES DU CHÂTE LET . JEAN DE SAVIGNY.
PIERRE BERTRAND BERTRAND DE fUMEL . PIERRE Al L EL IN DE MONTAI SU . JEAN DE NEÔFCHATEl.
PIERRE DE OlNÎEVIUE. ROBERT DE DAN.6EUL. JEAN D'ETA M PE S. FERDINAND O'ALMEÏDA .
SUR LES ÊVÊQUES DE NEYERS.
Ce fut pendant son épiscopat que le comte Hervé fonda l'abbaye de l'Épeau et la chartreuse deBellary, près de Donzy, ainsi que le monastère de Coche, en la paroisse de Vielmanay. Vers la même époque, furent fondées les collégiales de Tannay et de Saint-Laurent de Cosne ; et les chanoines réguliers de Monljoux , dans les Alpes , vinrent desservir l'hôpital de Varzy. En 1204 l'église et le monastère de La Charité avaient été incendiés.
Le fait le plus curieux de cette époque est l'érection d'un évêché dans un faubourg de Clamecy. En 1167 , Guillaume IV, comte de Nevers, fut atteint de la peste à Ptolémaïde; se voyant sur le point de mourir, il demanda avec instance à être inhumé à Bethléem , et légua ù cette église l'hôpital de Pantenor, à Clamecy, avec les biens qui en dépendaient , afin que l : évôque de Bethléem pût s'y retirer, s'il venait à être chassé de son siège par les infidèles. Ce que le comte avait prévu arriva plus tard, et Régnier, qui avait été consacré vers 1204 , fut chassé par les infidèles et vint se réfugier dans le Nivernais. Depuis ce moment jusqu'en 1 790 , les évôques de Bethléem eurent leur siège dans le faubourg de Clamecy, qui a conservé ce nom.
56. Gervais de Chateauneif ( Gervasius) succéda en 1221 à Guillaume de Saint-Lazare. 11 était fils de Gervais, seigneur de Châteauneuf en Thimerais, baron de Senonches , et de Marguerite de Donzy , sœur du
NOTICE HISTORIQUE
comte Hervé. Avant sa promotion à lépiscopat, il était chanoine de Chartres. D'après la Gallia Christiana, ce fut le pape Honorius III qui fit la cérémonie do sa consécration. Il resta peu de temps sur le siège de Nevers; il mourut le 28 février 1222 ou 4223.
57. Uegnault (Regnaudus) fut sacré en 4 223 par Gauthier III , archevêque de Sens ; au mois de juillet de la même année , il assista au concile de Paris tenu contre les Albigeois, et ensuite aux funérailles de Philippe-Auguste. Au mois de novembre 4 225, il accorda l'affranchissement de la servitude personnelle aux habitants de Prémery, moyennant vingt sols par feu, payables dans l'octave de la Toussaint, par ceux qui, du dire du prévôt, pouvaient payer cette somme, et douze deniers au moins pour les plus pauvres. Il mourut le 28 juillet 4230.
A la mort de Hegnault , le chapitre fut divisé sur le choix de son successeur; les uns donnèrent leurs voix au doyen, les autres au grand-chantre. Les deux élections ayant été déclarées nulles , le pape Grégoire IX nomma lui-même, pour les fêtes de Pâques 1232 , Raoul de Bcauvais , qui se trouvait alors auprès de lui.
58. Raoul dr Reauvais (Rodolphus) prit possession de son évôché la même année; à son arrivée dans le diocèse, muni du bref du pape, il voulut faire la visite des monastères |de Saint-Étienne et de Saint-Sauveur ,
mais les prieurs s'y opposèrent , et par suite de cette opposition furent excommuniés. L'abbé de Cluny porta ses plaintes à Rome , des arbitres furent nommés pour juger l'affaire, et Raoul fut obligé de se désister de ses prétentions.
Ce fut de son temps que la chartreuse du Val-Saint- Georges fut fondée par Hugues , seigneur de Lorraes , et Héloïse, sa femme, et le réconfort, par la comtesse Mahaut. La même année 4235, fut construite l'église de Saint- Éloi, qui fut érigée en paroisse avec le consentement des religieux de Saint-Étienne de Nevers , dont ce territoire dépendait. Celte érection fut confirmée en 1 248 par Robert Cornu. Depuis la fondation par l'évêque Fromond, en 1430, d'un certain nombre de paroisses dans le diocèse de Nevers , un grand nombre d'autres furent érigées, telles que Blismes, Poussignol, Dommartin, Lormcs, Saint-Léger-du-Fougeret, Metz-le-Comte, Sainte-Vallière de Nevers, Tronsanges, Saint-Parize-le- Châtel, Saint-Aubin, Luzy, Monceaux, La Rochemillay, Saint-Hilaire , Saint-Pierre-le-Moûlier , Saint-Franchy , Pougues, etc., etc., enfin le diocèse se trouva, sous le rapport du service paroissial , constitué à peu près tel qu'il était en 1789.
