‹ Monnaies de l'école palatineChapitre 3 sur 3 · N PALACIO. Buste diadémé à droite · texte numérisé non relu

N PALACIO. Buste diadémé à droite

1^ DOWMOLEN. Croix grecque ancrée sur deux degrés. Tiers de sol du Cabinet de France. — (Voy. pl. m, n° 14.)

Dommolenus n'a pas été seulement le monétaire du Palatium, il a signé aussi la plus grande partie des monnaies du petit palais, Palatiolum; l'atelier de Palaiseau fut très fécond et c'est bien à la même époque, vers la fin du vu' siècle , que Dommolenus manifeste sa présence au Palais et à sa succursale. Déjà le sens mystique de Y oméga sur la croix est oublié, il n'est plus question que de la croix ancrée.

Clotaire III résidait à Palaiseau en 665; c'est là que saint Wandrille, abbé de Fontenelles, alla le trouver « 171 loco territorii Cartrensis (Châtres) nomine Palatiolo commorantem ». Châtres est aujourd'hui Arpajon, près Montlhéry. Pépin le Bref donna Palaiseau aux religieux de Saint-Denis afin qu'ils priassent pour Charles- Martel enterré dans leur abbaye.

15. — PALATI MO. Buste diadémé à droite ; manteau à plis horizontaux et ondulés.

^ IN PALACIO FIT. Signe indéterminé dans une couronne de feuillage. Autre couronne semblable, au pourtour.

Tiers de sol du Cabinet de France. — (Voy. pl. m , n° 15.)

16. — IN PALACIO F. Buste diadémé à droite; diadème et chevelure formés d'un semis de globules ; manteau hémi-hexagonal avec globules aux angles , contenant un chevron renversé et formant dans son ensemble le M barré , sic M j avec un globule dans l'angle du milieu ; pur style parisien.

jp^ S^ns légende. Croix grecque crossée, à volutes rétrogrades. P. 1 gr. 20, or pâle ou argent. Ma collection; origine : coll. Sivard de Beaulieu. — (Voy. pl. ni, n" 16.)

J'appelle croix crossée une croix grecque dont les quatre bras sont prolongés par des lignes courbes en volutes comme les crosses d'évêques ou d'abbés. La croix est crossée en avant ou rétro grade suivant que la volute du haut est à droite ou à gauche. Quand les appendices courbes se confondent avec les bras de la croix sans que rien n'indique où finissent ces bras, le type peut être décrit par les mots : deux S croisés ou deux S rétrogrades croisés. La croix crossée peut encore être définie par ces mots : croix grecque yattée brochant sur deux S en croix. Les ateliers de Paris, Chartres et autres villes voisines de Paris ont souvent produit la croix crossée à la fin du vn* siècle; de la croix crossée paraît être dérivée la croix gammée formée de quatre gammas, en

avant , ou rétrograde , qu'on rencontre notamment sur des deniers frappés à Meaux à la fin ^u vn' siècle ou au commencement du vnf .

17. — Variété du précédent sans le détail caractéristique du manteau en M.

Çt' Même type, avec grènetis au pourtour. Or très pâle ou argent. Cabinet de France. — (Voy. pl. iir, n° 17.)

18. — IN PALACIO. Grand A surmonté d'une croix et entouré d'un grènetis.

RA X FIT ISC Grand A surmonté d'une croix avec un globule dans l'intérieur.

Denier ? Ma collection ; origine : Gharvet.

Autre exemplaire , collection du prince de Furstenberg ; origine : Saulcy, publié par Fillon, Et. Num.,^. 138. — (Voy. pl. III, n° 18.f

Serait-il trop téméraire de compléter cette dernière légende de la manière suivante : Rk{cio) Xidecima) FIT \SL{olae) ? Au lecteur d'en être le juge.

Voici d'autres monnaies où la mention du Palais est remplacée par celle de l'École. Gomme je Tai dit et comme on va le voir, ces deux mots sont bien synonymes. Palatium désigne la résidence, Scola désigne le personnel qui l'habite, et ces deux mots s'emploient l'un pour l'autre. C'est ainsi que le mot Ecclesia a désigné et désigne encore à la fois le temple où l'on prie et l'ensemble des fidèles unis dans une même religion. Nous avons vu l'écober signer la monnaie du Palais. Nous avons signalé au Palais les noms de Ragnomaire et d'Incmar; nous allons les retrouver à l'Ecole.

19. — ESCOLARE MONE. Buste diadémé à droite ; profil légèrement concave. Le diadème ne se révèle que par l'appendice en volute. Epaules larges et bien drapées.

W RAGNOMARES M. Croix mixte fichée sur un globe.

Tiers de sol de ma collection. — (Voy, pl. m, n" 19.)

20. — Mêmes légendes. Type un peu varié. ^ Mêmes légendes et même type.

Tiers de sol du Cabinet de France , publié par Gombr., Atlas, xxxvnr, 2 ; Rev. Num., 1840, XIII, 14. — (Voy. pl. m, n" 20.)

