LA RÉACTION ROYALISTE
cours qui, le même jour, imprimé par ordre de Monk, sous le titre de Déclaration, fut ensuite envoyé par lui au parlement, en forme de lettre1. Ainsi prémuni, Monk fit conduire par sa garde les membres exclus à Westminster, où plusieurs officiers les attendaient à la porte. Quelques lords voulurent profiter de l'occasion pour reprendre aussi possession de leur chambre2; mais il n'était pas encore temps : la tentative avait été prévue, et le colonel de la garde, Miller, qui avait sa consigne, l'exécuta en soldat, de manière à donner beaucoup d'humeur à ceux qui avaient essayé de la forcer.
Toujours aveugles et trompés,les républicains avaient complètement ignoré ce qui se préparait. En voyant rentrer et s'asseoir dans leurs anciennes places les hommes qu'ils en avaient chassés depuis si longtemps, leur trouble fut égal à leur •colère; plusieurs sortirent de la chambre, Haslerig entre autres, en criant que Monk était un traître; Ludlow refusa d'y entrer, résolu de ne pas sanctionner, disait-il , la rentrée illégale de cent cinquante-sept membres qui avaient été exclus par soixante et dix membres légalement élus et en nombre compétent pour voter. Quelques-uns des mécontents
* Lord Wharncliff croit que le discours publié par ordre de Monk ne fut pas le même que celui qu'il avait tenu aux membres exclus.
2 William, comte de Strafïbrd, fils du grand comte de Strafford, exécuté en 1641, se montra ce jour-là l'un des plus ardents à reprendre possession de son siège dans la chambre des lords. Il mourut sans enfants en 1695, et en lui s'éteignit le titre qu'avait obtenu son illustre père.