Raoul mourut au mois de décembre 1 239.
59. Robert Cobnc (Rotbertus Cornulm) était fils de Simon Cornu , seigneur de Villeneuve , et d'une sœur d'Henri Clément, maréchal de France. Simon Cornu eut
NOTIŒ UlSiOHlol F.
huit gardons , dont six embrassèrent l'état ecclésiastique : 1° Gauthier , qui devint archevêque de Sens; 2" Gilles, qui succéda a son frère sur le siège de Sens; 3" Gauthier, chevalier; 4" Simon, chanoine de Laon ; o" Albéric, chanoine de Sens, puis évèque de Chartres ; (T Jean , chanoine de Sens; 7" Pierre, écuyer; 8" Robert , chanoine de Chartres et ensuite évèque de Nevers. Il portait d'arycnl à la bande de gueules. C'est le premier de nos évoques dont on connaisse les armes. Peu de temps après son intronisation , une épine détachée de la sainte couronne , reçue à Sens la même année, fut apportée à Novers et déposée au trésor de la cathédrale.
Robert écrivit en 1 2î 4 ou 1 24o au pape Innocent IV, pour l'engager à vérifier les miracles attribués à saint Edme, archevêque de Cantorbéry, cl à procéder ensuite à sa canonisation.
En 1246, Eudes, évèque de Tuseulum , légat du Saint-Siège pour la province de Sens , donna un règlement au chapitre de Nevers ; il y est marqué entre autres choses que la fêle des Fous sera abolie sous peine d ' excomm un ica t ion .
En 1 2 *> 1 furent établis à Nevers les Frères mineurs ou Cordeliers. Robert mourut le \h janvier de l'année suivante 1252.
Le siège resta deux ans vacant après la mort de Robert Cornu ; Henri Cornu, son ne\eu, fui élu évèque de Nevers , mais il ne fut pas consacre , ayant été
SLR LES ÉVÊQLBS DE NEVERS.
appelé, en 1 254, à succéder à Gilles Cornu , archevêque de Sens , son oncle.
60. Guillaume II de Grand-Puy (Willelmnt de Grandi Podto), trésorier de l'église de Sens, fut appelé, en 1 254, à remplacer Henri Cornu. Au mois de juillet 1256 , il assista au concile de Paris. On peut juger, d'après le testament de la comtesse Mahaut, morte en 1257, du nombre des établissements religieux et charitables, qui couvraient le Nivernais à cette époque , par ceux en faveur desquels elle a fait quelques legs. Outre les cathédrales de Nevers et d'Auxcrre , qu'elle n'a pas oubliées , on y voit figurer les chartreuses d'Apponay et de Bellary ; les abbayes de Saint -Martin de Nevers , de Bellevaux , de Vézclay , de TÉpeau , de Corbigny , de Bouras , de Roches ; les prieurés de La Charité, de La Fermeté, de Faye , de Saint-Nicolas, proche Entrains, de Fontenay, près de Corvol-l'Orgueilleux ; la collégiale de Saint-Martin de Clamecy ; les religieuses de Decize ; les maladreries de Montenoison , de Donzy , de Decize ; enfin , les Maisons-Dieu et les pauvres hôpitaux du comté de Nevers sont désignés en général, et doivent avoir leur part, dans une somme laissée à cet effet aux exécuteurs testamentaires, parmi lesquels est désigné l'évoque de Nevers. Guillaume mourut en 1 260.
61 . Robert de Mahzy (Rotbertus de Marizm) succéda à Guillaume vers la fin de l'année 1260 ; les faits les
NOTICE HISTORIQUE
plus remarquables de son épisoopat sont rétablissement des Frères prêcheurs , par Agnès de Bourbon , dans la ville de Nevers , en h 274 , et la fondation des Cordelière, au faubourg de La Chaussée, par la comtesse Yolant. En 4265, il y avait eu discussion entre Robert, le chapitre et le trésorier, au sujet de grosses réparations à faire à la cathédrale ; il s'agissait de savoir comment chacun devait y contribuer. Robert mourut en 1274 ou 1275.