Mon exemplaire, un peu varié, atteste que le coin qui l'a frappé était mal trempé ou extrêmement fatigué; il avait même reçu, du côté de l'effigie, deux entailles qui ont produit des traits en relief sur la monnaie.

21. — IN 2C0L-OA FIT. Buste diadémé,à droite. Le diadème ne se révèle que par une petite ligne de perles qui va de l'oeil à la nuque et par une pièce d'orfèvrerie placée à son sommet et consistant en une couronne de perles entre deux gemmes. Cet ornement coupe la légende entre les lettres L et A. Le trait qui marque le profil du nez se poursuit à sa partie supérieure en une sorte de ruban frontal qui imite un large sourcil. La tête est chevelue, légèrement hérissée, et cette chevelure est divisée par l'appendice du diadème en deux masses , l'une sur le crâne , l'autre à la nuque. Les épaules sont indiquées par deux lobes semi-circulaires qui sont l'exagération et l'immobilisation des fibules-attaches du manteau. Sous la joue, entre les deux lobes, un petit T.

INGOMARVS ÎI?ON. Croix grecque supportant un oméga renversé, au dessus de deux degrés en pyramide et d'un globe.

Tiers de sol publié par Combr., Atlas, xxvi, 12. — (Voy. pl. III, n" 21.)

22. — IN 8C0L*(>A • FIT. Buste semblable au précédent. Le manteau traité plus sommairement ; au lieu des deux lobes semi- circulaires, on voit des hachures obliques qui se rapprochent du M caractéristique de la région de Paris. Même petit T dans l'angle du milieu.

jp/" VS a?ON. Même type , avec deux groupes de globules

en triangle accostant la croix.

Tiers de sol du Cabinet de France. — (Voy. pl. m, n° 22.)

Ces deux monnaies sont presque semblables, mais le

nom du monétaire paraît différent sur le n° 22 où il n'est guère possible, dans les fragments de caractères qui sont apparents, de retrouver les éléments du nom d'Ingomarus; les auteurs des listes de monétaires ont lu CIC... MINVS MO.

23. — ^ AOVNO FICEO. Buste de pur style messin , à droite (style de Metz et des ateliers situés au sud de cette ville).

]^ IN ESCOLA FUT. Croix grecque largement pattée dans un grènetis.

Tiers de sol de ma collection. — (Voy. pl. ni, n° 23.)

Cette monnaie est fort curieuse : AOVNO est une forme de AVDO qui est la latinisation du radical germain ALT {ancien). Ce nom est très usité au vit siècle ; il entre dans la composition des mots Aunulfus, Aunoaldus, Aunebertus, Aunofredus (Onfroy), Aunemundus (Chamond), etc. FICEO pourrait être une forme de facio; ce ne serait pas l'unique exemple d'emploi sur les monnaies de la première personne du verbe facere. Si la formule du droit n'a pas le sens que je donne ici comme une conjecture, elle est aussi inexplicable pour moi que celle que j'ai transcrite en décrivant le n** 3; seulement ici nous ne sommes plus en présence d'un travail limousin; le type de l'avers trahit le faire des ateliers de Metz ; on peut affirmer, sinon que le coin a été gravé à Metz , au moins que Fartiste qui l'a gravé avait appris à travailler dans les ateliers de cette ville. Le type du revers nous transporte encore plus loin; rien n'y rappelle le travail messin, il faut passer en Germanie, sur la rive gauche du Rhin, pour trouver à Andernach, à Bonn, à Zulpich, à Boppart, à Mayence, l'école artistique qui a produit ces croix grecques pattées et entourées d'un grènetis, sur des flans de petit diamètre. Si la monnaie qui m'occupe avait été frappée à Metz, elle aurait assurément un autre revers ; si elle provenait des

bords du Rhin, elle aurait une autre effigie. 11 me faut croire et admettre que Dagobert, roi d'Austrasie de 623 à 628, lorsqu'il a quitté Metz pour venir régner à Paris, a recruté quelques orfèvres austrasiens qui l'ont accompagné à Paris et s'y sont installés. Plusieurs ateliers voisins de Paris, notamment Palaiseau, ont laissé sur leurs monnaies des traces non équivoques de la présence de ces Austrasiens. Je sais bien que Dagobert avait fondé aussi à Metz une école et même une chapelle dont Athanasius était le chapelain (D. Pitra, l. iaud., p. 36). Je sais bien que M. l'intendant général Robert, frappé du style messin de certaines monnaies de Palaiseau, les attribue à un palatiolum d'Austrasie, Pfalzel, entre Thionville et Trêves , sur la Moselle , où saint Modoald , évêque de Trêves (622-640), construisit un couvent , mais j'ai les motifs les plus sérieux pour ne pas partager son opinion; c'est dans le sable de la Seine qu'on a trouvé les monnaies de palaciolum de style messin , et les mêmes monétaires qui signent ces produits en ont signé d'autres à Palaiseau aux types les plus parisiens qu'on puisse voir. J'admettrai difficilement que deux locaUtés du même nom, l'une auprès de Paris, l'autre au bord de la Moselle, se soient trouvées, en même temps, avoir une série de monétaires homonymes.

24. — ¥ IMLO>i<TO (peut-être lACOTO). Tête extrêmement barbare à droite. Profil sans lèvres.

^ I8CL0AE MO (pour SCOLAE MO[neta]). Croix grecque.

Tiers de sol de ma collection ; origine : coll. Dassy. — (Voy. pl. m, n° 24.)

La croisette ancrée qui occupe le commencement de la légende du droit est un indice caractéristique de la ville de Paris et ne permet pas d'hésiter sur l'attribution de la monnaie à Fateher royal de cette ville. C'est l'immobilisation de la croix supportant l'oméga, type créé par

saint Éloi. Ce type traditionnel s'est perpétué à Paris jusque sur les deniers de Pépin le Bref.

25. — >h SCOLARE I. Tête en relief ornée de moustaches, à gauche.

^ MAGNOALDO. Croix ancrée fichée sur un globe. Tiers de sol de ma collection. — (Voy. pl. ni, n° 25.)

Ces deux dernières monnaies révèlent des procédés métallurgiques nouveaux qu'il est plus facile de constater que de décrire. On croirait presque, à voir le relief du type donné par Magnoaldus , que la pièce a été fondue plutôt que frappée. En tout cas, elle n'a pas été obtenue par la frappe à froid sur le flan plat ; le flan était étroit , lenticulaire et chauffé jusqu'à la limite de la fusion, en même temps que le coin avait dû être évidé à la place de la tète avant d'être gravé au burin ; on ne peut pas expliquer autrement le relief de l'effigie. Il est aisé de reconnaître dans ce procédé le point de départ de la fabrication des dernières espèces d'or mérovingiennes dont les flans sont lenticulaires et dont le type le plus fréquent est la tète à l'appendice perlé.

26. — X laCARC I (ISCOLARE F). Buste à droite, au type de l'appendice perlé. Profil sans lèvres.

^ >i* AVNVLFVS. Croix latine sur deux degrés. Tiers de sol de ma collection. — (Voy. pl. m, n° 26.)

Voilà certes une légende dont l'orthographe laisse fort à désirer; elle trahit l'inexpérience de l'écoher. J'ai cherché si les deux dernières lettres ne désignaient pas une cité, n{vitas), mais aucune des villes épiscopales de France ne répond à la formule ISCAR; j'ai bien pensé à CARNVTIS en admettant des transpositions de lettres, mais il est plus simple de voir dans le second C un E incomplet et d'admettre l'oubli de deux lettres OL qui donneraient la forme complète ISCOLARE; une simple

remarque va confirmer cette opinion : le n° 24 offre la forme I2CLOAE avec S rétrograde, le S est également rétrograde sur le n° 26; sur les deux pièces 24 et 26, le E initial est remplacé par I ; sur les n"' 25 et 26 le c est carré; cest assez pour faire taire nos doutes.

Voici, pour clore cette série , un charmant denier de Paris, dans le champ duquel on lit trois lettres, PAP qui peuvent signifier : ?k{lacio) P{ercussa moneta), ou ?k[lacium) ?{arisiensé), ou encore ?k[risius) ?[alacio).

21.— PA RISIVS. Tête diadémée levée vers le ciel, dans l'attitude de la méditation. Un trait partant d'un anneau placé au sommet du diadème suit extérieurement le contour du crâne et vient former un autre anneau derrière le cou, en se combinant avec l'appendice du diadème. La tranche du cou est ondulée.

^ SIGO • : • FRE:: Dans le champ : PAP sous une barre

d'abréviation et sur quatre globules en losange, sic •:• , dans un grènetis. Autre grènetis au pourtour.

Denier de ma collection, — (Voy. pl. m, n° 27.)

Sigofredus , gendre d'un comte du palais , cousin de Glovis II, mari de sainte Berthe, la fondatrice du monastère de Blangy (682), devenu lui-même abbé de Saint-Vincent de Paris, peut bien être le personnage dont le nom figure sur le denier de Paris.

L'Ingomar des monnaies pourrait aussi être le même que le leude qui était comte de Vermandois en 660. Il avait une fortune considérable, car ayant fait vœu, en mémoire de saint Éloi, de donner la dixième partie de ses biens àTégUse deNoyon, si une certaine épidémie épargnait ses domaines , il exécuta son vœu par l'abandon de cent colons, de sa principale villa et de troupeaux de bétail en proportion.

Si l'on cherche un nom de monétaire dans les trois premières lettres 10 H de la légende inscrite au revers du n** 3, on pourrait se rappeler qu'un \OHannes (Jean)

habitait le palais, partageant les travaux et la vie de saint Éloi, et attaché à sa personne. Il fut admis dans les ordres sacrés par la protection de saint Éloi.

Voilà trois rapprochements qui me viennent à Tesprit , je les présente sous toutes réserves et je ne veux pas en chercher d'autres. On est toujours tenté de faire des hypothèses, mais quand on sème la conjecture on ne récolte souvent que la déception.

DE PONTON D'AMÉGOURT.

PL m.

1 BardeA se.

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MAÇON , IMf>RIMi:i»IK TVI'. K T IJTII. l'IUVPVT KIllinKS

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