Entre Robert et le suivant , les auteurs de la Gallia Christiana placent un autre évêque , qu'ils nomment Gilles de Château -Renard (de Castro Renardt). Parmentier combat et rejette cette opinion.
62. Gilles I er (Egidius et Gilo) , que les auteurs de la Gallia Christiana nomment Gilles du Châtelet (de Castello), monta en 1 278 sur le siège de Nevers , qui était demeuré vacant depuis la mort de Robert, sans qu'on en connaisse le motif. En 1 283 , Gilles partagea le diocèse en deux archidiaconés : celui de Nevers, qui comprenait les archiprêtrés de Saint-Pierre-le-Moûtier , de Prémery , de Lurcy et des vaux de Nevers, et celui de Decize, composé des archiprêtrés de Decize, de Thianges, de Châlillon-en- Bazois et de Moulins-EngilbertV En 4 249, Guy deMello avait établi une semblable organisation dans son diocèse
4 Les auteurs do la Gallia Christiana attribuent cette organisation a Gilles de Mauclati. Cependant, comme ils ajoutent : Seu potius de now ordinavit , on pourrait dire avec Parmentier que cette institution appartient à Gilles du Chàteiet , et que son successeur l'a confirmée.
d'Auxerro, qu'il avait aussi divisé en deux archidiaconés : celui d'Auxerre et celui de Puisaye. Cependant, ces dispositions déplurent aux chanoines et surtout à leur doyen , Simon , qui prétendait que par là on restreignait sa juridiction ; ils protestèrent , mais sans obtenir gain de cause. Gilles mourut la môme année.
63. Gilles H de Maiclati (Egidiw et Gilo de Mauclatio). D'après la Gallia Christiana, il y avait deux concurrents à l'évêché de Nevcrs à la mort de Gilles I er ; cependant ils déposèrent leurs prétentions entre les mains du pape Honorius IV, qui nomma Gilles , et le recommanda au roi. Le nouvel évêque fut sacré en 1283 ; il mourut en 4 294.
Le siège demeura vacant pendant deux ans , par suite des contestations survenues entre Guy de La Charité et Jean de Garlande , qui prétendaient l'un et l'autre à l'évéché de Nevcrs. Le pape Boniface VIII mit fin à la lutte en nommant Jean de Savigny.
6 4.. Jean II de Savigny monta sur le siège de Nevers en 1296. Il avait une telle réputation de droiture et en même temps d'habileté dans les affaires, qu'il fut chargé souvent des négociations les plus difficiles et les plus importantes. Dès la première année de son épiscopat, il fut député à Rome par le clergé de France pour faire part au pape Boniface VIII des besoins de
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l'Église, et L'un née suivante le pope le commit pour visiter et réformer l'abbaye de Fontevrault.
Le 21 mars 130o il eut l'honneur de recevoir à Ne vers le pape Clément V 1 ; deux ans plus tard , vers la tin de Tannée 1308, il accompagnait le même pape à son entrée solennelle à Toulouse, où, après que le souverain pontife eut donné la communion à Ions les seigneurs et aux capitouh , l'évèque de Nevers prit sa place pour communier tous ceux qui se présentaient. Au mois d'octobre 1:M0, il assista au concile provincial de Paris, et l'année suivante il fut un des pères du concile général de Vienne, tenu par Clément V. En 1313 il consacra l'église collégiale de Tannay. Il mourut au mois de janvier 1315, et il fut enterré' à la cathédrale, comme nous l'avons dit dans la première partie.
6'i. Crn.ru ME III lÎE.uTiLs , originaire de La Charitésur-Loire, succéda à Jean de Savigny. 11 ne gouverna le diocèse (pie quatre ans; il mourut le 1 r janvier 131t).
1 Dans son /.'v/n/>>? areh\'(doyi<fue des principales lù/lises du diocèse de Severs , pa-e 122, M. i'ahlx' Boiirassi'* rapporte une inscription avec sur la muraille i'\Ui icurr tic lï'-lise do Tannay, don! on n'a pu, jusqu'à présent , donner l'explication. C.Vst une inscription eominétnorativo du fail que nous rapportons : Le 12 des calendes d'avril de l'an du Seiqneur H(î5 . notre seigneur le paj.e Clément V entra a .Xceers. Pai nionlioi dit que <r lui on \UH\ que Ch 'nient V vint ;'t Ni-vcrs.